exploitation humaine

  • Chiquita

    Quand l’armée du Honduras a renversé le gouvernement démocratiquement élu de Manuel Zelaya, il y a quelques temps, il y eut un soupir de soulagement dans les conseils d’entreprise de Chiquita Banana. Un peu plus tôt cette année, la compagnie basée à Cincinatti s’était jointe à Dole pour critiquer le Gouvernement de Tegucigalpa qui avait augmenté le salaire minimum de 60%. Chiquita se plaint que la nouvelle législation rend ses frais plus élevés qu’au Costa Rica et diminue ainsi les profits de la compagnie : pour être exact, 20 centimes de plus pour produire un cageot d’ananas et 10 de plus pour un de bananes. Chiquita se lamente qu’elle perdra plusieurs millions à cause de la réforme de Zelaya puisqu’elle produit environ 8 ou 22 millions de caisses d’ananas ou de bananes par an, respectivement. Pourtant, avec un chiffre d'affaires de 4,7 milliards de dollars, la multinationale peut voir venir...

    D'autant plus que les femmes travaillent dans les plantations de Chiquita de 6 heures du matin à 7 heures du soir, leurs mains brûlant dans des gants de caoutchouc. Certains ouvriers sont âgés de 14 ans. Ces travailleurs de la banane d’Amérique Centrale ont d'ailleurs poursuivi Chiquita pour avoir été exposés au DBCP (DiBromoChloroPropane), un dangereux pesticide utilisé dans les plantations, et qui provoque la stérilité, des cancers et des malformations à la naissance. 

    Alors, quand Chiquita annonce qu'il va ouvrir des centaines de "Chiquita Fruit Bars" dans le monde, ainsi que des "Chiquita to go", maintenant qu'ils sont parvenus à prolonger la vie du produit via un processus américain, on se pose des questions...

    Soit, leurs bananes et ananas, déjà bourrés de pesticides et issus d'un commerce non équitable, sont désormais irradiés (c'est à la mode pour conserver plus longtemps), soit ils sont traités (encore) avec des retardateurs de maturité... Tout cela est certainement très bon pour notre petite santé, et hyper-bénéfique pour l'environnement...

    Boycottons donc cette multinationale qui travaille à contresens des réalités actuelles, et achetons des bananes issues du commerce équitable. C'est meilleur pour la santé, meilleur pour le goût, et honorable pour les petits producteurs. Et si en plus elles sont bio... !