elevage intensif

  • La moitié des antibiotiques mondiaux sont destinés à l'élevage intensif...

    Cela n’est pas très connu. Alors qu’au niveau européen l’utilisation des antibiotiques vétérinaires comme facteurs de croissance est interdite depuis 2006, il reste que la moitié des antibiotiques mondiaux sont destinés à l’élevage.

    En conséquence, un des inconvénients de la consommation de viande réside dans le fait qu’elle fait indirectement ingérer des antibiotiques. La revue Food Chemisty a révélé le 15 juin 2012 qu’on a trouvé des traces d’antibiotiques vétérinaires dans des petits pots pour bébés. Et cela n’est pas si étonnant si on considère qu’entre 2009 et 2011, en France l’exposition des animaux d’élevage à ce type d’antibiotiques s’est accrue de plus de 12% malgré l’interdiction européenne.

    Quels sont les risques ? Tout d’abord, comme vous le savez, il y a l’accoutumance des personnes à un usage massif d’antibiotiques, qui renforce la résistance des bactéries et donc leur danger. Rien qu’aux États-Unis, 19.000 personnes ont été tuées par le staphylocoque doré qui est résistant à la méticilline (Sarm). Or, outre le développement d’une « antibiorésistance », les antibiotiques sont à l’origine de l’apparition de bactéries qui peuvent être rejetées dans l’environnement via les excréments animaux, contaminer l’eau et la viande. Elles sont ainsi transmissibles à l’homme si la température de cuisson de la viande est insuffisante pour les détruire.

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    Le danger réside dans le risque que font peser sur la santé des doses très faibles de substances toxiques : en fait, on considère aujourd’hui que des substances peuvent être plus dangereuses à doses très faibles, à l’état de traces, qu’au niveau des doses journalières autorisées (DJA), qui sont pourtant plus fortes. C’est pourquoi le marché français de la viande pose question :  les médicaments vétérinaires autorisés sur le marché français contiennent des dizaines de substances chimiques dont certaines sont, individuellement, très toxiques. Or on ne sait pas quel est l’effet de leur mélange ; on ne sait pas quel « effet cocktail » elles produisent dans la chaîne alimentaire.

    Quelle conclusion peut-on tirer de cet état de fait ? Il faut tout d’abord constater que l’usage d’antibiotiques pour animaux n’est pas anecdotique. Le niveau d’exposition des animaux aux antibiotiques a augmenté de 13 % en 2009 par rapport à 1999. Près de 44 % du tonnage d’antibiotiques vendus en 2009 étaient à destination des porcs, plus de 22 % à destination de la volaille.

    Ensuite, constatons qu’en matière de consommation de viande, si on ne veut pas se priver d’en consommer, il vaut mieux manger moins de viande mais surtout une viande issue d’élevages bio avec des bêtes vraiment élevées de manière naturelle. Moins de viande, moins souvent. Sans doute un début de réponse aux problèmes posés par la société de consommation de bidoche industrielle.

    En savoir plus sur http://www.consoglobe.com/viande-antibiotiques-veterinaires-elevage-alimentation-cg#6j6qZZrj8U72fD44.99

  • Gentil virus, d'où viens-tu ?

    L’épidémie de grippe « porcine » semble être due aux pratiques polluantes d’une multinationale américaine, Smithfield Foods (11,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires), spécialisée dans la production de porcs. Depuis trois mois, les habitants du village de La Granja, au Mexique, qui vivent à proximité d’une des usines de la filiale mexicaine de Smithfield , la plus grosse unité d'élevage de porcs d'Amérique latine, sont massivement victimes d’infections respiratoires. En septembre 2008, une épidémie de grippe aviaire avait déjà éclaté, sans que le gouvernement mexicain ni l’OMS ne s’en émeuvent. Smithfield a déjà été lourdement condamné aux Etats-Unis pour ses pratiques polluantes. 

    L’association Grain, dont le but est de promouvoir la gestion et l’utilisation durables de la biodiversité agricole en lien avec les populations locales, révèle qu’une épidémie de grippe aviaire a touché l’État de Veracruz en septembre 2008. Cette épidémie n’a été révélée que par des journaux locaux, et n’a même pas fait l’objet d’une alerte auprès de l’OMS. Est-elle à l’origine de la recombinaison du nouveau virus qui comporte, comme nous le répètent les médias en panique, deux souches porcines, deux souches aviaires et une souche humaine ? Rien d’impossible : à 50 kilomètres de La Gloria, un élevage de volaille du plus grand producteur mexicain de volaille, Granjas Bachoco, a été touché par cette épidémie de grippe aviaire. Cette épidémie n’a pas été révélée par crainte des conséquences sur les exportations de volailles mexicaines, indique Grain, qui rappelle par ailleurs que « l’un des ingrédients courants de l’alimentation animale industrielle est ce que l’on appelle les déchets de volaille, c’est-à-dire un mélange de tout ce qu’on peut trouver sur le sol des élevages intensifs : matières fécales, plumes, litière, etc. » De là à considérer, comme le pensent de nombreux experts, que le virus passant de la volaille au porc ait pu se recombiner avec des gènes humains, il n’y a qu’un pas que les habitants de La Granja ont, semble-t-il, été les premiers à expérimenter.

    Des pratiques pour lesquelles l’entreprise états-unienne a déjà été condamnée à une amende record de 12,6 millions de dollars par l’agence de protection de l’environnement des Etats-Unis après avoir déversé près de cinq tonnes de matière fécale en Caroline du nord et en Virginie en 1997. En août 2007, Smithfield a été obligé de détruire trois élevages de porcs (sur 33) en Roumanie, contaminés par la fièvre porcine « classique » (la multinationale compte également cinq usines de porcs en Pologne, et une de ses marques de jambon, Aoste, est diffusée en France).

    A nouveau, les méthodes de production intensive des multinationales agro-alimentaires, où seul le profit maximum est pris en compte, sont montrées du doigt. Tout cela doit changer. Radicalement. Terriens, il est temps d'agir...

  • Trop de viande...

    Autre étude du CRIOC : la consommation de viande...

     

    Pour la plupart des consommateurs belges, la viande est un aliment quotidien, constituant la base des repas. En moyenne, ils en consomment plus de 270 gr par jour. Il n'en a pas toujours été ainsi. Autrefois la viande était un aliment de luxe réservé aux grandes occasions et aux ménages les plus nantis. Au cours du siècle dernier, la consommation de viande est passée de 30 kg par personne et par an en 1919 à plus de 100 kg par personne et par an aujourd’hui.


    Parallèlement à l'augmentation de la consommation de viande, les méthodes d'élevage se sont modifiées. De petits élevages destinés principalement à la consommation privée, on est passé à des élevages de grande taille recourant à des méthodes industrielles, orientés vers la vente. Une des caractéristiques des élevages industriels est le recours aux aliments concentrés, conçus pour favoriser une croissance importante et rapide. La production de ces aliments et l'élevage monopolisent aujourd'hui 78% des terres agricoles mondiales.  


    L'augmentation de la consommation de viande et la modification des modes de production a accru les pressions sur l'environnement. Selon un rapport de la FAO - Livestock’s Long Shadow; Environmental Issues and Options - paru en 2006, le secteur de l’élevage émet des gaz à effet de serre qui, mesurés en équivalents CO2 (18 %), sont plus élevés que ceux produits par les transports. Il est aussi une source principale de dégradation des terres et des eaux. D’après Henning Steinfeld, Chef de la Sous-Division de l'information et des politiques en matière d'élevage de la FAO et un des auteurs du rapport, “l’élevage est un des premiers responsables des problèmes d’environnement mondiaux aujourd’hui et il faudrait y remédier rapidement”. 


    La production de viande selon des méthodes industrialisées a également modifié profondément les conditions de travail et de vie des populations agricoles du Sud. En outre, dans les pays occidentaux, la consommation excessive de viande contribue au développement de maladies de civilisation telles que le surpoids et les maladies cardio-vasculaires. 


    Qualité de l'environnement, respect des droits humains et des travailleurs, santé sont autant de domaines pour lesquels l'augmentation de la consommation de viande pose question.