elevage

  • Dégustation du lundi 280

    Petite dégustation du Clos ce lundi soir, pas que les flacons n'étaient pas à la hauteur, mais plutôt le contenu...

    Un vin blanc pour mise en bouche, à la robe claire flashy, et au nez de Chardonnay du Jura.Pas mal en bouche : tranché, belle acidité, notes d'agrumes, petit côté perlant, vraie minéralisé avec un côté salin, incisif, sans boisé. On évoque Ganevat et on est en mâconnais : Clos des Vignes du Maynes 2010 en Mâcon Cruzille de Julien Guillot.Un Domaine qui existe et produit du vin depuis 910 ! Que de générations de vignerons...

    On passe aux rouges avec un vin à la robe rubis et au nez sur le fruit avec des notes de macération carbonique. Le côté bonbon caricatural s'efface vite après aération. La bouche balance bien sur des notes de garrigue et d'épices fumées, mais aussi un beau fruité présent jusqu'en finale et de la fraîcheur. Tannins présents mais pas asséchants. La Glacière 2013 du domaine de La Glacière. Un Vin de Pays (Nature) en Côtes du Rhône sud, composé de Carignan, Grenache et Syrah. Pas mal.

    Et c'est ici que les choses se compliquèrent. D'abord avec ce Château du Hureau 1995 "Cuvée Lisagathe" en Saumur Champigny de Philippe et Georges Vatan. Bouchonné.

    Puis avec ce Ribeira del Douro Reserva Tinto Valbuena 3 Cosecha 1987, Bodegas Y Vinedos Vega Sicilia, sec, mentholé et boisé à mourir. 

    Enfin, avec ce vin au nez de fromage et à la bouche asséchante également et des tannins persistants jusqu'en finale : Château Pradeaux 2000 à Bandol. Je ne connais pas l'origine de cette bouteille que je n'ai pas amené, mais Pradeaux 2000 est bien meilleur que cela, et tout à fait autre.

    Comme on était un peu restés sur notre soif, on déboucha encore un Domaine Hauvette 2011 "Le Roucas" en Baux de Provence, au très beau nez net et précis sur des petits fruits, mais, en bouche, un peu coincé et trop d'élevage (boisé) sur des noyaux. Peut-être un problème de jeunesse ? A regoûter dans quelques années...

    Espérons seulement que cela aille mieux lundi prochain.

     

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  • Une poulette m'a fait de l'oeil...

    Rentrant du bureau après une semaine fort chargée, et faisant quelques courses pour ce week-end, j'ai immédiatement remarqué cette magnifique poulette qui me faisait de l'oeil. 

    Je l'ai donc ramenée chez moi, sans la brusquer. Il me semblait important de la ménager tout en douceur. Je l'ai donc retournée avec soin et respect pendant plus de 2 heures, jusqu'à ce que ses cuisses se détachent. Seule, la basse température convenait à cette poulette, que j'ai traité avec le plus grand soin et le plus grand respect.

    Pendant tout ce temps, j'ai pu en apprendre un peu plus sur ses origines : elle venait de Patis, à Coulée sur Gée en France. Pascal et Marie-Agnès Cosnet l'ont élevée et affinée, bien qu'elle soit bien dodue. Et ce sont Chris et Hugo Desnoyer qui l'ont découverte et sélectionnée. D'où sa présence, ici, à Bruxelles, chez mon ami Robert.

    Ce très beau pédigrée se ressent au palais, avec une chair goûtue toute en finesse et légèreté, digne des plus beaux spécimens de gallinacés. A déguster simplement, sans artifices ni ingrédients qui effaceraient le goût, la finesse et la texture de cette chair blanche et délicate, sous la peau dorée. Un très bon choix.

    J'ai donc poursuivi mon enquête, pour apprendre (sur le blog http://www.toutnestquelitresetratures.com, que je vous recommande de consulter) que ce serait peut-être la meilleure volaille du monde... C’est dans la Sarthe, que Marie-Agnès et Pascal Cosnet sont de grands adeptes de volaille rustique. De celle qui est élevée dans un poulailler soumis aux écarts de températures (pour favoriser l’emplumement), gambade dès l’âge de six semaines sur une prairie naturelle de plus de six hectares et est alimentée avec du blé et du maïs du domaine, aplatis et non broyés, pour faire travailler le gosier de la volaille et même, depuis peu, est en phytothérapie les deux derniers mois avec une base de bouillie de lait de vache entier et un assemblage d’une trentaine de plantes sauvages (racine de pissenlit, radis noir, etc) assurant une chair savoureuse, tendre et pas filandreuse. Et, bien entendu, aucun traitement chimique ne vient perturber l’élevage de ces poulardes de haute qualité. 

    Voilà, on comprend mieux maintenant la raison de la qualité de cette chair, et pourquoi cette fameuse poulette se retrouve, notamment, sur les tables d' Alain Passard, à L’Arpège, de Pascal Barbot à L’Astrance  ou encore de Christophe Saintagne au Plaza Athénée.

    Rien à voir, donc, avec le poulet de batterie que vous achetez dans votre grande surface préférée, ou à la rôtissoire du marché. C'est un autre monde, et il mérite d'être redécouvert.

     

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  • Dégustation du lundi 237

    Très belle dégustation improvisée du Clos à 3, profitant du retour de certains avant le départ d'autres. 2 blancs et 4 rouges firent notre bonheur ce lundi soir.

    Le premier blanc, à la robe paille claire et au nez d'époisses et de fumée présente une bouche avec un soupçon de résiduel, ce qui suppute que c'est alsacien. Il y a un peu d'hydrocarbures, de citron, mais aussi un côté iodé. C'est riche et nerveux en même temps : c'est vraiment très bon. Dolia 2009 du Domaine Hauvette dans les Alpilles en IGP.

    Second blanc, à la robe identique et au nez de fumée et de Riesling. La bouche s'avère racée, minérale, longue, citronnée, pamplemoussée et caillouteuse à souhait. On est dans un style Josmeyer, dans le Bas-Rhin, en Grand Cru et en 2010 et c'est exact : Riesling 2010, Grand Cru Engelberg du Domaine Pfister.

    Premier vin rouge, à la robe rubis claire et au nez de Whisky, puis de Pinot noir du Jura. La bouche présente un fruité magnifique : c'est mature, profond, joyeux, sur une fort belle acidité. L'Icaunnais, Les Cailloux du Paradis 2010 d'Etienne Courtois en Vin de France (Loire). On est sur un vieux cépage oublié, issu du Franc Noir de l'Yonne et du Gamay d'Orléans. Belle bouteille.

    Second rouge de la soirée, avec un vin un rien plus foncé, et au nez de fraises, de fraises des bois avec une pointe de rhubarbe. Un beau nez de vieux bordelais fondu. En bouche, une attaque bourguignonne sur le fruit et une finale bordelaise sur du graphite et de l'ardoise. C'est vraiment très beau, avec un côté plus évolutif que le précédent : Pibarnon 1989 en Bandol. Ma dernière bouteille dans ce millésime, mon icône après l'Icaunais...

    Cinquième et sixième flacons de la soirée, servis en même temps, à la robe rubis léger. Le premier présente un nez torréfié et de pralin, avec un côté vert dû au non égrappage tandis que le second est plus sur les fruits rouges et noirs (cerises et cassis). En bouche, le premier déménage et est très beau, sur un côté lacté impressionant. Le second a plus de peps, est plus long en bouche sur une belle fraîcheur, avec une fort belle expression sur le fruit, avec un côté sanguin et plus chaud. Deux très beaux flacons rares, provenant d'Espagne, en biodynamie : Las Umbrias 2011 Rozas De Puerta Real (0,5 hectare) et Rumbo Al Norte 2011 Navaprevisca (0,3 hectare). Ils titrent 14,5° tous les deux, et cela ne se sent pas du tout. Magnifiques.

     

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    Prochaine dégustation du Clos un de ces lundis, quand ceux qui sont partis rentreront, avant que les autres ne partent à leur tour... Qui vivra verra.

  • Vin nature : les jeunes bobos aiment çà...

    Petite chronique intéressante d'Eric Boschman dans Le Soir de ce samedi concernant les vins Nature. Il évoque ces places bruxelloises, qui lors des marchés deviennent des lieux de rendez-vous "incontournable" pour une population déterminée : Au Châtelain, les stagiaires eurocrates, à Boisfort, les bobos joyeux tendance écolo quadra quinqua et à saint gilles, les mêmes, mais version trentenaire.

    Le but étant d'y aller pour boire un coup entre potes. Et comme le vin Nature est tendance, c'est donc cela qu'ils boivent et qu'ils aiment. D'ailleurs, ils ne connaissent rien d'autre.

    Eric a pu observer ces bobos s'extasier devant un Pinot Noir d'Alsace Nature, à la robe rubis grenat terne et qui présentait une turbidité importante. Servi dans des gobelets en verre épais, le nez est difficile à déceler, si ce n'est une note de yaourt aux fruits rouges en limite de dépassement de DLC.

    La bouche pétille, avec une bulle alternative, qui n'assume pas son rôle. Manque d'hygiène lié à un manque de sulfites. On est loin des bons vins Nature de Marcel Lapierre et quelques autres. Des vins qui goûtent et sentent le vin, le vrai.

    Les vins Nature d'aujourd'hui sont franchement hétérogènes. On est dans le sectarisme le plus pur. Si çà sent l'étable et le cheval en rut, alors c'est que c'est bon. Ajoutez-y une franche turbidité, et vous aurez une idée de la majorité de la production de vins Nature actuelle. Heureusement, qu'à côté de cela, subsistent quelques vins Nature superbes.

    Le plus triste dans l'affaire, c'est que les jeunes bobos de la Place Van Meenen connaissent à peine le vin, et qu'ils goûtent ces trucs-là comme seule référence, et sont donc persuadés que c'est çà la norme. Vendre des vins qui refermentent comme s'ils étaient normaux, c'est un peu se moquer du monde. Tant que nos jeunes bobos aiment çà, pourquoi pas ? Mais comment goûteront-ils les vins qui ne refermentent pas, le jour où cela se produira ?

  • Choisir sa côte de boeuf...

    Spécialiste des accords mets-vins, Olivier Poels a cuisiné et testé les trois côtes de boeuf les plus réputées de la région parisienne. Une dégustation exceptionnelle qui a rassemblé les viandes signées Hugo Desnoyer, Yves-Marie le Bourdonnec et les frères Metzger. Voici son verdict, publié le 03 janvier 2013 dans la Revue des Vins de France.

    côtes de boeuf

     

    De gauche à droite : les côtes de boeuf de Desnoyer, Metzger, et Le Bourdonnec.

     

    Chouchous des grands chefs et des fins palais, ils apparaissent dans les médias tels des stars et parlent de leurs produits avec passion et compétence. Leur viande est élevée au rang de produit de luxe et se vend à des tarifs soutenus, Hugo Desnoyer, Yves-Marie le Bourdonnec ou encore les frères Metzger sont à la boucherie ce que Dior ou Hermès sont à la mode : le top !

     

    Mais que vaut vraiment cette viande dont on nous explique qu’elle provient des meilleurs éleveurs, qu’elle est travaillée et murie comme un grand cru et qui surtout vaut bien plus cher que chez un boucher traditionnel ? Couteau bien affûté et fourchette en main, j’ai donc décidé d’organiser une confrontation autour d’un morceau de choix : la côte de bœuf.

     

    Trois côtes ont donc été achetées auprès des trois bouchers stars de la région parisienne. Yves-Marie le Bourdennec, le spécialiste de la maturation (Paris XVI), Hugo Desnoyer, fournisseur de nombreux chefs étoilés (Paris XIV) et les frères Metzger, autres fournisseurs de la grande restauration (Rungis). Les trois viandes ont été cuites de manière identique, servies saignantes (temps de repos respecté), juste assaisonnées de sel et de poivre et présentées avec quelques rates en accompagnement. Huit convives, tous fins palais, ont dégusté ces trois morceaux d’exception. Verdict.

    METZGER, LA PLUS TENDRE

    Issue d’une bête imposante élevée en Espagne, il s’agit de la 8eme côte. Elle en impose par sa taille et son poids (plus de 3kgs parée). Le gras est abondant et sa couleur rouge sang tranche avec les deux autres. Parfaitement persillée, elle se révèle incontestablement être la plus fondante, la plus juteuse aussi, avec un goût délicat et très fin. Une texture admirable qui fond en bouche et qui convainc la majorité des convives.

    Prix public : non vendue au public.

    LE BOURDONNEC, LA PLUS GOÛTEUSE

    Une viande Long Horn du Royaume Unis maturée soixante jours. Elle est parfaitement parée et la perte est minimum. Plus ferme en texture, légèrement plus sèche, elle est très goûteuse, avec des notes carnées superbes, des saveurs profondes et surtout beaucoup de longueur en bouche (ma préférée). Son prix, en revanche, a de quoi faire réfléchir.

    Prix public : 75€ / kilo

    DESNOYER, LE MEILLEUR COMPROMIS

    Viande française, également maturée une soixantaine de jours. Le gras est joli et la viande est très bien persillée. Elle se rapproche en texture de celle de Yves-Marie le Bourdonnec, mais n’offre pas tout à fait la même profondeur de goût. Elle est en revanche plus moelleuse. Au finale, un excellent compromis et surtout le meilleur rapport qualité-prix.

    Prix public : 38€ / kilo

    BILAN

    Les stars de la viande sont au rendez-vous. Rien à redire sur la qualité des trois côtes dégustées. On perçoit immédiatement la qualité de la matière première, mais surtout le mûrissement qui ne dépasse pas vingt jours généralement chez un boucher classique et qui atteint ici au minimum 60 jours fait toute la différence. Il fut, en revanche, difficile d’établir un palmarès clair : aucune viande n’ayant fait l’unanimité. Néanmoins, l’exceptionnelle côte espagnole de Metzger, la plus tendre des trois, a recueilli la majorité des suffrages ce soir là.

     

  • Dégustation du lundi 162

    Belle soirée à 4 pour cette nouvelle dégustation du lundi, avec un premier vin blanc à la robe paille et au beau nez de fleurs d'oranger et de miel. Par contre, en bouche, un étrange petit côté doucereux, avec du sucre résiduel que l'acidité ne porte pas et sans longueur : VindetabledeFrance, en vieilles vignes, de Gilles et Catherine Vergé. Pas terrible...

    On passe aux rouges avec un second flacon à la robe noire et au nez de cacao et de café, riche, et sur du fruit. Agréable surprise avec une bouche fine, sur du fruit, pas trop chargée et sans lourdeur. Un bon jus de Syrah, bien faite, pointu et droit, qui s'achève sur des notes épicées et poivrées : Cayas réserve 2006, Syrah du Valais de Jean-Paul Germanier. Décidément, ces Suisses sont assez forts !

    Troisième flacon, à la robe noire également, et au premier nez assez discret sur des fruits noirs. En bouche, pour ma part, une belle matière sur des fruits rouges et noirs, avec une belle fraîcheur et des tannins fins serrés. C'est moins boisé et moins vanillé que le précédent, mais plus chaud et plus serré. Riche et mûr, débordant de fruits (concentré de cassis), puis tannique en fin de bouche : Domaine Tempier, La Migoua 2008 en Bandol. Certainement bue trop tôt... Beau potentiel.

    On repasse aux blancs avec un quatrième flacon à la robe dorée et au nez de Sauternes, que j'aime bien. Hélas, en bouche, on est sur de la lourdeur, avec un manque d'acidité. Malgré le magnifique côté abricot, et l'amertume de la peau de l'abricot, nous ne sommes pas conquis. Et pourtant, c'est un vin rare et exceptionnel : un Sauternes 100% Sauvignon : Roussey Peyraguey Sauvignon de Sauternes 2004 de la Famille Déjean.

    On achève cette dégustation à l'aveugle avec un vin à la robe brune et au nez vineux, sur de la noix. En bouche, le raisin de Corinthe prédomine, avec une acidité incroyable, rafraîchissante. Nous ne découvrirons pas ce Tokaji Château Megyer 1983, 6 Puttonyos, d'Hongrie.

    C’est avec une tristesse solennelle que nous apprenons la disparition, la semaine passée, à 84 ans,  d’un de nos vignerons italiens préférés, Giuseppe Quintarelli, dont les vins magnifiques nous ont tant fait rêver. 

    Lundi prochain, Clos à 3. Qui vivra verra...

  • Dégustation du lundi 134...

    Encore une toute belle dégustation ce lundi soir, toujours avec notre invité mystère : le seul qui ai été invité deux fois de suite au clos en 14 ans !

    Deux blancs pour débuter, avec une première bouteille à la très belle robe couleur or et au nez fort plaisant, libre et sur des arômes de miel. En bouche, un vin parfaitement sec, ce que le nez ne présageait pas du tout. On est sur du raisin de Corinthe séché : c'est dense, long, très parfumé et vachement tendu. "A" 2009 du domaine Alexandre Bain en Pouilly Fumé. Vignoble géré en Biodynamie pure et dure, à l'instinct. Très beau. 

    Second blanc, à la robe dorée et au nez riche et intégré, où le travail du fût est incontestable.En bouche, riche, mais monocorde, avec l'amertume des grands terroirs et un boisé trop intellectuel  que pour être un Châteauneuf-du-Pape... Verdichio de Castelli Di Jesi Classico 1995, Les Marche. Néanmoins, pas mal pour un blanc italien de 15 ans !

    On passe aux rouges, avec un troisième flacon à la robe rubis, colorée, jeune. Au nez, j'ai un petit côté étranger (pas français), sur de la cerise et avec un côté lacté qui me plaît. En bouche, la cata ! Rien, c'est le désert. Et très asséchant malgré un beau fruit qu'on devine : La Coudraye 2009 en Bourgueil  de Yannick Amirault.

    Quatrième bouteille à la robe plus foncée. Au nez, une belle matière, du fruit et des arômes de sous-bois. En bouche, c'est fondu, rond, intense et long sur un beau fruité. Certains lui donnent plus que son âge, malgré son beau potentiel de garde : Clos Marie, cuvée Simon 2007, Pic Saint Loup en Coteaux du Languedoc. Belle bouteille.

    Cinquième flacon à la robe plus légère et au nez assez discret de Gamay. La bouche, bien, gentille, en légèreté et en finesse : Morgon 2007 de G. Descombes.

    Sixième flacon, à la robe tout aussi légère que le précédent, et au nez discret et léger lui aussi. La bouche, assez neutre, manque de concentration et de fruits et fait penser à un pinot noir alsacien, avec une belle acidité. La trame est là, mais il manque tout le reste : aucune typicité, aucun terroir. Chambolle-Musigny 2008 de Philippe Pacalet. A 15 euro, bonheur au comptoir, d'accord. Mais à 50 ou 70 euro, faut arrêter les conneries...

    Septième flacon, à la robe foncée et au nez sudiste. En bouche, du Carignan, du Mourvèdre et de la Syrah. C'est ultra-fin, pointu, superbe, avec du fruit et une fraîcheur incroyable. On oscille entre un Merlot parfait ou une Syrah pure. C'est un Cornas 2004 de Thierry Allemand, et sa parcelle Les Reynard (la plus belle) dont il prend le meilleur fût, sans le sulfiter... C'est une prouesse technique ! Magnifique.

    Huitième et dernier flacon, à la robe rubis clair et évoluée et au magnifique nez frais sur des griottes lardées, des herbes et des épices. En bouche, beaucoup de finesse, une sucrosité équilibrée, et une magnifique longueur. Très belle matière, juste un peu asséchante en finale. De mémoire, c'était un Château Rayas 2001. Pas mal du tout, juste avant de passer à table. Et quelle table...

    A suivre lundi prochain. Bonne semaine à tous.

     

  • Un nouveau poisson...

    Depuis les années 70, la consommation de poisson augmente chaque année de plus de 9 pc. Elle atteint aujourd'hui 140 millions de tonnes dont 45 proviennent d'élevage. Les 95 autres, de la pêche. Or, les stocks des océans s'épuisent. La pollution, les changements climatiques et les techniques utilisées affectent la biodiversité et certaines espèces sont menacées. Pour faire face à la demande sans cesse croissante, l'aquaculture représente une filière intéressante, reconnue par nombre d'organisations comme le WWF ou Greenpeace, et dont l'importance va grandissant. D'après la FAO, plus de trois quarts des stocks de poissons présentant une valeur commerciale sont pleinement exploités, surexploités voire en voie d'extinction, et plus de 210 espèces  sont déjà élevées via l'aquaculture. Mais, pour constituer une réelle filière d'avenir, il faut qu'elle se distingue par sa gestion responsable et sa production non polluante. C'est le cas du projet Claresse : une production de 1. 500 tonnes par an qui est écoulée en Belgique, depuis peu, par le groupe Delhaize. Elu "produit de l'année" au dernier Salon Seafood des produits de la mer de Bruxelles, Claresse est un croisement "naturel" de deux poissons-chats du Nigeria, dont les alevins sont nourris à 70% de matière végétale sans OGM pendant 4 ans, dans des fermes. Et comme le client recherche du poisson blanc, sans arête, au goût pas trop prononcé et pas trop cher, c'est peut-être le bon filon industriel... Quant aux gastronomes pour qui la finesse du goût de la chair délicate d'un vrai poisson de mer est importante, ils ne mangeront certainement pas ce nouveau poisson! 

  • Dégustation du lundi (73)

    Petite dégustation à 3, improvisée en cette période de vacances. Après quelques petits soins apportés au vignoble, nous sommes passés à la dégustation à l'aveugle qui embaume nos lundis depuis onze ans déjà... Premier flacon, au nez discret, sans trop d'expression. En bouche, une matière qui dû être belle, un côté punchy suivi d'un côté suret, le tout sur une belle maturité, avec un élevage travaillé mais pas abouti : la finesse du pinot noir est EPO-issée... Bonnes -Mares Grand Cru 2000, élevé et mise en bouteille par Lucien Le Moine. Fort évolué pour son âge et décevant pour un Bonnes-Mares. Le second flacon, au nez de vieux bordeaux, mais frais, sur un fruité encore présent présentait une robe tuilée. Un peu chaud en bouche, mais tient le cap. Très agréable à boire et fort belle longueur. Vinification classique des années 70, début 80 : Château L'arrosée, Saint Emilion Grand Cru Classé 1983. Ce vin tient son rang et gagne encore à l'aération, malgré le petit millésime. Troisième flacon, au nez beaucoup plus expressif, et sur un plus grand terroir que le précédent. Nez sanguin. Robe rubis foncée, superbe. En bouche, très belle évolution, sur un beau fruité. Onctuosité, pleinitude et longueur définissent ce vin arrivé à maturité, et qui en a encore sous la pédale : Les Carmes Haut Brion 1986, Pessac Léognan de Philippe Chantecaille. Petit domaine (21.600 bouteilles), qui mérite le rang de Cru Classé. Prochaine dégustation non fixée. Demain la tempête et les averses qui semblent caractériser ce mois d'août 2008. En attendant l'été indien qui sauvera le millésime...

  • Dégustation du lundi (67)

    Belle dégustation à 4, sur le thème Australie/Nouvelle-Zélande, qui commença par un blanc, au nez de Sauvignon, et fort proche du Cloudy Bay que nous connaissons tous. A la bouche, un vin propre, net et sans défaut, avec une belle expression. Belle fraîcheur, bonne vivacité, sans aucun excès, et très expressif : Dog Point Vineyard 2006, Sauvignon blanc Malborough, New Zealand. Vinifié par celui qui s'est occupé de Cloudy Bay pendant des années, et à moitié prix... On passa ensuite aux rouges, avec un premier vin au nez discret et à la robe légère. Une bouche carbonique, avec de l'alcool, et qui se termine sur des cerises à l'alcool. Un très beau fruit, pur, mais sur une bouche un peu désarticulée et avec un côté asséchant. Le piège de la soirée : Rosso, Vino Da Tavola, Le Coste. Un vin de table italien. Suivirent deux monstres : le premier, au nez puissant et mentholé présenta une bouche concentrée, avec de l'alcool, un côté lacté, et du bois pour finir. Assez excessif. Cape Mentele Shiraz 2005 Margaret River. 15°, la bête... Le second, au nez également puissant sur du Porto et des pruneaux, mais avec une belle fraîcheur, avait une robe noire. A la bouche, cognac et pruneaux, sur une belle concentration et sur un bel élevage. Une classe au-dessus que les précédents : Astralis 2001 Clarendon Hills Shiraz Australia. S'ensuivit une discussion philosophique sur les 2 approches diamétralement opposées rencontrées ce soir, entre boire et apprécier un jus primaire sans terroir, mais net et propre, ou boire un vin élevé à partir d'un raisin et d'un terroir, pour aboutir à une complexité aromatique unique à ce domaine. Tout un programme... A vérifier lundi prochain, sur des bouteilles comportant 50% de Cabernet au minimum. D'ici-là, portez-vous bien...

  • Dégustation du lundi (62)

    Belle dégustation à 5 ce soir, pour les 11 ans du Clos, qui, à propos, mériterait d'être taillé un de ces jours... On attaqua par un vin blanc au nez oxydé à mort, mais dont la bouche se révéla assez belle et fraîche, tout en étant simple et courte : Fruitière Vinicole d'Arbois 1969, Vin Jaune du Jura. On poursuivi avec un vin à la robe rubis, au nez peu expressif qui s'ouvrit par la suite sur des fruits rouges, tout en pinotant. La bouche, ronde, sur des fruits acidulés, jeune, extraite et avec de la chaleur et de l'alcool : Pommard "Grand Clos des Epenots" Premier Cru 2005 du Domaine de Courcel. Suivi un vin assez semblable, au nez de petits fruits croquants et de Pinot. La robe, rubis aussi, semblait plus évoluée, tandis que la bouche rappelait le nez et ses petits fruits rouges : Pommard "Les petits Noizons" 2006 de Catherine et Dominique Derain. A noter, l'indication sur la contre-étiquette : Le plaisir qu'il procure peut créer un effet de dépendance heureuse ! S'ensuivit un débat sur ce Pommard biologique sans complexité aromatique à boire rapidement, en opposition au précédent, plus classique, mais qui se bonifiera en vieillissant... Le quatrième vin présenta un fort beau nez de fruits mûrs et confits et de pruneaux. La bouche, aboutie, mûre et exubérante, sur des prunes, affichait un côté chaud mais complexe : Château Rayas 2001 en Châteauneuf-du-Pape. Un 100% grenache, fort bien réussi. Dommage pour le suivant, bouchonné : Château Rayas 1995. Le dernier vin dégusté à l'aveugle ce soir présenta un fort beau nez sur le fruit, mais assez stéréotypé et travaillé. En bouche : une belle puissance en fruits mûrs mais non confiturés, et sur une belle fraîcheur. Une fois l'appellation Pomerol divulguée, on se plu à dire que ce n'était pas du Moeix, mais du Michel Rolland, et avec raison : Château Le Moulin 2000, en Pomerol. Lundi prochain, les Bandols. Suis impatient de voir ce que mes 4 comparses vont amener... Car trouver des Bandols à point à Bruxelles n'est pas chose aisée... Ceci dit, ce n'est pas loin : 1.100 km tout au plus. Rendez-vous lundi, avec les commentaires d'un connaisseur.

  • Dégustation du lundi (57).

    Très belle dégustation à 5 au Clos ce lundi soir sur le thème de la syrah, du mourvèdre, du cinsault, du carignan et autres cépages du sud. On attaqua la dégustation avec un vin naturel au nez, sur de la fraise. La bouche légère, fruitée, facile à boire présentait quand même une certaine finesse, malgré un côté vert ou une sécheresse en finale : Sainte Epine 2006 d'Hervé Souhaut en Saint Joseph. Le second vin, "Sotanum" 2000 de Cuilleron-Gaillard-Villard, en Vin de pays des collines Rhodaniennes était, hélas, bouchonné... Le troisième, avec son nez de pruneaux à l'alcool, son début de bouche visqueux, puis fluide, toujours sur les mêmes pruneaux à l'alcool, le tout sur une belle matière et une fort belle longueur présentait quand même une petite sécheresse en finale, due à son jeune âge : Clos des Papes 2004 de Paul-Vincent Avril en Châteauneuf-du-Pape. Quand même élu onzième meilleur vin du monde en 2004, et premier en 2005 (n°1 au top 100) par Wine Spectator ! Le quatrième, avec sa robe foncée, et son nez de fruits noirs bien mûrs et de boisé présenta une bouche puissante, concentrée, serrée et boisée, mais compensée par une fort belle acidité. Un peu lourd quand même : La Landonne 2001 en Côte Rôtie de Guigal. A trop faire, on fini par tout perdre... Pour terminer, un vin au nez fin, de légumes puis de fruits mûrs. En bouche : beaucoup de fruits mûrs, avec de la fraîcheur, puis du boisé et de l'alcool en finale. "O" du Clos de Nines 2004, en Coteaux du Languedoc. Un peu fatiguant, comme le précédent... Lundi prochain : bordeaux ou style bordeaux, à 4.

  • Dégustation du lundi (37)

    C'est, enfin, à 3, que nous nous retrouvâmes ce lundi pour affronter ce mildiou présent dans la vigne, vu les magnifiques conditions météo de ces dernières semaines... Après un rognage conséquent, et l'élimination de toutes les jeunes pousses atteintes, et un traitement sévère à la bouillie bordelaise en prévision des averses à venir, nous reprîmes enfin notre rythme de dégustations hebdomadaires... Pour commencer, un vin rouge au très beau nez de violette (normal, quand on vient de se laver avec un savon ST !) et aussi avec de la fraise. La bouche, un peu moins avenante, se termine sur une légère astringence, vu le jeune âge du flacon, et un boisé légèrement trop marqué. Vosne-Romanée 2002 en vieilles vignes du Domaine Bizot . On passa ensuite à beaucoup plus sérieux avec un magnifique Château Montrose 1990 en Saint Estèphe : jamais nous n'avions dégusté un aussi beau Saint Estèphe ! Une concentration formidable augurant encore de belles années de garde, un nez de vieux bordeaux rond, puissant, plein, typique d'une année chaude, et une bouche parfaite et longue sur un cabernet bien mûr : la plénitude ! Magnifique. Normal pour un vin coté 100/100 par Parker. La suite des événements lundi prochain.

  • Dégustation du lundi (34)

    Beau petit clos à 5+1, ce soir, relevé de la présence d'un célèbre pâtissier bruxellois. Mise en bouche avec un Pouilly-Fuissé "La Roche" 1997 de Guffens-Heynen : du gras, du beurre, des agrumes, de la puissance, et une belle longueur avec une petite acidité. Pas mal du tout. Cela aurait bien été avec les madeleines aux amandes de plus tard... Suivi un vin léger, avec des fruits mûrs, rond et fondu : un Monthélie-les-Duresses 1997, tout en finesse. On attaqua ensuite un vin au nez étranger, avec des esters qui ressortent, du cassis et de la violette : une Syrah du Languedoc : un Mas Lumen Prélude 2004 en Coteaux du Languedoc de Pascal Perret, adepte du bio. On poursuivit avec un vin au très beau nez, concentré et déjà rond, malgré son jeune âge : un Domaine de Chevalier 2003 en Pessac Léognan, Grand Cru classé de Graves d'Olivier Bernard. C'est un vin que j'apprécie personnellement depuis fort longtemps, et que j'adore. Il faut juste lui laisser le temps de se faire, même si ce vin fût contesté par certains d'entre nous. On poursuivit avec un vin plus âgé, au beau nez fruité, et de longueur moyenne : un Léoville Barton 1996 en Saint Julien. On dégusta ensuite une vin très jeune pour son âge et concentré, français pour la majorité d'entre nous : un Almaviva 1998 du Chili, du Baron Philippe de Rothschild ! On acheva cette belle dégustation hebdomadaire par un vin au nez étranger, fruité et fondu mais pas net. Un vin facile, avec de l'alcool mais sans défaut majeur : un Chafandin 2003 Ribera Del Douro. Et on goûta enfin les fameuses madeleines de Nihoul, toutes fraîches, sur un Fonsecha Vintage Porto 1985 merveilleux. Bref, un très bon lundi, plein d'anecdotes. La suite lundi prochain.

  • Saumons d'élevage...

    En 2006, environ 790.000 saumons et truites sont passés entre les mailles des filets des centres d'élevage norvégiens, contre 722.000 l'année précédente, et mettent en péril les poissons sauvages à qui ils transmettent des parasites. "Le pou du saumon est le plus à craindre", explique Espen Farstad, de l'organisation chasse et pêche NJFF. Petit crustacé marin qui vit dans l'eau salée, ce pou mord la peau du saumon jusqu'au sang, se nourrit de son mucus et entraîne la mort des moins résistants. Le saumons sauvages sont les plus vulnérables lors de la remontée des rivières. "A l'avenir, c'est tout le système génétique de la faune sauvage qui pourrait être modifié", met en garde M. Farstad. Pourtant, le "laks" ("saumon" en norvégien) fait l'objet d'une surveillance sans relâche. Caméras sous-marines sophistiquées et plongeurs guettent le moindre trou dans les filets des cages d'aluminium qui reposent par 35 mètres de fond. Ces fuites sont "un crime pour l'environnement", dénonce Peter Gullestad, à la tête de la Direction norvégienne de la pêche. "La Norvège est face à son plus important défi écologique", affirme-t-il à l'AFP.Les saumons fugueurs transportent des parasites qui menaçent tout l'écosystème marin.Le Lepeophtheirus salmonis est la bête noire de l'industrie de la pêche en Norvège. "Nous faisons tout pour éviter que les saumons s'échappent de leurs cages pour infecter les rivières environnantes", assure Bernt Wictor Haugen, éleveur de la région du Finmark, à quelques encâblures du Cap Nord. Homme-grenouilles, bains anti-poux, antibiotiques, vaccins, tous les moyens sont employés pour faire co-exister en harmonie le saumon d'élevage et la pêche commerciale. Mais pour les organisations de défense de l'environnement, ça ne suffit pas. "Les éleveurs ne prennent pas le problème assez au sérieux. Il faut punir les centres d'élevage défaillants", affirme Maren Esmark de WWF Norvège. Elle demande des sanctions plus sévères de la part des autorités à l'encontre des éleveurs laxistes. Au ministère de la Pêche, la fugue des saumons est pourtant une priorité. Il s'agit de défendre une réputation mondiale. Bref, comme vous venez de le lire, votre superbe saumon fumé du réveillon a été vacciné, a reçu des antibiotiques et des bains anti-poux, sans parler de son alimentation (hormones de croissance, OGM,...?) et des colorants donnant à sa chair une belle teinte commerciale ! Et en plus de tout cela, il est responsable de la disparition du vrai saumon sauvage... Il ne vous reste pas au travers de la gorge ?