dioxyde d azote

  • Vivre à la campagne et travailler en ville...

    Les banlieusards qui utilisent leur voiture pour se rendre à leur travail à Paris sont particulièrement exposés à la pollution liée au trafic routier, selon une étude d'Airparif publiée jeudi.

    C'est dans les trajets domicile-travail effectués par les automobilistes franciliens en direction ou au retour de Paris que l'on trouve les niveaux de pollution les plus élevés, indique cet organisme de surveillance de la qualité de l'air.

    Pour réaliser cette étude, un véhicule d'Airparif équipé de capteurs de dioxyde d'azote et de particules ultra fines - deux polluants susceptibles d'affecter les voies respiratoires - a sillonné l'Ile-de-France au cours du deuxième semestre 2008, effectuant au total près de 300 trajets, soit une distance de 5800 km.

    Les teneurs moyennes de dioxyde d'azote les plus importantes dans l'habitacle ont été relevées lors des trajets petite couronne-Paris et grande couronne-Paris, avec respectivement 170 microgramme par m3 et 167 mgr/m3.

    A l'inverse, les niveaux les plus faibles ont été relevés dans les trajets effectués à l'intérieur de la grande couronne (103 mgr/m3).

    Pour ce qui est des déplacements intra-muros dans la capitale, les niveaux ne dépassent pas 118 mgr/m3 mais, souligne l'étude, les boulevards les plus importants et le Périphérique n'ont pas été empruntés.

    En moyenne, ces teneurs sont inférieures à la valeur guide fixée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le dioxyde d'azote: 200 mgr/m3 sur une heure.

    Néanmoins, pour 3% de l'ensemble des trajets, ce seuil a été dépassé avec un temps moyen de 1H15 et des teneurs dans l'habitacle de 243 mgr/m3, souligne Airparif. Et sur d'autres trajets, plus courts, la pollution a également largement dépassé ce seuil des 200 mgr/m3.

    L'Agence française de sécuritaire de l'environnement et du travail (Afsset) a donc ajusté la valeur guide de l'OMS et a estimé que 7% des trajets domicile-travail en Ile-de-France étaient concernés par une pollution excessive.

    Pour ce qui est des particules ultrafines, les concentrations les plus élevées (jusqu'à 91.000 particules par cm3) ont également été retrouvées sur les trajets banlieue-Paris.

    Les poids-lourds sont particulièrement polluants: dans leur sillage, les niveaux de dioxyde d'azote et de particules ultrafines sont multipliés par 4, souligne Airparif.

    Bref, outre les frais de déplacement et le temps perdu, les banlieusards payent cher leur envie de vivre au vert... Pas sûr que vivre en ville soit moins nocif. D'autant plus qu'ici, on n'a pas de voisin qui asperge ses champs de pesticides et autres traitements chimiques... A méditer...

  • Autoroutes, boulevards, pollution et enfants...

    La croissance pulmonaire des enfants est ralentie par la pollution atmosphérique liée au trafic routier, affirment des chercheurs américains qui suivent une cohorte d’enfants depuis plusieurs années. Il a déjà été démontré que cette pollution aggrave les maladies respiratoires et entraîne des milliers de morts prématurées chaque année. L’équipe de James Gaudeman (University of Southern California) va plus loin en montrant que le développement pulmonaire des enfants est affecté, augmentant le risque de maladies cardiaques et respiratoires à l’âge adulte. Gaudeman et ses collègues ont évalué depuis huit ans la croissance et les capacités pulmonaires de 3.600 enfants habitant en Californie. Les chercheurs ont constaté que ceux qui vivent à 500 mètres (ou moins) d’une autoroute ou d’un grosse axe de circulation avaient à 8 ans une croissance pulmonaire réduite par rapport à ceux vivant à 1.500 mètres de l’autoroute. Ils publient cette semaine leurs travaux dans la revue médicale The Lancet. Lorsqu’ils avaient présenté leurs résultats préliminaires en 2000, ces mêmes chercheurs avaient relevé de très forts écarts. Les enfants vivant dans des zones polluées avaient un taux de croissance pulmonaire annuel de 1%, contre 12% pour ceux vivant dans des zones peu polluées. Les principaux polluants rejetés par le trafic routier sont le dioxyde d’azote, les hydrocarbures aromatiques polycycliques et les particules fines en suspension. Sachant qu’entre 10 et 18 ans les poumons connaissent une phase de développement rapide, ceux dont la croissance est entravée risquent de souffrir de problèmes respiratoires à l’âge adulte, explique Gaudeman. De quoi inciter les dirigeants à bien réfléchir aux lieux d’implantation des écoles et des infrastructures dédiées aux enfants. De quoi inciter les parents qui déposent leurs enfants à l'école à ne pas les noyer dans des nuages de gaz de pots d'échappements. De quoi inciter les autorités publiques à opter pour des véhicules scolaires non polluants. Et de quoi inciter le parlement européen de voter des lois réduisant encore beaucoup plus les normes de pollution des futures voitures, même si le lobby de l'industrie automobile s'y oppose fermement... Terriens, il est temps d'agir...