devinettes

  • Dégustation du lundi 145

    Dernière soirée de dégustation à l'aveugle, à 5, avant les vacances d'été, qui se profilent à l'horizon.

    Deux blancs et quatre rouges alimentèrent cette fort belle soirée. La première bouteille, à la robe jaune pâle, présente un nez exotique, de lychees et de fleurs. La bouche, très aromatique, est chaude, concentrée et puissante, assez sudiste et mûre. Il y a une belle fraîcheur, mais il manque de l'acidité. On pense être en Côtes du Rhône, et c'est raté : on est en Alsace avec un vigneron qui travaille des fruits très mûrs ! Petite Fleur 2009 Muscat du Domaine Julien Meyer. On est en biodynamie.

    Seconde bouteille, à la robe jaune foncé. Le nez rappelle une tartine chaude beurrée avec du miel d'acacia. A un tel point qu'on pourrait être sur un vin liquoreux. En bouche, un côté oxydatif génial, du fruit, sec à mourir, tranché, superbe et une belle voltige dans la dimension anachronique entre le nez et la bouche. On pense au Jura, mais aussi à la Loire. C'est du Chenin : Le Briseau 2008 du Domaine Le Briseau de Nathalie Gaubicher et Christian Chaussard, en AOC Coteaux du Loir. Et en vin Bio.

    On passe aux rouges avec un troisième flacon à la robe noire, et au nez discret, sur du cassis mûr mais frais. En bouche, les avis divergent : 1. "J'espère que ce n'est pas français, j'ai l'impression de boire de l'Armagnac", 2. "Aucune impression, ce vin ne percute pas". 3. "Côté très extrait, puis bouche très sèche, puis plus rien". 4. "Bon, fruité et trop jeune, belle rondeur, mais un peu trop commercial". Pas d'envolée, pas de longueur, pas d'explosion. Sierra du Sud 2009 Domaine Gramenon en côtes du Rhône. Sans doute bu trop tôt...

    Quatrième flacon, à la robe rubis évoluée et au nez de vieux bordeaux, sur du tabac : on revient à l'ABC du vin... On évoque un Figeac 1985, un rive gauche 82, un rive droite 82 ou 86 et même un bourgogne en 1990... Décidément, le Clos n'est plus en forme : Côte Rôtie 1990, Côte Blonde de René Rostaing, à Ampuis. C'est gentil, alors que ce vin aurait pu être un peu plus riche et un peu plus long.

    Cinquième flacon, toujours à la robe rubis évoluée, et au nez plus vif mais moins net que le précédent. Au nez, toujours un vieux bordeaux, sur des prunes. Dimension du nez superbe, et idem en bouche, avec de l'ampleur et un côté animal. Quatre propositions dont une exacte : Cos d'Estournel 1990 en Saint Estèphe. Semper Fidelis.

    Sixième et dernier flacon de la soirée, avec un vin à la robe foncée, quasi noire. Le nez est magnifique et paraît beaucoup plus jeune. La bouche, pareille au nez, est fort belle et longue. On a dans ce vin la force du Cos et la finesse de la Côte Rôtie : Clos des Papes 1983 en Châteauneuf-du-Pape de Paul Avril. Fort belle bouteille. Quelle jeunesse, et quel plaisir !

    Prochaine réunion du Clos programmée le 31 juillet 2011. Qui vivra verra ! Bonnes vacances à tous !