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  • 5 millions de tonnes de déchets japonais à la dérive... jusqu'en Californie...

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    "Lorsqu'il s'agit d'évoquer les conséquences de la catastrophe qui a frappé le Japon le 11 mars 2011 – à savoir, un puissant séisme, un tsunami dévastateur et un accident nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi – c'est bien souvent les rejets radioactifs toujours en cours qui focalisent l'attention. Des débris que l'océan Pacifique a emporté après avoir ravagé l'archipel, on en parle moins. 

    Et pourtant, ces restes de maisons, bateaux, containers, ballons de foot et autres (désormais) détritus ont fait du chemin depuis. Au point de menacer la côte Ouest des États-Unis. La National oceanic and atmospheric association (NOOA, l'association américaine en charge de l'étude des océans et de l'atmosphère) les a suivis à la trace et révèle, dans une étude publiée le 1er novembre, qu'un îlot de débris gros comme le Texas (voir carte) se rapproche dangereusement des plages américaines. 

    L'îlot n'est pas uniforme, mais délimite la zone où la concentration de ces restes est la plus forte de tout le Pacifique. La superficie du Texas équivaut quasiment à celle de la France, ce qui représente 195 fois le département du Vaucluse ou 77 millions de pelouses du stade de France. Le ministère japonais de l'environnement estime qu'au total 5 millions de tonnes de matériel d'origine humaine ont été emportées par l'océan. 

    La NOAA continue de collecter des données issues de bateaux, d'images satellites et de prévisions météorologiques pour tenter de suivre ce mini-continent à la trace. L'association a actualisé ses modèles de prédiction informatique il y a un peu plus d'un an, et estime que les débris pourraient d'une part atteindre les côtes américaines dans les prochaines années, et de l'autre arriver groupés au même endroit, par vagues successives, et non plus de manière isolée comme ce fût le cas jusqu'à présent." Publié sur atlantico.fr

    Ces 5 millions de tonnes de déchets, dont certains sont radioactifs, sont encombrants. J'estime donc qu'on pourra mettre 2 tonnes par container de 15m3. Cela signifie qu'il faudra 2.500.000 containers de 15m3 pour nettoyer les plages californiennes... C'est donc le moment d'investir dans la création d'une société de containers à Los Angeles ou San Diego : boulot assuré pendant des années.

    Tous ces déchets devront ensuite être triés, traités ou recyclés. Et tout ce qui sera radioactif devra être stocké hermétiquement (cadeau pour les générations futures). Encore un beau boulot de longue haleine ! Les belles plages californiennes vont en prendre un coup (et un coût aussi). Quant aux surfeurs, il va falloir qu'ils rangent leurs planches pendant quelques années... ou migrent vers un autre océan moins pollué et moins radioactif...

     

  • Le nucléaire, c'est une irresponsabilité totale...

    Fukushima, c'était le 11 mars 2011. Vous croyez que c'est fini, que c'est le passé ? Et bien non, cela ne fait que commencer ! Et on ne va pas rigoler.

    Il y a d'abord une bande de crétins qui construisent des centrales nucléaires n'importe où : au raz de l'eau, avec les groupes électrogènes de secours en cave, au lieu de les mettre en hauteur. 

    Il y a ensuite d'autres crétins qui gèrent la centrale avec leurs petits moyens financiers (d'abord le profit), avec un maximum de sous-traitants pas chers, et pas formés. Et quand la catastrophe se produit, tout ce petit monde, et le lobby nucléaire tout entier, minimise les faits et ment à la population.

    De bricolage en bricolage, il faut bien se rendre à l'évidence, on ne maîtrise plus la situation. Même si les hautes autorités nucléaires affirment qu'il n'y a rien à craindre puisque les cuves reposent sur 8 mètres de béton armé. Ces ignares ne savent même pas que le béton se vaporise à 1.200 degrés et que le corium en fusion, bien plus chaud,  le pénètre d'un mètre vingt à l'heure. En quelques heures, le fond de la cuve qui devait protéger l'environnement est percé.

    Depuis lors, on arrose le corium, sans savoir où il est exactement, et on repompe une partie de l'eau qu'on met en citerne. Ils construisent une nouvelle énorme citerne toutes les 60 heures et la place commence à manquer. Quant au reste de l'eau, hautement radioactive, elle rejoint la nappe phréatique ou l'océan pacifique...

    Les citernes étant de mauvaises qualité (toujours le profit), elles commencent à percer. Et que va-t-on faire de ces milliers de tonnes d'eau hautement radioactive ? Personne ne sait...

    Quand je vous disais qu'on va rigoler, c'est que Tepco a enfin décidé de déménager les 1.300 barres radioactives qui sont stockées dans la piscine, ébranlée par le Tsunami de 2011. C'est prévu pour mi-novembre. Ils ont donc fait monter quelques grues (dont une est déjà tombée toute seule) au lieu de construire un pont roulant sur rail de 50 mètres de haut comme on voit dans les ports (toujours le budget...). 

    Et comme ces barres de combustible nucléaire doivent être manipulées au centimètre près (si 2 barres devaient être trop proches l'une de l'autre, ou se toucher, c'est l'explosion et l'incendie, avec des répercussions mondiales pire que Tchernobyl...), tous les scientifiques sérieux pensent qu'il est impossible de réaliser cette mission avec une bête grue soumise au vent. D'autant plus qu'il y a 1.300 barres à déplacer...

    Enfin, comme les Japonais, très orgueilleux, refusent toute aide internationale car il serait impensable, à leurs yeux, que d'autres nations aient des compétences qu'ils n'ont pas, tout le monde les laisse faire et personne ne s'oppose. Quant aux scientifiques, au mieux ils sont lâches (peur de perdre leurs crédits et leurs labos), au pire ils sont corrompus (par le lobby nucléaire) et cachent la vérité et désinforment les médias.

    La non action est effarante. Seul Greenpeace bouge. Sortir du Nucléaire manifeste de temps à autre, mais sans résultat. Les scientifiques non corrompus ferment leur gueule. Les autres vont convaincre les autorités politiques (les clowns qui nous dirigent) du bien fondé de cette énergie propre et pas chère. Et le lobby nucléaire, au-dessus des lois, fait le reste.

    L'arsenal nucléaire mondial permettrait de détruire notre planète plusieurs milliers de fois ! Qu'allons-nous faire de ces matériaux instockables, non maîtrisables et hyper-dangereux ? La solution de l'ensevelissement des déchets radioactifs est un suicide complet : on ne sait pas gérer ces déchets. Il faut arrêter le nucléaire, maintenant !

    En attendant, on est dans de beaux draps. Mais ne vous inquiétez pas, une fois la planète entière radioactive, les Japonais s'excuseront. C'est toujours comme cela qu'ils font. Avant de se faire Hara-Kiri. Texte écrit suite à l'écoute d'une interview de Jean-Pierre Petit sur You Tube.

  • Bruxelles : tri des poubelles surveillé...

    Il paraîtrait que Bruxelles Propreté vérifie le contenu de 600 poubelles par semaine dans les 19 communes, histoire de voir qui ne respecte pas l'obligation de trier les déchets (sacs blancs, bleus, jaunes et verts). Et, je suppose, de pénaliser le contrevenant, si une infraction est constatée.

    Je suis évidemment à 100% pour le tri et le recyclage de nos ordures ménagères, mais... 

    Est-ce que nos responsables de Bruxelles Propreté, qui ramassent les sacs blancs 2 fois par semaine, et les sacs bleus et jaunes 1 fois tous les 15 jours seulement, ont-ils une seule seconde pensé à tous ces gens qui vivent dans de minuscules appartements, équipés d'une kitchenette symbolique, dans laquelle chaque cm2 est utilisé ?

    Là où ils n'ont déjà pas la place de stocker 2 bouteilles de lait, comment voulez-vous qu'ils stockent 3 énormes sacs poubelles ? Et qu'en plus, ils les laissent traîner là jusqu'au prochain ramassage? C'est aberrant, et cela ne fonctionne pas. 

    Il ne faut pas oublier qu'avant, une seule famille, ou un seul couple, occupait toute la maison, alors qu'aujourd'hui, chaque maison, généralement aménagée en appartements et studios abrite 3 à 7 couples ou familles ! La véritable solution serait de collecter les poubelles chaque jour : cela permettrait d'évacuer au fur et à mesure, et surtout d'éviter ces problèmes d'odeurs nauséabondes dans certaines parties communes de l'immeuble... sans parler des problèmes d'hygiène.

    Une autre solution serait d'installer des containers blancs, bleus et jaunes dans chaque quartier, pour permettre aux habitants de liquider leurs sacs au fur et à mesure. Et au niveau personnel, il y a aussi moyen d'acheter mieux (moins d'emballages) et de réduire les volumes. Le Bio en vrac, par exemple. Langue tirée

    Et, en attendant une solution viable pour celles et ceux qui sont dans la réelle impossibilité technique de trier leurs déchets, évitez de laisser des traces qui permettraient de revenir à vous dans votre sac blanc (enveloppes, courrier, tickets de caisse, etc...). Car je sens, avec le retour du beau temps,  que les amendes vont commencer à pleuvoir...

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  • Le lourd passif de l'industrie nucléaire... dont personne ne parle, sauf ARTE.

    Immerger des fûts de matières irradiées en pleine mer semble aujourd’hui scandaleux, mais cette technique a été par le passé considérée comme une forme de stockage scientifiquement justifiée : la radioactivité des déchets déposés à plus de 4 500 mètres de profondeur était censée s’éliminer par dilution. Il est désormais admis qu’elle ne fait que se répandre de manière incontrôlée.

    Dans quel état sont aujourd’hui ces barils, dont même les autorités ne connaissent pas la localisation exacte ? Thomas Reutter et Manfred Ladwig partent à la recherche de ces déchets engloutis, guidés par un ancien militant écologiste qui, à l’époque, a tenté de barrer la route en Zodiac aux bateaux chargés de fûts. Ils rencontrent des responsables politiques, des membres de Greenpeace et des scientifiques, à qui ils soumettent les échantillons prélevés.

    Ils mettent ainsi au jour un phénomène nié ou dissimulé, dont les conséquences nous échappent largement. Une problématique d’autant plus actuelle qu’alors même que le stockage en mer est interdit depuis 1993, il est toujours légal d’y rejeter des eaux contenant des radionucléides. Près des côtes d'Europe reposent ainsi plus de 100 000 tonnes de déchets radioactifs oubliés.

    C'EST CE SOIR, SUR ARTE : "Océans poubelles", un documentaire édifiant de Thomas Reutter et Manfred Ladwig (Allemagne 2013).

    Si vous le ratez, essayez quand même de le revoir : on reste scotché devant l'écran tellement tout ce qu'on y découvre est affolant. C'est à pleurer ! Comment ont-ils pu faire de telles choses, pourquoi tout cela est tenu secret, pourquoi les habitants des côtes ne sont pas prévenus des taux de radioactivité présents sur les plages et dans les poissons, et comment ils osent cacher au public les statistiques de leucémies infantiles, 10 fois plus élevées qu'ailleurs, sans parler des nombreux autres cancers qui frappent la population vivant à proximité de ces décharges sauvages de déchets nucléaires...

    Un fois de plus, merci au cartel nucléaire et aux milieux politiques et militaires qui les couvrent : une bande de fous, de menteurs et d'irresponsables !

  • Findus : suite et faim...

    "Vu mon mauvais fond, j'ai commencé par ricaner en apprenant la nouvelle : si vous êtes assez gogo pour acheter de la viande passée à la moulinette industrielle en croyant ce qu'il y a écrit sur l'étiquette illisible, ne venez pas vous plaindre ! Et après tout, il n'y a pas mort d'homme, ni alerte sanitaire, juste une arnaque à l'étiquette doublée d'une tricherie sur la marchandise, comme il s'en produit à flux continu de par ce monde.

    La fabrication et la conserve industrielles de produits carnés à usage humain se classent juste avant celle de la bouffe pour chien dans l'échelle de qualité. C'est le grand rendez-vous des bas morceaux et des parures avec le sel et les épices, les additifs de toutes les couleurs et de toutes les saveurs, dans un gigantesque hachis de races, d'espèces et d'origines aussi claires que du jus de boudin. De ce "minerai" livré en "pains" congelés – c'est ainsi qu'ils disent –, les professionnels vont extraire de jolies boîtes de pâté et de corned-beef, des tonnes de merguez et de kebab, des citernes de sauce bolognaise et des tombereaux de moussaka ou de chili con carne... Les consommer, c'est s'exposer au risque "lasagnes Findus" et encourager un système productiviste nourri aux mamelles de l'agriculture intensive et de la grande distribution hégémonique, dont ces produits bas de gamme sont l'aboutissement.

    L'affaire Findus aura deux conséquences : la baisse de la consommation de viande, déjà amorcée dans les pays occidentaux, va continuer, accompagnée d'un regain d'intérêt – non sans raison – pour le régime végétarien, total ou partiel ; par ailleurs, le développement du bio, des circuits courts, du manger local, du fait maison, du rapprochement producteurs-artisans-consommateurs, ne peut qu'être encouragé dans ce climat de défiance accrue à l'égard des charognards de l'industrie agroalimentaire. Personne ne s'en plaindra, sauf Findus et les siens." Extrait de l'article de JP Géné dans le Magazine du Monde de ce weekend. On pense tous les 2 la même chose, mais il le dit mieux que moi...

     

    Terriens, il est temps d'agir...

     

  • Sortir du nucléaire : une évidence...

    Article incroyable, publié par Norio HIRAI en 1996 ! Pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour qu'on le redécouvre ? Gardez en mémoire que ce texte a été écrit il y a 15 ans. Epoustouflant et prémonitoire...

    "La première centrale nucléaire commerciale au Japon a démarré en 1966 dans la commune de Tokaido, dans le département d’Ibaraki. C’était un réacteur anglais d’une puissance de 160 mégawatts. Depuis, des centrales américaines ont été installées, et le Japon s’est même mis à construire ses propres centrales. Actuellement, 51 centrales nucléaires fonctionnent dans ce petit pays, la plus grande étant de 1.350 mégawatts. 

    On les a mises en route sans savoir concrètement comment les démonter ni les démolir, ni comment traiter leurs déchets. Le réacteur en acier, bien que d’une grande épaisseur, se fragilise à cause des quantités colossales de radioactivité, on les avait donc construites pour une exploitation de 10 ans, après quoi le démantèlement et la démolition étaient prévus. Mais en 1981, on s’est aperçu que les plans de démantèlement et de démolition de la centrale nucléaire de Fukushima, qui avait alors fonctionné 10 ans, n’étaient pas du tout réalisables. Le Parlement a même discuté sur le fait que ce réacteur ne pouvait plus résister aux rayonnements ionisants. 

    A l’époque, j’ai participé aussi à la recherche de solutions. Nous avons tous les jours étudié différents modes de démolition. Mais nous avons seulement compris que, pour démonter et démolir cette centrale nucléaire pleine de radioactivité, des dépenses représentant plusieurs fois le budget de sa construction seraient nécessaires, et qu’une irradiation trop importante des ouvriers serait inévitable. Car on ne peut travailler que quelques dizaines de secondes près du réacteur si l’on veut respecter la norme. 

    Tout est réalisable sur le papier, mais concrètement, les ouvriers doivent tout faire à la main, avec l’irradiation que cela implique. On ne peut donc rien faire avec cette radioactivité, ni démonter, ni démolir la centrale. Certaines personnes parlent d’envoyer des robots, mais les nombreuses recherches n’ont pas encore réussi à produire des robots qui ne se dérèglent pas à cause de la radioactivité. 

    Finalement, concernant la centrale de Fukushima, on a conclu que la démolition était irréalisable. Le fabricant américain qui a vendu cette centrale a envoyé des ouvriers au Japon, et il les a fait réparer le réacteur en les exposant à des quantités de radioactivité inimaginables par rapport à la norme japonaise. Aujourd’hui, cette centrale fonctionne toujours. 

    Alors qu’on avait prévu de l’utiliser 10 ans, elle a déjà fonctionné plus de 30 ans. Au Japon, il y a 11 centrales que l’on exploite toujours malgré leur vieillissement, cela m’inquiète beaucoup. 

    Le réacteur nucléaire de 100 kilowatts destiné à la recherche s’est arrêté suite à une fuite de radioactivité dans l’Université Industrielle Musashi à Kawasaki, dans le département de Kanagawa. On estime qu’il aurait fallu 2 milliards de yens pour la réparation et 6 milliards de plus pour le démantèlement. Le budget annuel de l’Université ne suffit même pas pour la démonter. Ils sont donc obligés de l’arrêter et l’entretenir jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de radioactivité. Si cela avait été un grand réacteur de 1.000 mégawatts, on n’aurait vraiment rien pu faire.  

    Pourquoi on ne peut pas démonter une centrale nucléaire ? Comme elle fonctionne avec de l’eau et de la vapeur, on ne peut pas la laisser sans entretien après l’arrêt. Elle se rouillerait très vite et il y aurait des fuites de radioactivité par des trous. Un seul démarrage avec du combustible nucléaire suffit pour polluer la centrale. Et une fois polluée, on ne peut plus la laisser se reposer, ni la démonter, ni la démolir.  

    Il y a beaucoup de centrales nucléaires qui ont été fermées dans des pays développés. Elles sont fermées car ils ne peuvent pas les démonter ni les démolir. Fermer une centrale nucléaire, ça veut dire qu’on arrête de produire de l’électricité et qu’on retire le combustible. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire.  

    Mais je me demande si les compagnies d’électricité vont continuer à surveiller sérieusement les centrales fermées qui ne produisent plus d’électricité ni d’argent. D’un autre côté, elles cherchent à construire de nouvelles centrales et à agrandir celles qui sont déjà construites. Par exemple, elles veulent ajouter un 5ème réacteur sur le site de Hamaoka qui se trouve sur un endroit très dangereux par rapport à la faille qui provoque souvent des tremblements de terre dans la région de Tokai. A Fukushima, elles ont ajouté un nouveau réacteur sur le terrain de football. Pour des nouvelles installations, elles veulent construire des centrales à Makimachi dans le département de Nigata, Ashihama du Mie, Kaminoseki du Yamaguchi, Suzu du Ishikawa, et Ooma et Toudu d’Aomori. Elles envisagent d’avoir de 70 à 80 réacteurs d’ici 2010. J’ai peur que mes mots soient brutaux mais je n’arrive pas à m’empêcher de penser que ce pays est devenu fou. 

    Bientôt, la fermeture des vieilles centrales nucléaires va sûrement venir. C’est un grand problème. Imaginez des centrales nucléaires fermées qui apparaissent partout dans le Japon dans l’avenir assez proche. Vous ne pensez pas que c’est non seulement inquiétant mais macabre?  

    Il faut aussi parler des déchets nucléaires qu’on produit chaque fois qu’on fait tourner les réacteurs, ça veut dire tous les jours. En parlant déjà des déchets nucléaires de faible activité, il y en a 800.000 fûts dans le Japon. On utilise le mot faible mais il y en a qui sont tellement forts en radioactivité qu’on peut recevoir la dose létale en restant uniquement 5 heures à côté.  

    Depuis le démarrage de la première centrale nucléaire au Japon jusqu’en 1969, dans toutes les centrales, on mettait tous les déchets nucléaires dans des fûts et les jetait dans les mers à proximité. A l’époque, c’était normal. Quand je travaillais dans la centrale de Tokai du département d’Ibaraki, les sous-traitants emportaient les fûts en camion et ils les jetaient au large de Chiba en bateau.  

    Mais justement c’est avec cette histoire que j’ai commencé à douter qu’il y a quelque chose qui n’est pas clair dans les centrales nucléaires. Les fûts métalliques se rouillent au bout de 1 an dans la mer. Je me suis demandé ce qui se passerait avec les déchets nucléaires qui étaient dans les fûts et les poissons qui habitent dans la mer. 

    Maintenant, on rassemble les déchets nucléaires à Rokkasyo dans le département d’Aomori. Ils prétendent surveiller 3 millions de fûts de déchets nucléaires pendant 300 ans. Mais je me demande déjà s’il existe le fût qui fait de l’usage pendant 300 ans. Et durera-t-elle aussi cette entreprise sous-traitante pendant si longtemps ? Qui peut assurer tous ces problèmes ? 

    Et puis, parlons des déchets nucléaires de haute activité. C’est le déchet qui reste après l’extraction du plutonium du combustible usé. Le Japon commande cette extraction à l’Angleterre et à La France. En 1995, la France a retourné 28 barres de déchets de haute radioactivité. Ce sont des mélanges de déchets de haute radioactivité et de verre enfermés dans un container métallique. J’ai entendu que le fait de rester 2 minutes à côté de ce container suffit pour tuer quelqu’un. Le gouvernement dit qu’il va garder ces barres fortement radioactives pendant 30 ou 50 ans tout en les refroidissant à Rokkasyo du département d’Aomori et les transporter quelque part ailleurs pour les enfouir en profondeur. Quelque part qu’il ne sait pas encore où ça pourrait être. Dans tous les autres pays, ils planifient l’enfouissement des déchets nucléaires de haute radioactivité, mais il y en a aucun qui l’a déjà accompli. Personne ne connaît la solution.  

    Pour le bâtiment de la centrale nucléaire elle même, le gouvernement japonais envisage de la fermer hermétiquement pendant 5 ou 10 ans et l’enterrer en dessous du terrain où la centrale a été, après l’avoir démolie en petits morceaux et mis en fûts métalliques. C’est un projet très optimiste mais la démolition d’un seul réacteur donnera des dizaines de milliers de tonnes de déchets plein de radioactivité. Comment peut-on trouver la place pour tous ces déchets dans un pays où on manque même de place pour jeter les ordures ménagères ? En tout cas, c’est bien clair que le Japon sera encombré de déchets nucléaires un jour. Il faut faire quelque chose. Il faut qu’on arrête les centrales nucléaires aussi vite que possible.  

    Quand on dit «surveiller 50 ans ou 300 ans», peut-être ça vous donne l’impression que tout sera fini au bout de ces durées. Mais s’il y a toujours des centrales nucléaires qui fonctionnent, ce sont des 50 ans et 300 ans qui se renouvellent pour toujours.  

    Le gouvernement et les compagnies d’électricité ont menti pendant des dizaines d’années en disant que les centrales nucléaires japonaises n’avaient jamais émis de radioactivité à l’extérieur. Mais depuis quelque temps, ils ne peuvent plus continuer leurs mensonges.  

    Il y a de la radioactivité qui sort des cheminées très hautes des centrales nucléaires. Très précisément, c’est la compagnie qui la rejette volontairement. Comme elle la rejette 24 heures sur 24, les habitants à côté prennent de la radioactivité tout au long de l’année.  

    Certainement, l’accident grave de Tchernobyl a aussi effrayé beaucoup de Japonais. Mais j’imagine que beaucoup de gens, surtout ceux qui habitent au loin, dans les grandes villes, ont peur de manquer d’électricité si on ferme les centrales nucléaires.  

    Mais c’est le résultat des propagandes qu’ils font en dépensant beaucoup d’argent. « Les centrales nucléaires, c’est une utilisation pacifique de l’énergie atomique », « Vous n’avez pas besoin d’avoir peur. Les accidents n’arriveront jamais dans les centrales nucléaires japonaises », « Le Japon manque de sources d’énergie. Les centrales nucléaires nous sont indispensables ». Ce sont des propagandes du gouvernement et des compagnies d’électricité. Et la réalité, comme l’accident de Monju, ils essayeront toujours de la cacher.  

    C’est bien vrai que les centrales nucléaires produisent de l’électricité. Mais j’ai constaté en travaillant 20 ans, avec mes yeux et même avec mon corps qu’elles fonctionnent toujours en irradiant les ouvriers. Et puis les gens qui habitent à côté souffrent, en se débattant entre ceux qui sont pour et contre avant l’installation, et en étant irradiés et discriminés après la construction.  

    Vous ne devez pas croire qu’un accident dans une centrale nucléaire ne provoque pas des terribles conséquences, ni qu’il n’y a pas de problème si jamais l’accident arrive, ni que c’est une utilisation pacifique ! 

    Non, tout cela n’est pas vrai. Ce n’est pas pacifique s’il y a des ouvriers qui meurent à cause de l’irradiation, comme moi, et des gens qui souffrent à côté des centrales. En plus, il ne faut pas confondre la sûreté et la sécurité. S’il y a des centrales nucléaires, il n’y a plus rien de sûr.  

    En plus, même si le nucléaire produit de l’électricité en ce moment, l’entretien des déchets nucléaires pour des dizaines de milliers d’années demandera une énorme quantité d’électricité et de pétrole. C’est sûr que ça demandera plus d’énergie qu’on en a produit jusqu’à maintenant grâce au nucléaire. D’ailleurs, ce sont nos descendants qui seront obligés d’entretenir toutes les centrales fermées et leurs déchets.  

    Pour toutes ces raisons, je vous demande de regarder le visage de vos enfants et vos petits-enfants tous les matins, et réfléchir si le Japon peut continuer à construire des centrales nucléaires. Ce n’est pas uniquement le risque de l’accident, mais il y a aussi le risque du tremblement de terre. Le désastre irrémédiable va arriver si on continue ainsi. Je veux que vous sachiez cette réalité.  

    Je manifeste pour ne plus construire de centrales nucléaires. Je suis contre les nouvelles installations de centrales nucléaires avec conviction. Et je pense qu’il faut arrêter celles qui sont en fonctionnement. 

    Tant que les centrales nucléaires existeront, la tranquillité n’existera pas sur la Terre. 

    Laissons la Terre jolie pour nos enfants." 

    Norio HIRAI  1996 

     

                                                                            

  • Il faut que cela change...

    Un milliard de riches occupe l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie et le Japon et règne tyranniquement sur les pays du Tiers-monde. soit un peu plus de 5 milliards et demi de gens, dont le pauvre destin est joué d’avance.

    Ce milliard d'individus s'approprie les 7/10 de l'énergie, les 4/5 du bois et autant des produits de la pêche, les 3/4 des métaux, les 5/6 des crédits d'éducation, les 9/10 des budgets de recherche et de développement, possède les 3/4 des automobiles, neuf avions sur 10, etc. Voilà des chiffres bien peu consensuels et équitables qui prouvent l’excessive mainmise du milliard de privilégiés dont la liberté de puiser et d’épuiser ne s’arrête pas où commence celle des autres 5 milliards soumis au diktat. Nous garantissons ainsi aux plus pauvres de continuer à stagner, voire à s’enfoncer, dans leur état de pauvreté.

    En terme d’empreinte écologique insoutenable, un Nord-américain ou un Français valent combien d’Africains ? L'état américain le moins densément peuplé qu’est le Wyoming (510.000 habitants) émet plus de CO2 que 69 pays en développement réunis et totalisant 357 millions de personnes.

    C'est tout cela qu'il faut revoir et corriger, en changeant nos modes de vies et nos choix de consommation : devenir autonome en énergie, économiser l'eau, acheter local, éviter les emballages, boycotter les produits polluants, recycler les déchets et vivre plus simplement, en privilégiant l'être plutôt que l'avoir. 

    Nous nous porterons tout aussi bien, en consommateurs réfléchis et responsables, respectueux de notre environnement et du reste de la planète. Terriens, il est temps d'agir...    Et c'est le moment de le faire.