croissance

  • Avoir plus ou vouloir moins...

    Dans Libération de ce samedi un entretien bouleversant à tous propos: Le scénario de l’effondrement l’emporte. Dennis Meadows nous annonce l’effondrement des systèmes écologiques et économiques faute d’avoir compris ce qui se joue depuis quarante ans.  En 1972, Dennis Meadows, avec trois autres scientifiques du M.I.T,  avait publié un rapport pour le Club de Rome, The limits to Growth. En 1972, simulant les interactions entre population, croissance industrielle, production alimentaire et limites des écosystèmes terrestres, ils avaient établi les 13 scénario possibles pour notre civilsation. Quarante plus tard, pour Dennis Meadows, c’est celui de l’effondrement qui se joue devant nous.

    "En 1972, nous utilisions 85% des ressources de la biosphère. Aujourd’hui nous en utilisons 150% et ce rythme s’accélère. (…) Dans à peine trente ans, la plupart de nos actes quotidiens feront partie de la mémoire collective: « je me souviens avant, il suffisait de sauter dans une voiture pour se rendre ou on voulait », ou « je me souviens, avant on prenait l’avion, comme ça » pour les plus riches cela durera un peu plus longtemps, mais pour l’ensemble des populations, c’est terminé. Dennis Meadows pointe l’aveuglement du système: C’est fini, la croissance économique va fatalement s’arrêter. Elle s’est arrêtée d’ailleurs. (…) Par effondrement, il faut entendre une chute combinée et  rapide de la population, des ressources, et de la production alimentaire et industrielle par tête.

    La vraie question est de savoir comment nous allons changer d’idées. Pour des pans entiers de notre vie sociale, on s’en remet au système économique. Vous voulez être heureuse? Acheter quelque chose! Vous êtes trop grosse? Achetez quelque chose pour mincir. Vos parents sont trop vieux pour s’occuper d’eux? Achetez les services de quelqu’un. (…) cette civilisation matérielle va disparaître. Notre espèce survivra, mais dans d’autres conditions.

     Pour moi cet effondrement sera source de violences inouïes. Comment imaginer que les populations, à qui l’on continue de faire miroiter la croissance du pouvoir d’achat, du développement de leurs conditions matérielles,  acceptent cela sans réagir. Mais nos hommes politiques ne sont pas des imbéciles. Ils savent bien que la croissance n’est plus possible. Les chinois savent bien que leur course folle se terminera bientôt, encore plus vite que la nôtre! ? Pourquoi continuent-ils à nous mentir? Ne peuvent-ils pas faire autrement? Nos démocraties ne tiennent-elles que par la croissance? Quelles seront ces autres conditions ?

    Eviterons-nous la fin nucléaire, solution finale bien commode à nos problèmes? Dennis Meadows ne croit guère à la raison humaine: comme environnementaliste, je trouve stupide que des dizaines de milliers de personnes sautent dans un avion pour rejoindre la capitale brésilienne, (…) c’est complètement fou. Rio+20 ne produira aucun changement significatif dans les politiques gouvernementales, c’est même l’inverse.

    Nous voilà prévenus. Je vous recommande cet article. Il n’est pas joyeux à lire. Il est essentiel. Il y a deux façons d’être heureux nous dit encore Meadows, avoir plus ou vouloir moins. Comme je trouve qu’il est indécent d’avoir plus, je choisis de vouloir moins. Le choix, voilà!"

    Article du Mardi 19 juin 2012 de Renaud Delourme sur le Blog des Editions Montparnasse.

  • La bonne vieille ampoule de 110 ans...

    Lu dans La Libre de ce week-end :

    "Aux Etats-Unis, dans la ville de Livermore, en Californie, on a fêté il y a peu une ampoule électrique qui éclaire la caserne locale des pompiers sans discontinuer depuis 110 ans ! Une anomalie industrielle ? Non, en réalité, cette ampoule a été conçue et fabriquée avant que les fabricants ne se rendent compte que leurs ventes, explosives dans un premier temps, commençaient à stagner, voire à régresser.

    C’est que les fabricants de lampes à filament incandescent ont rapidement pris la mesure du problème et se sont concertés - entendus, en réalité - pour réduire à une moyenne de 1000 heures la durée de vie d’une ampoule. Cette association née dans les années 30, dénommée le Cartel de Phoebus (Philips, Osram, Tungsram et General Electric, notamment), a réussi à imposer cette norme au détriment de tout éventuel progrès technologique dans le secteur, et a même réussi à accroître ses marges en augmentant dans le même temps les prix moyens des ampoules.

    Curieusement, et nonobstant les dénégations des représentants du secteur, alors que les pays de l’Union européenne abandonnent, aujourd’hui, ces fameuses ampoules à incandescence au profit d’ampoules économiques (en consommation d’énergie en tout cas), on assiste à une hausse concomitante des prix des ampoules admises à la commercialisation. Un hasard ? Sans doute.

    C’est qu’aujourd’hui, les ententes industrielles sur les prix ou sur leurs composantes (durée de vie, qualité, rareté) n’ont pas très bonne presse dans un monde où devrait régner une saine concurrence."

    Ces "ententes" ne concernent pas que les ampoules : l'électro-ménager, l'audio-visuel, les voitures, les vêtements, tous les biens de consommation sont touchés. Programmés pour vous lâcher dans 2, 3 ou 5 ans au maximum... Il faut bien que les usines tournent et que les industriels gagnent de l'argent. Toujours plus d'argent.

    Un lave-vaisselle qui fonctionne sans aucun problème pendant 30 ans, cela existait dans le passé. Plus maintenant, alors qu'on a quand même fort évolué en matière de technologie et de production. Il faut absolument revenir à la qualité : c'est moins coûteux pour les consommateurs et meilleur pour l'environnement.

  • Un dimanche blanc...

    Quelques bûches qui crépitent, quelques vieux vinyles griffés pour l'ambiance, un bon plat qui mijote doucement en embaumant l'espace, un peu de lecture pour rester au courant et un regard vers la terrasse recouverte d'une épaisse couche de neige, et qui affronte tempête après tempête : voilà comment passer une agréable journée sans mettre son nez dehors.

    Toutes ces lectures m'incitent à réagir sur ce blog, même si certains sujets sont hors thème. Tous mettent en avant l'hypocrisie et les intérêts particuliers au dépend de l'intérêt général, et le manque de prise de responsabilité :

    1. D'abord Copenhague, qui est un flop magistral pour l'ONU, après 2 ans de préparation au niveau mondial. Trouver des centaines de milliards pour sauver les banques d'une mauvaise gestion est assurément plus facile que d'en trouver pour sauver notre planète... Et ce sont les peuples les plus pauvres, ceux qui sont déjà dans la dèche, qui subiront, et subissent déjà, les effets du réchauffement sans pouvoir y faire face. 
    2. Quelques malheureux centimètres de neige, et l'Europe est paralysée : plus d'avions, plus d'Eurostar, plus de bus, aucune route déneigée, aucune interdiction de circuler aux poids lourds qui provoquent des bouchons monstres : plus personne ne fait son boulot, et les responsables sont absents.
    3. Toutes les eaux usées bruxelloises déversées dans les cours d'eau flamands pendant plusieurs jours, parce qu'un responsable de la station d'épuration privée le décide. Chantage au dépend de l'environnement, une fois de plus. Et danger de privatiser des services qui devraient rester publics.
    4. Des agriculteurs français en pleurs, contraints d'arrêter leurs exploitations agricoles ou bovines désormais non rentables, alors que les marges bénéficiaires des grandes surfaces sont énormes. Risque de ne plus savoir d'où proviennent viandes et légumes, mais surtout, perte de biodiversité, perte de produits de terroirs, perte de production locale et perte d'emplois.
    5. Le Codex Alimentarius (voir lien vers l'article au bas de la colonne de droite), dont l'invention nous promet de beaux jours ! Encore un grand coup de certains milieux politiques, mains dans la main des lobbies agro-alimentaires et pharmaceutiques. Une véritable catastrophe pour notre avenir alimentaire, et pour la pollution de la planète. Consommons tous Bio, et faisons-les tomber !