crise biologique

  • L'explosion avant l'implosion ?

    Pendant des millénaires, les courbes étaient comme le relief de la Belgique : pratiquement plates. Ni croissance, ni progrès, ni expansion démographique ; et puis, il y a un peu plus de 200 ans, les compteurs de l’économie mondiale se sont subitement affolés. 5000% d’augmentation du PIB, 800% de hausse de revenu par habitant, 500% de croissance de la population, et tout est à l’avenant. Nous sommes en moyenne six fois plus riches que nos grands-parents. Nos arrières-arrières-grands-parents vivaient dans un monde où l’on travaillait deux fois plus, et sans congé ni couverture sociale, où l’on produisait 30 fois moins, où l’agriculture employait 75% de la population européenne (5% aujourd’hui), où l’espérance de vie se traînait aux environs de 50 ans, où le monde comptait dix fois moins d’habitants. Dans le même temps, les inégalités entre les grandes régions se sont creusées. En 1820, un Africain était trois fois moins riche qu’un Américain ou qu’un Européen. Il est aujourd’hui 20 fois moins bien loti. Le bien-être des occidentaux attise tragiquement la ferveur religieuse orientale, creusant chaque jour un peu plus le fossé Nord/Sud. Le fabuleux essor de l’économie mondiale se solde également en émissions de gaz carbonique (100 fois plus qu’en 1800), déforestation (30 % des forêts de la planète ont disparu), disparition d’espèces animales et épuisement des ressources fossiles et halieutiques. En attendant, la Terre meurt à petit feu du réchauffement climatique, tout en fonçant à une vitesse relative de plus 100 000 km/heure autour du Soleil. Sa destinée est peut être d’imploser ou d’être projetée aux confins de la Voie lactée. Voilà une perspective qui devrait faire réfléchir objectivement tous les Terriens qu'ils ont un destin commun.Peut être que des gens comme Al Gore, et bien d’autres, connus ou anonymes, qui travaillent à cet idéal déterminant, offrent une opportunité de dépassement des clivages culturels pour que les hommes et les femmes, dans leur grande diversité, se consacrent à la préservation de ce bien commun. Après tout, face aux périls climatiques ou géophysiques à venir, aux ingrédients d’une grande crise biologique qui se mettent lentement en place, et à l’avenir sombre qui est prédit aux générations futures par nombre de scientifiques, tout le reste est bien dérisoire. Or, la solution est simple : ralentir la machine à consommer, éviter les gaspillages, faire appel aux énergies renouvelables, rien de bien difficile en somme. Par exemple, l’application de ces trois principes permettrait à une famille standard (2 adultes, 2 enfants) de diminuer sa consommation de 130 KWh/m²/an à moins de 15 KWh/m²/an, soit 8 fois moins d’énergie par habitation par an. Sachant qu’il y a +/- 4,4 millions de ménages sur un territoire comme la Belgique, vivant en moyenne dans 100 m², cela représenterait une économie de 50,6 millions de KWh par an. Soit 506 000 tonnes de CO2 en moins par an dans l’atmosphère et au moins 1600 € d’épargne en moyenne par famille par an ! Cela est évocateur, n’est-ce pas ? Il est remarquable de constater que nous accordons vraiment de l’importance aux choses dès lors qu’elles sont mesurables et mesurées. Voilà qui c'est fait ! Pour plus de chiffres, allez sur agoravox.fr (voir lien). C'est bien écrit.