contamination

  • Camp de concentration nucléaire pour tous...

    Extrait d'un article courageux et intéressant de Paolo Scampa, tiré de son livre. Ce chercheur s'est évertué à calculer le nombre de particules nucléaires présent aujourd'hui dans l'air et sur la terre, suite aux fameux essais nucléaires des années 45 à 80. Il parle aussi de Tchernobyl et Fukushima, et des guerres. Et il maudit les physiciens nucléaires qui cachent au monde la vérité absurde de la situation actuelle, tout comme il blâme les fausses mesures et fausses informations communiquées par les autorités nucléaires. Et le silence complice des gouvernements.

    "La physique n’est hélas pas une opinion et que l‘air soit désormais envahi par les nanoparticules radioactives n’est pas un mirage.  Les essais nucléaires ont transformé la biosphère en un imperceptible Auschwitz atomique lent. La planète est devenue un vaste territoire de concentration radioactif.

    Mais autant à Auschwitz qu’à Disneyworld, on y respire la même mort de l’humanité même si ici de manière bien plus discrète, indirecte et sournoise que là. Par la grâce des physiciens nucléaires que l’on loue tant, nous vivons en effet désormais et à jamais dans une chambre à gaz radioactive infiniment vaste et à effet tumoral retardé.

    Du soir au matin nous baignons libres dans une atmosphère insalubre saturée de radionucléides artificiels qui sont autant de minuscules bombes cancérigènes à retardement. Inspirant paisiblement nos 28 m3 quotidiens d’air surchargé de nanoparticules atomiques, nous vivons tranquilles l’aube d’une patiente et irréversible solution terminale qui viendra avec le temps. Notre monde a en somme glissé de facto de la dictatoriale solution finale « pour les autres » à la démocratique solution terminale « pour tous ». Du Zyklon B au 239Pu tel est bien la mesure inavouée du progrès politique connu par l’humanité après la seconde guerre mondiale. Heil Nuke. Que pourrions-nous dire d’autre face à ce crime radiologique contre l’humanité ? " 

    Paolo Scampa, Président de l’AIPRI (Association Internationale pour la Protection contre les Rayons Ionisants ).

    http://www.vff-marenostrum.org/News/La-chambre-gaz-atomique-P.Scampa-2012.pdf

     

     
  • Propre et pas cher, le nucléaire ?

    Déchets nucléaires à usage médical abandonnés, depuis des mois, par une firme américaine en faillite à Fleurus. Situation connue des autorités nucléaires belges et aucune réaction avant que cet état de fait ne soit dénoncé. Il faudra 5 à 7 ans et 50.000.000 d'euros pour les évacuer, après quoi, on verra quoi faire avec les bâtiments... Propre et pas cher le nucléaire ?

    Fissures dans les cuves des réacteurs de centrales nucléaires belges et européennes et mise à l'arrêt.  Doel a 30 ans, et le fabricant des cuves n'existe plus. Cette cuve a fait son temps. Mais il semble qu'on ne sache ni la réparer, ni la remplacer. GDF-Suez va-t-il prendre le risque d'affirmer que la sécurité est malgré tout assurée et relancer la production d'électricité ? C'est certainement plus lucratif que de devoir mettre à l'arrêt ces vieilles installations et de devoir commencer à les démonter, traiter les déchets et décontaminer le site... Pour info, la commission Énergie 2050, à peine installée par la ministre de l’Écologie en septembre 2011, a en effet avancé le chiffre de 750 milliards d’euros pour le démantèlement de toutes les installations nucléaires françaises, soit 58 centrales. Propre et pas cher, le nucléaire ?

    De l'autre côté de la planète, l’ancien Directeur de la centrale nucléaire de Fukushima, Masao Yoshida, a récemment raconté dans un vidéo-reportage diffusé avant-hier sur The Australian comment lui et ses équipes de techniciens (les « 50″ de Fukushima) ont cru que leur dernière heure était arrivée quand, le 14 mars 2011 à 9h, le réacteur n°. 3 de la centrale de Fukushima-Daiichi était détruit par une explosion toujours mal documentée à ce jour. M. Yoshida explique encore que, malgré les affirmations du gouvernement Japonais, le site de Fukushima-Daiichi n’est toujours pas stabilisé et qu »‘il est nécessaire de mobiliser une assistance internationale et notamment des ingénieurs, des technologies et des appréciations venant de tous les coins du monde. » Propre et pas cher, le nucléaire ?

  • Les enfants de Tchernobyl...

    C'était en 1986, il y a 26 ans, que le réacteur de cette centrale nucléaire explosa et contamina 40% de l'Europe.

    26 ans plus tard, de nombreuses associations, partout en Europe, continuent d'inviter pour quelques semaines d'été des enfants de Tchernobyl, d'Ukraine et de Russie, afin qu'ils puissent se décontaminer. Ces enfants, nés bien après la catastrophe, sont contaminés à leur tour, tellement l'environnement est toujours hautement radioactif.

    Certains d'entre eux présentent des taux de radioactivité supérieurs à ceux de leur parents à l'époque ! C'est dire si les sols, l'eau et l'air qu'ils respirent sont pollués, sur des centaines de km2. Trois anciennes républiques soviétiques sont particulièrement touchées : les maladies sont toujours en nette augmentation, la mortalité y est affolante, et les taux de natalité en nette diminution.

    Des centaines de milliers d'enfants souffrent aujourd'hui de ce taux de radioactivité anormal et continuent de développer des maladies dues à ce désastre nucléaire. Un séjour chez nous et une alimentation saine pendant quelques semaines permet de diminuer ce taux de radioactivité et d'améliorer quelque peu leur condition. Provisoirement.

    Personne n'en parle plus, et pourtant, 26 ans après les faits, l'hécatombe se poursuit. Et la même situation se produira au Japon. Et on en parlera pas non plus, dans 25 ans. Comment, en effet, prouver que votre cancer a pour origine la catastrophe de Fukushima ? Jamais AREVA, ni TEPCO,  ni les autorités nucléaires mondiales ne l'admettront. Jamais.

    Et, en attendant la prochaine catastrophe nucléaire, ou l'explosion d'un des réacteurs en fission de Fukushima, on poursuit la construction de nouvelles centrales, on postpose l'arrêt et le démontage des anciennes, et on remet même en marche une quinzaine de centrales nucléaires   au Japon, alors que tout le peuple japonais y est opposé... C'est de la folie pure. Je dirais même plus, c'est criminel.

  • Contamination de la chaîne alimentaire mondiale...

    "20 millions de tonnes de rejets radioactifs et de déchets chimiques provenant de Fukushima, de bois brisé, de bateaux à la dérive et d’épaves industrielles ont déjà traversé plus de la moitié de l’océan Pacifique et s’approchent de plus en plus de l’Amérique du Nord. 

    L’élimination et le traitement de ces déchets solides représenteront une tâche monumentale, mais la plus grande menace réside dans le cocktail chimique invisible mélangé à l’eau de mer, ce qui constitue une triple catastrophe sans précédent de contamination nucléaire, biologique et chimique (NBC) en provenance du nord-est du Japon. 

    Les isotopes radioactifs césium et strontium se trouvent maintenant dans la chaîne alimentaire marine et sont en train de remonter l’échelle biologique, depuis le plancton jusqu’aux invertébrés tels que les calamars, puis les poissons comme le saumon et le flétan.

    Quand les déchets radioactifs arriveront-ils sur ​​la côte Ouest de l’Amérique du Nord ? La distance entre le nord-est du Japon et le nord-ouest du Pacifique est d’environ 8000 km. Le courant Kuroshio du nord Pacifique fait normalement la traversée entre six à sept mois. Les matériaux les plus lourds, comme le bois, se déplacent à environ la moitié de ce  rythme, mais les produits chimiques dissous dans l’eau ont déjà commencé à atteindre la côte Pacifique de l’Amérique du Nord, une réalité ignorée par les gouvernements américain et canadien.

    Le mélange toxique ne s’arrêtera pas à la côte. De nombreux composés chimiques sont volatiles : ils peuvent s’évaporer avec l’eau pour former des nuages qui finiront par tomber sous forme de précipitations à travers le Canada et le nord des États-Unis. A long terme, la menace s’étendra loin dans les terres, vers les montagnes Rocheuses et au-delà, affectant l’agriculture, les rivières, les réservoirs et, éventuellement, les nappes aquifères et les sources".

    Extraits d'un article pour Rense.com par Yoichi Shimatsu, consultant en environnement basé à Hong Kong, ancien rédacteur général du « Japan Times Weekly » à Tokyo.

    "Contamination de la chaîne alimentaire mondiale en 2012" avais-je écrit en avril sur ce blog. On s'en approche chaque jour. Et Fukushima continue de contaminer l'environnement, jour après jour : la situation n'est toujours pas maîtrisée, et est loin de l'être tant la situation est compliquée.

    Et en dehors de cette catastrophe environnementale sans précédent dans l'histoire de l'humanité, il faut également penser à ces millions de Japonais contaminés (sans en avoir été informés) et qui continuent de se contaminer (air, eau et nourriture) chaque jour. Les premiers signes de maladie apparaissent dans la population, et ce n'est qu'un début : ils sont partis pour 30 ans de calvaire, faute d'avoir été évacués à temps et d'avoir été trompés par les déclarations rassurantes des autorités et du cartel nucléaire. Un Tchernobyl bis, mais en beaucoup plus grave...

    Après le boeuf contaminé, le thé contaminé, puis le lait pour bébé contaminé, il me semble prudent et évident de ne plus consommer les produits japonais importés en Belgique. Je n'ai vraiment pas confiance. Principe de précaution. 

    Voilà une bien triste histoire, dont les médias se gardent bien de parler. De quoi s'indigner un peu plus.

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Fukushima : encore 20 ans de problèmes...

    "La situation sur le site de Fukushima ne sera considérée comme maîtrisée que lorsque les combustibles auront été évacués et entreposés en lieux sûrs.

    Pour ce qui est des combustibles entreposés dans les piscines des réacteurs 1 à 4, Tepco annonce un délai de trois ans avant de pouvoir débuter les opérations. Car elles nécessitent la conception et la fabrication d’outils capables de manipuler ces produits qui ne doivent jamais être exposés à l’air libre.

    Quant aux cœurs des réacteurs 1, 2 et 3, il faudra de dix à vingt ans, selon les sources, pour en venir à bout. Tepco ne dispose aujourd’hui que de très peu d’information sur l’état des réacteurs et des cuves de confinement. Seules certitudes : les trois cœurs des réacteurs ont fondu et les cuves ne sont plus étanches. Mais il est aujourd’hui impossible de savoir si le corium formé par la fusion des éléments des réacteurs est resté confiné dans les cuves où s’il s’en est échappé et en quelle quantité.

    Selon l’IRSN, une des premières difficultés à résoudre sera le noyage complet du combustible, impossible aujourd’hui du fait des fuites des cuves et des enceintes. Une opération qui nécessite a priori d’étanchéifier les lieux. Comment y arriver ? Nul ne le sait. Un état des lieux précis est un préalable à la conception de solutions techniques capables peut-être de venir à bout d’une catastrophe de cette ampleur." (Texte écrit par Paloma Bertrand, le 16/09/2011).

    Il faudra donc encore 20 ans pour que Fukushima cesse de polluer et de contaminer les nappes phréatiques et l'Océan Pacifique ! 20 ans de terreur pour les Japonais, qui continueront d'être exposés à la radioactivité de l'eau potable, des légumes, du bétail et du poisson, toute la chaîne alimentaire étant contaminée et continuant de l'être... Dangereux le nucléaire ? Allons...

     

     

  • Sortir du nucléaire : une évidence...

    Article incroyable, publié par Norio HIRAI en 1996 ! Pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour qu'on le redécouvre ? Gardez en mémoire que ce texte a été écrit il y a 15 ans. Epoustouflant et prémonitoire...

    "La première centrale nucléaire commerciale au Japon a démarré en 1966 dans la commune de Tokaido, dans le département d’Ibaraki. C’était un réacteur anglais d’une puissance de 160 mégawatts. Depuis, des centrales américaines ont été installées, et le Japon s’est même mis à construire ses propres centrales. Actuellement, 51 centrales nucléaires fonctionnent dans ce petit pays, la plus grande étant de 1.350 mégawatts. 

    On les a mises en route sans savoir concrètement comment les démonter ni les démolir, ni comment traiter leurs déchets. Le réacteur en acier, bien que d’une grande épaisseur, se fragilise à cause des quantités colossales de radioactivité, on les avait donc construites pour une exploitation de 10 ans, après quoi le démantèlement et la démolition étaient prévus. Mais en 1981, on s’est aperçu que les plans de démantèlement et de démolition de la centrale nucléaire de Fukushima, qui avait alors fonctionné 10 ans, n’étaient pas du tout réalisables. Le Parlement a même discuté sur le fait que ce réacteur ne pouvait plus résister aux rayonnements ionisants. 

    A l’époque, j’ai participé aussi à la recherche de solutions. Nous avons tous les jours étudié différents modes de démolition. Mais nous avons seulement compris que, pour démonter et démolir cette centrale nucléaire pleine de radioactivité, des dépenses représentant plusieurs fois le budget de sa construction seraient nécessaires, et qu’une irradiation trop importante des ouvriers serait inévitable. Car on ne peut travailler que quelques dizaines de secondes près du réacteur si l’on veut respecter la norme. 

    Tout est réalisable sur le papier, mais concrètement, les ouvriers doivent tout faire à la main, avec l’irradiation que cela implique. On ne peut donc rien faire avec cette radioactivité, ni démonter, ni démolir la centrale. Certaines personnes parlent d’envoyer des robots, mais les nombreuses recherches n’ont pas encore réussi à produire des robots qui ne se dérèglent pas à cause de la radioactivité. 

    Finalement, concernant la centrale de Fukushima, on a conclu que la démolition était irréalisable. Le fabricant américain qui a vendu cette centrale a envoyé des ouvriers au Japon, et il les a fait réparer le réacteur en les exposant à des quantités de radioactivité inimaginables par rapport à la norme japonaise. Aujourd’hui, cette centrale fonctionne toujours. 

    Alors qu’on avait prévu de l’utiliser 10 ans, elle a déjà fonctionné plus de 30 ans. Au Japon, il y a 11 centrales que l’on exploite toujours malgré leur vieillissement, cela m’inquiète beaucoup. 

    Le réacteur nucléaire de 100 kilowatts destiné à la recherche s’est arrêté suite à une fuite de radioactivité dans l’Université Industrielle Musashi à Kawasaki, dans le département de Kanagawa. On estime qu’il aurait fallu 2 milliards de yens pour la réparation et 6 milliards de plus pour le démantèlement. Le budget annuel de l’Université ne suffit même pas pour la démonter. Ils sont donc obligés de l’arrêter et l’entretenir jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de radioactivité. Si cela avait été un grand réacteur de 1.000 mégawatts, on n’aurait vraiment rien pu faire.  

    Pourquoi on ne peut pas démonter une centrale nucléaire ? Comme elle fonctionne avec de l’eau et de la vapeur, on ne peut pas la laisser sans entretien après l’arrêt. Elle se rouillerait très vite et il y aurait des fuites de radioactivité par des trous. Un seul démarrage avec du combustible nucléaire suffit pour polluer la centrale. Et une fois polluée, on ne peut plus la laisser se reposer, ni la démonter, ni la démolir.  

    Il y a beaucoup de centrales nucléaires qui ont été fermées dans des pays développés. Elles sont fermées car ils ne peuvent pas les démonter ni les démolir. Fermer une centrale nucléaire, ça veut dire qu’on arrête de produire de l’électricité et qu’on retire le combustible. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire.  

    Mais je me demande si les compagnies d’électricité vont continuer à surveiller sérieusement les centrales fermées qui ne produisent plus d’électricité ni d’argent. D’un autre côté, elles cherchent à construire de nouvelles centrales et à agrandir celles qui sont déjà construites. Par exemple, elles veulent ajouter un 5ème réacteur sur le site de Hamaoka qui se trouve sur un endroit très dangereux par rapport à la faille qui provoque souvent des tremblements de terre dans la région de Tokai. A Fukushima, elles ont ajouté un nouveau réacteur sur le terrain de football. Pour des nouvelles installations, elles veulent construire des centrales à Makimachi dans le département de Nigata, Ashihama du Mie, Kaminoseki du Yamaguchi, Suzu du Ishikawa, et Ooma et Toudu d’Aomori. Elles envisagent d’avoir de 70 à 80 réacteurs d’ici 2010. J’ai peur que mes mots soient brutaux mais je n’arrive pas à m’empêcher de penser que ce pays est devenu fou. 

    Bientôt, la fermeture des vieilles centrales nucléaires va sûrement venir. C’est un grand problème. Imaginez des centrales nucléaires fermées qui apparaissent partout dans le Japon dans l’avenir assez proche. Vous ne pensez pas que c’est non seulement inquiétant mais macabre?  

    Il faut aussi parler des déchets nucléaires qu’on produit chaque fois qu’on fait tourner les réacteurs, ça veut dire tous les jours. En parlant déjà des déchets nucléaires de faible activité, il y en a 800.000 fûts dans le Japon. On utilise le mot faible mais il y en a qui sont tellement forts en radioactivité qu’on peut recevoir la dose létale en restant uniquement 5 heures à côté.  

    Depuis le démarrage de la première centrale nucléaire au Japon jusqu’en 1969, dans toutes les centrales, on mettait tous les déchets nucléaires dans des fûts et les jetait dans les mers à proximité. A l’époque, c’était normal. Quand je travaillais dans la centrale de Tokai du département d’Ibaraki, les sous-traitants emportaient les fûts en camion et ils les jetaient au large de Chiba en bateau.  

    Mais justement c’est avec cette histoire que j’ai commencé à douter qu’il y a quelque chose qui n’est pas clair dans les centrales nucléaires. Les fûts métalliques se rouillent au bout de 1 an dans la mer. Je me suis demandé ce qui se passerait avec les déchets nucléaires qui étaient dans les fûts et les poissons qui habitent dans la mer. 

    Maintenant, on rassemble les déchets nucléaires à Rokkasyo dans le département d’Aomori. Ils prétendent surveiller 3 millions de fûts de déchets nucléaires pendant 300 ans. Mais je me demande déjà s’il existe le fût qui fait de l’usage pendant 300 ans. Et durera-t-elle aussi cette entreprise sous-traitante pendant si longtemps ? Qui peut assurer tous ces problèmes ? 

    Et puis, parlons des déchets nucléaires de haute activité. C’est le déchet qui reste après l’extraction du plutonium du combustible usé. Le Japon commande cette extraction à l’Angleterre et à La France. En 1995, la France a retourné 28 barres de déchets de haute radioactivité. Ce sont des mélanges de déchets de haute radioactivité et de verre enfermés dans un container métallique. J’ai entendu que le fait de rester 2 minutes à côté de ce container suffit pour tuer quelqu’un. Le gouvernement dit qu’il va garder ces barres fortement radioactives pendant 30 ou 50 ans tout en les refroidissant à Rokkasyo du département d’Aomori et les transporter quelque part ailleurs pour les enfouir en profondeur. Quelque part qu’il ne sait pas encore où ça pourrait être. Dans tous les autres pays, ils planifient l’enfouissement des déchets nucléaires de haute radioactivité, mais il y en a aucun qui l’a déjà accompli. Personne ne connaît la solution.  

    Pour le bâtiment de la centrale nucléaire elle même, le gouvernement japonais envisage de la fermer hermétiquement pendant 5 ou 10 ans et l’enterrer en dessous du terrain où la centrale a été, après l’avoir démolie en petits morceaux et mis en fûts métalliques. C’est un projet très optimiste mais la démolition d’un seul réacteur donnera des dizaines de milliers de tonnes de déchets plein de radioactivité. Comment peut-on trouver la place pour tous ces déchets dans un pays où on manque même de place pour jeter les ordures ménagères ? En tout cas, c’est bien clair que le Japon sera encombré de déchets nucléaires un jour. Il faut faire quelque chose. Il faut qu’on arrête les centrales nucléaires aussi vite que possible.  

    Quand on dit «surveiller 50 ans ou 300 ans», peut-être ça vous donne l’impression que tout sera fini au bout de ces durées. Mais s’il y a toujours des centrales nucléaires qui fonctionnent, ce sont des 50 ans et 300 ans qui se renouvellent pour toujours.  

    Le gouvernement et les compagnies d’électricité ont menti pendant des dizaines d’années en disant que les centrales nucléaires japonaises n’avaient jamais émis de radioactivité à l’extérieur. Mais depuis quelque temps, ils ne peuvent plus continuer leurs mensonges.  

    Il y a de la radioactivité qui sort des cheminées très hautes des centrales nucléaires. Très précisément, c’est la compagnie qui la rejette volontairement. Comme elle la rejette 24 heures sur 24, les habitants à côté prennent de la radioactivité tout au long de l’année.  

    Certainement, l’accident grave de Tchernobyl a aussi effrayé beaucoup de Japonais. Mais j’imagine que beaucoup de gens, surtout ceux qui habitent au loin, dans les grandes villes, ont peur de manquer d’électricité si on ferme les centrales nucléaires.  

    Mais c’est le résultat des propagandes qu’ils font en dépensant beaucoup d’argent. « Les centrales nucléaires, c’est une utilisation pacifique de l’énergie atomique », « Vous n’avez pas besoin d’avoir peur. Les accidents n’arriveront jamais dans les centrales nucléaires japonaises », « Le Japon manque de sources d’énergie. Les centrales nucléaires nous sont indispensables ». Ce sont des propagandes du gouvernement et des compagnies d’électricité. Et la réalité, comme l’accident de Monju, ils essayeront toujours de la cacher.  

    C’est bien vrai que les centrales nucléaires produisent de l’électricité. Mais j’ai constaté en travaillant 20 ans, avec mes yeux et même avec mon corps qu’elles fonctionnent toujours en irradiant les ouvriers. Et puis les gens qui habitent à côté souffrent, en se débattant entre ceux qui sont pour et contre avant l’installation, et en étant irradiés et discriminés après la construction.  

    Vous ne devez pas croire qu’un accident dans une centrale nucléaire ne provoque pas des terribles conséquences, ni qu’il n’y a pas de problème si jamais l’accident arrive, ni que c’est une utilisation pacifique ! 

    Non, tout cela n’est pas vrai. Ce n’est pas pacifique s’il y a des ouvriers qui meurent à cause de l’irradiation, comme moi, et des gens qui souffrent à côté des centrales. En plus, il ne faut pas confondre la sûreté et la sécurité. S’il y a des centrales nucléaires, il n’y a plus rien de sûr.  

    En plus, même si le nucléaire produit de l’électricité en ce moment, l’entretien des déchets nucléaires pour des dizaines de milliers d’années demandera une énorme quantité d’électricité et de pétrole. C’est sûr que ça demandera plus d’énergie qu’on en a produit jusqu’à maintenant grâce au nucléaire. D’ailleurs, ce sont nos descendants qui seront obligés d’entretenir toutes les centrales fermées et leurs déchets.  

    Pour toutes ces raisons, je vous demande de regarder le visage de vos enfants et vos petits-enfants tous les matins, et réfléchir si le Japon peut continuer à construire des centrales nucléaires. Ce n’est pas uniquement le risque de l’accident, mais il y a aussi le risque du tremblement de terre. Le désastre irrémédiable va arriver si on continue ainsi. Je veux que vous sachiez cette réalité.  

    Je manifeste pour ne plus construire de centrales nucléaires. Je suis contre les nouvelles installations de centrales nucléaires avec conviction. Et je pense qu’il faut arrêter celles qui sont en fonctionnement. 

    Tant que les centrales nucléaires existeront, la tranquillité n’existera pas sur la Terre. 

    Laissons la Terre jolie pour nos enfants." 

    Norio HIRAI  1996 

     

                                                                            

  • L'usine Tepco/Areva a fonctionné 5 heures...

    Au lieu de nous bassiner avec un objet encombrant sur une route à Fontaine-l'Evêque, la réforme au Maroc ou Elio di Ruppo au Doudou de Mons (alors qu'on est sans gouvernement depuis 370 jours), les médias feraient bien de nous documenter sur l'évolution de la catastrophe au Japon.

    L'usine de décontamination des eaux radioactives construite à la centrale nucléaire de Fukushima (nord-est du Japon) a été arrêtée cette nuit, 5 heures après sa mise en route, en raison du niveau trop élevé de radiations, a annoncé samedi 18 juin l'opérateur de la centrale. Des pièces du système qui absorbent le césium radioactif doivent être changées beaucoup plus tôt que prévu en raison du niveau trop élevé de radiations. L'opérateur n'a pas précisé quand l'usine de contamination recommencerait à fonctionner.

    Des boues radioactives sont entrées dans le système de retraitement ou les eaux traitées sont plus radioactives que ce que Tepco imaginait au départ. Quelque 110.000 tonnes d'eau hautement radioactive se sont accumulées dans les bâtiments des réacteurs et des turbines de Fukushima Daiichi (N°1) depuis le séisme et le tsunami du 11 mars. Ces effluents empêchent les ouvriers de pénétrer dans les installations pour réactiver des circuits de refroidissement du combustible nucléaire. 

    L'usine de décontamination, si elle fonctionne, sera capable de traiter 50 tonnes d'effluents par heure, soit 1.200 tonnes par jour, en divisant la radioactivité par un facteur de 1.000 à 10.000 fois.

    La compagnie Tepco, qui a réussi à stopper la fusion du combustible en arrosant les réacteurs jour et nuit avec de l'eau de mer, puis de l'eau douce, est aujourd'hui encore contrainte d'injecter environ 500 tonnes d'eau chaque jour, dont une partie s'accumule dans les installations.

    Si on calcule bien, il faudra encore 5 mois au minimum pour que l'eau et les boues fortement radioactives soient pompées et décontaminées et qu'on puisse à nouveau pénétrer dans ce qui reste de la centrale pour remettre en marche les systèmes de refroidissements des réacteurs. Cela nous mène à fin novembre 2011 ! Et comme il y aura certainement des pannes, des fuites, et des arrêts pour cause de maintenance et de remplacement des filtres en zéolite, on devrait plutôt penser à début 2012...  Sans compter que la saison des pluies et des typhons démarre fin juin au Japon...

    Ce qui signifie que Fukushima va encore polluer l'air et l'eau du Japon, de l'océan Pacifique et de la planète entière pendant 7 à 8 mois ! Et sachant que cette centrale est 39 fois plus puissante et dangereuse que Tchernobyl, cela promet pas mal de plaisir et de surprises. Voilà ce qui arrive quand on joue à l'apprenti-sorcier...

    Profitons vraiment bien du magnifique été qui arrive. Ce qui suit risque d'être nettement moins sympa.

     

  • Biberons plastiques : danger...

    Le dossier a de quoi perturber les jeunes mères. Un produit chimique au nom compliqué : bisphénol A, qui rend les biberons en plastique transparents et quasi incassables. Un pays, le Canada, qui a annoncé son intention d'interdire la commercialisation de ces biberons (Le Monde du 6 mai). Et pour couronner le tout, trois études présentées le 14 mai à Genève lors du congrès européen sur l'obésité qui font apparaître que le contact avec des produits chimiques utilisés dans la fabrication de biberons ou d'emballages alimentaires en plastique augmenterait le risque d'obésité. En France, la direction générale de la santé a saisi l'Agence de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) afin qu'elle se prononce sur d'éventuelles nouvelles recommandations quant aux niveaux acceptables de bisphénol A. "Le travail de l'Autorité européenne de sécurité des aliments et de l'Afssa doit notamment permettre de savoir s'il est nécessaire de prendre des précautions d'emploi en cas de chauffage du biberon au micro-ondes", explique Didier Houssin, directeur général de la santé. A température élevée, le composé chimique peut "migrer" dans les aliments. En attendant l'avis de l'Afssa, prévu pour fin août, faut-il opter pour le biberon en verre ? "Le bisphénol A mime l'effet d'hormones. Il est peu actif sur les cellules du foie mais dangereux pour les cellules neuronales", affirme le biologiste Claude Reiss, ancien directeur de laboratoire au CNRS, aujourd'hui membre d'Antidote-Europe. "Des cellules neuronales exposées au bisphénol A s'engagent dans des voies pathologiques", constate M. Reiss. En novembre 2006, le mémorandum de l'Appel de Paris - signé par un millier de scientifiques - demandait "le retrait du marché" de différentes substances chimiques parmi lesquelles... le bisphénol A. En attendant, vive le verre... Quant à mon avis sur le micro-ondes, vous le connaissez depuis longtemps...

  • Un petit coup ?

    Les associations du réseau européen d’action contre les pesticides PAN-Europe ont procédé à l’analyse de 40 bouteilles de vin rouge (34 bouteilles traditionnelles et 6 bouteilles de la viticulture biologique) en provenance de France, d’Autriche, d’Allemagne, du Portugal, d’Afrique du Sud, d’Australie et du Chili. Il en ressort que tous les vins issus de l’agriculture non-biologique étaient contaminés, chaque échantillon prélevé contenant en moyenne plus de 4 résidus de pesticides, les plus suspects jusqu’à 10 résidus. Les niveaux de contamination constatés dans les analyses ne dépassaient cependant pas les limites normales autorisées pour le raisin. PAN-Europe souligne toutefois que les niveaux de contamination observés dans le vin sont considérablement plus élevés que ceux tolérés pour les pesticides présents dans l’eau du robinet (5.800 fois plus élevés dans un cas). « Le problème n’est pas lié à la qualité des vins », a souligné un membre de l’organisation, Elliott Cannell, précisant que « trois bouteilles de crus français analysés valaient plus de 200 euros chacune ». Parmi les vins sélectionnés pour l’enquête, se trouvaient trois Bourgogne (dont deux Premiers crus) et sept Bordeaux (dont trois Crus classés) de villages prestigieux. Quant aux six vins biologiques sélectionnés, seul l’un d’eux comportait de faibles traces de pesticides, sans doute en raison de la pulvérisation de parcelles voisines. L’eurodéputée verte Hiltrud Breyer, membre d’une commission sur la sécurité alimentaire, a jugé le résultat de l’enquête « alarmant mais prévisible ». « Bien que les concentrations soient inférieures à celles détectées récemment dans les fruits et les légumes, les résidus sont composés de pesticides plus nombreux », a-t-elle souligné. Vingt-quatre pesticides ont été identifiés dans cette mini-enquête, dont quelques uns classés comme potentiellement cancérigènes, toxiques pour la reproduction ou le développement, ou perturbateurs sur le plan endocrinien. Les Verts européens jugent que les producteurs de vins, fortement influencés par l’industrie des pesticides, pourraient réduire de moitié leur utilisation à l’instar de ce qui s’est fait au Danemark. « Nous voulons seulement éliminer les pesticides dangereux sans peser sur l’économie », mais nous sommes confrontés « aux vieilles habitudes de certains viticulteurs qui traitent entre vingt et trente fois leurs vignes », souligne Mme Breyer. Les eurodéputés ont examiné en octobre en toute première lecture des mesures renforçant la protection des Européens contre les pesticides. La France étudie aussi un plan dans ce sens, présenté lors de son « Grenelle de l’environnement ». Ce qui est terrifiant dans tout cela, c'est qu'on nous annonce que le vin est contaminé par des pesticides mortels, tout en avouant qu'il en contient moins que les fruits et légumes, que la ligue anti-cancer vous pousse à consommer en grandes quantités... pour votre santé ! C'est le délire le plus total ! En conclusion, mangeons Bio. Et buvons Bio aussi. C'est notre seule garantie de ne pas nous empoisonner...

  • Avec ou sans ?

    L’Allemagne s'engage dans une rénovation de sa législation visant à apporter davantage de transparence et de sécurité en matière d’OGM, tant dans le domaine agricole que dans celui de la consommation. Au regard de ce qu’impose la législation européenne, les avancées sont sensibles en revoyant à la hausse les contraintes de plantation, de responsabilité et de commercialisation des OGM. Les agriculteurs allemands qui souhaitent cultiver des variétés transgéniques devront dorénavant se référer aux 'bonnes pratiques agricoles' qu’imposent les nouveaux textes en matière de culture d’OGM. Ainsi, des distances d'isolement, pour limiter les risques de pollution génétique des cultures conventionnelles, sont imposées aux cultures d’OGM. A titre d’exemple, l’agriculteur qui sème du maïs OGM doit prévoir un couloir de 150 m vierge d’OGM entre sa parcelle et celle de son voisin (si celle-ci est semée en maïs conventionnel), cette distance passant à 300 m dans le cas d’un voisinage avec du maïs biologique. Bien que cette disposition soit très loin d’éloigner le risque de contamination, elle apparaît novatrice. En outre, le principe de 'responsabilité sans faute' pour les cas de dissémination/pollution involontaire d’OGM est maintenu, sauf lorsque les nouvelles distances d’isolement des OGM ne sont pas respectées en accord avec l’agriculteur conventionnel, lequel ne pouvant logiquement plus se plaindre s’il venait à voir ses cultures contaminées. Pour le reste, les Allemands se sont attachés à clarifier l’étiquetage des produits alimentaires, notamment avec la distinction des produits sans OGM. Ainsi, les produits d’origine animale (laitages, œufs, viande…) ou végétale, obtenus sans aucun recours aux OGM, pourront dorénavant être facilement identifiés par les consommateurs grâce à une nouvelle étiquette 'sans OGM'. Cet étiquetage constitue une réelle avancée en terme de transparence, d’autant que l’étiquetage actuel 'contient des OGM', imposé à tout produit alimentaire contenant plus de 0,9 % d’organismes génétiquement modifiés, ne concerne pas les produits d’origine animale. L'initiative est louable, mais insuffisante : il faut les interdire tout simplement ! La distance de 300 mètres n'est pas suffisante (cela a été démontré) et les cultures bio seront donc contaminées ! Boycottons les produits avec OGM (qui sont déjà fort nombreux, et à votre insu), battons-nous pour les interdire, et achetons bio. Le bon goût des aliments n'a pas de prix, notre santé non plus.

  • Reach, enfin...

    L'Union européenne va enfin se doter ce mercredi d'une législation pour contrôler les produits chimiques, présents dans les produits de consommation courante et soupçonnés d'être responsables de nombreux cancers. Les eurodéputés voteront en seconde lecture le projet de réglementation "Reach". Même si les écologistes jugent les concessions à l'industrie trop importantes, l'issue du vote ne fait guère de doute dans la mesure où les trois principaux groupes politiques (conservateurs, socialistes et libéraux-démocrates) soutiennent ce compromis. Pour le rapporteur du texte, le socialiste italien Guido Sacconi, les eurodéputés vont adopter tout simplement "la législation la plus ambitieuse du monde pour les générations futures". Sur quelque 100.000 substances commercialisées dans l'UE, seules celles mises sur le marché depuis 1981, à peine 3.000, ont été étudiées ! Reach (en anglais : Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques) va instaurer, sur 11 ans, l'enregistrement de quelque 30.000 substances fabriquées ou importées dans l'UE pour des quantités dépassant une tonne par an. Ce ne sera désormais plus aux autorités publiques de démontrer la nocivité des produits, mais aux industriels de prouver qu'ils sont sûrs. Les tests de sécurité et l'enregistrement des substances dans une agence basée à Helsinki se feront progressivement d'ici 2018 (on a le temps !), en donnant la priorité aux plus gros volumes et aux substances les plus préoccupantes. L'industrie a obtenu de ne pas devoir présenter de rapport de sécurité pour celles produites en quantité inférieure à 1 tonne par an (1 tonne de polonium, c'est pas grave !). L'ultime controverse a porté ces derniers mois sur l'autorisation des substances les plus dangereuses, comme celles qui sont cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR). Certaines pourront finalement continuer à être autorisées si les risques sont "valablement maîtrisés". Mais les industriels devront prévoir un plan de substitution, dès lors qu'une solution de rechange existe, ou à défaut présenter un plan de recherche et développement pour en trouver une (mais comme il n'y a que le pognon qui compte, n'y comptez pas trop...). Pour le Fonds mondial de la nature (WWF), qui réclamait une substitution obligatoire, c'est une "occasion ratée" pour l'Europe, alors que l'industrie européenne a jugé "bureaucratique" le principe de substitution. L'un des textes les plus complexes de l'histoire de l'UE, Reach a fait l'objet d'un lobbying impressionnant jusqu'aux gouvernements des pays tiers, américain ou sud-africain. Face à la puissance de l'industrie chimique européenne, forte de 440 milliards d'euros de chiffre d'affaires et qui abrite le numéro un mondial, l'allemand BASF, les ONG ont répliqué par des campagnes spectaculaires avec des prises de sang sur des députés européens, démontrant la persistance de substances toxiques dans l'organisme des années après leur interdiction. Il était grand temps de réagir (si pas trop tard)! Et comme il leur faudra 11 ans pour analyser seulement 1/3 des substances toxiques qui nous polluent chaque jour, on n'est pas prêts d'arrêter de déguster...

  • On est ce qu'on mange...

    Des produits chimiques tels que les pesticides, les PCBs et les retardateurs de flamme bromés ont été retrouvés dans les aliments consommés partout en Europe – aussi bien dans les produits laitiers que dans le poisson ou la viande – selon un rapport publié par le WWF. Ce nouveau rapport, intitulé « Chaîne de Contamination : le Maillon Alimentaire » montre que les aliments constituent un élément crucial dans la chaîne de contamination qui commence par la fabrication des produits chimiques et se termine avec leur apparition indésirable dans notre sang, accompagnée du risque potentiel de développer des maladies graves. « Les hommes se trouvant en haut de la chaîne alimentaire, il est normal qu’ils soient tout particulièrement exposés aux produits chimiques présents dans la nourriture », explique le professeur Jan Åke Gustafsson, coordinateur de CASCADE, un réseau européen qui s’intéresse aux perturbateurs endocriniens contenus dans les aliments et qui soutient le rapport du WWF. « Dans la mesure où certaines de ces substances chimiques sont comparables aux hormones, elles entraînent des perturbations de notre système endocrinien et peuvent être un facteur de risque de maladies comme l’obésité, différentes formes de cancer et de diabète, ainsi qu’une baisse de fertilité. »Les analyses concernent huit groupes de substances chimiques fabriqués par l’homme : pesticides organochlorés, PCBs, retardateurs de flamme bromés, substances chimiques perfluorées, phtalates, organoétains, alkyphénols et muscs artificiels.Les tests ont mis en évidence la présence de matières synthétiques à risque potentiel dans tous les échantillons, qui s’étendent des phtalates dans l’huile d’olive, le fromage et les viandes, aux pesticides organochlorés interdits dans le poisson et la viande, des muscs artificiels et organoétains dans le poisson aux retardateurs de flamme dans les viandes et les fromages. L’organisation mondiale se déclare sérieusement préoccupée par les effets potentiels et à long-terme de faibles expositions répétées à des produits chimiques par le biais du régime alimentaire, en particulier sur les fœtus, les enfants en bas-âge et les jeunes enfants : « Il est choquant de s’apercevoir qu’un régime sain entraîne l’ingestion de tant de substances contaminantes », indique Sandra Jen, Directrice de la campagne DetoX du WWF. « Rompre cette chaîne globale de contamination requiert un engagement ferme de la part des politiques européens en faveur de la santé et de l’environnement. »Les aliments constituent pour l’homme une des principales sources d’exposition aux polluants, en particulier ceux dits persistants et accumulateurs (dans l’environnement) tels que le DDT, les PCB et les retardateurs de flamme bromés. Le WWF enjoint vivement l’UE à adopter une version de REACH beaucoup plus ferme. Les législateurs en charge de cette directive doivent s’assurer qu’elle contraigne les producteurs de substances chimiques à fournir suffisamment de données sur leurs produits de façon à pouvoir en identifier les risques, surtout pour ceux qui présentent les plus forts taux de toxicité. De plus, les substances les plus inquiétantes, telles que les perturbateurs hormonaux, doivent pouvoir être remplacées par des alternatives plus fiables dès lors qu’elles sont disponibles. Quand je vous disais qu'il fallait faire gaffe...