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  • Déguster un poisson sauvage : un luxe qui va devenir utopie...

    Commander un filet de cabillaud dans un restaurant pourrait bientôt être un luxe, se délecter d’un poisson "sauvage", une utopie. Parce qu’au rythme auquel nous vidons nos océans, nous n’aurons bientôt plus rien à y trouver. De 20 millions de tonnes au début des années 50, la prise totale de produits de la mer est passée à 70 millions de tonnes en 1970 et plus de 160 millions aujourd’hui, dont seule la moitié est encore réellement pêchée au large. Tout le reste, soit 80 millions de tonnes de poisson consommé, provient de l’aquaculture. Conséquence : les trois quarts des stocks mondiaux de poisson sont surexploités. Les pêcheurs doivent aller plus loin, plus longtemps, et avec un meilleur équipement pour se procurer la même quantité de poisson.

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    "On parle de surpêche dès qu’une espèce n’a plus la capacité de se renouveler", explique Frank Hollander, biologiste et expert en pêcheries pour le WWF qui lancera la semaine prochaine une campagne consacrée au poisson durable. "Soit parce qu’on a pêché trop de spécimens, ce qui a entraîné un déséquilibre de la biomasse globale, soit parce qu’on a pêché les spécimens les plus volumineux qui sont également les agents reproducteurs. Pour peu que l’espèce concernée mette des années à atteindre ses capacités de reproduction, cela peut entraîner sa disparition pure et simple".

    Quelques espèces, comme le thon rouge, bénéficient bien de règles spécifiques, "mais ici aussi on est confrontés à un problème de traçabilité", poursuit Béatrice Gorez, coordinatrice de la coalition pour des accords de pêche équitable. "Il est très facile de cacher des prises non déclarées". La haute mer n’est pas la seule touchée, les côtes d’Afrique, d’Amérique du Sud, de Papouasie et bien d’autres sont envahies de grandes flottes multinationales battant pavillon asiatique ou européen et financées par de grands fonds d’investissements, qui vident les réserves locales en totale impunité. Ces flottes bénéficient parfois d’accords de coopération conclus avec les gouvernements locaux, mais ils en profitent souvent pour remplir les caisses pendant que leurs populations peinent à trouver du poisson.

    La haute mer a longtemps été naturellement protégée parce que l’homme ne savait pas y accéder. Maintenant que ce n’est plus le cas, il semble inévitable de prendre des mesures pour protéger sa biodiversité, sous peine de subir d’importantes conséquences écologiques, sociales, politiques, économiques et sanitaires. Source : Valentin Dauchot sur La Libre.be 

  • 15 mars : Journée mondiale du consommateur...

    Enfin une journée mondiale du consommateur ! Pas trop tôt ! Enfin du temps pour réfléchir aux conséquences de nos achats, aux habitudes dictées par les publicités mensongères des multinationales agro-alimentaires sans scrupules, à l'influence des grandes surfaces aux techniques commerciales rusées, à la qualité des aliments qui composent nos repas, et au goût, qui disparaît lamentablement.

    En Belgique, selon le Crioc, la conclusion est simple : nous pouvons et devons continuer à faire confiance à nos décideurs politiques, mais nous ne pouvons surtout pas sous-estimer notre propre pouvoir ! 

    À l’occasion de cette Journée du Consommateur, nous expliquons, pour divers thèmes, comment et où le consommateur peut faire la différence. Quand le consommateur peut-il ou doit-il prendre les choses en main ? Le dossier du CRIOC clarifie certaines choses. 

    • Rob Buurman suggère dans son article d’arrêter de gaspiller de l’alimentation et d’ainsi sauver le monde. 

    • Toujours en matière d’alimentation, Steve Braem plaide pour rendre l’alimentation locale à nouveau. 

    • Morgane Caminiti explique comment le changement d’opérateur peut être une arme redoutable du consommateur. 

    • Pieterjan De Koning soumet que, moyennant une bonne éducation financière, le consommateur peut aussi faire la différence dans ce secteur. 

    • Jan Velghe explique plus en détail les manières alternatives de consommer des produits et services, dans ses deux articles : "Fini l'achat, bienvenue le partage!" et "Services et services en retour".  

    • Pour conclure, Eve Hanson nous apprend, dans son article, comment une chose qui n’a peut-être plus aucune valeur pour vous, peut commencer une deuxième vie ailleurs. 

    En effet, faire le switch à un autre opérateur, une autre banque ou un autre fournisseur, participer activement à la politique via des consultations publiques ou s’orienter vers la consommation alternative et durable... Le consommateur retient souvent une position plus forte qu’il ne pense. 

    Pour en savoir plus : http://www.oivo-crioc.org/files/fr/6841fr.pdf

     

     

     
  • Con-sommateur ou consom'action ?

    « Ecoutez vos clients » avertit Elisabeth Pastore-Reiss, directrice d’Ethicity, auteur de « Marketing durable comment concevoir des produits et des services responsables », « ils déserteront les enseignes qui ne seront pas capables de leur vendre des produits bons pour eux, bons pour la société ». Cet avertissement peut sembler en décalage avec la réalité d’un marché où les produits dits bio, équitables, éco responsables, éco conçus, labellisés verts…sont encore considérés comme des produits de niche même si leur vente sont orientées à la hausse. L’enquête que réalisent depuis trois ans Ethicity et Aegis Media Expert auprès d’un échantillon de 6000 personnes, montre que les consommateurs changent plus vite que les entreprises dont ils sont les clients. « Plus de 35 % de notre panel relient aujourd’hui ces actes d’achat à ses convictions » a expliqué Elisabeth Pastore-Reiss, le 23 novembre, au cours la présentation des résultats de l’étude, soutenue par l’Ademe,soit 20 % de plus que lors de la première étude. Il est intéressant de souligner que ces préoccupations rassemblent des gens d’âge et d’opinions politiques très diverses ce qui constitue un phénomène nouveau. Point commun : être devenu des consom’acteurs, grands utilisateurs d’Internet utilisé comme sources d’informations dans cette optique. Leur consom'action ne s’applique pas forcément à tous leurs achats mais s’intègre à un mouvement beaucoup plus large. Les Français ont pris conscience que leurs actes de consommation devaient être en cohérence avec leurs convictions. 64, 8 % déclarent privilégier les marques qui ont une véritable éthique (17 % de plus qu’en 2004), 31% choisissent des produits respectueux de l’environnement, soit près de deux fois plus qu’en 2004. De la même façon 71,5 % veillent à réduire leur consommation d’énergie (32 % de plus qu’en 2004) et 80 % trient leurs déchets (22 % de plus que deux ans auparavant).Cette prise de conscience s’accompagne d’une montée en puissance de la défiance vis-à-vis des entreprises (en 2006, ils sont 10 % de plus à considérer que les entreprises n’ont pas capacité à concilier développement durable et recherche de profit par rapport à 2004) mais aussi des pouvoirs publics. 78 % des sondés considèrent que les collectivités publiques et les politiques ne prennent pas assez en compte les enjeux environnementaux. Terriens, il est temps d'agir... Et je vois que cela bouge enfin ! Je suis content ! Arrêtons d'être des con-sommateurs...