chimie de synthèse

  • ANTITOXIQUE...

    "Pour le Dr Chevallier, ce n’est pas la chimie en soi qui est en cause, mais la mauvaise évaluation de l’impact des polluants chimiques sur la santé. Son "Livre antitoxique" a pour but d’aider le lecteur dans sa démarche de protection pour pouvoir boire, manger, respirer même, sans peur.

    Partout, que ce soit dans notre alimentation, nos vêtements, nos maisons, nos produits de soins et d’entretien , la chimie de synthèse nous entoure. Et bien naïfs ceux qui pensent que les effets de ces produits sur notre santé sont suffisamment évalués. Tel est, en substance, le message que souhaite faire passer dans son ouvrage intitulé "Le livre antitoxique", le Dr Laurent Chevallier, praticien, consultant en nutrition et chef de l’unité de médecine environnementale de la clinique du Parc, à Castelnau-le-Lez, en France.

     Outre l’aspect pratique du livre, qui cherche à donner des solutions, il s’agit de mettre en garde contre ce que l’on n’aimerait plus voir. En l’occurrence, lors d’une découverte scientifique, ici par exemple dans le domaine de la chimie, il n’est plus souhaitable qu’il y ait une application commerciale immédiate sans que l’impact sur la santé ait été suffisamment évalué. Cela signifie tout simplement que, dans les décennies à venir, la science doit avoir aussi pour mission de protéger les consommateurs. Lorsque l’impact sur la santé a été mal évalué et qu’ensuite, des études démontrent des effets négatifs, il est très difficile de revenir en arrière car il y a un lobbying extrêmement intense de la part des industriels et une frilosité de décision de la part des pouvoirs publics. Nous pouvons donc affirmer aujourd’hui qu’en Europe, nous sommes insuffisamment protégés contre l’invasion de cette chimie de synthèse. Mais pas qu’en Europe ! La chimie peut rendre malade, très malade et peut tuer, selon un récent rapport de l’ONU.

    La réglementation est inadaptée. Il y a un laxisme de la part des autorités publiques et un déni ou une absence de prise en considération de certaines études par rapport à des signaux d’alerte. Le cas du bisphénol A est un bon exemple. Un autre m’a stupéfait. J’ai été auditionné au parlement européen en 2011, à l’initiative de députés européens, concernant des études sur l’aspartame. L’une financée en partie par l’Europe montrait que la consommation quotidienne de boissons gazeuses light entraînait un risque d’accouchement prématuré, ce qui induit une vulnérabilité accrue pour le nouveau-né.

    Depuis lors, plus rien. On attend encore un rapport pour la fin de l’année ! On perd un temps précieux pour un produit nutritionnellement inutile. Une autre étude, réalisée par l’Institut de recherche nationale française, l’Inserm, montre que la consommation de boissons light peut favoriser le développement de diabète ! D’une manière générale, il y a un manque de volontarisme de la part de l’Europe qui est totalement inacceptable.

    Les plus gros toxiques ? On pourrait avoir de très mauvaises surprises avec les perturbateurs endocriniens qui sont des molécules qui modifient le métabolisme. C’est-à-dire soit qui miment l’action des hormones soit au contraire qui empêchent leur action. Ce n’est pas une toxicité immédiate, mais sur le long terme et en fonction du moment de l’exposition. Leurs effets : troubles métaboliques, de la fertilité, du fonctionnement de la thyroïde, obésité, etc. Toutes ces maladies qui explosent sont en partie dépendantes de facteurs environnementaux dont des perturbateurs endocriniens.

    Quelques solutions abordées dans le livre : je donne des exemples de produits plus recommandables d’industriels plus vertueux du respect de la santé et de l’environnement. Peu importe qu’ils l’utilisent ensuite à des fins de marketing, l’important est qu’ils améliorent leurs pratiques. Dans l’ouvrage, on explique aussi par exemple que certaines teintures de cheveux sont moins nocives pour le coiffeur, pour soi, pour la planète Pour les produits ménagers, il faut éviter certaines substances de synthèse, les bougies parfumées, les bâtons d’encens (souvent de synthèse), qui émettent toute une série de composés volatiles.

    Une solution toute simple pour nettoyer son intérieur est d’utiliser du vinaigre blanc ou du bicarbonate de soude plutôt que des détergents violents Parmi les premières choses à supprimer chez soi, je citerais les désodorisants. On tente de nous les imposer par le marketing comme un produit d’hygiène, or il s’agit le plus souvent de purs produits chimiques. Il suffit d’aérer ! Certains diffuseurs d’huiles essentielles libèrent aussi un certain nombre de composés organiques volatiles; ils peuvent également s’avérer irritants et allergisants.

    Le consommateur devrait davantage se méfier De la malbouffe et des additifs dont un certain nombre de produits alimentaires sont bourrés; il peut y avoir des antioxygènes, comme le E320 (BHA), qui évitent que le produit rancisse, sur lesquels nous avons de fortes interrogations. Il aurait un potentiel cancérogène et il est aussi suspecté d’être un perturbateur endocrinien, et d’avoir une influence sur l’hyperactivité des enfants. Or, on en trouve dans des produits comme les flocons de pommes de terre, le chewing-gum Il s’agit pourtant d’un additif dont on peut parfaitement se passer. Et la liste est encore longue." Article de Laurence Dardenne :  Comment vivre dans ce monde aussi toxique ? paru dans La Libre de ce weekend. Le Livre antitoxique, Dr Laurent Chevalier, Ed. Fayard, 18 €.

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