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  • Numéro spécial "Objectif Terre"

    "Faudra-t-il oublier les neiges du Kilimandjaro? Celles du Fuji-Yama, de l'Aconcagua ou, peut-être, du mont Blanc? Nul ne sait encore. Mais elles fondent à vue d'œil. Ce n'est que la face visible d'un déséquilibre aux conséquences incommensurables que l'homme a provoqué par inconscience. La part invisible est encore plus inquiétante: la température du globe s'élève, la qualité de l'air baisse, le niveau des mers monte imperceptiblement, les ressources halieutiques diminuent au fond des eaux, la stratosphère se dégrade et l'espace est gagné par la pollution des satellites. Le XXIe siècle amorcera-t-il une cohabitation enfin raisonnée entre le genre humain et son environnement? Il annonce en tout cas la fin d'un monde sûr de ses repères météorologiques et le passage à une ère climatique inconnue. Quoi qu'il advienne, le climat changera de manière inexorable. Ce n'est pas sans précédent dans l'histoire de la Terre, mais c'est une révolution dans notre destinée collective. Pour la première fois, le climat se modifie sous l'effet de l'action humaine. A tel point que le rapport Stern, publié en novembre dernier, a pu quantifier avec précision les méfaits des différentes activités économiques. Exemples? De 20 à 25% des émissions mondiales de gaz carbonique (CO2), principal responsable de l'effet de serre, sont dues à la déforestation dans les pays en développement; 14%, à l'ensemble du secteur des transports. Pour la première fois également, dans l'histoire des peurs collectives, chacun de nous peut constater les effets de la dégradation de l'atmosphère sur les plus grands monuments naturels que compte la planète. Hier gigantesques et hors de portée, les montagnes semblent aujourd'hui malades de notre civilisation. Naguère inépuisables et régénératrices, les mers font désormais figure d'eau sale. Nous en sommes tous les témoins sans qu'aucune connaissance scientifique soit nécessaire. Pour la première fois encore, aucun lieu du globe terrestre n'est épargné. Les glaces les plus immaculées sont affectées; des îles parmi les plus reculées risquent d'être submergées; les animaux les plus indomptables finissent par se noyer dans le ramollissement de la banquise. Pour la première fois enfin, toutes les réserves et ressources sont inventoriées, quantifiées, évaluées, et leur épuisement est situé dans le temps. Si bien que nous avons l'impression d'un capital en cours d'érosion. C'était vrai, hier, du charbon ou du pétrole; c'est maintenant vrai de l'eau, de l'oxygène, de l'ozone. La menace d'une catastrophe pèse sur la planète. Les chiffres tombent comme une pluie acide. Les projections et prévisions nous promettent des cataclysmes. Nolens, volens, nous sommes obligés de repenser notre rapport à la nature. Comme une bouteille en plastique flottant au milieu des océans, voici que l'humanité, toute à sa survie désordonnée, est accusée d'être une tache au milieu d'un ensemble supposé pur et parfait. Le procès d'Homo sapiens a commencé devant le grand jury de la nature. Implacable justice qui ne sera pas dite sous un chêne, mais par le chêne lui-même. La revanche des espèces, le carnaval des animaux… car, ce coup-ci, l'homme aussi est menacé de disparition. Par un étrange mécanisme, il aura fallu que nous nous sentions tous coupables, que nous touchions du doigt l'irréversible, pour enfin réagir. Nous étions pourtant prévenus. De longue date. Dès l'Antiquité, les philosophies et les religions ont insisté sur le respect de la nature. Car la question n'est pas seulement scientifique, elle est d'abord éthique. Dans ce numéro exceptionnel, L'Express a voulu donner la parole à la science afin de permettre la pleine appréhension de la situation, sans alarmisme ni pessimisme excessifs. De nombreuses pistes d'avenir sont suggérées et l'engagement des grands témoins que nous avons interrogés apporte la certitude que nous pouvons agir pour limiter les dommages et préserver l'avenir. Objectif Terre: il suffit de le décider! Pour autant, le lien qui nous rattache à la planète dépend également d'une nouvelle morale. Il est temps de le dire, de ne pas laisser le débat aux seules mains des prévisionnistes, de prolonger les droits de l'homme en droits de la nature." Ce texte de Christian Makarian ouvre le dossier "Objectif Terre" publié dans l'Express International (Numéro spécial) que je vous conseille vivement de lire, avant d'agir...

  • Le climat change...et nous, on fait quoi ?

    Alors que s’ouvre à Nairobi, le 6 novembre, la Conférence internationale sur le climat des Nations Unies, les organisations non gouvernementales appellent à la mobilisation planétaire le 4 novembre. En France, de nombreuses manifestations se dérouleront à l'appel de huit ONG de défense de l'environnement : le Réseau Action Climat, les Amis de la terre, Greenpeace, Agir pour l’Environnement, France Nature Environnement, WWF, Réseau Sortir du Nucléaire et Vélorution. L'objectif : inciter les citoyens à agir et faire pression sur les gouvernements afin que de réels engagements soient pris au niveau international pour préserver le climat. Il est extrêmement important que les citoyens s'approprient cette question du dérèglement climatique et qu'ils expriment leurs préoccupations et fassent pression auprès des décideurs afin que ceux-ci prennent enfin des mesures fortes. Sous le slogan « le climat change... et nous, on fait quoi ? » ce sont, au total, 17 actions locales ou régionales* qui ont été mises en place. Le Réseau Action Climat France espère que les décideurs se mettent vite d'accord sur la teneur de leurs engagements après 2012 puisque tout retard dans la prise de décision rendra pratiquement impossible l'atteinte de l'objectif de la Convention, à savoir, la stabilisation du climat. Il demande également à ce que les pays industrialisés s'engagent sur des objectifs beaucoup plus ambitieux de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre et qu'ils aident les pays en développement à s'adapter aux effets du changement climatique qui sont déjà visibles. En Belgique, plusieurs associations environnementales organisent demain, samedi, de 10h00 à 12h00, Place de la Monnaie, au cœur de Bruxelles, une action pour « réveiller » nos décideurs. Une information sur les changements climatiques sera mise à disposition du public et une sensibilisation sera menée pour alerter chacun(e) sur ce qu’il(elle) peut faire pour contribuer à la lutte contre ces changements. A demain ?