cancerigene

  • 128 résidus chimiques par jour dans l'alimentation de votre enfant...

    L'association Génération Futures et le réseau européen Health & Environnement Alliance publient une enquête dans le cadre de la campagne « Cancers et environnement ». L'objectif : démontrer la présence de substances chimiques toxiques dans notre alimentation et leur lien avec l'explosion du nombre de cancers pour demander des réglementations sur ces produits.

    Le nombre de cancers explose et cette épidémie ne peut pas s’expliquer uniquement par des facteurs génétiques et par la consommation d’alcool ou de tabac. Les facteurs environnementaux, au sens large, doivent être pris en compte pour expliquer qu’entre 1980 et 2005, l’incidence du cancer a progressé de 93% chez l’homme et de 84% chez la femme (données InVS). Par ailleurs, la croissance du nombre de cancers chez l’enfant vient renforcer les hypothèses de cancers d’origine environnementale. Ce constat conduit une fois de plus les associations spécialistes du sujet – le Reseau Environnement Santé, le WWF, le Criid- à interpeller l’opinion publique et les législateurs, au plan européen et national. A l’appui de cette campagne, une enquête a été menée sur l’alimentation quotidienne des enfants, en analysant les différents produits qu’ils consomment au petit déjeuner, au déjeuner, au goûter et au dîner. Les analyses des aliments (légumes, fruits, poisson, pain beurre, fromage etc) ont été réalisées par des laboratoires accrédités auprès des autorités publiques et reconnus comme spécialistes de ces recherches. 

    Bilan : s’agissant du petit déjeuner, 28 résidus de substances chimiques ont été trouvés, dont 21 cancérigènes possibles ou probables, 3 cancérigènes certains et/ou 19 perturbateurs endocriniens. Au total dans une journée, 128 résidus représentants 81 substances chimiques différentes sont ingérés par un enfant, ainsi que 36 pesticides différents et 47 substances cancérigènes suspectées.

    Certes, les doses peuvent respecter les limites maximales autorisées, mais l’effet cocktail de ces diverses substances et leur accumulation quotidienne restent inconnus aujourd’hui. Comme le souligne François Veillerette, président de Générations Futures, « actuellement, l’impact des cocktails chimiques ingérés par voie alimentaire n’est pas évalué. A fortiori, l’impact de ces résidus conjugué aux autres expositions chimiques ne l’est pas non plus ». 

    Les autorités prennent peu en compte ces facteurs environnementaux dans les politiques de santé publique, qu’il s’agisse du Plan Cancer ou du Plan national Santé Environnement. Certaines substances comme le formaldéhyde, l’un des polluants les plus présents dans l'air intérieur, classé comme cancérigène certain, font certes l’objet de mesures de réduction, mais ces objectifs, trop partiels, ne satisfont pas les associations. L'UFC-Que choisir, après avoir enquêté, avait elle aussi demandé en 2009 l’interdiction de ces substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR). Pour l’heure, il est surtout question d’un étiquetage des produits… prévu pour 2012.

    Le docteur Laurent Chevalier, médecin nutritionniste membre du Réseau santé Environnement, confirme que la réduction de ces substances toxiques n’est pas la clé du problème. « On néglige les effets cumulatifs comme les effets retardés de l’exposition à ces produits. Le nombre de diabétiques a par exemple augmenté de 41% entre 2001 et 2010. Ce n’est pas dû simplement à une surconsommation de sucre.  Les perturbateurs endocriniens jouent un rôle dans ces maladies ».

    Pour ce médecin, il faudrait commencer par interdire les perturbateurs endocriniens présents dans les additifs alimentaires et les produits de synthèse qui sont en contact avec les aliments,  tels que les plastifiants et autres emballages. « L’interdiction du BPA dans les biberons a montré que des alternatives existent. Elles étaient même prêtes et déjà commercialisées sur le marché. La rapidité de cette offre montre que c’est possible… », rappelle François Veillerette, qui affirme « faire confiance à la capacité de réponse et d’innovation des industriels, dès lors qu’une réglementation les y poussera ». Article de Véronique Smée mis en ligne le  02/12/2010 sur Novethic.

     

     

  • Poêles Téfal toxiques...

    Vous vous méfiez de vos poêles Téfal et autres plats ou moules à cake en Téflon ? Vous avez raison !

    On trouve désormais en vente des poêles écologiques, estampillées « sans PFTE » et « sans PFOA » : ces allégations obscures sont-elles une vraie bonne idée ou une façon de plus de surfer sur la vague verte ? 

    Le PFOA, ou acide perfluoro-octanoïque est une substance utilisée pour la fabrication du PTFE, le polytétrafluoroéthylène, mieux connu sous le nom de la marque Teflon® de Dupont de Nemours… Après une cinquantaine d’années de succès, ces revêtements anti-adhésifs sont aujourd’hui soupçonnés d’appartenir à la famille des objets qui nous empoisonnent sans en avoir l’air, au quotidien : l'Union européenne classe le PFOA comme cancérogène de classe 3 et comme toxique pour la reproduction de classe 2.

    Si cette substance intervient dans de nombreuses applications industrielles, éliminer ses ustensiles de cuisson qui en comportent est sans doute un bon réflexe, surtout s’ils sont rayés ou usés.

    Des grandes marques classiques ou des fabricants spécialisés proposent désormais des produits couverts de revêtement céramique ne contenant ni PFTE ni PFOA… Mais ces nouvelles batteries de cuisines exemptes de ces toxiques ne sont pas pour autant une alternative idéale : ces nouveaux revêtements résistent souvent mal dans la durée aux tests des utilisateurs, suscitant l’utilisation de plus de matière grasse. Et puis surtout, ils contiennent souvent des nanoparticules, des matériaux miniaturisés soupçonnés de pouvoir constituer un risque sanitaire.

    La solution ? Revenir à des valeurs sûres :  l’acier inoxydable « 10/18 », la fonte, la céramique de qualité, le verre…  Un petit truc ? Pour empêcher l’adhésion des aliments frottez du gros sel à l’intérieur des récipients d’acier ou de fonte non émaillée,  juste avant leur utilisation ! Vous verrez : c’est dans les casseroles à l’ancienne (et non les vieilles casseroles) qu’on fait les meilleures soupes ! (Merci à Madame Nature pour ces conseils judicieux sur Classic 21).

  • Adieu four, gril et friture...

    L’acrylamide est une molécule cancérigène se formant lors de la cuisson à haute température d’aliments riches en hydrate de carbone (amidon, sucres) et en protéines. Les aliments qui en contiennent le plus sont les frites, les chips, le pain, les biscuits et généralement tous les produits soumis à des températures élevées comme le café, les amandes grillées,etc. La substance peut avoir des effets sur le système nerveux, entraînant des lésions des nerfs périphériques, elle est également classée cancérogène pour l'homme. Ce n’est que depuis quelques années, après la découverte en 2002 de fort taux contenus dans certains aliments, que cette molécule fait l’objet d’une étroite surveillance. D'après une nouvelle étude, financée par l'UE et publiée dans la revue International Journal of Cancer, il existe une association positive entre un niveau élevé d'acrylamide dans le sang et le développement du cancer du sein. Les auteurs soulignent le fait que leur étude ne prouve pas l'existence d'un lien direct entre l'acrylamide présent dans les aliments et le cancer mais évoque toutefois cette possibilité qui doit être confirmée par des travaux plus approfondis. L’acrylamide ne se forme qu’à certaines conditions, il faut cuire à haute température des aliments riches en amidon (principalement la pomme de terre). Seul les modes de cuisson de type sec sont concernés: cuisson au four et au gril, rôtissage, friture. On ne trouve pas, ou peu, d'acrylamide dans les aliments cuits dans l'eau. La substance est synthétisée surtout lorsque l'asparagine, un acide aminé naturel, entre en réaction avec des sucres naturels comme le glucose, c’est la réaction de Maillard, du nom du chimiste français qui l’a identifié pour la première fois. C'est justement cette réaction qui donne aux aliments frits leur goût, leur consistance et leur couleur brune si caractéristiques. Un adulte consommerait en moyenne 0,4 microgramme (millionième de gramme) d'acrylamide par kilogramme de poids corporel chaque jour. Sans certitudes, les chercheurs conseillent toutefois d’en diminuer la quantité ingérée. Pour cela il faut veiller à ne pas dépasser les temps de fritures nécessaires, la majeure parite de l’acrylamide se formant en effet durant les dernières minutes de cuisson. Il faut également éviter de consommer les aliments noircis ou carbonisés qui en contiennent d’importantes quantités. Bref, adieu les croûtes de pain croquantes, les frites, les chips, les croquettes de crevettes, les pizzas, les tartes et les biscuits, les gratins (dauphinois et autres), et bonjour les cuissons basse température et vapeur ! On va maigrir, c'est sûr ! Mais qu'est ce que cela va être dur pour le moral... En attendant, j'essaye les croquettes de crevettes vapeur et le persil bouilli : je vous dirai quoi...