bordeaux

  • Vino Business : le Bordelais, pire que Dallas...

    Pour la première fois, l’enquête inédite d’Isabelle Saporta, auteur du Livre noir de l’agriculture, dévoile la face cachée de nos vins et la férocité d’un petit monde raffiné où tous les coups sont permis. Car derrière les étiquettes flamboyantes se dissimulent tous les ingrédients d’un impitoyable Dallas hexagonal, animé par une poignée de winemakers rusés, avec ses rivalités, ses haines viscérales, ses intrigues et ses coups bas.

    Un document explosif sur une des gloires de notre patrimoine protégée par une loi du silence qui a résisté à tous les scandales.

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    Vous apprendrez plein de choses sur la puissance des lobbys freinant les législations sur l'usage des pesticides (la vigne, c'est 3% des terres agricoles et 20% de l'utilisation globale de pesticides dans l'agriculture...), comment être sûr de ce qu'on boit, les magouilles foncières à Pomerol, Saint Emilion et ailleurs, l'industrialisation exigée pour les petits vignerons, qui, par manque d'espace ou de moyens, doivent arrêter et vendre leur Domaine aux plus grands, le prix honteux et démesuré d'une bouteille de vin d'un Grand Cru Classé, la folie - style Dallas - qui s'étend dans le bordelais, les nouveaux investisseurs, les tromperies sur l'origine de certains vins : vous saurez tout ! A lire.

    Livre publié en mars 2014 aux Editions Albin Michel, 256 pages, 19 euros.

     

     

  • Entretien avec Olivier Bernard...

    Entretien fort intéressant avec Olivier Bernard, propriétaire du Domaine de Chevalier en Pessac Léognan ce jeudi soir.

    Je lui ai raconté notre passion pour les grands vins de Bordeaux dans les années 90, puis, lentement, notre désintérêt de plus en plus marqué pour cette région, pour aboutir aujourd'hui à ne plus avoir une seule bouteille de bordeaux en cave.

    Les raisons furent tout d'abord la montée en flèche des prix et l'impossibilité de trouver certains grands millésimes. Ensuite, le changement, à partir de 1991,  dans la façon de produire le vin, en recherchant la concentration et en accentuant le côté boisé (pour plaire à Parker?). Enfin, par l'encensement de tous les millésimes, alors que certains, comme 1995, ne le méritaient pas et s'avérèrent décevants à l'ouverture des flacons, alors que j'avais fort investi dans ce millésime.

    Je lui ai raconté mon émotion devant quelques vins absolument parfaits. Ce sont des moments rares que de déboucher le bon flacon, au bon moment et dans de bonnes circonstances. Haut Brion 89, Cheval Blanc  82, Petrus 90 et 89, Le Pin 90, Beauséjour Duffau 90, mais aussi un Lynch Bages 90 et un Clos du Marquis 89, sans parler de quelques vieux Yquem mémorables et d'autres vieux grands bordeaux.

    Que s'est-il donc passé, pour qu'aujourd'hui, les bouteilles amenées au Clos en dégustation proviennent d'autres régions ? Quasi plus de bordeaux, et quand il y en a, nous sommes déçus et le vin est mal coté : nous n'y trouvons plus de plaisir (lire l'article précédent : "Où sont passés les grands vins bordelais d'antan ?").

    Certes, nous avons évolué et nous sommes ouverts aux autres régions, qui ont toutes fort progressé, et aux autres pays. Mais les vins de bordeaux ont également changé, et ne correspondent plus du tout à nos attentes, à nos émotions et à nos plaisirs gustatifs. Sans parler des prix pratiqués...

    Olivier Bernard, que je respecte beaucoup et dont j'adorais le Domaine de Chevalier, m'a parlé des investissements considérables des grands châteaux bordelais dans le but d'améliorer encore la qualité des vins. Une grande partie du Domaine de Chevalier a été replantée, en améliorant l'orientation des ceps, en faisant mieux correspondre le porte-greffe à la parcelle. Puis les pesticides ont été abandonnés. Puis les insecticides ont été aussi abandonnés, et les autres traitements réduits.

    Quant aux prix, il m'affirme qu'en 2008, les 70 grands Bordeaux étaient vraiment fort abordables. Et qu'il faut aussi goûter les autres vins de Bordeaux, les 9.930 autres domaines bordelais : en 2009, tout est bon et réussi.

    Personnellement, et bien que ceux-ci aient fort évolué, j'ai un doute qu'un "petit" bordeaux m'offre un nez complexe sur de magnifiques nuances et arômes, et une bouche suave, pleine et longue sur des petits fruits, avec des tannins nobles, serrés et fondus, sans alcool ni boisé...

    Par contre, il m'est arrivé d'éprouver le même bonheur avec un Terrebrune 93, Cuvée Tradition, en Bandol, dégusté à L'Epuisette à Marseille. Un vin parfait et un moment inoubliable. Idem avec un Lafran Veyrolles Longue Garde 2000. Des bouteilles à 25 euro...

    Ces propos mériteraient une dégustation comparative lors de laquelle on comparerait quelques tout grands bordeaux, avec les vins qui, aujourd'hui, nous font plaisir. Dans les mêmes millésimes, évidemment.

  • Où sont passés les bons vins bordelais d'antan ?

    Si l'on compare le nombre de bordeaux dégustés par Le Clos, lors des dégustations du lundi, dans le passé et aujourd'hui, on se rend bien compte que quelque chose a changé...

    Voici 4 mois de dégustations en 1999, et la note de dégustation attribuée à l'époque :

     

    27/05/99 

    Château Laville Haut Brion 83 Graves Blanc (5)

    Château Haut Brion 95 (9,5)

    Haut Bailly 85 cru exceptionnel Grand Cru Classé de Graves (9)

    Haut Bailly 83 cru exceptionnel Grand Cru Classé de Graves (8)

    Haut Brion 89 (10)

    Haut Bailly 76 (0)

    Haut Brion 79 (8,5)

    Haut Brion 64 (7,5)

    Château Montus Madiran 89 cuvée prestige (8)

     

    17/05/99 

    Montrachet 91 Grand Cru Verget (8)

    Montrachet 86 Louis Latour (7,5)

    Sauternes Guiraud 86 (9,5)

    Sauternes Haut Bergeron 86 (7,5)

    La Tâche 89 (8)

    La Tâche 91 (8,5)

    Margaux 92 (8)

    La Conseillante 89 (9,5)

    Domaine de Trévallon 83 Côteaux des Baux de Provence (9,5)

    Châteauneuf de Beaucastel 83 Châteauneuf du Pape (7,5)

    Domaine Tempier 85 Bandol (2)

    Château Carcanieux 78 cru Bourgeois Médoc (6)

    Domaine Tempier 92 Bandol (7,5)

    Cognac Léopold Gourmel (à l'âge des épices)

     

    14/05/99 

    Pouilly Fuissé Clos Reyssié 95

    Pouilly Fuissé Clos Mr Noly 95

    La Tâche 91

    Fleur de Gay 88

    Angelus 89

    Rayas 89 Châteauneuf du Pape

    Barbera d'Asti 97

     

    12/04/99 

    Château Lafite-Rothschild 82 (8)

    Château Cheval Blanc 82 (9,5)

    Domaine Clappe-Cornas 91 (9)

    Château Bahans Haut-Brion 88 (7)

     

    02 au 05/04/99 à Bordeaux (2ème anniversaire du Clos)

    Château Lafite-Rothschild 86, 89(8)

    Château Beauséjour 90 (9), 83 (8), 66 (7,5)

    Château Soutard 85, 88, 89, 90 

    Vieux Château Certan 86 (8)

    Château Palmer 66 (9,5), 83 (8,5)

    Petrus 75 (9)

    Château L'Evangile 86 (7) 

    Château Haut-Bailly 90 (9)

     

    25/03//99 au Vieux Boisfort

    Le Pin 90 Pomerol (10)

    Petrus 90 (10)

    Beauséjour 90 (10)

    Meursaut Les Charmes 94 Matrot (8,5)

    Petrus 89 (10)

    Petrus 86 (7)

    Rivesaltss (3)

     

    21/03/99 

    St Nicolas de Bourgueil 97 Laurent Mabileau (6,5)

    Bourgueil 97 Clos Sénéchal Catherine et Pierre Breton (7) 

    St Nicolas de Bourgueil 89 Joël Taluau (6)

    St Nicolas de Bourgueil 89 Joël Taluau (6,5)

     

    08/03/99 

    Château Mouton Rotschild 95 Pauillac (8)

    Cos d'Estournel 82 St Estèphe (9,5)

    Palmer 83 Margaux (8,5)

    Trotanoy 82 Pomerol (9,5)

    Palmer 89 Margaux (8)

    Lynch Bages 89 Pauillac (9)

     

    01/03/99 

    Bon Pasteur 90 Pomerol (9)

    Angélus 90 (9)

    Fleur de Gay 89 (9)

    Clinet 89 (9)

    Haut Brion 89 (9)

    Mission Haut Brion 89 (9)

    Samling Trockenbeerenauslese 95 Münzenrieder Osterreich (9,5)

    Rhein Pfalz 1978 Ungsteiner Honigsäckel Riesling Eiswein Trockenbeerenauslese (9,5)

     

    22/02/99 

    Clos du Marquis 86 Saint Julien (6)

    Château Chasse Spleen 82 Moulis en Médoc (5,5)

    Château de la Gardine Château Neuf du Pape 95 (6,5)

    Château de la Gardine Château Neuf du Pape 95 (6)

    Domaine Laflan Veyrolles 93 Bandol cuvée spéciale 100% mouvèdre longue garde (7,5)

     

    15/02/99 

    Côte Rotie 91La mouline (9,5)

    Côte Rotie 91 La Landone (10)

    Côte Rotie 91 La Mordorée (8,5)

    Côte Rotie 91 La Turque (9,5)

    Châteauneuf du Pape 90 de chez Bonneau (9)

     

    08/02/99

    Château Petit Bois 95 Lussac Saint Emilion (1)

    Château Camensac 89 Haut Médoc Grand Cru Classé (5)

    Château Cadet Piola 86 Saint Emilion Grand Cru (5,5)

    Château Palmer 86 Margaux (7)

    Château Montrose 85 Saint Estèphe J-L Charmolüe (7,5) 

    Château Talbot 89 Saint Julien (8)

    Château Lynch Bages 89 Pauillac (8,5)

    Vieux Château Certan 83 Grand vin de Pomerol (6,5)

     


    Et voici tous les bordeaux dégustés ces 12 derniers mois au Clos, et un résumé du commentaire posté sur ce blog :

    Lundi passé, on a dégusté un Château Ducru Beaucaillou 1993 Saint Julien, fluet et court, un Grand Vin de Léoville du Marquis de Las Cases 1993 Saint Julien, insipide et un Château Clerc Millon 1996, Pauillac marqué par le bois, sans aucun fruit.

    Le 22/08/11, nous dégustions un Château Figeac 2000, Saint Emilion, présentant un peu de verdeur et une finale boisée et asséchante.

    Le 02/05/11, nous dégustions un Château Lagrange 1989 en Saint Julien présentant un superbe nez fruité, mais une bouche boisée qui estompe bien vite le fruité.

    Le 23/03/11, nous dégustions un magnifique Château Trotanoy 1985 Pomerol, avec un nez de tomates confites et un bouche sur des petits fruits. Très belle bouteille.

    Le 21/12/10, nous dégustions un Château Palmer 2003 Margaux, au nez assez expressif et à la bouche marquée par le cabernet, sur une belle matière et quelques notes de cerises, mais aussi avec un beau  boisé typique et un côté austère.

    Angelus 96, Lynch Bages 88, Latour 93 à Pomerol furent tout aussi mal appréciés en 2010. Nous avons donc bel et bien un problème avec les grands vins bordelais produits après 1990.... Ou est-ce Bordeaux qui a un problème ? A force d'avoir modifié les vinifications, à force de rechercher la concentration, à force de boiser le vin à outrance au lieu de privilégier le fruit et le terroir ?  Sans parler des prix qui se sont envolés...

    En tous cas, au Clos, le plaisir et l'émotion de déguster un Grand Vin de Bordeaux n'y sont plus...

     

  • Dégustation du lundi 137...

    Retour de Carnaval et belle dégustation à 5 ce lundi soir, avec un premier vin à la belle robe rubis et au nez superbe de cerises de Nord et de griottes, avec des épices. En bouche, toujours ce magnifique fruit, avec de la puissance, de la chaleur, mais aussi avec une surprenante fraîcheur sans carbonique. Juste un peu de verdeur en fin de bouche et un manque de complexité, mais un très bon jus. L'Anglore "Véjade" 2008 Vin de Pays de la Vaunage (Gard).

    Second flacon, à la robe brillante et rubis et au nez difficile à sentir tellement la réduction est solide. On a beau secouer le vin, toujours ce nez soufré ! En bouche, c'est riche, cuit, classique et gentil, avec de l'astringence en finale ! Les Mûres 2009, Château de Roquefort en Côtes de Provence. Troisième bouteille du même millésime dégustée, et troisième bouteille différente ! Pas facile...

    Troisième bouteille, à la robe plus claire et plus évoluée, et au nez pas terrible. En bouche, c'est sûret, acide, avec un peu de boisé en finale. On pense à un pinot noir et à un Irancy, et c'est raté : "Singulier" 2007 Trousseau en Arbois de Bénédicte et Stéphane Trousseau. Déception collégiale en apprenant ce que c'est : sans doute le millésime, car en 2008, c'est bien mieux.

    Quatrième bouteille déjà, à la robe bien plus évoluée, et au nez de bordelais classique (et déjà boisé)... Bon volume en bouche, mais court et décevant : Lagrange 1990 en Saint Julien. Lagrange n'a jamais été éblouissant, et encore moins maintenant. Décidément, Bordeaux n'est plus ce qu'il était... C'est fané et austère.

    Dernière bouteille, à la robe noire et ouverte bien trop tôt. Un superbe nez fruité sur de la fraise et des fruits noirs, magnifique et complexe. La bouche, un peu jeune, concentrée, sur une fort belle matière, une belle maturité et un boisé bien intégré. Le fruité magnifique de début de bouche s'efface pour laisser l'alcool et le boisé reprendre le dessus : il faut re-boire cette bouteille dans 10 ou 15 ans, et lui laisser le temps. Domaine de Trévallon 2007 en vin de Pays des Bouches du Rhône. Le meilleur Trévallon depuis 1982 : à conserver impérativement en cave...

    Lundi prochain, au Clos, 5 grandes bouteilles pour fêter le printemps. Qui vivra verra.

  • Evolution du prix des grands bordeaux...

    Article intéressant ce mois d'août dans la revue des Vins de France concernant l'évolution des prix des grands bordeaux... et de la spéculation.

    Avec un salaire de 3 à 4.000 euros par mois, il faut aujourd'hui 1 mois de salaire pour pouvoir acheter 1 bouteille de Pétrus de grande année. Il y a 25 ans, avec un mois de salaire, on pouvait acheter 2 caisses de Petrus 1982.

    10.000 francs français investis dans 4 caisses de Pétrus 1982 vaudraient aujourd'hui 200.000 euros...

    En 1982, un Mouton-Rothschild en primeur valait 75 francs français. En 1990, il en valait 300. En 2000, il en valait 1.500, et en 2005 5.240 (soit 800 euros) !

    En résumé, les bonnes affaires sont passées. Et ce genre de vin est devenu tout à fait inaccessible pour la plupart d'entre-nous.

    Reste à se rabattre sur les alcools, moins à la mode : un cognac des années 1858, 1870 ou 1873 cote aujourd'hui 300 à 400 euros. Or, cela ne semble pas possible, car un cognac de 150 ans d'âge devrait valoir au minimum le prix d'un cru classé de Bordeaux : 3.000 euros la bouteille. Le prix ne peut que remonter, d'autant plus que c'est rare.

    En résumé, investissons dans les vieux rhums, les calvados, le cognac. Mais attention aux faussaires.

    Et pour les grands bordeaux, tant pis.

  • Les bordeaux 2007...

    Aussi surprenants que cela puisse paraître, les 2007 ont plus de corps et d'intensité que les 89 ou 96, grandes années de vins charpentés. Ceci est dû au fait que les vignerons ont été obligés, vu les attaques de Mildiou, de supprimer les raisins qui auraient eu du mal à mûrir, et de stopper la croissance de la vigne ce qui amena un bon rapport entre la charge et le feuillage, et donc une belle concentration. C'est également dû au fait que la somme totale des températures fût supérieure à la moyenne, ce qui apporta une richesse naturelle en sucre des raisins. On est sur des fruits rouges, et l'élégance d'un millésime tempéré. Belle surprise donc, suivie d'une autre bonne nouvelle : les prix pour les ventes en primeur :sur Internet, on peut consulter les prix proposés au grand public. Par exemple sur www.millesima.fr, où Léoville-Barton (Saint-Julien) est à 40 euros HT, Montrose (Saint-Estèphe) à 50 ou le Clos-Fourtet (Saint-Émilion) à 32. Alors que les Châteaux Margaux, Lafite-Rothschild, Mouton-Rothschild, Latour et Haut-Brion, qui viennent juste de sortir, sont de concert à 280 euros HT. Soit une baisse d'environ 25 % sur le 2006. Et, bien sûr, des prix sans commune mesure avec les sommets atteints par le 2005. Sur www.vins-fins.com, Beaumont (Haut-Médoc) est à 7,20 euros HT ; Troplong-Mondot (Saint-Émilion), à 48,50 ; Grand-Puy-Lacoste (Pauillac), à 34, et Lascombes (Margaux), à 44 euros. Voilà qui va peut-être en réconcilier certains avec les bordeaux, inaccessibles depuis 2005... Ces 2007 n'intéressent pas les investisseurs, profitons-en !

  • Dégustation du lundi (58) : Les bordeaux...

    Fort belle dégustation, à 4, ce lundi soir, avec pour thème les bordeaux ou style bordeaux... On démarra avec un vin au très beau nez de beau bordeaux, d'un certain âge, sur de la tomate confite et un peu de bois. La bouche, assez fluide, présenta une forte acidité et un boisé trop marqué en finale. C'était assez austère et sec : un Château Montrose 1995 en Saint Estèphe (93/100 Parker). On poursuivi avec un vin au beau nez de cèdre noble. La bouche, avec un fruité beaucoup plus imposant que dans le précédent, et un boisé beaucoup plus fondu, faisait ressortir un cabernet à la Rothschild, sur une belle longueur : Château Pichon Longueville, Comtesse de Lalande 1997 en Pauillac. Le suivant, bouchonné, avec ses 96/100 de Parker, aurait dû être magnifique : Philip Togni Vineyards 2001 Napa Valley Cabernet Sauvignon. Censé être topissimo : à boire une autre fois ! Le quatrième : une BOMBE ! Robe noire d'encre, nez exotique et puissant, avec un petit côté de vin de cépage. La bouche : confiturée, très concentrée sur des fruits très mûrs, mais avec une belle fraîcheur et une belle acidité : un velours liquide ! Quilceda Creek 2004, Columbia Valley en 100% cabernet sauvignon. 13 hectares (ce qui est peu), âge moyen des vignes : 18 ans (ce qui est peu), 70 hectos / hectare (ce qui est énorme!), 14°9 (ce qui est beaucoup), et 99/100 pour Parker. C'est le seul grand vin de l'état de Washington, considéré comme un des meilleurs vins américains. On termina par une seconde bombe, mais différente : un fort beau nez, riche, fin et concentré, d'une très belle complexité, à la robe noire, et plus ouvert que le précédent. La bouche, magnifique, complexe, opulente et longue, ne présenta ni sécheresse, ni boisé : des petits fruits qu'on croque, sur une belle finesse, malgré la richesse. Ce vin en a sous la pédale : à boire entre 2012 et 2040 (désolé, on n'a pas pu attendre...) et 97+ de Parker : un Château Mouton Rothschild 2003. en Pauillac. Bref, un fort beau lundi qui contrastera avec lundi prochain, dont le thème "Languedoc -Roussillon" risque d'être plus décevant, quoique cela dépende fort des flacons qu'on amène... Bonne semaine aux lecteurs oenologues.

  • On fête quoi ?

    Un petit message, alors que j'étais au bureau, m'a fait plier bagages bien plus vite que d'habitude : mon sixième sens me poussait, en ce jour historique au niveau politique à la con, à me rendre très rapidement à une dégustation improvisée, en cours. A peine arrivé, on me tendit un magnifique verre, au nez de petits fruits mûrs, à la robe rubis, dont le cerclage rouille indiquait le millésime, et à la belle bouche suave et longue, mais un peu molle, manquant d'un peu plus de structure. Mais très beau quand même : Château Cheval Blanc 1990, 1er Grand Cru Classé en Saint-émilion. On poursuivi ce grand moment avec la dégustation d'un vin beaucoup plus expressif au nez, avec des notes de tabac, de cuir et d'animal, à la robe noire, mais avec le même cerclage rouille. A la bouche, les mêmes sensations qu'au nez, sur une très belle longueur. Mais avec une nervosité et une structure qui manquait un peu au précédent. Vraiment superbe. Château Haut-Brion 1989, également 1er Grand Cru Classé, en Graves. Deux flacons cotés 100/100 par ce vieux Parker, et dont la valeur actuelle est tout à fait désopilante ! Ce Haut-Brion qu'on trouvait, en 92, à 62 euros (ce qui était cher) se négocie aujourd'hui à 1.300 euros la bouteille ! Aaaah, si nos salaires avaient suivis la même courbe... Bref, bonne intuition, et rare privilège de pouvoir, aujourd'hui encore, déguster de tels flacons. Je l'aime bien, moi, cette Rue du Bailli !

  • Grands Crus de Bordeaux 2005...

    J'ai eu l'immense privilège de me fondre dans la masse des négociants et importateurs de pinard, et d'assister à la présentation du millésime 2005 par l'Union des Grands Crus de Bordeaux à Autoworld. Excepté Cheval Blanc, Mouton-Rothschild et Yquem, membres d'honneur absents, la plupart des propriétaires étaient bien là. J'ai donc goûté le Domaine de Chevalier et le Château Pape Clément, en Pessac-Léognan, Château Gazin en Pomerol, Château Figeac en Saint-Emilion, Château d'Armailhac, Château Lynch-Bages et Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande en Pauillac, pour terminer sur le Château La Tour Blanche et le Château de Fargues en Sauternes. Et je n'ai plus eu le courage de goûter Gruaud Larose, Léoville Barton et Léoville Poyferré en Saint Julien. Trois remarques : il est très difficile de déguster des vins aussi jeunes, qui sortent à peine de barrique, et doivent encore se faire : ils sont tous très bons et fort semblables. Par contre, il est très agréable, et amusant de voir en chair et en os ces propriétaires, passionnés et désormais richissimes. Enfin, il faut bien se dire qu'avec les prix pratiqués, départ Château, ces Grands Crus de Bordeaux sont de moins en moins accessibles aux amateurs que nous sommes. Il y a une limite au-delà de laquelle une bouteille de pinard (car c'est cela, en fait) ne vaut plus le prix exorbitant demandé, quelque soit le plaisir qu'on éprouve en la dégustant. Mais rassurez-vous : il y a des Bordeaux moins chers, et il n'y a pas que Bordeaux !

  • Dégustation du lundi (4)...

    Me voilà de retour de notre dégustation hebdomadaire. Deux d'entre nous étant occupés à vendanger quelque part en Loire biodynamique, nous n'étions que trois ce soir. Raison de plus pour bien faire les choses... Premier vin à l'aveugle, un Puligny Montrachet 1er Cru " Les chalumaux" de Sylvain Langoureau en 2004. Pas mal du tout, avec une belle longueur. Les 2 autres étaient en Chassagne Montrachet 1998. Belle approche, à l'aveugle ! Suivirent un Pape Clément 1990 en Pessac Léognan, magnifique, concentré, et avec encore une très belle fraîcheur, et un Rausan-Ségla 1990 en Margaux, à la robe identique et aussi jeune que le précédent, mais avec un nez beaucoup plus "Sud", alcoolisé, de porto. On a dit Bordeaux pour le premier et Côtes du Rhône pour le second. Et 90 à 95 pour le millésime (moi j'étais plutôt en 96-98 vu la jeunesse de la robe et l'absence d'anneau rouille autour du verre). Bref, très belle dégustation et mauvais pronostics ... Il faut aussi avouer que l'on déguste de moins en moins de grands Bordeaux, et qu'ils sont donc de plus en plus difficiles à découvrir à l'aveugle...Et avouons aussi que, malgré ma réticence envers cette région vu le prix des flacons, ces Messieurs sont quand même très forts, et disposent d'un savoir-faire et de terroirs magnifiques !

  • C'est Dallas...

    Je lis dans la Revue des vins de France de septembre les nouvelles augmentations de prix sur le millésime 2005 : c'est écoeurant ! Bernard Magrez avait certifié en février qu'il n'augmenterait pas le prix de ses vins de manière spectaculaire. Résultat : + 113% pour le Pape Clément blanc, et + 103% pour le rouge, + 43% pour le Faubrauge et + 41% pour la Tour Carnet ! Les autres font pas mal non plus, dont le Larcis Ducasse (+ 328,56%), vendu dorénavant au même prix que le Figeac... Et, malgré cela, tout s'est vendu en 2 heures... Quant aux grands, Margaux a augmenté de 337% à 350 euros la bouteille, Cheval Blanc à 400 et Ausone à 500 euros ! Laissons ces bouteilles partir dans le Sud-est asiatique, aux USA et en Russie, où des nouveaux riches sans culture ni éducation, épateront leurs invités - ignares comme eux - avec ces flacons renommés. Peut-être les boiront-ils au goulot, ou dans la piscine ? Peu m'importe. Quant à nous, recherchons ces petits trésors abordables, vinifiés et vendus honnêtement par des vignerons d'autres régions ou pays, et découverts par les cavistes. Le plaisir est là...