boire

  • Que boire ?

    Avec plus de 3300 médicaments humains et vétérinaires mis sur le marché, la France est le plus gros consommateur de médicaments en Europe. Or, cette surconsommation n'est pas sans conséquences sur l'environnement, et sur la santé humaine. Car ces résidus se retrouvent dans les eaux usées, et les stations d'épurations ne sont pas conçues pour les éliminer. On les retrouve donc dans l'eau du robinet...

    En 30 ans, les dépenses des Français consacrées aux médicaments ont augmenté de 450%. Consommées à domicile ou en hôpital, ces molécules thérapeutiques se retrouvent in fine dans les eaux usées. Et leur concentration ne cesse de croître. Comme le souligne le docteur Patrice Halimi, secrétaire général et co-fondateur de l'Association Santé Environnement France, « aujourd'hui, avec le développement de l'hospitalisation à domicile et de l'auto-médicamentation, tout le monde est potentiellement émetteur de résidus médicamenteux. Du coup, on retrouve, à la sortie des stations d'épuration, des traces d'antibiotiques, de béta-bloquants, d'antidépresseurs, d'anti-inflammatoires... ».

    Les trois types de molécules les plus présentes dans nos cours d'eau sont en fait les œstroprogestatifs, conséquence de la consommation croissante de pilules contraceptives, les tranquillisants, la France étant le plus gros consommateur d'antidépresseurs au monde, et les anti-cancéreux, du fait du développement de l'hospitalisation à domicile. Or, non seulement ces médicaments sont conçus pour être actifs à faible dose, mais en plus, ils présentent une biodégradabilité très variable (de 10 à 90%). Autrement dit, leur présence dans les eaux, même à faible concentration, peut s'avérer toxique sur le long terme. D'après Patrice Halimi, la communauté scientifique et les pouvoirs publics intègrent peu à peu cette nouvelle donne : « on sort d'une logique de pollution aigüe à une logique d'imprégnation permanente. » D'ailleurs, plusieurs études scientifiques soulignent déjà l'impact de ces cocktails de molécules sur la faune et la flore aquatiques, certaines espèces présentant une féminisation de leurs caractères sexuels.

    L'eau potable n'est donc plus potable. Et celle en bouteille plastique n'est pas terrible non plus (à cause du plastique). Idem pour la bière (à base d'eau) et les softs (toujours à base d'eau)... Reste donc le lait, les jus de fruits (100%, sans eau) et le vin. Et si possible en bio pour éviter les pesticides, et autres traces de traitements phyto-sanitaires. Et comme je ne suis pas un fana du lait, et que je n'abuse pas des jus de fruits..., je suis condamné à boire du vin. Au prix d'un gros effort. Mais quand il faut, il faut...