biotope

  • Les dauphins arrivent...

    Ces 18 dernières années, la température maritime s'est lentement réchauffée. Il s'agit de la plus longue période de réchauffement constatée depuis que les données sont relevées, soit depuis 130 ans. Et le biotope marin a déjà réagi : certaines espèces comme les poissons plats descendent vers les eaux plus froides, en profondeur, d'autres comme la morue remontent vers le nord. En sens inverse, de plus en plus de poissons des eaux méridionales débarquent en Mer du Nord. C'est le cas des sardines, notamment, mais aussi des huîtres du Pacifique, qui menacent les moules, pourtant bien implantées. Mais c'est surtout le rythme de cette évolution qui frappe les spécialistes. Les espèces n'ont aucune chance de s'adapter à ces nouvelles conditions de vie, elles ne peuvent que se déplacer. A moyen terme, l'extinction de plusieurs espèces n'est pas exclue. Vers le nord, la région polaire limite les possibilités de migration. Mais nous ignorons à l'heure actuelle ce qui se passera avec les poissons arctiques, si le réchauffement des eaux se poursuit. Cette évolution radicale de la Mer du Nord n'est pas un fait isolé. A l'échelle du globe, en raison du réchauffement, de plus en plus de poissons subtropicaux migrent vers la Méditerranée, et un phénomène similaire se produit aussi le long des côtes de l'Afrique occidentale. Ces changements auront des conséquences importantes sur les pêches, car ils se rajouteront à la surexploitation déjà en oeuvre en mer du Nord. Les écosystèmes sont actuellement soumis à une forte pression. Si l'on veut reconstituer les stocks, il faudra être plus respectueux des espèces, car les conditions actuelles sont très différentes de celles qui prévalaient il y a vingt-cinq ans. Il n'est pas exclu que le réchauffement empêche les stocks de se reconstituer. Bref, même s'ils n'ont pas droit à la parole, les rares poissons de la Mer du Nord qui ont survécu aux marées noires et à la pêche intensive ne rigolent pas... Terriens, il est temps d'agir...