biodiversite menacee

  • Monsanto, c'est quoi au juste ?

     

    Qu’est-ce que Monsanto : l’archétype de la multinationale tentaculaire et planétaire ! Née en 1901, active dans 46 pays, forte de 17500 salariés et d’un chiffre d’affaires de 7,5 milliards de $ en 2006 Monsanto se fait véritablement connaître comme nuisance globale avec le fameux Agent orange. Un défoliant à base de dioxine largué à partir 1961 et pendant une décennie sur les forêts du Nord Vietnam couvrant le lacis de la piste Hô Chi Minh par laquelle transitait hommes et armes à destination du Sud. Puissamment carcinogène, tératogène et mutagène l’Agent orange 47 ans plus tard continue à tuer. Au glorieux palmarès de la marque, ajoutons l’herbicide total connu sous le nom de Round Up présenté mensongèrement comme biodégradable, un produit pourtant suspect de favoriser des malformations embryonnaires et d’être un agent précurseur de la carcinogenèse ; l’édulcorant de synthèse Aspartame possible inducteur de lésions cérébrales que l’on retrouve dans tous les produits light mais pour lequel la firme ne touche plus aujourd’hui de royalties le brevet étant tombé en 1992 dans le domaine public ; ajoutons les hormones de croissances bovine et laitière interdites en Europe ; les PCB, polychlorobiphényles ou pyralènes utilisés dans les transformateurs électriques mais qui ont contaminé chacun d’entre nous et toute la chaîne alimentaire depuis les phoques de l’Arctique jusqu’au lait humain ; enfin les OGM, organismes génétiquement modifiés grâce auxquels Monsanto via ses complicités dans l’Administration américaine, donneuse d’ordre aux classes dirigeantes de la démocratie mondiale, est en train d’établir une hégémonie planétaire sur les semences. Ce qui signifie en clair la mise sous tutelle de l’agriculture et partant, la dépendance alimentaire des États.

    L’Amérique déjà maîtresse des robinets pétroliers aurait ainsi aussi à sa main le sort des nations placées sous l’épée de Damoclès d’un embargo semencier, de pénuries, voire d’un retour des disettes. L’énergie et l’alimentation, quoi de mieux pour assurer une domination mondiale et instaurer indirectement un nouveau servage, universel cette fois ?

    Or, à quoi servent les OGM ? Inexistants avant 1993, les OGM végétaux, soja, maïs, coton, en 2006 couvraient 100 millions d’hectares soit 7 % des terres cultivées (1 md1/2 d’ha). Certains d’entre eux sont prétendument utiles à rendre les plantes résistantes aux insectes ravageurs, ce qui est évidemment archifaux : en France par exemple la pyrale attaque toujours les plantations BT pourtant réputées résistantes. D’autres variétés sont censées rendre les végétaux réfractaires aux herbicides en particulier au Roundup généreusement déversé à travers le monde sur les terres agricoles avant de se retrouver un jour ou l’autre dans la nappe phréatique.

    Précisons que la question cruciale de l’innocuité en soi des OGM pour la santé humaine est encore loin d’être réglée car de vrais doutes subsistent ! Ce qui pose la question de leur dissémination dans l’environnement. Une contamination, qui se généralise, des souches naturelles crée dans certains cas des situations ubuesques : au Paraguay, au Brésil ou aux Etats-Unis des agriculteurs dont les cultures ont été contaminées par OGM se voient en effet contraints de verser des royalties à Monsanto ! En Inde, les graines de coton non OGM se raréfient or les semences brevetées sont quatre fois plus chères et requièrent tout autant de pesticides contrairement à ce que prétend Monsanto. Les déclarations des Organisations internationales présentant les OGM comme un moyen de lutte contre la famine et la sous-nutrition au bénéfice des petits propriétaires des pays en développement prennent au final tout leur sens quand on sait qu’en 2006 le coton BT soi-disant résistant, mais atteint par la maladie, a sur un semestre entraîné la faillite et le suicide de quelque 680 paysans indiens !

    À quoi donc finalement servent Monsanto, sa chimie, ses OGM ? À polluer la planète ; à créer un empire financier, rouleau compresseur que plus rien ne semble devoir arrêter et qui étend chaque jour davantage son emprise dans le monde où les entreprises semencières sont rachetées les uns après les autres conférant progressivement au géant Nord américain un quasi-monopole planétaire. Rien ni personne ne lui résiste et les gouvernements compradores comme celui qui est aujourd’hui à la barre en France, après avoir donné des assurances, reviennent allégrement sur les engagements pris sous la pression des opinions.

    Souvent stériles, les OGM n’étant pour la plupart pas réensemençables l’année suivante, la dépendance à l’égard du fournisseur Monsanto constitue donc une menace immédiate, autrement sérieuse que nucléaire iranien, pour notre sécurité alimentaire ! L’allégeance aux OGM dans l’espoir de superprofits est un danger immédiat surtout en ces temps d’instabilité mondiale, de récession et de crise. Si l’on a en mémoire que pendant la Guerre froide les grands programmes de recherche en matière d’armes biologiques, notamment aux Etats-Unis, se portaient sur les agents de morbidité végétale, des épidémies comme celle de la fièvre aphteuse ou de la peste porcine qui décimèrent les cheptels européens à la fin du XXe siècle, transposées aux cultures végétales nous livreraient pieds et poings liés au bon vouloir de Monsanto et consort.

    On comprendra de ce point de vue à quel point une agriculture assurant une stricte indépendance alimentaire devient, surtout dans la conjoncture actuelle de flambée spéculative mondiale sur les matières premières, un impératif absolu auquel nos décisionnaires tournent résolument le dos dans le but explicite d’assujettir l’Europe à la Destinée manifeste du continent Nord-américain. Grâce leur soit rendue !

    Article de Jean Michel Vernochet sur Agora Vox.