biodiversite en danger

  • OGM et Commission Européenne...

     

    La décision de l'Allemagne de suspendre la culture du maïs génétiquement modifié va conduire la Commission européenne à "réfléchir" sur le dossier, a déclaré le commissaire européen en charge de l'Environnement Stavros Dimas, mercredi à Prague.

    "Nous allons réfléchir à cette question pour prendre la bonne décision", a-t-il déclaré en réponse à une question après la réunion informelle des ministres européens de l'Environnement à Prague.

    Une modification de la législation pourrait même être envisagée, a indiqué à l'AFP une source proche de la Commission européenne.

    L'opinion publique est contre à travers l'Europe, l'état d'esprit a évolué, "la législation actuelle opère comme un pilote automatique et il faut lui redonner une direction", selon cette source.

    En activant la clause de sauvegarde contre le MON810 du géant américain de l'industrie agronomique Monsanto, l'Allemagne a rejoint la France, la Grèce, l'Autriche, la Hongrie et le Luxembourg, dernier pays à avoir banni cette semence OGM (organisme génétiquement modifié), fin mars, au nom du "principe de précaution".

    Jusqu'à présent, la Commission a tenté de contraindre les réticents d'autoriser la culture du MON810, mais avec la France et l'Allemagne dans le camp des "anti", il devient difficile de réunir la majorité qualifiée nécessaire (une majorité d'Etats représentant les deux tiers des habitants de l'UE) pour imposer les cultures transgéniques.

    Si la question devait être soumise à un vote au niveau européen, "nous aurions un rejet c'est sûr, la tendance est au refus", a indiqué à l'AFP la source européenne qui a requis l'anonymat.

    On se demande vraiment pourquoi la Commission européenne s'entête, envers et contre tout, à vouloir imposer en Europe ce dont les européens ne veulent pas... Seraient-ils corrompus par les puissants lobbies des semenciers  (ADVANTA, ALTADIS, ARVATIS, AVENTIS, BASF, BAYER, BIOGEMMA, CFS, DOW AGROSCIENCES, DU PONT DE NEMOURS, GNIS, LIMAGRAIN, MAISADOUR, MERISTEM THERAPEUTICS, MONSANTO, NOVARTIS, PIONEER, et SYNGENTA) , ces multinationales qui veulent s'approprier la vie végétale de l'humanité ? Au dépend des petits agriculteurs, chassés de leurs terres ancestrales,  au dépend de la biodiversité, qui disparaît jour après jour, et au dépend de la pollution des sols générée par les tonnes de pesticides nécessaires à la culture de ces OGM ? Il y a quelque chose de grave qui nous échappe. Restons vigilants. Tant que la volonté politique n'est pas au rendez-vous...

     

  • Le lobby OGM persiste...

    Les fabricants d’OGM ont-ils trouvé un écho favorable auprès des dirigeants européens ? Un journal britannique, The Independent on Sunday, a révélé que les représentants des 27 pays de l’Union européenne préparaient « une campagne sans précédent pour généraliser les cultures et aliments génétiquement modifiés ». Dans son édition du 26 octobre, le périodique affirme détenir des documents confidentiels émanant de réunions secrètes, organisées par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. En ressort la volonté des représentants européens d’ « accélérer l’introduction des OGM et de gérer l’opposition du public à leur encontre ». Ils auraient même demandé aux industriels et aux autorités d’être plus enthousiastes dans leur communication sur les OGM. Selon les comptes-rendus d’une des réunions secrètes, Joao Vale de Almeida, chef de cabinet de José Manuel Barroso, qui présidait ces rassemblements, aurait « invité les participants à rapporter les discussions du groupe aux chefs de leurs gouvernements ». La Commission européenne encourage les Etats à modifier leurs politiques individuelles, pour favoriser les cultures d’OGM. Cette politique « clandestine » ne correspond pas du tout aux attentes des citoyens européens. En 2001, 70% d’entre eux se déclaraient contre les aliments génétiquement modifiés, selon un sondage Eurobaromètre. La France reste le pays européen où la résistance anti-OGM est la plus virulente et la plus visible. En 2004, un sondage Sofres montre que 76% des Français sont opposés aux OGM. Mais ailleurs également, les OGM inquiètent : les Suédois souhaitent un étiquetage strict, les Allemands et les Britanniques sont quant à eux méfiants… Même les exploitants agricoles sont dubitatifs. 70% des agriculteurs allemands refusaient d’utiliser des OGM, selon un sondage daté de 2002 pour Greenpeace. Mais l’opposition populaire n’est pas un problème pour la Commission européenne : toujours selon ces documents, Joao Vale de Almeida souhaiterait « un dialogue objectif et basé sur les faits concernant les standards élevés de la politique européenne sur les OGM ». En toute impartialité. Il appelle également « les industries et les partenaires économiques à participer activement à ce dialogue », en mettant donc de côté les voix trop élevées des écologistes. L'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), basée à Parme (nord de l'Italie), a estimé, vendredi 31 octobre, que la clause de sauvegarde invoquée par la France pour suspendre la culture du maïs génétiquement modifié OGM MON810 n'était pas justifiée. "Cet avis apparaît comme une véritable provocation et doit être combattu à tous les niveaux, tant il est vrai qu'une grande majorité d'Européens ne veulent pas d'OGM dans leurs assiettes", affirme dans un communiqué, Noël Mamère au nom des "Parlementaires Verts Français". "En demandant à la France d'abandonner la clause de sauvegarde sur le MON 810", l'EFSA "n'a fait que se rendre complice des grands lobbies internationaux au moment où experts et spécialistes de la santé s'accordent pour dire qu'il faut en finir avec un type d'agriculture qui contamine, pollue, porte atteinte à la biodiversité et finit par couter cher à la société", souligne le député de Bègles. Selon lui, la France, présidente de l'Union européenne, "doit tout faire pour empêcher que quelques experts à la botte des lobbies imposent leur diktat aux gouvernements de l'Union qui ont fait le choix du principe de précaution".