biodiversité

  • La sixième extinction...

    Le livre d'Elizabeth Kolbert est une mise en garde très fouillée qui fait vraiment peur.

    Au cours de sa longue existence, notre planète a déjà connu 5 quasi- extinctions, au cours desquelles une très grande majorité des espèces vivantes ont passé l'arme à gauche : il y a eu des couches de glaces de plusieurs kilomètres d'épaisseur, la chute d'astéroïdes, des poussées brutales de CO2 entraînant une hausse vertigineuse des températures, l'acidification catastrophique des océans.

    Mais, depuis qu'est apparu un étrange bipède, une sixième est en cours. Et, le pire, c'est qu'il le sait. Il bouleverse radicalement son environnement, mettant à mal les équilibres précaires : la chasse à outrance (extinction des grands mammifères), la combustion exponentielle des énergies fossiles (effet de serre), l'agriculture industrielle, la pêche intensive, la pollution, l'urbanisation.

    Des bouleversements beaucoup trop rapides pour que les différentes espèces puissent s'adapter. La liste des espèces (animales et végétales) disparues ne cesse de s'allonger, ainsi que celles qui sont au bord du gouffre. En poussant à l'extinction les autres espèces, l'homme ne fait que scier la branche sur laquelle il est assis, car il reste dépendant des processus chimiques et biochimiques régnant sur la Terre. 

    Nous sommes aujourd'hui en train de décider des voies évolutives qui resteront ouvertes et de celles qui resteront fermées à jamais. C'est aujourd'hui que l'homme prend option sur la durée de son séjour sur terre. (Basé sur un article paru dans Le Soir de ce week-end).

    Il est clair que nous devons, chacun à notre niveau, tenter de réparer et corriger tout ce qui s'est passé lors des derniers siècles et adopter un mode de vie totalement respectueux de notre environnement et de la biodiversité qui le compose. Préservons ce qui existe encore : c'est un héritage que nous nous devons de léguer aux générations futures.

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  • Derniers petits plaisirs de la terrasse...

    Bien que les prochains jours s'annoncent beaux, secs et doux, rien n'y fait : l'hiver approche à grands pas, bien que le mois de novembre puisse encore nous réserver de belles surprises...

    C'est donc avec une certaine nostalgie que j'ai fait le tour de la terrasse. J'y ai découvert les dernières framboises, délicieuses comme en plein été.

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    Une des dernières fraises de mes fraisiers "Charlotte" retombants. Ils sont normalement productifs jusqu'aux premières gelées...

     

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    Les dernières figues d'automne, bien mûres, ne demandent qu'à être cueillies sous peine de faire le régal des oiseaux et dernières guêpes égarées. Les figues de l'été prochain sont déjà là...

     

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    Et les dernières roses éclosent également et parfument ce lieu un peu sauvage dans lequel j'aime me ressourcer de temps à autre. Quelques pots, quelques plantes, quelques fleurs et c'est tout un micro-monde qui s'installe sur votre terrasse, pour votre plus grand bonheur.

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  • C'est l'automne...

     

    Arrêtez-vous un instant et regardez autour de vous : c'est l'automne et les couleurs sont magnifiques ! Bonne semaine ensoleillée et douce (sauf mercredi, à ce qu'il paraît).

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  • Lobby puissant et pouvoir corrompu...

    L’Union européenne a donné le feu vert à la commercialisation de 19 OGM, dont 11 de l’américain Monsanto. Une réforme prévoit que chaque Etat membre pourra individuellement les bannir.

    Tapis rouge pour Monsanto. L’Union européenne a autorisé vendredi l’importation et la commercialisation de 19 OGM, deux jours après avoir proposé aux Etats membres une réforme leur permettant d’interdire leur utilisation sur leur territoire.

    Onze produits de la multinationale américaine Monsanto (soja, maïs, colza et coton) figurent au nombre des OGM autorisés, a précisé la Commission européenne dans un communiqué. Les huit autres sont des produits de la firme américaine Dupont et des groupes allemands Bayer et BASF. Dix-sept de ces OGM sont destinés à l’alimentation animale et humaine, deux sont des fleurs coupées.

    Pas de majorité pour ou contre

    Ces autorisations « étaient en suspens », car les Etats membres ne sont pas parvenus à constituer une majorité pour ou contre leur commercialisation. L’autorisation est immédiate et vaut pour dix ans.

    Si les gouvernements européens approuvent la réforme présentée mercredi, ils pourront interdire l’utilisation des OGM sur leur territoire. Dans le cas contraire, les règles applicables seront celles qui ont conduit la Commission européenne à autoriser la commercialisation des OGM ne présentant aucun risque pour la santé animale et humaine dans l’ensemble de l’UE, solution réclamée par les grands groupes.

    Greenpeace a accusé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, « de ne pas avoir l’intention de rapprocher l’Europe des citoyens, comme il l’a promis, et d’agir en faveur des intérêts des Etats-Unis et de Monsanto ».

    Source: L’Express

    Et comme les étiquettes "contenant des OGM" ne sont pas prêtes d'être apposées sur les emballages des denrées alimentaires de vos supermarchés préférés (toujours à cause du même lobby), il ne vous reste plus qu'à consommer BIO, pour être sûr de ne pas en avaler...

  • CULTIVONS un autre monde avec les semences bio d’Oxfam...

    J'ai acheté quelques sachets de semences dans une boutique Oxfam. D'abord, j'aime bien le concept. Ensuite, j'y ai trouvé un mélange de semences pour abeilles et papillons, des insectes pollinisateurs en voie de disparition suite à l'utilisation de tous des pesticides et insecticides utilisés dans la culture traditionnelle. 

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    J'ai aussi trouvé de magnifiques graines de capucines "Tropaeolum Majus", des fleurs comestibles au goût incroyable sur un carpaccio de Saint Jacques, ou dans des salades. Une capucine grimpante (jusqu'à 3 mètres) qui fait des fleurs jusqu'aux premières gelées. Je vous dirai quoi !

     

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    Choisissez les semences CULTIVONS pour vos jardins et pots cette année. Vous retrouverez parmi l'assortiment Oxfam des herbes aromatiques, des légumes, des salades, des fleurs comestibles et un mélange spécial pour prendre soin des abeilles et papillons.

     

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    Pourquoi Oxfam-Solidarité s'est-elle lancée dans la commercialisation d'une vingtaine de variétés de semences ? Avec les semences CULTIVONS, Oxfam-Solidarité appelle à l'action et à mettre littéralement la campagne CULTIVONS dans nos assiettes. Il s'agit de promouvoir l’agriculture locale, base d’un développement réellement durable, ainsi que la biodiversité.

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    En choisissant des semences CULTIVONS, vous payez un prix juste et vous contribuez à la biodiversité en ne vous limitant pas aux variétés courantes vendues en magasins. Vous diminuez également votre impact sur l’environnement. Car du jardin à votre cuisine, pas d’émissions de gaz à effets de serre. Enfin, vous éliminez tous les éléments d’emballage dans le processus qui mène les produits de la ferme à votre assiette.

     

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    Oxfam a mis au point d’un mélange unique pour abeilles et papillons. Avec ces semences, vous obtiendrez en un an ou deux un joli coin fleuri dans votre jardin ou sur votre terrasse dont vous pourrez profiter chaque été. Mais pas seulement… Vous créerez aussi un endroit unique où papillons et abeilles se sentiront comme chez eux. Parfait, puisque des insectes sont essentiels pour réaliser une agriculture durable.

    Biosano importe et distribue des produits secs, des vins et des semences biologiques. A l’écoute des producteurs, Biosano les encadre et leur assure une juste rémunération. Le partenaire d'Oxfam privilégie également les petites entreprises bio et les coopératives de petits paysans tout en se penchant sur le développement social.

    Pour ses semences, Biosano collabore entre autres avec Bingenheimer Saatgut, une coopérative de plus de 100 jardiniers d'Allemagne, des Pays-Bas, de France et d'Italie. Cette société fournit des semences biodynamiques aux jardiniers professionnels et amateurs et aux magasins d'alimentation biologique. Bingenheimer travaille aussi bien avec de nouvelles variétés issues de l'amélioration biologique qu'avec des variétés traditionnelles héritées de la cuisine de grand-mère. Les sachets de semences CULTIVONS ont été remplis dans l'atelier social de Bingenheimer.

     

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    Informations pratiques

    Le prix des semences varie en fonction du chiffre indiqué en haut à droite du sachet :

    1 = 1,75€; 2 = 2,59 €; 3 = 2,95 € ; 4 = 3,95 €.

    Pour trouver la boutique la plus proche, consultez la liste des points de vente Oxfam.

     

  • Dégustation du lundi 242

    Nouvelle dégustation à l'aveugle du Clos, à 4 ce lundi soir, avec 7 vins au programme : un blanc et six rouges.

    Le blanc, à la robe claire, présente un nez fort expressif, qui s'affine au fur et à mesure de la dégustation. La bouche est riche, mûre, du sud. C'est gras et long, mais pas assez frais : il manque cette pointe d'acidité qui change tout. Clos Magdeleine 2012 à Cassis. C'est LE Cassis emblématique, original, toujours fait à l'ancienne, que les restaurants étoilés s'arrachent. Pourtant, il doit bien en avoir un avec plus de fraîcheur...

    On passe aux rouges, avec un vin à la robe rubis, au disque marqué par des notes d'évolution, et un nez de vrai bordeaux, ou de vrai cabernet de Loire. En bouche, c'est long, rond, avec un boisé intégré, sans notes sudistes ni de sécheresse. Via Veliu Basavin Cabernet 2009 Fabricat in Moldova. Une surprise pour ce flacon en Limited Editon (7.215 bouteilles).

    Le second rouge présente une robe rubis écarlate et un nez sur des fruits rouges, avec un côté lacté et crémeux. La bouche est ronde et fruitée, avec moins d'alcool que le présumerait le nez. On est sur des noyaux de cerises, avec ce qu'il faut d'acidité et de tannins naturels pour porter le vin. On propose la Suisse, l'Italie ou l'Autriche pour ce Terras Do Demo Reserva 2009 Tavora-Varosa au Portugal.

    Le suivant présente une robe évoluée et un fort beau nez sur une certaine évolution, avec des notes animales, du cuir, du tabac, de la prune et de la cerise. En bouche, certains sont sur un bordeaux avant 1990, moi plutôt sur un cabernet mais pas à Bordeaux. C'est fondu, avec un côté Cabernet classique, et plaisant : Chinon 2009 en Coteau de Noiré de Philippe Alliet. 100% de Cabernet franc. Pas mal cette rondeur et cette concentration pour un Chinon...

    Le cinquième flacon de la soirée presente une robe rubis et un nez jeune, mentholé, sur du cumin, avec des petits fruits rouges qui apparaissent à l'aération. En bouche, c'est bien fait : expressif, long, rond, fin et délicat, avec de la fraîcheur sur de la fraise et des noyaux de cerises. C'est fort jeune, mais une jeunesse qui plaît, un ravissement : la finesse du fruit, et pas le soleil ou les fruits mûrs. Les Cocalières 2011 Montperoux en Languedoc du domaine D'aupilhac de Sylvain Fadat. Très belle bouteille à re-goûter dans les mois et les années qui viennent...

    Le vin suivant présente une robe plus foncée et un nez vert de rafles (non égrappé). En bouche, il est moins rond et harmonieux que le précédent, plus jeune, moins abouti et moins plaisant. La verdeur de la rafle se retrouve en finale, mais apporte une belle fraîcheur. Terre des Galets 2012 du Domaine Richaud en Côtes du Rhône. Un vin qui nous a quand même plu, à tout petit prix.

    On termine cette dégustation avec un vin à la robe rubis clair et au nez puissant, riche et sévère, sur des notes de fumée et de cabernet. En bouche, on est sur un cépage bordelais avec un côté bourguignon... C'est souple et assez spécial, difficile à trouver. Charmes Chambertin Grand Cru 2010, Lou Dumont (alias Koji Nakada), négociant à Gevrey. C'est l'histoire d'un sommelier japonais assez brillant qui a voulu connaître la quintessence du Pinot noir et est passé à l'acte : négoce (achat de raisins) et vinification. 95 % de sa production est exportée au Japon...

    Prochaine dégustation du Clos, lundi prochain. Qui vivra, goûtera...

     

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  • La vache nantaise est sauvée...

    La Fête de la vache nantaise est une manifestation exceptionnelle qui se déroule tous les quatre ans à Plessé (Loire-Atlantique) en l'honneur des races anciennes. 

    Cette animation champêtre était particulièrement bienvenue dans le cadre verdoyant et ensoleillé du pays de Redon qui a vu renaître cette vache de race nantaise - 1,35 mètre au garrot, 650 kilos - qui se plaît dans les terres humides de l'estuaire et les marais bretons d'où elle a failli disparaître. En 1980, il n'en restait qu'une cinquantaine de têtes et il faudra toute la passion de Laurent Chalet, éleveur à Plessé, pour sauver le cheptel.

    Aujourd'hui, 800 femelles en âge de se reproduire, réparties sur plus de 80 élevages professionnels, et 19 taureaux disponibles en insémination animale assurent un brassage génétique suffisant et constituent un réservoir important. La nantaise est sauvée, d'autant que cette race mixte à l'origine (traction-lait-viande) fournit désormais une viande persillée à souhait et un veau servi rosé, fort apprécié le soir au banquet.

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    Le même Laurent Chalet est à l'origine de cette fête rurale qui a transformé la nantaise en puissance invitante pour toutes ses congénères, orphelines des pâturages, victimes de l'élevage intensif et de la standardisation des espèces. Un village entier leur est consacré avec box et étables d'un week-end, construits avec les moyens de la nature par des dizaines de bénévoles, pour les oubliées du terroir : la bretonne pie noir, la froment du Léon, la maraîchine de Vendée, la saosnoise ou l'armoricaine invitées cette année dans la catégorie bovin.

    Contrairement à ce qu'on dit, les animaux ne sont pas sectaires. On pouvait croiser à Plessé toute une kyrielle de moutons - bleu du Maine, solognot, roussin de La Hague, ouessant (où il n'y en a plus depuis longtemps), avranchin, cotentin, berrichon de l'Indre -, de chèvres des fossés ou du Poitou, d'ânes - baudet du Poitou, grand noir du Berry - et de chevaux - de trait breton, percheron, poitevin mulassier. Sans oublier le porc blanc de l'Ouest, celui de Longué et de Bayeux avec toute la basse-cour, de la poule coucou de Rennes à l'oie blanche du Poitou en passant par la marans, la noire de Challans ou la grise des marais.

     Toutes ces espèces, préservées, escortées et soignées par des paysans fiers de leurs vaches comme de leurs poules illustraient une autre idée de l'élevage. Où les hommes et les bêtes sont chacun à leur façon un élément de la biodiversité, partageant un espace commun et vivant l'un de l'autre comme il en va ainsi depuis la domestication du bétail. Nous sommes loin des images sanglantes, volées dans les élevages intensifs par les croisés anti-viande qui n'ont qu'une idée : nous faire passer pour des assassins. A Plessé, on s'essaie au labour avec une paire de boeufs, on flatte le veau à l'encolure, on apprend à découenner le jambon de porc blanc et on déguste la carbonnade flamande avec les gars du Nord. Et, n'en déplaise aux mauvais coucheurs, 30 000 personnes sont venues y fêter les bêtes et manger leur viande. (Extrait d'un article de JP Géné dans M, le supplément du Monde de ce week end).

    Bravo à Laurent Chalet pour cette belle initiative, digne de Slow Food qui, dans le monde entier, intervient avec ses sentinelles pour préserver les races animales et les variétés végétales de l'extinction. La biodiversité doit absolument être sauvegardée : c'est l'héritage de l'humanité que nous nous devons de transmettre aux générations futures.

    Nous n'allons quand même pas leur transmettre que 3 variétés OGM de tomates, 4 espèces industrielles de céréales et la vache Holstein... Ce serait bien triste !

  • Be Slow Food, c'est ce week-end ! Goûtez Bruxelles...

    Slow Food, un mouvement international qui ne cesse de s'amplifier.

    Face à une offre alimentaire uniformisée, industrialisée, à l'origine et aux saveurs souvent incertaines, Slow Food, mouvement international, propose de mettre dans nos assiettes une nourriture dont les maîtres mots sont : goût, traçabilité, proximité et éthique. Désormais, tant les producteurs, les éleveurs, les artisans, les chefs, les distributeurs que les consommateurs font partie d'une même révolution qui place l'humain au centre de l'agroalimentaire !

    Ce week-end, Slow Food organise un grand événement à Bruxelles :

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    Allez sur le site de Slow Food (slowfoodbrussels.be) découvrir l'incroyable programme de ce week-end, et surtout, allez-y, découvrez et participez à ce grand mouvement mondial qui refuse l'alimentation des industries agro-alimentaires (la malbouffe), qui préserve la biodiversité à l'échelle mondiale, qui protège les produits de terroir et le goût (le vrai) des aliments, et qui prône une alimentation locale, Bio et de saison. Même les plus grands Chefs étoilés s'y mettent, y compris Christophe Hardiquest (Bon Bon **).

     

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  • Culture industrielle et intensive des tomates hors sol...

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    Culture de tomates hors-sol ou hydroponique. En production industrielle, les plants sont alimentés au goutte-à-goutte avec une solution adaptée. © Carlos Yo, cc by sa 3.0

    Pauvres "tomates" F1 ou OGM, qui poussent sans terre et sans soleil, sur de la laine de verre humidifiée avec un cocktail industriel de produits chimiques pour qu'elles poussent vite et bien et se conservent longtemps...

    Comment voulez-vous que ces tomates goûtent quelque chose ? Impossible. A moins de leur injecter des arômes artificiels de tomates...

    Croyez-moi, tant que des Con-sommateurs achèteront de telles tomates, farineuses, sans goût et traitées, les industriels continueront à inonder le marché de ces fruits bas de gamme. Et ils osent même vendre de telles tomates provenant de nos pays nordiques dans le sud de la France ! Une hérésie.

    Pour la vraie tomate, bio, qui aura pris le temps de pousser, qui aura eu sa dose de chaleur et de soleil, qui se sera nourrie des nutriments qu'elle aura trouvé dans la terre saine qui l'héberge, vous devez encore un peu attendre. Mais elle sera incomparable et délicieusement parfumée, naturellement. Et comme je n'en ai plus mangé (de fraîches) depuis l'été passé, elle me goûtera énormément ! J'en suis sûr.

  • Légumes clandestins...

    tomates.jpgL’inscription ironique figure sur les pancartes que des jardiniers et des consommateurs brandissent ce 4 juin sous les fenêtres de la direction régionale de la concurrence et de la consommation à Toulouse. Ils dénoncent la pression sur les petits producteurs qui commercialisent des variétés de légumes non inscrits au catalogue officiel.

    Quinze jours plus tôt, le 17 mai, des petits maraîchers ont reçu la visite d’un agent de la répression des fraudes, sur le marché de Lavelanet, en Ariège. Leur délit : vendre des plants de tomates non inscrites au catalogue officiel et ne pas disposer de la carte du GNIS, l’interprofession nationale des semences et des plants. Ils encourent une amende potentielle de 450 euros...

    « Bien que pour eux qui vendent moins de 10 000 plants par an, cette carte soit gratuite, pour le moment du moins, cette visite a causé un certain émoi, d’autant plus que jusqu’ici cette activité annexe était tolérée et que ces maraîchers ignoraient même que cette carte était obligatoire », réagissent plusieurs organisations dans une lettre commune. Ces dernières voient dans ce contrôle « un abus s’inscrivant complètement dans une logique de généralisation du fichage de toutes les activités et de toutes les personnes qui échappent au contrôle des multinationales ».

    L’élu écologiste François Calvet, Vice-Président de la commission agriculture du Conseil régional Midi-Pyrénées, considère également ce contrôle comme « inopportun ». « La vente de plants par les maraîchers peut-être un revenu complémentaire non négligeable, écrit-il. Au moment où l’économie agricole est en crise, il n’est pas acceptable que ces paysans soient mis en difficulté par une application zélée de la réglementation sur la propriété intellectuelle ».

    Plus largement, les organisations associatives et paysannes demandent à « répondre à la forte demande des jardiniers de pouvoir trouver sur le marché des plants leur permettant de cultiver toute la diversité des variétés paysannes, locales ou exotiques qui ne pourront jamais être toutes inscrites au catalogue. » Entre 1954 et 2002, 80 % des variétés potagères auraient été radiées du catalogue selon le Réseau semences paysannes. Des 876 variétés potagères inscrites en 1954, il n’en restait plus que 182 au catalogue officiel français en 2002. La raison de ces radiations ? Le poids de l’industrie semencière, qui, depuis cinquante ans, cherche « à standardiser les semences pour les adapter partout aux mêmes engrais et pesticides chimiques », estime le Réseau semences paysannes.

    « Ces contrôles sont effectués avec pédagogie pour protéger les consommateurs mais aussi les producteurs », assure pour sa part la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi, Catherine d’Hervé. Cette action intervient alors que la législation sur la commercialisation des semences et des plants est en cours de révision à l’échelle européenne. (Source : article de Sophie Chapelle sur www.bastamag.net).

    Il va falloir résister à cette volonté des multinationales semencières de tout vouloir contrôler. Il va falloir lutter contre les pouvoirs politiques qui nous imposent des lois aidant les multinationales à parvenir à leur fin. Il va falloir protéger la biodiversité et toutes les variétés différentes de fruits et légumes, en les plantant partout, en s'échangeant les semences, et en boycottant les produits industriels issus des cultures intensives, formatées, traitées, sans goût. Terriens, il est temps d'agir...

  • La semaine du Bio débute aujourd'hui...

    bio,goût,santé,saison,terroir,saveurs,biodiversitéVendredi passé, dans mon panier Bio, un gros melon charentais. Moi je les achète petits et en juillet, quand ils sont gorgés de soleil. Mais bon, c'est comme çà : vous ne savez jamais ce que vous allez découvrir dans votre panier Bio hebdomadaire, et cela vous force à cuisiner et consommer des aliments que vous n'auriez jamais acheté par vous-même ! 

    Pour ce melon, je me suis dit : c'est pas encore la saison, il est trop gros, il ne goûtera rien, et j'en passe... Grosse erreur ! Abandonné 6 jours sur la corbeille à fruits, il dégagea de si forts arômes jeudi soir que je me décidai d'y goûter, et ce fût la surprise totale ! D'une couleur de chair orange foncée, il dégagea des arômes extraordinaires. En bouche, la chair est dense (il y a de la matière), juteuse à mourir, et formidablement sucrée, avec un goût exceptionnellement concentré. Un tel plaisir que l'on a envie de le faire goûter à tout le monde ! Un melon comme je n'ai plus eu l'occasion d'en déguster depuis  au moins 25 ans ! Un vrai melon charentais, comme autrefois ! Merci à Bee Green qui me l'a livré !

    Tout cela pour vous dire que le Bio, c'est le goût, c'est la qualité, c'est laisser le temps aux légumes et aux fruits de pousser, sans pesticides, conservateurs ou autres produits chimiques. C'est aussi découvrir d'autres variétés que celles commercialisées par les grandes surfaces, manger local et de saison. Vous aussi, passez au Bio : c'est l'avenir. Le seul.

    "Du 1er au 9 juin, venez découvrir le bio « Bon, Sain, Local » ! Si le bio a du goût et qu’il ravit votre palais, il est aussi meilleur pour votre santé. Cette 9e édition de la Semaine bio sera l’occasion de remettre au-devant de la scène des produits sains, exempts de produits chimiques et d’OGM ! Que ce soit seul, en famille ou entre amis, c'est l'occasion de découvrir la richesse des saveurs locales au travers de dégustations, d'ateliers, d'animations, de visites de fermes ou d'exploitations et encore bien d'autres activités ludiques, gustatives et variées! Au total, plus de 150 activités sont organisées dans toute la Wallonie et à Bruxelles ! Retrouvez toutes les activités de la Semaine bio 2013 sur www.semainebio.be". Source : rawad.be (Réseau des acteurs wallons pour une alimentation durable)

  • Ce samedi à Bruxelles à 16h00, manifestation contre Monsanto...

    316295_598124783539379_565873685_n.jpgC'est aujourd'hui qu'à lieu la manifestation mondiale contre Monsanto. A 14h00 à Anvers, à 16h00 à Bruxelles, et partout dans le monde aussi.

    Monsanto, c'est la multinationale agro-alimentaire qui veut couvrir la planète de ses plantes OGM stériles, qu'il faut traiter avec des tonnes de pesticides toxiques, qu'on retrouve dans les aliments.

    Monsanto, c'est la multinationale agro-alimentaires qui veut supprimer la biodiversité mondiale en ne permettant plus la culture de toute plante qui n'aurait pas été enregistrée dans le registre européen à coup de milliers de dollars. Le pauvre paysan italien qui cultive la même espèce de tomates de père en fils, depuis des générations, va maintenant être poursuivi en justice parce que cette espèce n'est pas enregistrée et donc illégale ! 

    Et comme il n'a pas assez d'argent que pour faire enregistrer sa vieille espèce de tomate locale, celle-ci sera interdite et devra être remplacée par une magnifique tomate OGM F1 dont les pépins sont vendus par Monsanto et consorts. Bien joué de la part de ces multinationales qui veulent s'accaparer l'alimentation mondiale.

    Ce que je trouve grave, c'est que, partout dans le monde, les pouvoirs politiques appuient Monsanto et consorts dans cette démarche, et forcent la population à consommer une alimentation uniquement issue de produits OGM, à son insu, puisqu'ils refusent également de noter sur la liste des ingrédients des aliments la mention "contient des OGM".

    Mais ce que je trouve encore bien plus grave, c'est d'autoriser à 4 multinationales le pouvoir de produire les semences de l'humanité et de rendre illégales les milliers d'autres, qui elles, existent depuis la nuit des temps, sont adaptées à leur terroir et au climat de celui-ci, et offrent une multitude d'espèces, de formes, de goûts différents et admirables. C'est ce qu'on appelle la biodiversité, qui n'appartient à personne : c'est le patrimoine mondial de l'humanité que nous nous devons de léguer aux futures générations.

    Tout ceci vaut bien le fait de se révolter contre Monsanto, et d'aller manifester en famille à 16h00, pour montrer notre total désaccord avec ce qui se passe actuellement dans les coulisses de la commission européenne, qui appuie Monsanto comme jamais. Terriens, il est temps d'agir...

  • Adoptez une semence...

    L’Association Kokopelli propose à tous ses adhérents et adhérentes (de soutien, actifs et bienfaiteurs) de parrainer une variété. Ils peuvent ainsi, s’ils le souhaitent, choisir une espèce (par exemple une tomate, une laitue, une carotte, etc) et ils se verront ensuite attribuer, par l’association, une variété particulière (par exemple la tomate “Black Zebra” ou la laitue "St Antoine" ou bien encore la carotte "De Guérande").

    Les parrains et marraines sont conviés à conserver, au fil des années, cette variété dans leurs jardins et à en reproduire les semences. L'Association Kokopelli envoie aux nouveaux adhérents la souche de la variété parrainée, en début du printemps.

    Des milliers de variétés de tomates, de piments, de courges, de laitues, de choux sont en quête d’un “refuge”. Adoptez une semence! Ensemble, créons des milliers de jardins “Kokopelli” qui soient chacun le refuge régénérateur d’au moins une variété potagère!

    Voici par exemple, quelques exemples de variétés d'aubergines disponibles chez Kokopelli, parmi toute la collection. Chaque variété a sa typicité au niveau formes, couleurs et poids, est précoce ou tardive, et a un goût distinct. C'est cela la biodiversité et c'est cela que nous devons tous protéger et transmettre aux générations futures.

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  • La journée de la biodiversité...

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    Mercredi prochain, c'est la journée de la biodiversité. Un thème cher à ce blog car hyper-important pour l'avenir de notre petite planète bleue, et donc pour le nôtre aussi.

    C'est quoi, la biodiversité ? La biodiversité est la variété naturelle des êtres vivants (plantes, champignons, bactéries, insectes, oiseaux…) dans un endroit donné et à un moment donné. On peut donc envisager la biodiversité sur l'ensemble de la planète, ou dans un pays, dans une région, sur une plage, dans un jardin ou même dans une rue. La biodiversité recouvre non seulement les êtres vivants eux-mêmes, mais aussi la manière dont ils s'organisent dans les milieux naturels (écosystèmes) : forêt, marais, prairie, etc.

    La biodiversité est-elle en danger ? Oui, et c'est un problème qui s'observe sous toutes les latitudes, y compris dans notre pays. Pour ne prendre qu'un exemple : en Wallonie, 30% des espèces vivantes sont menacées. Citons entre autres, parmi les amphibiens, la rainette et le sonneur à ventre jaune, et parmi les oiseaux, la chouette chevêche, l'hirondelle rustique, le coucou et… le moineau ! On pourrait encore citer les menaces qui pèsent sur les érablières de ravins, les pelouses sèches, les lisières de forêt, les lacs et les étangs…

    D'où viennent ces dangers ? Les principales menaces contre la biodiversité sont la pollution (insecticides, pesticides, industries, plastiques, déchets non traités, gaz d'échappements diesel, etc...), la destruction et la fragmentation des habitats (notamment par l'étalement urbain et la construction des routes), la surexploitation (cultures intensives, élevages intensifs, surpêche, déforestation, etc...), la progression des espèces invasives et le changement climatique. 

    Que faire pour empêcher que la biodiversité ne disparaisse ? Il faut réfléchir à ce que l'on fait pour chaque acte que nous posons. Il y a des milliers de choses que nous pouvons chacun faire pour préserver cette biodiversité qui nous entoure. Il faut la respecter, la protéger, la sauver. Ne pas la polluer, ne pas la gaspiller ni la détruire. Consommer malin, selon les saisons, et en bio local. Pour savoir exactement que faire, lisez cet article du Crioc : www.oivo-crioc.org/show_doc.php?doc=6891&lang=FR

     

  • De 1,23 à 500 dollars par semaine pour nourrir sa famille...

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    Magnifiques photos que celles de ces 30 familles, photographiées dans leur environnement local, autour de ce dont elles ont besoin pour nourrir toute leur famille pendant une semaine.

    De 500 dollars pour les allemands et 350 pour les américains, à 5 dollars au Bhoutan et 1,23 dollars pour la famille tchadienne, les photos sont éloquentes quant à l'emprise de la malbouffe industrielle coûteuse et malsaine dans les civilisations dites "développées"...

    Les familles dépensant le moins sont celles qui se nourrissent de céréales et de fruits et légumes de saison, sauf au Tchad, où ce ne sont que des céréales et des légumineuses. Ce sont certainement ceux et celles qui mangent le plus sainement ! Et peut-être ne savent-ils même pas ce qu'est un Coca-Cola, un chips au paprika ou un Snickers, et tant mieux pour eux.

    "30 Families, 24 countries, 600 meals", un livre de Peter Menzel.

     

  • Plantez des semences libres...

    En France, les semenciers libres subissent des atteintes à la liberté par les visites réitérées des agents de la Répression des Fraudes, qui, sans doute sans le savoir, sont les complices des « saigneurs de la Terre », dénoncés en 1997 par Camille Guillou. Ainsi, depuis le début de l’année 2004, l’association Kokopelli, qui œuvre dans le sens de la directive de la Communauté Européenne portant sur la conservation de la biodiversité in situ, est harcelée par les agents de la Répression parce qu’une grande partie des semences de plantes potagères qu’elle distribue sont des semences de variétés anciennes, non-inscrites dans le catalogue officiel.

    Il est scandaleux de constater la pression exercée sur les petits semenciers biologiques qui préservent la biodiversité de notre planète et les plantes qui sont un bien commun, alors que les pollueurs et pilleurs de tout genre continuent à détruire impunément notre environnement, grâce à la complicité des États qui leur distribuent nos deniers sous forme de très fortes subventions, tout en prônant officiellement la « biodiversité ». Dominique Guillet, Président de l’Association Kokopelli, pose la bonne question : « Le catalogue officiel aurait-il été érigé non point pour la protection des jardiniers, mais pour la protection des intérêts financiers des grands groupes et multinationales qui ont racheté la quasi-totalité du secteur semencier depuis 40 années ? »

    Il est certain qu’il connaît la réponse à cette question. Il rêve d’une planète « avec des semences libres cultivées dans le respect de l’environnement, avec des enfants qui ne meurent plus de faim, avec des jardins et des champs, source de vie et de diversité. » Il conseille à ceux qui possèdent un jardin et aux petits cultivateurs indépendants de semer impérativement de plus en plus de semences interdites, de les donner, les échanger, et produire de jeunes plants de variétés interdites afin de les distribuer autour d’eux et aux pays les plus pauvres, sinon, dans quelques années, il n’y aura plus de semences libres, mais seulement des organismes génétiquement modifiés et des hybrides F1. « Résistons fertilement sinon, dans une dizaine d’années, le jardinage familial sera interdit pour cause d’homogénéisation : il sera devenu une activité à hauts risques bactérien et sociologique. » Espérons qu’ils seront nombreux à l’écouter et que la distribution des variétés interdites évitera leur disparition.

    Cela fait plus de dix ans que l’Association Kokopelli est victime de la mafia semencière et des tracasseries émanant des « tutelles » du Ministère de l’Agriculture. Elle fait peur aux pouvoirs en place non parce qu’elle vend des graines de tomates ou autres légumes, mais parce qu’elle prône l’autonomie, le jardinage familial, la véritable agro écologie, la production autonome de semences, la résistance des paysans du Tiers-Monde. Elle s’oppose à l’agriculture chimique, mortifère et cancérigène et le contrôle des peuples par les multinationales de l’agrochimie et de la semence avec la complicité des dirigeants des nations qui ne sont que des pantins dans les mains de ces prédateurs. Extrait d'un article de Sylvie Simon sur Fotosintesia.com

  • Qui a tué la diversité alimentaire ?

    Sur la question bovine par exemple, la variété a été tuée par un certain nombre de lois et de programmes de modernisation de l’agriculture à la fin des années 1950. Il existait à l’époque plus de trois cents races bovines dans notre pays et, pour des questions de rentabilité financière, on les a éradiquées pour en inventer d’autres comme la blonde d’Aquitaine, qui est une invention pure, la Limousine ou la Charolaise que nous avons même internationalisée. Ce sont des races avec de grosses carcasses qui permettent de produire plus efficacement de grandes quantités de viande, ce sont des races à rendement. On a fait en quelques sortes des bébés éprouvette pour remplacer les vaches locales par des usines à viande. 

    Nous avons également compartimenté les vaches laitières et les vaches à viande alors qu’historiquement, une vache passait par les deux phases dans sa vie, d’abord le lait puis la viande. Nous sommes donc dans un système productiviste. Là-dessus, la boucherie de proximité a été tuée par la grande distribution qui est ravie d’acheter de grandes quantités pour pas cher et qui nous a donc poussé à être encore plus inventifs sur le plan de la productivité. Nous n’avons finalement aujourd’hui que trois ou quatre races à viande.

    La question du gibier est toute autre, car celui-ci est conditionné par sa dimension sauvage. Un faisan d’élevage n’aura jamais le même goût que son homologue chassé dans la nature. Cela rend donc ces viandes naturellement rares puisque lorsqu'on élève les animaux, elle a beaucoup moins d’intérêt. Pourtant, la vraie cause de la disparition du gibier est sociologique : nous ne cuisinons plus. Or, ces produits nécessitent une importante préparation, au même titre que tout ce qui demande un petit peu de temps et de travail.

    Est-ce le même phénomène que celui qui fait également disparaître les ris de veau et autres parties des animaux qui ont fait la richesse de notre gastronomie ?

    Cela est surtout dû à la crise de la vache folle, car ces abats sont le plus souvent les parties endocriniennes de l’animal, qui sont donc plus sujettes à la contamination. Ils avaient donc en grande partie été retirés des magasins. Il faut dire qu’il n’en restait déjà que très peu dans les étals et que les triperies se faisaient déjà rares. C’est là que l’on rejoint effectivement la problématique du gibier, car les abats avaient commencé à disparaître à cause de la diminution du temps accordé à la préparation du repas. Pour faire un ris de veau il ne suffit pas de le passer au feu cinq minutes ! On en trouve toujours dans certains restaurants, qui les préparent par tradition et par amour de ces produits, mais dans la consommation courante la triperie a presque totalement disparue. Il existe cependant un syndicat qui essaie en ce moment de la relancer.

    La redécouverte des « légumes anciens » est très à la mode. Les Français cherchent-ils à élargir leurs perspectives alimentaires ?

    Une partie de l’agriculture bio s’est remis au maraîchage à l’ancienne et a drainé derrière elle cette tendance à un retour aux anciens produits. On recommence donc à cultiver des légumes qui avait été abandonnés faute de rentabilité ou de succès à grande échelle, tout comme on réintroduit de plus en plus d’anciennes races animales dans plusieurs endroits en France. La Bretagne est particulièrement orientée dans cette logique du retour à des produits originaux et traditionnels. Bien que cela ne corresponde pas pour l’instant à une logique généraliste, il y a une véritable attente du public vis à vis de ces produits et je pense qu’une vraie dynamique est en train de se mettre en place. Les choses vont probablement évoluer très vite dans ce domaine et en bien.

    En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/qui-tue-diversite-alimentaire-perico-legasse-656421.html#Bgdm5gpacVkvx1Zw.99 

  • Choisir ses légumes...

    Les légumes de Asafumi Yamashita font courir le tout Paris de la haute gastronomie. Un luxe potager que sept tables parisennes se partagent jalousement. William Ledeuil – Ze Kitchen Galerie - est l’un d’eux.

    Asafumi Yamashita gare sa petite camionnette sur le trottoir étroit de la rue des Grands Augustins. Il sort ses barquettes jaune et bleu, couleurs d’une enseigne de grande distribution réservée aux professionnels. À l’intérieur, rangés artistiquement, les trésors de son potager. Ce jour là, un bon lot de branches d’épinards, du kabu (navet japonais), deux grosses poignées de tomates cerises, trois tomates d’un calibre à peine supérieur (oui, trois), quelques haricots “sugar“ mange-tout, de petites aubergines pourpres, et ses fameux épis de maïs, tendres et juteux comme des fruits, dont le millésime 2012, avec son goût de lait concentré, est pour lui le meilleur. Il n’y a là que de petites quantités et tout est trois ou quatre fois plus cher que n’importe où ailleurs. Mais c’est comme ça et pas autrement. À prendre ou à laisser.

    Ancien boxeur, ancien golfeur, ancien spécialiste du bonsaï, Yamashita ne cultive qu’une cinquantaine de variétés de légumes, tous d’origine japonaise, dans son “petit “ jardin de 3000 m2, à Chapet dans les Yvelines.  L’agencement des semis naît graphiquement dans sa tête. Tous les plants bénéficient d’une attention individualisée. Chaque légume est un prototype.

    July 2010 014

    “ Tous les maraîchers ont un rôle à jouer, explique-t-il. Il y a ceux qui font de grosses quantités pour nourrir la planète. Il y a ceux qui font beaucoup de variétés, pour rompre l’ennui des cuisiniers. Moi, je ne fais pas de légumes oubliés parce que, si on les a oubliés, c’est qu’il y a une raison. Mon rôle, c’est de faire de bons légumes. Quand on me demande 50 navets, je choisis les meilleurs. Et si je n’en ai pas 50, tant pis. »

    Sans fausse modestie, sûr de l’excellence de son travail, il ne sert que sept chefs parisiens, Pierre Gagnaire, Pascal Barbot - L’Astrance -, Eric Briffard – George V -, Sylvain Sendra – Itinéraires -, Laurent Delarbre – La Tour d’Argent – William Ledeuil – Ze Kitchen Galerie -, et - Anne-Sophie Pic, qui vient d'ouvrir à Paris.

    C’est lui qui décide avant nous mais, avant lui, c’est la nature qui décide“ , sourit ce dernier. Mais, quand la récolte arrive au restaurant, c’est Noël deux fois par semaine.

    “ Je viens de la campagne, raconte William Ledeuil. Mon père était artisan boucher et faisait du troc avec les voisins qui avaient tous des jardins. Avec les légumes de Yamashita, je retrouve cette sensation du produit qui vient d’être arraché. Il y a un soin incroyable dans la façon de cultiver, de récolter, de livrer. C’est bon et en plus c’est beau. »

    C’est Yamashita qui choisit les cuisiniers avec lesquels il se met en affaire. Il en refuse, il en congédie. Certains éconduits se revendiquent même de lui auprès de leurs clients, comme le lui a raconté récemment la cliente japonaise d’un palace, qui espérait du coup pouvoir acheter chez lui en direct.

    William Ledeuil, rencontré par l’intermédiaire de Patrick Jeffroy – Hôtel de Carantec -, au salon Gastronomades, à Angoulême, n’a pas échappé à la règle. “ J’ai regardé comment il préparait les légumes, j’ai goûté sa cuisine, se souvient Yamashita. J’ai trouvé ça trop asiatique. “ Un comble. “ Mais c’est William qui avait raison “, a-t-il fini par reconnaître. Cela n’a pas empêché le chef de s’adapter. Avec bonheur puisque sa créativité est sans cesse stimulée.

    “Yamashita m’a fait découvrir des légumes différents, reconnaît-il. Son brocoli, par exemple, il nous le livre entier et on cuisine tout. Avec la tige, la moelle, les feuilles et les sommités, on a trois ou quatre textures différentes sur un même légume. “ Orfèvre du maraîchage, le paysan japonais cultive mais enseigne aussi l’art de la transformation.

    “ Au début, son kabu, je le trouvais beau mais, pour moi, ça n’était qu’un navet, admet William Ledeuil. Il m’a fallu du temps pour comprendre. Il y a peu, il nous a appris une autre façon de l’utiliser en épluchant la peau sur deux ou trois centimètres. Elle a un goût piquant de radis alors que le cœur est plus doux. On utilise aussi la tige et la feuille, on ne jette rien. “ Il n’y a pas ici de relation unilatérale de producteur à client. D’égal à égal, ils parlent le même langage.

    “ Je pense que Yamashita a le sens de la cuisine, analyse William Ledeuil. Si on le met aux fourneaux, il va y arriver. Et si, demain, il me prend avec lui pour la culture, il sait que je vais le faire bien. Quand on veut un beau légume, quand on sait ce qu’il y a au bout, on y met forcément du soin. “ Article paru dans le Nouvel Observateur.

     

  • La culture Bio peut nourrir l'humanité, même plus...

    Le système conventionnel s’est construit sur l’idée qu’on peut augmenter les rendements en sélectionnant les semences. On les isole et on regarde comment on peut les faire produire au maximum dans un contexte artificiel. On obtient alors de très hauts rendements, mais ils n’ont plus aucune relation avec la réalité biologique. Et dans le réel, ces variétés doivent être soutenues en permanence par des pesticides et engrais chimiques. Elles deviennent très fragiles. Les parasites se précipitent dessus. Il faut multiplier les intrants. C’est un cercle vicieux. L’agriculture bio est un autre concept. C’est la mise en relation des trois grandes composantes de l’agriculture : un écosystème (le sol, les points d’eau, des haies), un agrosystème (plusieurs espèces végétales, des animaux) et des humains autonomes, en situation de prendre des décisions et non de se les voir imposer par des semenciers ou des politiques.

    Ce concept fonctionne de façon optimale avec un mélange de cultures sur une même parcelle. Des légumineuses, parce qu’elles sont capables de capter l’azote de l’air. Des arbres, parce qu’ils vont chercher le potassium en profondeur et le restituent en surface. Il n’y a plus de concurrence entre les plantes, mais une complémentarité. Cela permet de bien meilleurs rendements. En Europe, un hectare de blé conventionnel produit 10 tonnes par an. Sur une même surface consacrée au maraîchage diversifié, avec 20 à 30 espèces différentes, on atteint entre 20 et 70 tonnes. Les légumes contenant plus d’eau que le blé, on peut ramener ces chiffres entre 15 et 25 tonnes de matière sèche. Le rendement est deux fois plus grand !

    Vous soutenez que l’agriculture bio est le seul système viable dans les pays tropicaux…

    Le système conventionnel ne marche qu’en milieu tempéré. Il lui faut une stabilité climatique. Dans les pays tropicaux, les excès de pluie ou de sécheresse peuvent anéantir une année de production en monoculture. L’agriculture associée est plus adaptée. On peut semer des espèces résistantes à la sécheresse, d’autres à des conditions plus humides. Le rendement de chacune n’est pas garanti, mais le rendement global l’est. Et s’il y a des arbres, ils stabilisent les sols et limitent l’érosion. Or, ces conditions aléatoires atteignent les milieux tempérés. Avec le réchauffement, les incidents climatiques sont plus fréquents. Et notre système est d’autant plus fragile que les sols se sont appauvris.

    Que disent les études scientifiques sur cette question ?

    L’université anglaise de l’Essex a réalisé en 2006 une synthèse sur 57 pays et 37 millions d’hectares. Elle conclut que les rendements sont 79 % plus élevés en agriculture bio dans les zones tropicales. Le Programme des Nations unies pour l’environnement évaluait en 2008 que le passage en bio en Afrique permettrait de doubler les rendements. Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies pour le droit à l’alimentation, écrivait en 2010 : « Pour nourrir le monde, l’agroécologie surpasse l’agriculture industrielle à grande échelle. » Un bémol cependant : en 2006, l’université américaine du Michigan montrait que la conversion intégrale en bio de l’Amérique du Nord et de l’Europe ferait chuter leurs rendements de 5 % à 10 %. Car il s’agirait, dans ce cas, de faire du conventionnel sans chimie, de la monoculture. Mais à long terme, si l’on répand les techniques de cultures associées, on peut penser qu’il y aura une amélioration. Et puis, comme dans les pays tropicaux les rendements augmenteront énormément, à l’échelle planétaire, tout ira bien ! On peut nourrir 10 milliards d’humains sans défricher un hectare de plus. D’un point de vue agronomique, c’est indéniable.

    Cette transition est-elle possible ?

    Dans les années 1960, on s’est donné un objectif, celui d’une révolution agricole industrielle, et on y est parvenu. Pourquoi pas aujourd’hui ?

    Qu’attendre de la réforme de la PAC, la politique agricole commune, en 2013 ?

    Elle ne va pas changer la donne. Mais sur la plan national, on peut expliquer aux paysans que l’agriculture bio, c’est l’avenir. Pour 90 % d’entre eux, c’est ringard. Alors que techniquement, c’est très moderne. Beaucoup de progrès récents en sont issus. On peut ensuite faire de l’accompagnement. Et une réforme fiscale. L’agriculture bio réclame plus de main-d’œuvre. Or, aujourd’hui, il est plus avantageux d’acheter une machine que d’embaucher.

    Que pensez-vous de la politique du gouvernement actuel ?

    Je suis sceptique et déçu. L’objectif du Grenelle d’atteindre 20 % de bio en 2020 n’était pas mauvais. Signé par tous les partis, il permettait de faire basculer les choses. Mais à la Conférence environnementale de septembre dernier, l’objectif a été fixé à 7 % en 2017. Il n’y a aucune ambition politique. Il faudrait dès aujourd’hui consacrer 20 % de la recherche et des moyens d’accompagnement à l’agriculture bio. Or, à l’Inra, seuls 2 % à 3 % des chercheurs sont dessus. Et il s’agit de volontés individuelles !

    Et au niveau international ?

    C’est très complexe. Prenez la région d’Atakora, au Bénin. Des associations se sont montrées capables de nourrir l’ensemble du pays avec des méthodes d’agroécologie. Mais les paysans ne peuvent pas vendre leur mil à Cotonou, la capitale, car le blé, français ou américain, y est vendu moins cher. Un mécanisme de compensation, prenant en compte les coûts environnementaux (pollution des nappes, conséquences sur la santé) rendrait la concurrence plus juste. Source : Terraeco.net

    L’Agriculture biologique pour nourrir l’humanité, de Jacques Caplat (Actes Sud, 2012)

    L'agriculture biologique pour nourrir l'humanité

     
  • Pétition urgente concernant l'Antarctique...

    Je vous écris pour demander votre aide. Dans quelques jours, des gouvernements pourraient commencer à transformer certaines étendues de l'océan Antarctique, pour en faire le plus grand sanctuaire marin du monde, et sauver l’habitat des baleines, des pingouins et de milliers d’espèces polaires menacées par les flottes de pêche industrielle. Mais ils n’agiront que si nous nous faisons entendre, maintenant. 

    La plupart des pays sont en faveur de ce sanctuaire, mais la Russie, la Corée du Sud et quelques autres pays menacent de voter contre, car ils veulent continuer à piller ces mers maintenant que les autres mers ont été vidées par la pêche intensive. La semaine prochaine, un petit groupe de négociateurs se réunira à huis clos pour prendre une décision. Un tollé citoyen massif peut changer le cours des négociations, isoler ceux qui tentent de bloquer le sanctuaire, et arracher un accord qui protège plus de 6 millions de kilomètres carrés de l'océan Antarctique, si précieux. 

    Les baleines et les pingouins ne peuvent pas plaider pour leur propre cause, donc c'est à nous de les défendre. Cette semaine, nous allons faire changer d’avis les négociateurs avec une immense pression citoyenne -- Avaaz va parsemer le lieu de la rencontre d’affiches percutantes, et ensemble et nous remettrons notre message aux délégués en nous faisant entendre sur ​​les réseaux sociaux. Signez cette pétition urgente et envoyez-la à tous vos proches: http://www.avaaz.org/fr/sauvez_locean_austral/?tQzOYab 

    Pour plus de 10.000 espèces, ces eaux antarctiques lointaines sont un refuge vital, y compris pour les baleines bleues, les léopards des neiges et les manchots empereurs, la plupart de ces espèces ne se trouvent pas dans d’autres régions du monde. Le changement climatique a déjà eu des conséquences tragiques sur leur habitat fragile, mais ils sont aujourd’hui encore plus menacés par les kilomètres de filets dérivants qu'utilise la pêche industrielle dans ces eaux précieuses. Seul un sanctuaire marin augmentera leurs chances de survie. 

    Le groupe de 25 membres chargé de définir la réglementation applicable à l'océan Antarctique s'est déjà engagé sur la création de ces aires marines protégées. Mais les deux plans en cours de négociation - l'un pour protéger une partie de la fragile mer de Ross et l'autre concernant l'Antarctique oriental - sont menacés d'être affaiblis ou retardés. C'est choquant mais les médias n'ont rien dit des pourparlers en cours et des pays comme la Russie et la Corée du Sud font le pari que leur opposition passera inaperçue. Mais si on jette un coup de projecteur public sur ces négociations, nous pouvons les forcer à reculer, encourager les champions de ces sanctuaires marins comme les États-Unis et l'Union Européenne, et faire pression pour d'encore meilleures protections... 

    L'avenir de l'Océan Austral est entre nos mains. Mettons une pression massive sur ces discussions et faisons en sorte que les gouvernements privilégient notre planète sur les profits de quelques-uns. Signez et partagez cette pétition avec tous vos contacts: http://www.avaaz.org/fr/sauvez_locean_austral/?tQzOYab 

     

     

     

     

     

     

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  • France, ton fromage fout le camp...

    Dans le plus grand silence, le pays des fromages laisse filer son patrimoine. En 50 ans, 90 % de nos fromages ont basculé dans l'industrialisation. 

    Faisant fi des protestations des petits producteurs, les multinationales agroalimentaires, avec la complicité des pouvoirs publics, ont ainsi balayé 2 000 ans de savoir-faire. Résultat : les vrais fromages au lait cru et les produits fermiers sont en voie de disparition.

    Laxisme, uniformisation, normes sanitaires. A qui la faute ? Les conséquences de cette mort programmée sont plus graves qu'on ne l'imagine. La gastronomie y perd l'un de ses plus beaux fleurons. 

    La santé en pâtit : la standardisation du lait prive notre système immunitaire d'une flore bénéfique, et notre organisme de nutriments précieux. L'environnement, lui aussi, est menacé : les prairies naturelles disparaissent, au profit de la culture céréalière intensive qui n'est pas sans danger.

    Dans cette enquête fouillée où elle brise l'omerta qui entoure cette affaire, Véronique Richez-Lerouge lance un cri d'alarme : Quel héritage voulons-nous laisser à nos enfants ? 

    En 1945, 100% des fromages étaient au lait cru, aujourd’hui 90 % sont au lait pasteurisé. Plus inquiétant encore certaines AOP, Appellation d’Origine Protégée, semblent jouer avec la tradition et l’auteure de nous rapporter l’exemple de l’Ossau-Iraty AOP produit par la société Onetik : lait pasteurisé, conservateur E235 et colorant E172 ! Même l’emblème national est fragilisé, 90 % des camemberts sont aujourd’hui industriels, et le Cantal fermier  que nous vénérons serait  lui aussi menacé, nos papilles tremblent de ne plus être en émoi un jour devant un plateau de fromages morts.   

    Alors ? Noir c'est noir,  il n’y a plus  d’espoir ?   Et bien si,  Véronique Richez-Lerouge finit par un chapitre à la gloire des résistants, des producteurs qui se battent pour préserver notre patrimoine gastronomique et « nos vrais fromages ». A nous aussi d’acheter responsable pour les soutenir si nous ne voulons pas demain avoir des plateaux sans goût et sans odeur, à nos fromagers de se battre pour promouvoir la diversité et éduquer nos palais, à nos restaurateurs de ne pas négliger les plateaux et les planches ! Attention, un fromage signe aussi un repas même si le Chef ne le produit pas, mais c'est sa responsabilité que de le choisir ...

    France, ton fromage fout le camp ! Auteur : Véronique RICHEZ-LEROUGE  Editeur : MICHEL LAFON 15,50 euros.

    Véronique Richez-Lerouge est journaliste. Elle a fondé l’association Fromages de Terroirs, dont elle est présidente, et lancé la Journée nationale du fromage, ainsi que le calendrier des From’Girls. Elle milite depuis plus de dix ans pour la défense d’un fromage de tradition au lait cru.

     

  • 13 ans pour condamner Total et l'Erika...

    "PARIS (Reuters) - La Cour de cassation a confirmé ce mardi la condamnation pénale de Total prononcée en appel en 2010 pour la "pollution maritime" provoquée sur les côtes bretonnes par le naufrage du pétrolier Erika en 1999.

    La plus haute juridiction française a de plus déclaré, infirmant sur ce point l'arrêt d'appel, que Total était également civilement responsable de la catastrophe, ce qui valide les dommages et intérêts déjà payés par le groupe.

    L'Erika, navire vieux de 24 ans opéré par Total, s'était brisé en deux le 12 décembre 1999 dans une tempête avant de sombrer, déversant 20.000 tonnes de fioul sur 400 km de côtes bretonnes, tuant des dizaines de milliers d'oiseaux et ravageant les fonds marins.

    Outre le groupe Total, condamné à 375.000 euros d'amende, la Cour de cassation confirme la condamnation de Rina, l'organisme de contrôle maritime italien qui a donné son certificat de navigabilité au navire (175.000 euros d'amende), de Giuseppe Savarese, ex-propriétaire italien du navire, et Antonio Pollara, ancien gestionnaire italien de l'Erika (75.000 euros d'amende chacun).

    Lors de l'audience en mai, le parquet général de la Cour de cassation avait demandé l'annulation définitive des condamnations pénales prononcées en appel en 2010, dont celle de Total, car selon son analyse la justice française ne pouvait se saisir de ce naufrage survenu hors des eaux territoriales." Thierry Lévêque, édité par Jean-Baptiste Vey.

    Peut-on m'expliquer pourquoi il faut 13 ans pour condamner une multinationale qui a pollué 400 km de côtes bretonnes ? 13 ans pour prouver que Total avait affrété un vieux navire rouillé (par souci d'économie, pour gagner encore plus de pognon). Total qui gagne des milliards d'euro par an, et qui rechigne à débourser quelques millions...

    Tu jettes un mégot de cigarette sur la voie publique : 50 euros à payer tout de suite. Tu jettes 20.000 tonnes de Fioul sur les côtes bretonnes : pas de problème. Pendant 13 ans...

  • Bio et local, c'est l'idéal...

    Du 17 au 23 septembre, les consommateurs sont invités à rencontrer les agriculteurs bio près de chez eux lors de la campagne « Bio et local, c’est l’idéal ». Un slogan qui affiche bien l’objectif de l’événement : sensibiliser le public aux avantages de la consommation de produits biologiques en circuits courts.

    C’est dans la région Rhône-Alpes, première région française en nombre d’exploitations bio, que la campagne « Bio et local, c’est l’idéal  » est née en 2007. Cette année, du 17 au 23 septembre, elle est reprise nationalement par le réseau FNAB (Fédération nationale de l’agriculture biologique). Au programme, dans plusieurs régions : fermes ouvertes, ciné-débats, marchés bio, conférences, foires bio locales...

    Local et bio, ce n’est pas la même chose !

    Affiche de la campagne "Bio et local, c'est l'idéal"Pour la FNAB, il s’agit de rappeler aux consommateurs, qui se préoccupent davantage de l’origine géographique de leurs produits, que le local n’est pas en soi un signe de qualité. Et pour être sûr que son producteur local se conforme bien aux exigences de l’agriculture biologique, il n’y a qu’une seule garantie objective : le signe officiel Agriculture Biologique (AB).

    En savoir plus sur la certification AB

    Des choix qui se complètent

    Pourquoi consommer bio ET local ? Ce double choix n’est pas anodin en termes de protection de l’environnement et d’économie locale. 
    En prohibant l’utilisation d’engrais et de pesticides chimiques, le cahier des charges de l’agriculture biologique garantit la protection des sols, de l’eau et de la biodiversité. L’achat local diminue quant à lui le temps de transport polluant. 
    Les bénéfices pour l’économie locale sont aussi mis en avant par la FNAB. Une exploitation bio nécessite plus de main d’œuvre qu’une exploitation conventionnelle. De plus, forte de près de 24 000 fermes en France, l’agriculture biologiquedispose aujourd’hui d’une large palette de circuits de distribution (vente directe à la ferme, marchés, magasins de producteurs,AMAP, système de paniers, magasins spécialisés bio) qui participent au développement économique local et qui permettent un meilleur accès à une production bio locale. 

    Consommateurs et producteurs bio en contact direct

    Cette campagne rappelle aussi que le contact avec les consommateurs fait partie du quotidien des producteurs bio. En France, plus de 50 % des fermes bio pratiquent la vente en circuit court. Échanges de recettes, redécouverte de légumes méconnus, meilleure compréhension du travail des producteurs... Une façon aussi pour les consommateurs de se réapproprier leur alimentation.

    Retrouvez les événements de la campagne « bio et local, c’est l’idéal » sur le site dédié à l’édition 2012

    Info + Les consommateurs sont parfois mal informés ou sceptiques : Le petit guide pour vos amis bio sceptiques, édité par Corabio fait le point sur les idées reçues sur la bio. 
    Retrouvez-le sur le site de Corabio

     
  • Sauces tomates...

    Au lieu d'acheter dans 2 mois des tomates traitées, pâles, farineuses, sans goût ni saveurs et sans vitamines dans le rayon frigo de votre grande surface préférée, à un prix exorbitant, c'est maintenant, en pleine saison de la tomate bien mûre vendue sur les marchés, qu'il faut penser à préparer les sauces qui ensoleilleront nos repas hivernaux.

    Rien de plus facile : choisir de belles tomates bien rouges et parfumées, si possible bio et ne sortant pas d'un frigo. Faire fondre oignons, échalotes et ail violet avec de l'huile d'olive première pression à froid dans une grande casserole. Y ajouter ensuite les tomates découpées grossièrement et débarrassées de leur jus et pépins. Faire mijoter à feu doux, avec du sel et du poivre noir jusqu'à ce que le jus se réduise et ai la bonne consistance.

    Ceux qui le désirent peuvent ajouter du concentré de tomate (bio lui aussi) pour lier la sauce et des herbes fraîches (basilic, origan ou thym). Ensuite, on laisse refroidir, avant de préparer les portions dans des sachets de congélation qu'on place directement au freezer. Le grand plaisir sera de retrouver ces senteurs estivales et toutes ces vitamines en plein hiver. Bonheur garanti !

  • La CEE et les semenciers industriels veulent anéantir la biodiversité planétaire...

    "La semence, essence même de la vie, est aujourd’hui menacée. La semence, la voix de nos ancêtres, est le fruit de 12 000 années, ou plus, de co-évolution entre l’Homme, la Terre et la Plante : l’homme a domestiqué la plante tout autant que la plante a domestiqué l’homme. Ce processus co-évolutif a engendré un patrimoine végétal et culturel, très diversifié, qui est le bien commun de toute l’humanité. Cet héritage court aujourd’hui le risque d’être confisqué par une infime minorité.

    L’aliénation de la semence par l’agro-industrie constitue un danger sans précédent pour l’indépendance alimentaire et pour la santé des peuples. Les vendeurs de pesticides bricolent dans leurs laboratoires ou dans leurs champs, brûlés par la chimie, des hybrides dégénérescents ou des chimères génétiquement modifiées, qu’ils osent appeler semences. Ces semences industrielles sont malades : elles ne peuvent vivre sans pesticides, sans engrais chimiques ou sans manipulations génétiques. Polluantes pour l’environnement, elles sont le point de départ de déficiences nutritionnelles, d’aliments-poisons, de cancers et autres maladies, de dégénérescence chez l’homme et chez l’animal.

    Afin d’obtenir le monopole de ce qui appartient à tous, les lobbies de la pétro-agro-chimie, aidés par l’Etat, veulent supprimer le droit inaliénable de chacun de ressemer sa récolte.

    L’agriculture toxique est une invention récente des industriels de la guerre et de la chimie, soutenus par une caste de technocrates qui a réduit à néant les paysanneries traditionnelles. L’humanité s’est nourrie pendant 12 000 années, ou plus, de plantes saines et savoureuses issues de semences de vie, de semences de terroir, de semences croissant dans des écosystèmes naturels et vivants.

    Comme les générations qui nous ont précédés, nous avons le devoir de transmettre à nos enfants, et aux enfants de nos enfants, la possibilité d’orienter et de choisir leur avenir.

    L’Association Kokopelli œuvre ainsi à la protection de la biodiversité alimentaire, à la promotion de pratiques agro-écologiques et au recouvrement par les jardiniers et par les paysans du droit à produire leurs propres semences.

    L’Association Kokopelli est aujourd’hui menacée dans sa survie par les attaques du lobby semencier et de l’Etat. Au travers de Kokopelli, ces attaquent visent à détruire le droit de protéger et de partager les semences.

    L’Association Kokopelli est aujourd’hui menacée dans sa survie par des législations nationales ou internationales qui sont une invention récente des états et du lobby de la semence industrielle et de l’agro-chimie, et qui font du droit à la protection et au partage des semences, un délit.

    Nous exigeons pour tous les paysans, maraîchers, jardiniers, semenciers et associations œuvrant à la protection de la biodiversité alimentaire :

    - la liberté de protéger les semences de vie, de terroir, de population.

    - la liberté de reproduire ces semences.

    - la liberté de refuser, pour ces semences, tout enregistrement, tout catalogue national, tout brevet, tout droit de propriété intellectuelle.

    - la liberté de donner, d’échanger et de commercialiser ces semences.

    - la liberté de créer de nouvelles variétés de semences adaptées à un terroir, adaptées à une vie culturelle, adaptées à des pratiques agro-écologiques.

    - la liberté de refuser les chimères génétiques, source de contamination.

    - la liberté de partager et d’échanger, en toute coopération et réciprocité, les savoirs et les savoir-faire issus de millénaires d’agriculture traditionnelle.

    - la liberté d’utiliser, de commercialiser, de conseiller et d’enseigner toute technique et pratique agro-écologique (purin d’ortie, extraits fermentés, etc) respectueuse de l’Homme et des ecosystèmes.

    Nous exigeons, en fait, tout simplement, le droit inconditionnel de transmettre la biodiversité et la fertilité aux générations futures."

    Ce message de Kokopelli, condamné par la Cour européenne de justice à cesser toutes activités de reproduction, vente et échange de semences d'anciennes variétés de fruits et légumes, sous prétexte qu'elles ne sont pas enregistrées dans le catalogue des plantes cultivables est éloquent ! Catalogue accessible aux seules multinationales agro-alimentaires tellement l'inscription d'une variété est coûteuse et les conditions strictes.

    Il doit y avoir deux dizaines de variétés de tomates inscrites au catalogue, et donc commercialisées dans le monde entier. Des tomates hybrides, F1, rouges, calibrées, super-productives, qui se conservent bien et supportent les chambres froides. Mais elles n'ont aucun goût !

    Par contre, il existe sur terre plus de 3.000 variétés de tomates, toutes différentes, adaptées à leur terroir et au climat de la région. Elles sont certes moins productives, pas du tout calibrées, conservent moins bien, mais elles ont du goût ! Le vrai goût de la tomate ! Un délice et un plaisir des papilles !

    Il est hors de question que ce patrimoine de l'humanité disparaisse parce qu'une nouvelle loi interdit à quiconque d'en cultiver, d'en reproduire les semences ou d'en vendre ! Ces variétés appartiennent à l'humanité et doivent être protégées et transmises aux générations futures ! 

    Achetez vos graines et semences chez Kokopelli et plantez partout ces anciennes variétés de fruits et légumes. Récoltez les graines et pépins pour les semis de l'année suivante et arrêtez d'aller acheter des pseudo légumes OGM, hybrides et sans goût dans votre grande surface.

    Ou approvisionnez-vous chez un petit producteur Bio près de chez vous.



  • 0/20 pour le Sommet de Rio 2012...

    « Nous sommes en train d’étendre aux processus vitaux de la planète les mêmes logiques de financiarisation qui ont causé la crise financière », dénonçait le chercheur Christophe Bonneuil, à la veille de la conférence Rio+20. 

    L’une des plus éminentes revues scientifiques mondiales, « Nature », a publié un rapport accablant en préambule au  Sommet de la Terre sur le développement durable, Rio+20, qui s'est déroulé du 20 au 22 juin.

    Les notes attribuées à la mise en oeuvre des trois grandes conventions adoptées lors du premier Sommet de la Terre à Rio en 1992 sont les suivantes : la Convention sur la diversité biologique – 0/20 ; la Convention-cadre sur les changements climatiques – 0/20 ; la Convention sur la lutte contre la désertification – 0/20. L’humanité peut-elle encore éviter l’expulsion ? 

    Nous savons depuis au moins une génération que la planète doit changer de trajectoire. Et personne ne fait rien.

    Au lieu de faire tourner l’économie mondiale avec des combustibles fossiles, nous devons bien davantage avoir recours aux alternatives produisant moins d’émissions de carbone, comme les énergies éolienne, solaire et géothermique.

    Au lieu de chasser, pêcher et défricher sans tenir compte des répercussions sur les autres espèces, nous devons aligner notre production agricole, la pêche et l’exploitation forestière sur les capacités de renouvellement de l’environnement.

    Au lieu de laisser les membres les plus vulnérables de la population mondiale sans accès à la planification familiale, à l’éducation et aux soins de santé de base, nous devons mettre fin à la pauvreté extrême et réduire les taux de fécondité très élevés qui persistent dans les parties les plus pauvres du monde.

    En bref, nous devons reconnaître qu’avec sept milliards d’habitants aujourd’hui, et neuf milliards vers la moitié du siècle, tous interconnectés dans une économie mondiale de haute technologie et gourmande en énergie, notre capacité collective à détruire les systèmes indispensables à la vie est sans précédent.

    Et pourtant les conséquences de nos actions individuelles sont en général tellement éloignées de notre conscience quotidienne que nous risquons de tomber dans le précipice sans même nous en apercevoir.

    Lorsque nous allumons nos lampes et nos ordinateurs, nous ne sommes pas conscients des émissions de carbone qui en résultent. Lorsque nous consommons nos repas, nous ne sommes pas conscients de la déforestation causée par des pratiques agricoles non durables.

    Et lorsque des milliards de nos actions s’associent pour provoquer des famines et des inondations ailleurs dans le monde, accablant les plus démunis dans des pays comme le Mali et le Kenya en proie à la sécheresse, rares sont ceux à être même vaguement conscients des pièges dangereux de l’interconnexion mondiale.

    Il y a vingt ans, la communauté internationale a tenté de faire face à ces réalités au moyen de traités et de lois internationales. Les conventions issues du premier Sommet de Rio en 1992 étaient pertinentes : bien pensées, clairvoyantes, inspirées par un esprit civique et axées sur les priorités mondiales. Et pourtant elles ne nous ont pas sauvés.

    Ces traités ont continué à vivre dans l’ombre de nos politiques quotidiennes, de notre imaginaire et réapparaissant selon les cycles d’intérêt des médias. Les diplomates se sont traînés d’une conférence à l’autre pour les faire appliquer, sans produire d’autres résultats que la négligence, des retards et des chamailleries sur des questions de droit.

    Vingt ans plus tard, nous n’avons que ces notes désastreuses pour preuve de nos efforts.

    Article de Jeffrey D. Sachs sur lecercle.lesechos.fr

     

     

  • Les méduses envahissent les océans...

    Sur Thalassa, hier soir, la méduse. C’est une créature étrange, à peine un animal. Sans cœur ni cerveau, elle navigue entre deux eaux depuis 600 millions d’années. Elle est née bien avant l’Homme, avant même les dinosaures. Urticante et gluante, cet être fragile n’a pas bonne réputation : on l’accuse aujourd’hui de coloniser nos océans, à la faveur du changement climatique et de la surpêche.

    De la France au Japon, en passant par la Thaïlande, l'Australie et les Etats-Unis, nous avons exploré son univers, énigmatique et immense : il existe 1000 espèces différentes de méduses. 

    En France, elle est petite et ses tentacules provoquent de vives brûlures. Depuis quelques années, elle prolifère sur nos côtes, au grand dam des vacanciers et des communes, qui ne vivent que du tourisme. On pose dorénavant des filets qui protègent certaines plages et permettent la baignade.

    Au Japon, elle est gênante et envahit une fois par an les eaux de la mer du japon. Les pêcheurs la redoutent car dans les filets, elle asphyxie les poissons et les rend invendables. Les pêcheurs remontent des milliers de méduses géantes dans leurs filets et sont désespérés. Chacune peut pondre un milliard de larves !  Ils accusent la Chine (forte pollution des fleuves et des mers avec des engrais et surpêche, s'ajoutant au réchauffement climatique sont les conditions idéales pour la méduse).

    En Australie, elle ressemble à un cube, mais elle tue, tellement son poison est violent. Il y a plus de décès dûs aux contacts avec des méduses, qu'avec des attaques de requins. On n'a toujours pas trouvé d'antidote, et la mort survient en 3 minutes...

    En Thaïlande, elle se déguste dans les bons restaurants, et génère une véritable industrie de pêche et d’exportation. 

    Aux Etats-Unis, elle est recensée, examinée, disséquée, dans le grand aquarium de Monterey. À chaque fois, c’est une méduse qui se dévoile : prolifératrice, tueuse, comestible, ou même… amie de l’homme.

    Ce qui est certain, c'est que la surpêche fait qu'il y a plus de plancton disponible pour les larves de méduses, et moins de poissons qui se nourrissent de ces larves, d'où leur augmentation croissante dans toutes les mers du monde. Une mer sans poissons et remplie de méduses empêchant toute baignade, c'est peut-être pour bientôt...L'invasion des méduses (extrait)

  • Qui fera son miel quand l'abeille ne sera plus là ?

    Passionné et passionnant, Alain Marchais est le président du Groupement de défense sanitaire apicole du département. Hier, dans le cadre de la médiathèque d'Amboise, il tenait une conférence intitulée « Qui fera son miel quand l'abeille ne sera plus là ». Et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa colère est à la hauteur de son peu d'optimisme pour l'avenir de l'abeille.

    Pourtant, Alain Marchais se bat « notamment auprès des plus jeunes, pour leur faire connaître l'abeille et la botanique. Pour les adultes, il est malheureusement trop tard, les savoirs qui se transmettaient de génération en génération se sont perdus », s'insurge l'homme de l'art. Selon lui, tout concourt aujourd'hui à faire disparaître cet insecte pollinisateur indispensable à la vie, et en premier lieu « le fric, car il n'y a que cela qui compte ».

    « Tout passe par la rentabilité, alors la biodiversité disparaît. Lorsque vous survolez les champs, on ne voit plus que deux ou trois sortes de céréales et les abeilles n'y trouvent pas leur compte. Et les plantes qui s'y développent sont sous perfusion de milliers de molécules mises au point depuis des décennies. En fait, les sols sont comme morts, desséchés. On ne peut plus parler d'agriculture mais d'industrie », explique Alain Marchais.

    Il cite les herbicides, les fongicides, tous ces produits phytosanitaires qui mettent l'abeille en danger. Sans compter le varroa, cet acarien parasite qui décime les ruches et devient de plus en plus résistant aux traitements. « Un véritable fléau qui fait encore plus de ravages que le frelon asiatique. » Un nouveau venu dans le monde déjà bien morne de l'apiculture. L'apiculteur de Veigné se désole également des fausses bonnes solutions, sortes de cautères sur des jambes de bois. « On effectue des fauchages tardifs des bords de route pour permettre aux abeilles de butiner, alors que ce sont des endroits extrêmement pollués.

    Maintenant, beaucoup de gens veulent une ruche chez eux, sans rien connaître à l'élevage ni aux besoins de l'abeille. » Résultat, l'essaim d'une ruche tient un an puis disparaît… Alain Marchais constate : « Dans les années 90, on obtenait environ 100 kg de miel par ruche. Aujourd'hui, on tourne à une trentaine de kg. » Et de conclure, fataliste : « De toute manière, la vraie nature est en train de disparaître. » Pour en savoir plus : www.api37.fr ; tél. 02.47.48.17.61. Article de Pascal Laurent sur La Nouvelle République.fr

  • L'importance vitale de la biodiversité...

    "Pour répondre aux problèmes de malnutrition dans le monde, la FAO se tourne vers la biodiversité agricole. En liant l'amélioration de l'alimentation à la production de variétés locales, l'organisation des Nations unies entérine l'incapacité de l'agriculture industrielle à nourrir le monde.

    La malnutrition est directement liée à la perte de la biodiversité agricole. Des études montrent en effet la grande richesse et variabilité nutritionnelles des anciennes variétés locales. Ces plantes ont largement disparu en quelques décennies au profit de quelques variétés commerciales qui dominent les grandes cultures de l’agriculture mondiale (maïs, blé, riz, pommes de terre, manioc, soja). À titre d'exemple, le nombre de variétés de riz cultivées en Thaïlande est passé de 16 000 à 37. Pire, la moitié des surfaces cultivées concerne seulement deux variétés. Ce sombre constat invite à « concentrer les principaux efforts sur le retour aux cultures locales et aux systèmes alimentaires traditionnels. » Ce n’est ni la Via Campesina, ni des organisations indigénistes que le disent, mais la FAO.

    Pour l'organisation des Nations unies, la malnutrition de deux milliards de personnes dans le monde témoigne ainsi de l'inadaptation des régimes alimentaires contemporains. Lors de l’inauguration de la nouvelle chaire Unesco sur l’Alimentation durable à Montpellier, le 27 janvier 2012, Ruth Charrondière, responsable nutrition de la FAO, a insisté sur la place centrale qu'occupe aujourd'hui la biodiversité dans l’approche de la nutrition. Ces conclusions reposent sur des études engagées au milieu des années 2000 sur l'évolution des régimes alimentaires de douze communautés indigènes à travers le monde, des Masais du Kenya aux Inuits du Canada, en passant par Pohnpei, une île de la Micronésie.

    La dégradation de la situation alimentaire de cette population d'Océanie a été documentée par une ONG locale. La Island Food Community of Pohnpei s’est créée en 2004 face à l’importance des problèmes de santé publique sur l’île. En effet, dans les années 1980, des chiffres alarmants circulent sur le développement du diabète, de carences, de cancers, de maladies cardiaques. En 1994, la moitié des jeunes enfants de l’île présente des carences en vitamines A, qui sont responsables de problèmes d’infections et de troubles oculaires. La moitié des enfants de Pohnpei est également touchée par une anémie. Quarante ans plus tôt, les études médicales faites par la Navy américaine ne font pourtant état d'aucun problème nutritionnel particulier.

    Selon la Island Food Community, la responsabilité incombe au changement de régime alimentaire lié à l’importation de produits alimentaires raffinés. Riz blanc, farine, sucre sont venus marginaliser les aliments locaux, entraînant progressivement la disparition des variétés locales. L'île comptait en effet une cinquantaine de variétés de bananes, et autant de variétés de taros. Des analyses faites aujourd’hui sur ces plantes montrent des résultats stupéfiants sur leur richesse nutritionnelle. Des bananes à chaire orange contiennent par exemple jusqu’à 100 fois plus de beta-carotène (source de vitamine A) que la variété de banane blanche dominante. Comble de calamité, des programmes alimentaires ont prôné pendant plusieurs années la consommation de  légumes verts pour résoudre les problèmes de malnutrition. Ce projet  s'est soldé par un échec, les feuilles ne faisant pas partie des habitudes alimentaires des gens.

    Aujourd'hui, la vapeur est difficile à inverser, explique la Island Food Community, à cause de la disparition des semences locales et des denrées toujours importées à bas prix. La FAO conclut, quant à elle, que « les variétés locales n’étaient pas promues qu’il n’y avait pas d’information nutritionnelle disponible ». Si la leçon tirée n'est pas à la hauteur, la FAO fait néanmoins un énorme travail d'information sur la valeur nutritionnelle des aliments et des régimes alimentaires. 10 000 aliments sont déjà répertoriés dans une base de données sur la composition des denrées consommées dans le monde. En lançant la définition de l’alimentation durable en 2010, la FAO défend aussi le destin lié de l'alimentation et de la protection de l’environnement.

    Pour les pommes de terre, le riz, les bananes, etc., les données mises à disposition par la FAO témoignent de la très grande variabilité en minéraux et en vitamines d’une variété à l’autre. Si la lecture des tableaux sur la composition nutritionnelle est indigeste, elle montre néanmoins que chaque variété a ses qualités propres et que c'est bien leur complémentarité qui est équilibrée. N’en déplaise aux sélectionneurs de semences, la variété miracle n’existe pas. La Commission internationale du riz ne s'y est pas trompée. En 2006, elle recommandait la nécessité d’explorer d’abord la biodiversité existante du riz avant de s’engager vers les variétés transgéniques. L'enjeu est de taille alors qu’un des fers de lance de la promotion des OGM est la production de vitamine A pour répondre à la malnutrition dans le monde."

    Article de Magali Reinert sur Novethic 

    Liens : http://www.fao.org/infoods/biodiversity/index_en.stm

              http://islandfood.org/publications/bulletin.pdf

     

  • Fin des OGM et émergence du Bio...

    L’argument commercial des OGM résistants au Roundup, dit Roundup Ready, RR®, était de simplifier le travail et d’économiser des produits chimiques. En effet, deux pulvérisations de Roundup après la levée des cultures devaient suffire à régler le problème du désherbage. Cet avantage devait justifier de payer ces semences jusqu’à 50% plus cher que les semences conventionnelles. Pour parer à l’inefficacité de ses OGM, Monsanto propose aujourd’hui aux agriculteurs des promotions pour l’achat de cocktails d’herbicides. Cette stratégie prolonge la finalité des semences tolérantes aux herbicides (TH), qui est de mieux vendre les herbicides en question. L’étude de l’Inra rappelle en effet que les variétés TH sont développées par des firmes produisant des insecticides, Monsanto bien sûr, mais aussi BASF, Bayer, DuPont. 

    Les semences RR® sont victimes de leur succès. Depuis leur introduction en 1996, elles ont en effet connu une évolution fulgurante aux États-Unis. Plus de 90% du soja et du coton et 63 % du maïs américains sont Roundup Ready. Introduite sur le marché depuis 2007, la betterave RR® représente aujourd’hui 95% des cultures de betterave des États-Unis.

    Les OGM Roundup Ready ont permis au Roundup de rentrer dans la chaîne alimentaire puisque les cultures traitées sont ensuite consommées », s’inquiète le biologiste. Et pour cause : avec son équipe, Robert Bellé est le premier à avoir montré en 2001 que le Roundup a un effet toxique sur les cellules. « Le Roundup intervient entre autres dans la division cellulaire, avec les mêmes symptômes que des agents cancérigènes », explique le chercheur, qui précise qu’il sera très prudent dans ses commentaires : « le Roundup est donc potentiellement cancérigène ». « Potentiellement », car des conclusions tranchées se marient mal avec l’étude de phénomènes aussi complexes que le développement de cancers liés à des facteurs environnementaux. Et si Monsanto n’a jamais contesté la validité des travaux de l’équipe de Robert Bellé, elle en conteste l’interprétation sur les effets sur la santé humaine. « C’est comme pour le tabac, chaque fumeur ne contractera pas nécessairement un cancer. Ces incertitudes bénéficient aux fabricants dans la législation actuelle », poursuit le chercheur.

    Extrait d'un article de Magali Reinert sur Novethic.

    BASF, dont la pomme de terre génétiquement modifiée "Amflora" avait été autorisée par la Commission européenne en 2010, a annoncé dans un communiqué qu'il renonçait au développement et à la commercialisation de nouveaux OGM en Europe. Motif : ces technologies "ne sont pas suffisamment acceptées dans de nombreuses régions en Europe par la majorité des consommateurs, des agriculteurs et des responsables politiques", indique le groupe. Il renonce également à la culture de l'Amflora mais n'abandonne pas ses demandes d'autorisation en cours pour 3 autres variétés de pomme de terre transgéniques déjà développées.

    Alors, aliments japonais radioactifs, aliments américains cancérigènes, aliments européens traités : que nous reste-il de sain à manger ? Le Bio sans doute, tant qu'il existe et n'est pas pollué ou contaminé... Mais le vrai Bio local, celui dont vous connaissez le producteur. Car celui des grandes surfaces, portant le label Bio européen n'est pas tout à fait BIo...