beaux flacons

  • Dégustation du lundi 279

    Toute belle dégustation à l'aveugle ce lundi soir, comme on s'y attendait, pour fêter un anniversaire. Même si ce jour fût assombri par les drosophyles Suzuki qui osèrent piquer nos magnifiques grappes, laissant présager une vendange 2015 très maigre et peu qualitative, une piquette, quoi...

    Champagne pour débuter, avec un nez fin et délicat sur des noisettes et de la pelure de noix, avec un très léger côté oxydatif. Puis en bouche, on part sur le citron, finement toasté/boisé, juste comme il faut. C'est très bon : on dirait une enveloppe de Pinot Noir avec un coeur de Chardonnay. C'est un Selosse, mais en Pinot Noir, fait par un gars qui la touche bien, avec un travail intelligent d'élevage. Krug ou Bollinger ? Bollinger R.D. 2002 Extra Brut Grand Cru, composé de 60% de Pinot Noir et de 40% de Chardonnay et dégorgé le 22 octobre 2013. Tout beau.

    Premier rouge, à la robe évoluée assez claire et au nez de cuir et fruits rouges. En bouche, très agréable, encore jeune pour son âge, sur des notes de cuir rond, des notes bordelaises sans sécheresse, du cacao. Belle buvabilité bien qu'un peu maigre, avec un manque de corps et de concentration. Loire en vin nature pour moi, et trop fluet. Racines Les Cailloux du Paradis 1999 de Claude Courtois en Vin de Table Français à 12°45, en Sologne (près de Cheverny et Blois). Un des vignerons à l'origine des nouveaux vins Nature. Boire un Vin Nature de 16 ans d'âge est une première au Clos.

    Le second rouge présente également une robe évoluée et un nez sur l'amande. En bouche, toujours l'amande, avec un élevage présent mais assez d'alcool pour porter le vin. Alcool bien tenu et belle longueur pour ce Vosne-Romanée Aux Brûlées 1994 en Premier Cru du Domaine Méo-Camuzet.

    Le suivant, à la robe plus foncée, vive et éclatante, mais au disque évolué, présente un nez floral et sucré. La bouche, concentrée et sucrée nous dirige vers un millésime chaud, avec cette sucrosité qui revient en finale. Mais c'est sec, avec les fruits et tannins qui commencent à se fondre, grande puissance et manque d'un peu d'acidité. Le Gréal Hermitage 1999 de Marc Sorrel à Tain l'Hermitage.

    Déjà la cinquième bouteille avec ce vin à la robe noire et au disque légèrement évolué. Un nez de Côtes du Rhône luxuriant, avec de la vanille qui ressort à l'aération. Bouche : matière élaborée, chaleur, boisé qui ressort en finale, mais sur un beau fruité qui hélas disparaît à l'aération. Pendant que les autres se perdent en Tannat ou en Languedoc, je reste en Rhône : La Turque 2000 en Côte Brune Côte Rôtie de E. Guigal. Un peu déçus..., même beaucoup.

    On passe au suivant, à la robe noire et au nez animal avec des notes de pruneau. La bouche est très amusante, avec une attaque super riche, serrée, dense et tannique, mais aussi des fraises des bois et des fruits noirs, et du sirop de griottes. Clos Saint Jean 2009 en Châteauneuf-du-Pape.

    On acheva la dégustation avec un vin à la robe cognac et au nez très parfumé sur des notes de moutarde, de curry, de miel, de tomates, de pain d'épices, de tabac, de cannelle, et d'un brin de sauce Worcester... Une explosion olfactive. En bouche, c'est bon et long, avec de l'oxydation en fin de bouche. Mais on est perdus : vin muté ? Non. Vin jaune ? Non. Vin blanc évolué ? Non. Un vin rouge non muté de plus de 60 ans, produit que dans les tous grands millésimes : Conterno Vino Monfortino 1952 Giacomo Conterno Monforte d'Alba Piemonte d'Alba (bouteille n° 3869). Total respect, même si le plaisir en bouche n'était pas énorme.

     

    IMG_0125.jpg

    La suite des aventures du Clos lundi prochain, et des nouvelles de la vendange 2015 du Clos aussi.

     

     

     

     

  • Dégustation du lundi 255

    Fort belle dégustation du Clos ce lundi soir, à 5, pour fêter un anniversaire, avec un blanc et 7 rouges. De très belles bouteilles...

    Le blanc présente une robe or pâle et un nez fin et subtil de Chardonnay. En bouche, c'est puissant, long, tendu avec une belle amertume en finale. Nos deux amis de Loire partent sur un Sauvignon, dont l'un des 2 sur un Sauvignon Sémillon. On est pourtant en Chardonnay, en 2000 et en Bourgogne, sur la seule propriété qui fait un grand Cru en rouge et un autre en blanc, c'est tout. Bonneau du Martray 2000 En Grand Cru Corton Charlemagne. Belle bouteille.

    On passe aux rouges, pour mon plus grand plaisir, avec un premier flacon à la robe rubis et au nez de Pinot noir sur des fruits et de l'alcool. En bouche, un fort beau jus, doux et parfaitement maîtrisé : on est sur un millésime bien mûr, mais pas chaud, avec des notes de cerises. On est tous en Bourgogne, avec un tout grand vigneron, et c'est raté : Cloudy Bay Pinot Noir 2012 Marlborough en Nouvelle-Zélande. Bouteille capsulée, cotée 93 à 96/100. Surprenant et fort beau. Une découverte.

    Le troisième vin présente également une robe rubis et un nez de vin nature avec quelques notes de fumier... En bouche on a très vite eu une fort belle longueur sur des cerises en finale, mais qui s'est vite transformée en une finale fluide et sèche. Le vin est déséquilibré. L'attaque reste belle, avec de l'alcool. On cherche en Rhône et ailleurs, sans penser à la Corse : Carco Antoine Arena Patrimonio 2005. Un vin particulier qui ne plaît pas à tous.

    La bouteille suivante, avec sa capsule en plomb (interdit de nos jours) et son bouchon imbibé sur toute la surface présente une robe rubis clair et un nez de vieux vin sans aucun défaut. La bouche est géniale, avec une belle attaque douce et suave. C'est très bon, avec de la puissance, de la richesse, de la sucrosité, de la rondeur, de la typicité et en mono-cépage. Il n'est certes plus très ample, et avec un peu d'alcool qui ressort, mais en mangeant, cela doit être magnifique. L'un est en rive gauche, en 79, les autres (qui commencent à me connaître) sont à Bandol en 85, 78 ou 69. Moulin des Costes 1967, Médaille d'Or à Paris en 1969, Bandol du Domaine Bunan. Un magnifique et rare flacon qui nous procura beaucoup plus de plaisir que les Bordeaux Grands Crus de la même époque. Une fort belle bouteille. Et mes remerciements à Paul Bunan et sa famille.

     

    FullSizeRender 6.jpg

     

    Le cinquième flacon présente une robe rubis plus foncée et un nez de vin nature. En bouche, un bon jus, avec beaucoup de fruits et une petite sécheresse en finale. Il y a une puissance non alcoolisée tout en n'étant pas extrêmement concentré : c'est assez léger et sur la finesse. Les Hautes Maizières 2011 de Prieuré Roch en Vosne Romanée.

    Le vin suivant a une robe noire qui présente un disque tuilé et un nez bordelais. Il est plus boisé en bouche, à la bordelaise, mais sans sécheresse. C'est droit, puissant et pas mal. On évoque une rive gauche en 2000 : Grand Vin de Léoville du Marquis de Las Cases 1982 Saint Julien. Fort jeune malgré son âge.

    L'avant dernier vin présente également une robe foncée, au disque tuilé. En bouche, c'est fort bon, avec des notes de réglisse, de pin, de toast grillé et de menthe. La garrigue n'est pas loin pour ce vin qui chante provençal : Château Pradeaux 1989 en Bandol. Un magnum acquis début décembre à la vente aux enchères organisée à Bandol lors de la Fête du Millésime. Je terminerai ce très beau flacon dans les jours qui suivent, avec un énorme plaisir. Merci à la famille Portalis à Saint Cyr-sur-Mer.

    Le huitième et dernier vin présente lui aussi une robe noire et un nez puissant et lacté. En bouche, il prend sa place, sur plus de finesse qu'on ne le pensait, avec une finale sur la cerise. Je suis en Côtes du Rhône pour ce vin qui doit encore se fondre au niveau des tannins. On est sur une Syrah pure, profonde et mature, avec des notes poivrées et c'est fort beau : Cornas 2011 d'Auguste Clape.

     

    IMG_0712 2.JPG

    Carco passa, comme il se doit, sous la table. On évoqua l'acquisition d'un bonnet d'Ane (ou de âne) pour celui qui passe le plus souvent sous la table, appelée également le long pont. Et le "droit de pont" réclamé par le plus fort d'entre nous. Les suites des aventures du Clos lundi prochain.

     

     

     

  • Dégustation du lundi 241

    Très belle soirée de dégustation à l'aveugle du Clos, ce lundi soir, pour fêter un anniversaire. Dix flacons à 5, dont quelques admirables bouteilles obligées d'être consommées jusqu'à la dernière goutte, expliquent le retard de ce compte-rendu...

    On débuta les festivités par un vin à la robe or et au premier nez de pommes et de cidre, puis plus complexe. La bouche, assez massive pour un premier vin, est sur du Chenin structuré, salé, fumé. C'est tendu et sec, avec des notes de fûts de Whisky : Initials BB 2011, le meilleur des Bonnes Blanches d'Agnès et René Mosse, en Vin de France.

    Le second flacon présente une robe plus claire et un nez de beau Chardonnay classique. En bouche, on est sur un grand bourgogne blanc, avec des notes de champignons, de la vivacité, de la fraîcheur et une très belle finale : Champ Gain Premier Cru 2009 en Puligny Montrachet de Benoît Ente, produit à 1770 bouteilles. Son frère Arnaud fait encore beaucoup mieux, mais c'est plus cher.

    On passe déjà aux rouges Langue tirée avec un vin à la robe noire et au nez complexe, sur des fruits mûrs, de l'humus, des sous-bois et une pointe d'alcool. En bouche, on pense au cabernet, mais c'est très sec. Une sécheresse typique des vins de Bordeaux. Château Gombaude-Guillot 2008 à Pomerol en Bio (Ecocert). Dommage pour ce dernier Gaulois du vignoble bordelais, entouré de grands domaines prestigieux : voir le film Vino Business d'Isabelle Saporta, ou lire le livre, épatants tous les deux.

    On poursuit la dégustation avec un vin à la robe encore plus noire et au nez gigantesque. C'est fruité dans la chaleur, avec un côté tannique. On est sur du pruneau, mais avec de la fraîcheur. Certains pensent à un bon Cahors ou à un bon Madiran. Moi je suis plutôt sur un bon Roussillon. Pour mon Père 2012 du Domaine de Gaure. Carignan 50%, Syrah 20%, Mourvèdre 20%. Cela fait 90, et c'est bon comme cela...

    Cinquième flacon de la soirée, à la robe évoluée et au nez noble de vieux bordeaux. En bouche, on est libéré du côté sec que le nez pouvait laisser entendre : elle est fruitée, fondue, fraîche et longue, avec de la pelure de noix en finale. Il y a aussi du cuir et des arômes tertiaires, et c'est très beau. Vega-Sicilia "Unico" Consecha 1962 en Ribeira Del Douro (bouteille n° 49436 sur 80.000). Extraordinaire pour l'âge du flacon : aucun bordeaux n'arrive à ce niveau.

    On poursuit les festivités avec un vin à la robe noire et au même type de nez que la précédente, mais en beaucoup plus jeune. Certains évoquent un Vega-Sicilia (maturité, soleil, notes lardées). En bouche, une droiture bordelaise avec une maturité méridionale, sur le fruit et la fluidité : Domaine de Trévallon 2007 en Vin de Pays des Bouches du Rhône. Une magnifique bouteille dans un incroyable millésime. Il faudra attendre 20 ans avant d'ouvrir les suivantes...

    Le septième flacon nous offre une robe trouble et plus claire, sur un nez de vin nature. La bouche est exemplaire, fruitée sur une belle acidité : Cobero 2011 en Espagne. C'est court, mais là, je cuisine et ne prends donc plus de notes... Ce qu'on en dit : "Su nuevo vino huele a frambuesa en pimienta, con acordes frutales de manzana y baya de saúco, y vegetales ácidos y frescos. Ágil y vibrante, cae acelerado en el paladar con una tensión sorprendente".

    Le vin suivant présente une robe rubis et le nez d'un grand clos bourguignon sur un beau fruit. La bouche confirme un beau Pinot noir, qui se goûte bien : Morgon 2011 Côte du Py de Jean Foillard en Beaujolais ! On est donc sur un Gamay...

    Le 9ème flacon a une robe cognac, et tous reconnaissent là, malgré l'heure avancée, un tout grand vin moelleux. Ce qui est heureux.C'est confituré, sur de l'abricot, avec une fort belle acidité et sans aucune lourdeur : Château d'Yquem Lur Saluces 1988 en Sauternes. Une magnifique bouteille dans un fort beau millésime (supérieur à 1986, 1989 et 1990 selon un connaisseur).

    J'ignore qui a eu l'idée saugrenue (mais je devine qui), d'ouvrir une dixième bouteille pour clore cette longue soirée plus arrosée que de coutume, et, tout ce que je peux en dire, c'est qu'il me semble que c'était un vin argentin, sans caractère particulier...

    La suite des dégustations du Clos lundi prochain, en plus calme.

     

    photo.JPG