bactérie

  • H1N1 adieu, NDM1 bonjour...

    A peine la très médiatique pandémie de grippe A/H1N1 officiellement terminée, une nouvelle menace infectieuse débarque sur les écrans radars de la veille sanitaire. Vous avez aimé H1N1, vous allez adorer NDM1.

    NDM1 pour New Dehli Metallo bêta lactamase de type 1 (The Lancet Infectious Disease). Un gène codant pour une enzyme conférant aux bactéries porteuses la capacité à résister à tous les antibiotiques (à l’exception de la colistine pour certaines), y compris ceux habituellement réservés au traitement des infections à bactéries multi-résistantes tel que le carbapénème.

    Le problème, c’est que cette nouvelle résistance quasiment généralisée à tous les antibiotiques commence à se diffuser. Initialement identifié dans une Klebsiellia pneumoniae(AAC) chez un patient suédois faisant du tourisme médical en Inde, NDM1 est désormais retrouvé dans d’autres entérobactéries telles qu’Escherichia Coli.

    Et en plus, le gène voyage. Initialement détecté en Inde et au Pakistan où il est déjà un problème de Santé Publique, il a également été identifié dans trois états des Etats-Unis(MMWR) et en Grande-Bretagne ou 37 cas ont été détectés, principalement chez des patients de chirurgie esthétique.

    La nouvelle terreur arrive en France, comme l’a révélé hier en exclusivité Jean-Daniel Flaysakier pour France 2. NDM1 a été détecté chez un patient de chirurgie au Kremlin-Bicêtre. Tout est désormais réuni pour faire de cette nouvelle résistance un cauchemar pour les hygiénistes et les bactériologistes.

    Mais NDM1, c’est aussi et peut être surtout l’histoire de la mondialisation de la santé. Le tourisme médical combiné aux facilités de déplacement offertes par le trafic aérien permettent aux agents infectieux de se diffuser rapidement et à grande échelle à travers le monde.

    Face à cette nouvelle réalité, la mise en place de systèmes de veille sanitaire mondialisés devient essentielle. Mais cela nécessite des infrastructures difficiles à monter dans les pays émergent. Et c’est là que l’OMS devrait jouer son rôle de gouvernance mondiale de la santé.

    Celle-ci n’a pas encore réagi et la crise issue des suspicions de conflits d’intérêts dans le cadre de la grippe H1N1 risquent de ne pas faciliter l’action de l’agence des Nations Unies.

    EDIT le 12/08/2010 à 14h10: NDM1 a déjà sa page Facebook.

    http://www.asclepieia.fr/2010/08/12/ndm1-multi-resistance-antibiotique/