aspirine

  • L'aspirine, anti-cancers...

    Il y a un peu plus d’un mois, le professeur Peter Rothwell de l'Université d'Oxford publiait dans la revue "The Lancet" un article faisant état d’une réduction d’un tiers de la mortalité par cancer colorectal grâce à la prise quotidienne de 75 mg d’aspirine. Dans le même média, il publie cette fois une étude portant sur une plus grande variété de cancers : œsophage, poumons, pancréas…

     

    Et là aussi les résultats sont probants. La consommation régulière et sur le long terme d’une petite quantité d’acide acetylsalicylique (la molécule de l’aspirine) semble diminuer la mortalité de plusieurs autres cancers jusqu’à 60% pour les cancers de l’œsophage pour une prise d’aspirine quotidienne pendant 20 ans.

    L’étude de Rotwell se fonde sur l’analyse de huit essais cliniques dans lesquels des sujets prenant de l’aspirine tous les jours étaient évalués sur un plan cardiovasculaire. L’aspirine est en effet aussi prescrite dans la prévention des troubles thromboemboliques, par exemple après un infarctus. Ces essais concernaient 25 570 patients parmi lesquels 674 sont décédés d’un cancer.

    Globalement, les patients qui prenaient de l’aspirine ont vu leur risque de décès par cancer diminuer de 21% au cours des essais. Une amélioration encore plus marquée est observée à cinq ans : moins 34% pour tous les cancers et moins 54% pour les cancers colorectaux. A 20 ans les bénéfices sont toujours présents mais varient grandement selon le type de cancer : 10% pour le cancer de la prostate, 30% pour le cancer du poumon, 40% pour le cancer colorectal et 60% pour les cancers de l'œsophage.

    Selon les auteurs, « ces résultats fournissent la première preuve chez l’Homme que l’aspirine réduit les risques de décès pour plusieurs types de cancers. Ces résultats sont uniformes dans les différentes études ce qui suggère que les conclusions sont susceptibles d’être généralisées. »

    Néanmoins « tous les adultes ne doivent pas immédiatement commencer à prendre de l’aspirine » prévient le professeur Rothwell. L’aspirine n’est en effet pas un médicament anodin surtout s’il est pris durant de nombreuses années ce qui est le cas dans la prévention cardiovasculaire. Ses propriétés antiagrégantes  augmentent le risque de saignement. Chaque année plusieurs hospitalisations pour hémorragies digestives sont attribuables à l’aspirine. De plus les jeunes adultes n’ont pas d’intérêt à prendre de l’aspirine :  pour les auteurs il serait plus judicieux « de commencer le traitement entre 40 et 50 ans pour en tirer le maximum de bénéfices ». Source : Science et avenir.