aquaculture

  • Le saumon écossais : vraiment meilleur ?

    "Au cours des quatre dernières années, si la production de saumons écossais a augmenté de 22%, les traitements pesticides qu'ils reçoivent ont cru de ... 110% !! Selon l'agence écossaise de protection de l'environnement (SEPA), dont proviennent ces chiffres, cette brutale évolution du recours aux traitements à base de pesticides est à mettre au crédit des poux qui parasitent les saumons. Devenus au fil du temps de plus en plus résistants aux traitements, les pisciculteurs n'ont apporté comme réponse qu'une augmentation des traitements, lesquels visent essentiellement a attaquer le système nerveux des poux et/ou inhiber la croissance de leur coquille. 

    Si la grande majorité des piscicultures écossaises présente un niveau de qualité sanitaire et environnementale "satisfaisant ou excellent", en 2011, 54 installations sont pointées pour une présence de résidus chimiques trop élevés sur leurs fonds marins. Une valeur en augmentation régulière depuis plusieurs années. Face à ce constat, l'association des producteurs de saumons écossais met en avant des taux d'infection par les poux en croissance exponentielle. La situation apparaît critique notamment à l'Ouest des îles Shetland où, en février dernier, un niveau d'infestation en mer de 584% supérieur aux niveaux recommandés a été relevé, pour une hausse moyenne de 250%. 

    La pollution induite par ces apports massifs de pesticides n'est pas sans effet. Au premier rang des victimes on trouve les crustacés, notamment les homards, crabes et crevettes, et indirectement les populations de saumons sauvages qui font face à des poux plus virulents. Quant à un éventuel impact sanitaire sur la chair des saumons, provenant de ces élevages, il n'y a tout simplement pas d'étude en la matière ..." Article de Rémy Olivier sur Univers Nature.

    Le poisson est bon pour la santé. Le poison, non. Les poissons de mer sauvages, plus ils sont grands, plus ils sont pollués. Les poissons d'élevages, quelque soit la taille, sont contaminés également. Il faut donc varier les espèces consommées et les endroits de pêche, afin de ne pas emmagasiner des taux affolants de métaux lourds, de dioxine, de mercure, de phtalates, d'antibiotiques et de pesticides. Et, si possible, choisir du poisson d'élevage Bio, si ce n'est pas du poisson sauvage.

    Le défi des années à venir sera de se nourrir sans s'empoisonner.

  • Un nouveau poisson...

    Depuis les années 70, la consommation de poisson augmente chaque année de plus de 9 pc. Elle atteint aujourd'hui 140 millions de tonnes dont 45 proviennent d'élevage. Les 95 autres, de la pêche. Or, les stocks des océans s'épuisent. La pollution, les changements climatiques et les techniques utilisées affectent la biodiversité et certaines espèces sont menacées. Pour faire face à la demande sans cesse croissante, l'aquaculture représente une filière intéressante, reconnue par nombre d'organisations comme le WWF ou Greenpeace, et dont l'importance va grandissant. D'après la FAO, plus de trois quarts des stocks de poissons présentant une valeur commerciale sont pleinement exploités, surexploités voire en voie d'extinction, et plus de 210 espèces  sont déjà élevées via l'aquaculture. Mais, pour constituer une réelle filière d'avenir, il faut qu'elle se distingue par sa gestion responsable et sa production non polluante. C'est le cas du projet Claresse : une production de 1. 500 tonnes par an qui est écoulée en Belgique, depuis peu, par le groupe Delhaize. Elu "produit de l'année" au dernier Salon Seafood des produits de la mer de Bruxelles, Claresse est un croisement "naturel" de deux poissons-chats du Nigeria, dont les alevins sont nourris à 70% de matière végétale sans OGM pendant 4 ans, dans des fermes. Et comme le client recherche du poisson blanc, sans arête, au goût pas trop prononcé et pas trop cher, c'est peut-être le bon filon industriel... Quant aux gastronomes pour qui la finesse du goût de la chair délicate d'un vrai poisson de mer est importante, ils ne mangeront certainement pas ce nouveau poisson!