ammoniac

  • Devenir végétarien...

    L'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture souligne, dans le rapport récent qu’elle vient de publier, les nuisances générées par le secteur de l’élevage sur l’environnement : émissions de gaz à effet de serre, mais aussi dégradation des terres et des eaux. Le prix fort à payer pour une production mondiale de viande annuelle, passée en trente ans de 99 à 244 millions de tonnes ! Première mauvaise surprise, l’élevage de bovins génère davantage de gaz à effet de serre que les véhicules automobiles. Le système digestif des ruminants, à lui tout seul, est à l’origine de 37 % de tout le méthane dû aux activités humaines. 65 % des émissions d’hémioxyde d’azote, qui ont un potentiel de réchauffement global 296 fois plus élevé que le CO², sont quant à elles essentiellement imputables au fumier. Deuxième point noir, l’eau, essentiellement destinée à l’irrigation des cultures fourragères. 15 m3 d’eau sont en moyenne nécessaire pour produire 1 kg de viande soit dix fois plus que pour obtenir 1 kg de céréales. La production animale constitue la plus grande source sectorielle de polluants de l’eau (antibiotiques, hormones, produits chimiques des tanneries, engrais et pesticides utilisés pour les cultures fourragères...). On estime ainsi qu’aux Etats-Unis, l’élevage et l’agriculture fourragère sont responsables de 37 % de l’utilisation de pesticides, de 50 % de celle d’antibiotiques, et d’un tiers des charges d’azote et de phosphore dans les ressources en eau douce. Le secteur engendre aussi près des deux tiers de l’ammoniac d’origine anthropique, qui contribue sensiblement aux pluies acides et à l’acidification des écosystèmes. Troisième point négatif : le péril pour la biodiversité de la Terre. Les animaux d’élevage constituent environ 20 % de la biomasse animale terrestre totale, et la superficie qu’ils occupent aujourd’hui, 30 % de toute la surface émergée de la Terre, était autrefois l’habitat de la faune sauvage. Or, les forêts disparaissent, sont défrichées, pour créer de nouveaux pâturages. L’Amérique latine illustre ce phénomène avec près de 70 % des anciennes forêts d’Amazonie converties en pâturages. Parallèlement, les troupeaux par le surpâturage, la compaction et l’érosion sont à l’origine d’une détérioration des terres à grande échelle et contribuent à la désertification en zone aride. Voilà donc 3 bonnes raisons de limiter fortement notre consommation de viande, ou mieux, de devenir végétarien ! Et consommer bio, évidemment... Pour le bien de soi et celui de la planète.