ambiance

  • Les bons bistrots de Paris...

    "Je sais, c'est ringard de faire cocorico ! Le côté Montebourg. C'est tellement plus chic de trouver Londres ou Copenhague "topissime" et de reprendre - in English please - les avis désabusés sur la gastronomie française, distillés à longueur d'année par la presse anglo-saxonne et ses affidés. Pensez donc, pas même un restaurant français dans les dix premiers au classement des 50 Bests ! My dear friend, on s'en bat le coquillard. A Paris, on mange. On ne classe pas. Et en 2013, on a mangé de mieux en mieux dans de plus en plus de lieux.

    Ces quinze dernières années, Paris a inventé la bistronomie, dont il est devenu la capitale européenne et l'épicentre mondial. On reproche à la France de ne pas présenter, en tête de gondole médiatique, un leader créatif tel Ferran Adria, Heston Blumenthal ou René Redzepi. Elle a simplement Yves Camdeborde, le Béarnais qui a fait entrer la terrine de campagne dans Paris par l'avenue Jean-Moulin. Et avec elle une nouvelle façon de manger. Ambiance bistrot et assiette gastro, la bistronomie, c'est lui, et sa durée de vie s'avère supérieure à celle de la révolution dite moléculaire. Il est aujourd'hui dans Paris un restaurant où été comme hiver, dimanche et semaine, il y a toujours la queue dehors : Le Comptoir du Relais, de Camdeborde, carrefour de l'Odéon. Ce n'est pas un endroit où les 8 000 couverts annuels sont réservés en deux jours. Ici on fait auberge, pas labo.

    En ouvrant La Régalade en 1992, au sortir du Crillon sous la direction de Christian Constant, Yves Camdeborde a tracé une nouvelle voie et donné des idées à toute une génération. On peut faire gastro pour des prix raisonnables en se débarrassant de tout le superflu. L'essentiel, c'est que ce soit bon, frais et sympa. Tel était le message, exemple à l'appui. Il a été compris.

    Fini la course au luxe et aux trois-étoiles. Mobilier Ikea ou de brocante, cuisine décomplexée proche du produit et des saisons, service à la barbe de trois jours et vins nature. Inaki Aizpitarte (Le Chateaubriand), Raquel Carena (Le Baratin), Cyril Bordarier (Le Verre volé), Rodolphe Paquin (Le Repaire de Cartouche), Stéphane Jego (L'Ami Jean), Gilles Bénard (Ramulaud puis Quedubon), Bertrand Auboyneau (le bistrot Paul Bert et le 6 Paul-Bert), Pierre Jancou (Racines, puis Vivant), Sylvain Sendra (Le Temps au temps, puis Itinéraires)..., ils sont toute une bande à avoir réhabilité les bistrots tombés aux mains de Metro. Les tarifs varient entre le midi et le soir, mais le menu à 35 € est souvent le ticket gagnant. Avant, on sortait dîner à deux pour un Pascal (500 FF), maintenant c'est autour de 100 €, moins si on boit de l'eau. La liste est longue de tous ces établissements qui se sont multipliés. Frenchie, Saturne, Septime, La Régalade 2 et 3, Racines 2, Le Pantruche et son second le Caillebotte, Miroir, Aux deux amis, Les Fines Gueules, Glou, L'Office, Le Jeu de quilles, Simone, Afaria, Café Trama, Bistro Bellet, Coinstot, Encore, Clandestino... Impossible de les citer tous tant cette année fut riche en créations. Il est là, le coeur de la cuisine française.

    Il ne s'agit pas de quelques individus surdoués et surmédiatisés, mais d'une tendance profonde, tout un réseau qui ne se limite pas à Paris et touche la plupart des grandes villes de province. La bistronomie est partout. Elle a adopté d'entrée les vins nature offrant aux vignerons dispersés une vitrine parisienne propice à leur essor. Après des débuts polémiques et bien des flacons discutables, la cause est désormais entendue : aujourd'hui, on boit du vin nature partout à Paris. Et la France est à la pointe de ce mouvement : il suffit de consulter les cartes des vins de cette cuisine nordique qui plaît tant pour y retrouver toutes les meilleures étiquettes nature françaises. Le Japon en raffole également.

    Lorsqu'on passe en revue ces dizaines d'adresses et de chefs, qu'on s'est régalé tant de fois de leurs plats et de leurs vins, il vient un moment où il est temps de dire basta ! Assez de ce procès d'intention perpétuel à la gastronomie française déclinante. C'est à Paris qu'on mange le mieux." Article de JP Géné dans M, le magazine du Monde.

     

     

  • Dégustation du lundi 207

    Cette dégustation du Clos fût l'occasion d'une échappée dans la calme campagne du Hainaut, pour rejoindre une bande de joyeux gaillards français (un couple de vignerons, un autre de restaurateurs étoilés, et un troisième de notaires) bons vivants et adorateurs de bons vins et de bonne bouffe. La soirée fût animée.

    On débuta par un magnum de Moussamoussettes de René et Agnès Mosse, en leur absence.

    On poursuivit avec le seul vin que je commenterai de la soirée : un vin à la robe noire et au nez riche. En bouche, de la matière, un côté sud mais de la fraîcheur aussi, sur les fruits noirs et des noyaux de prunes. Il y a aussi ces sympathiques tannins de noyaux de cerises bien fondus. Malgré la forme bourguignonne de la bouteille, on est bien à Bordeaux. L'Homme Cheval, Vin Français dans le millésime 2010. Magnifique. C'est un Côtes de Blaye du Château Le Queyreux de l'artisan vigneron Léandre Chevalier. Données qui apparaissent sur son premier vin ( Le Joyau, bouteilles bordelaises, élevage en fût, mais moins bon pour nous car plus classique, boisé et vanillé).

    Suivi un Elbaluna Rosso, Di Oberio Severino e Andrea, La Morra. Un petit vin bio du Piémont.

    En Barberon Pinot Noir 2011 en Côtes du Jura.

    Arbois Pupillin 2003 de Pierre Overnoy. Un Chardonnay Savagnin.

    Rouchefer 2010 d'Agnès et René Mosse, en leur présence cette fois. C'est qu'elle est longue la route...

    Vincentgétorix 2010 en Sancerre de Vincent Gaudry

    Saint Aubin Le Ban 2009 de Catherine et Dominique Derain

    Morgon 2011 en Vieilles Vignes de Jean-Paul Thévenet.

    Tous ces breuvages étant accompagnés d'une kyrielle d'entrées très originales et goûtues en dégustation, avant d'attaquer un boeuf bourguignon exceptionnel avec des frites maison minute encore plus exceptionnelles. Et une énorme sole meunière de Zeebrugge pour ma part. De quoi permettre au Bob de service (qui ne pu s'empêcher de quand même goûter gentillement chaque flacon) de parcourir les 45 minutes de route de retour sans soucis...

  • Midi-station (2)

    Seconde incursion dans ce temple bruxellois qui sera officiellement ouvert fin de semaine prochaine. La visite de mardi demandait confirmation. Ce fût bien mieux ce soir... D'abord, le restaurant est plein à craquer (400 couverts!) : difficile de trouver une table sans avoir réservé. Ensuite, les petits défauts culinaires relevés mardi ont disparu, comme s'ils avaient lu la critique de ce blog ! Carottes cuites avec le Pavé de Turbot, magnifique Poularde de Bresse rôtie, etc. Enfin, vers 22h45, apparition d'un groupe rock avec plein d'ambiance pour les clients attablés, et pour les autres envahissant l'énorme bar. Bien que j'ai découvert ce soir qu'il était possible de déguster des vins au verre sur la carte, je persiste à dire que cette carte ne comporte aucun vin avec lequel on peut prendre son pied. Des petits vins moyens, facturés lourd et cher : dommage. Je voudrais y trouver un bon Bandol à 30/40 euro (et pas à 60/80), un petit Médoc sympa et bien fait, etc. Il y a vraiment des progrès à faire à ce niveau (sélection et prix).

    Le concept de ce méga-restaurant est incroyable : il sera occupé toute la journée et toute la nuit, par des types de clientèle fort différents. C'est magique ! Vous pouvez y entrer pour une tartine grillée aux crevettes ou au saumon à 9,00 euro, ou choisir entre le poulet, le coucou de Malines ou la Poularde de Bresse selon votre budget ou vos envie. C'est la liberté absolue. Quant aux soirées DJ's, concerts Rock, ou concert Jazz, là aussi, vous choisissez le jour qui vous convient selon l'ambiance que vous désirez. Et pour ceux qui n'aiment pas la musique, le mardi leur conviendra : rien n'est organisé à ce niveau.

    Chapeau bien bas, Pinto, pour avoir osé ce coup de génie à cet endroit de la capitale, et longue vie à Midi-Station. Place Victor Horta 26 1000 Bruxelles. Tel : 02/526 88 00.