alimentation industrielle

  • Le cheval roumain et la malbouffe...

    "Le cheval roumain est désormais presque aussi célèbre que la vache folle anglaise. De manière un peu injuste, car c'est toute l'Europe qui, touchée par l'extension du scandale débuté chez Findus avec ses désormais fameuses lasagnes, devrait être accusée. Tous les pays sont coupables et nous avec, par la même occasion. Est-ce donc si compliqué de prendre des pâtes, d'ajouter des petits morceaux d'une viande choisie soi-même chez le boucher avec une sauce tomate plus les aromates que l'on aime ? Notre époque veut du tout-fait, du tout-vite, du tout-surgelé, du tout-micro-onde, et le tout surtout pas cher. D'un bout à l'autre de la chaîne on veut économiser.

    Mais la palme de la cupidité revient à ces industriels qui n'hésitent pas à transformer une viande en "minerai", puisqu'on a appris que c'était le terme consacré ! Les chevaux et les boeufs sont devenus des objets eux aussi mondialisés qui doivent cracher le plus de profit. Car pour l'industrie alimentaire ce "minerai", c'est de l'or. De l'or avec du maigre, du gras et… du collagène. Il y a sans doute chez Spanghero un employé chargé de trouver le "minerai" le moins cher pour faire les lasagnes. Une fois la Roumanie, demain, ailleurs. 

    C'est tout le système de cette malbouffe industrielle qui est en cause puisque la nourriture est devenue une industrie. Le journal Time avait publié un comparatif des budgets de familles de Chine au Tchad, du Bouthan à la Mongolie, de l'Angleterre aux États-Unis. Les photos de ces familles montraient que ceux qui donnaient l'impression de manger des choses saines n'étaient pas ceux qui dépensaient le plus pour leur nourriture. Aujourd'hui, l'augmentation des prix alimentaires est plus élevée que lors de la crise de 2007-2008, au cours de laquelle le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde avait, pour la première fois, dépassé le milliard ! C'est notre souveraineté alimentaire que nous avons depuis trop longtemps abdiquée, notre droit à définir des politiques agricoles qui, avec la PAC, ont contribué au développement d'une agriculture intensive dont les dégâts sociaux, environnementaux et sur les pays du Sud ne justifient en rien les 50 milliards annuels de cette politique européenne. 

    Comme si l'on n'avait pas tiré des leçons de l'une des plus graves crises agroalimentaires de l'histoire européenne, la commission européenne, avec un sens aigu du timing, a annoncé hier le retour des farines animales au menu des poissons d'élevage ! Comme si, en quinze ans, on avait oublié ces souvenirs de la crise de la "vache folle" qui se nommaient prion, encéphalopathie spongiforme bovine et tremblante du mouton…". Source : Jean-Marcel Bouguereau sur le site de La République des Pyrénées.fr