à l'aveugle

  • Dégustation du lundi 259

    Nous poursuivons ces belles dégustations du lundi, toujours à 5 mais avec un autre P-Y, avec un premier vin à la robe de cidre et au nez de pommes et d'agrumes, puis de craie. La bouche est minérale, grasse, sur la mandarine et avec un côté salin sur la longue finale. C'est vraiment bien malgré une acidité et une tension moyenne. On se croyait en Loire, et nous voilà en Savoie : Le Feu 2012 en Vin de Savoie de Dominique Belluard. Terroir du Mont-Blanc.

    Le premier rouge présente une robe rubis foncé et un assez joli nez mûr sur une belle complexité : très élégant sur les fruits et des arômes tertiaires. La bouche est tout aussi sensuelle que le nez avec la souplesse de l'attaque, un velouté de fruits pour finir sur du noyau de cerise en fin de bouche. On sent la garrigue, l'animal et le soleil, mais les tannins sont beaux et il n'y a pas d'amertume. Les chouettes arômes tertiaires qui apparaissent au cours de la dégustation ne passent jamais au-dessus du fruit, toujours bien présent. On évoque la patine d'une Syrah australienne, puis un Cornas avec une Syrah du Nord pour ce magnum de Château de Pibarnon 2002 Cuvée Jubilé (Bouteille n° 941), à Bandol. Inutile de dire que le magnum fût vidé...

    Le second vin rouge, à la robe noire et au nez torréfié s'avère moins complexe en bouche, plus monolithique. Il y a un beau fruité (cassis) et de la mâche : c'est plus puissant et plus jeune aussi. Mais il y a aussi de l'amertume, de l'astringence et de la sécheresse en finale, et de plus en plus présente au cours de la dégustation. A se demander si cette bouteille n'a pas un problème : Châteauneuf-du-Pape 2008 Cuvée Marie Beurrier d'Henri Bonneau.

    Le quatrième flacon présente une robe foncée au disque évolué et au fort beau nez de vieux bordeaux. Un nez magnifique. La bouche est bordelaise, sur un Cabernet Sauvignon bien mûr. Il n'y a ni boisé ni sécheresse mais une amertume un peu gênante en finale. Nous tombons évidemment à la renverse quand nous apprenons que nous ne sommes pas à Bordeaux et qu'il n'y a pas un atome de Cabernet ni de Merlot dans ce vin... Domaine de l'Horizon Rouge 2010 en Vin de Pays des Côtes Catalanes. Quel beau Carignan !

    On termine la soirée avec un cinquième et dernier vin à la robe foncée et au nez herbacé, sur des cerises à l'alcool et une compotée non sucrée de fruits rouges et de prunes. En bouche, c'est puissant, mais délicat, sur un beau fruit tourbé et une fort belle longueur sans astringence ni sécheresse. Une jeunesse incroyable et un énorme plaisir. Certains évoquent une Grenache fraîche...pour ce Grand Vin de Léoville Las Cases 1982 en Saint Julien. Superbe flacon ! Nous fûmes donc 4 à passer sous la table pour cette terrible erreur de jugement.

     

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    Lundi prochain, Polo et la taille des ceps. Et le lundi d'après, rebelotte avec ce second P-Y et avec un rouge et une demi bouteille de blanc moelleux par personne. Qui vivra verra !

     

  • Dégustation du lundi 145

    Dernière soirée de dégustation à l'aveugle, à 5, avant les vacances d'été, qui se profilent à l'horizon.

    Deux blancs et quatre rouges alimentèrent cette fort belle soirée. La première bouteille, à la robe jaune pâle, présente un nez exotique, de lychees et de fleurs. La bouche, très aromatique, est chaude, concentrée et puissante, assez sudiste et mûre. Il y a une belle fraîcheur, mais il manque de l'acidité. On pense être en Côtes du Rhône, et c'est raté : on est en Alsace avec un vigneron qui travaille des fruits très mûrs ! Petite Fleur 2009 Muscat du Domaine Julien Meyer. On est en biodynamie.

    Seconde bouteille, à la robe jaune foncé. Le nez rappelle une tartine chaude beurrée avec du miel d'acacia. A un tel point qu'on pourrait être sur un vin liquoreux. En bouche, un côté oxydatif génial, du fruit, sec à mourir, tranché, superbe et une belle voltige dans la dimension anachronique entre le nez et la bouche. On pense au Jura, mais aussi à la Loire. C'est du Chenin : Le Briseau 2008 du Domaine Le Briseau de Nathalie Gaubicher et Christian Chaussard, en AOC Coteaux du Loir. Et en vin Bio.

    On passe aux rouges avec un troisième flacon à la robe noire, et au nez discret, sur du cassis mûr mais frais. En bouche, les avis divergent : 1. "J'espère que ce n'est pas français, j'ai l'impression de boire de l'Armagnac", 2. "Aucune impression, ce vin ne percute pas". 3. "Côté très extrait, puis bouche très sèche, puis plus rien". 4. "Bon, fruité et trop jeune, belle rondeur, mais un peu trop commercial". Pas d'envolée, pas de longueur, pas d'explosion. Sierra du Sud 2009 Domaine Gramenon en côtes du Rhône. Sans doute bu trop tôt...

    Quatrième flacon, à la robe rubis évoluée et au nez de vieux bordeaux, sur du tabac : on revient à l'ABC du vin... On évoque un Figeac 1985, un rive gauche 82, un rive droite 82 ou 86 et même un bourgogne en 1990... Décidément, le Clos n'est plus en forme : Côte Rôtie 1990, Côte Blonde de René Rostaing, à Ampuis. C'est gentil, alors que ce vin aurait pu être un peu plus riche et un peu plus long.

    Cinquième flacon, toujours à la robe rubis évoluée, et au nez plus vif mais moins net que le précédent. Au nez, toujours un vieux bordeaux, sur des prunes. Dimension du nez superbe, et idem en bouche, avec de l'ampleur et un côté animal. Quatre propositions dont une exacte : Cos d'Estournel 1990 en Saint Estèphe. Semper Fidelis.

    Sixième et dernier flacon de la soirée, avec un vin à la robe foncée, quasi noire. Le nez est magnifique et paraît beaucoup plus jeune. La bouche, pareille au nez, est fort belle et longue. On a dans ce vin la force du Cos et la finesse de la Côte Rôtie : Clos des Papes 1983 en Châteauneuf-du-Pape de Paul Avril. Fort belle bouteille. Quelle jeunesse, et quel plaisir !

    Prochaine réunion du Clos programmée le 31 juillet 2011. Qui vivra verra ! Bonnes vacances à tous !