Bientôt du boeuf irradié canadien dans nos supermarchés européens ?

Mercredi, le gouvernement fédéral canadien a autorisé la vente de bœuf haché traité par un procédé d'irradiation. Il s'agit d'exposer la viande à des rayons ionisants (rayons gamma, X et faisceaux d'électrons) dans le but de détruire les bactéries, les moisissures, les parasites et les insectes, peut-on lire sur le site Internet de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Cette même agence affirme que l'irradiation des aliments est "reconnue comme un procédé sécuritaire et efficace pour réduire les charges de germes néfastes dans les produits alimentaires. Les aliments irradiés peuvent être consommés sans danger". Les produits traités doivent porter le symbole caractéristique et international de l'irradiation.

 

Le Canada autorisait déjà ce procédé pour traiter les pommes de terre, les oignons, le blé, la farine, la farine de blé entier, les épices entières et moulues et les assaisonnements déshydratés. La viande de bœuf hachée est donc désormais ajoutée à cette liste, afin, principalement, de lutter contre la bactérie E. coli et les salmonelles mais aussi de prolonger sa durée de conservation. Cette décision satisfait l'Association canadienne des éleveurs qui plaidait en ce sens depuis près de 20 ans.


L'Union européenne et le Canada ont récemment validé l'accord de libre-échange Ceta, qui englobe les produits agricoles dont le bœuf. Les consommateurs européens vont-ils à l'avenir trouver du bœuf canadien irradié dans les rayons des supermarchés ou leurs assiettes ? C'est la question que se pose l'eurodéputé socialiste Marc Tarabella. "A ce stade, je n'ai rien contre la viande irradiée mais il faudra apporter des garanties via une étude scientifique européenne. Il faudra que le consommateur européen sache s'il achète du boeuf irradié, le symbole de l'irradiation n'étant peut-être pas clair ou connu chez nous", souligne-t-il. Marc Tarabella a donc demandé vendredi, en urgence, des précisions sur l'aspect sanitaire et l'étiquetage à la Commission européenne. La réponse pourrait arriver dans quinze jours. "La Commission doit se prononcer sur ce sujet. Dans le cadre des discussions sur le Ceta, elle s'était focalisée sur la problématique des hormones et des OGM. L'irradiation est-elle sur son radar ?", indique l'eurodéputé belge. Marc Tarabella veut ouvrir le débat, qui pourrait "ne faire que commencer car les réponses de la Commission pourraient ne pas nous satisfaire". Source : La Libre de ce week-end.

Voilà ce qui arrive quand des traités intercontinentaux sont négociés, en secret, par la commission européenne, et en ne privilégiant que les multinationales internationales et leur puissant système de lobbying. Et pas le consommateur européen que nous sommes.

L'irradiation de ces aliments est nécessaire car les normes d'hygiène dans ces énormes élevages industriels étrangers sont bien moins strictes qu'en Europe. Ce qui signifie moins de frais, donc moins cher.

Or, nos éleveurs belges et français souffrent déjà énormément du prix bas de la viande. Ils ne s'en sortent pas. Certains se suicident. Et voilà que l'on va importer en Europe une viande "fraîche" de moins bonne qualité (animaux mal élevés, mal nourris et sans doute maltraités) qui sera moins chere (malgré le traitement d'irradiation et le transport). C'est de l'aberration. 

Achetez votre viande chez votre boucher de quartier qui en connaît l'origine exacte et les conditions d'élevage et d'alimentation, et évitez la malbouffe des multinationales agro-alimentaires qui inondent les rayons des grandes surfaces, et dont on ne connaîtra jamais les conditions d'élevage et les traitements chimiques de conservation. Et par conséquent la qualité nutritive de la viande traitée.

 

Les commentaires sont fermés.