• Dégustation du lundi 277...

    Une toute belle dégustation du Clos ce lundi soir pour fêter un anniversaire. Et dans les règles, ce fût : 9 flacons à 5, et quels flacons.

    On débuta par trois vins rouges servis en même temps, à la robe très similaire : foncée, mais au disque évolué. Le premier n'est pas fort plaisant au nez et on y préssent un bordeaux (rive gauche) boisé. Ce qui se confirme en bouche : amertume, rafle, boisé, et une finale sur le noyau de cerise. Il gagne un petit peu à l'aération et devient plus sympa, mais c'est un vin sur la fin qui ne progressera plus.

    Le second est fort similaire, mais avec plus de fruits, plus de sucre et un boisé provenant plus des tannins du raisin que de l'élevage en barriques.

    Le troisième présente un nez plus expressif, plus concentré, sur des notes de moka. En bouche, il semble plus jeune, plus puissant, plus long, rond, fin et élégant, avec des tannins enrobés. C'est le meilleur des trois, mais toujours pas l'effet Waaouuw...

    Château Lynch Bages 1992, 1990 et 1989, Grand Cru Classé à Pauillac. 89 et 90 restent terriblement jeunes :  cotés 99/100 par Parker, nous n'avons toutefois pas retrouvé la texture et le plaisir qu'on avait il y a 15 ans.

    Le flacon suivant, à la robe noire et au nez d'alcool volatile, puis de confiture sur de la fraîcheur, avec des notes de liqueur de cassis, d'épices et de chocolat. En bouche, c'est plus sucré (le fruit a du mal à s'exprimer), sur du massepain, des amandes, de la vanille et avec cette rafle en finale dont l'acidité bienvenue contre l'excès de sucrosité. On évoque un Blockbuster, assez monocorde, pas très libre et qui ne bouge pas, gorgée après gorgée. Ridge 1997  Geyserville California.

    La cinquième bouteille, à la robe plus jeune, et au nez amusant sur de la Worcestershire Sauce et sur des notes viandeuses, puis, sur des fruits rouges, des épices et de la garrigue. En bouche, c'est étonnant, avec une belle acidité, de la matière, une vivacité effervescente assez sympa  : tout l'inverse du précédent. C'est mûr, frais et acidulé, sans la richesse ni la lourdeur d'un vin du Sud. Exubérance et acidité : un vin qui vit. L'un évoque Châteauneuf, l'autre une Syrah du Sud, un troisième Grammenon... Les Cocalières 2011 du Domaine Aupilhac en Coteaux-du-Languedoc Montpeyroux.  Syrah 40%, Grenache 30 % et Mourvèdre 30 %.

    Robe dorée pour le flacon suivant, avec un très beau nez expressif de vin jaune et une bouche de Tissot, assez impressionnante, sur une belle matière, longue et riche tout en étant sec. Petites notes de curry, comme il faut, avec après, du volume en bouche. C'est chaud, avec de l'alcool, ample et riche. Vin Jaune 1999 de Stéphane Tissot en Arbois. 

    Un petit intermède Full langoustines bretonnes, et nous revoilà partis pour les 3 derniers vins liquoreux de la soirée. 

    Le premier, sur le raisin de Corinthe, nous amène en Alsace sur un Riesling ou un Pinot gris, alors que nous sommes sur un Chenin 1997 ! Une caresse. Quarts de Chaume 1997 de Claude Papin, viticulteur, Château Pierre Bise en coteaux du Layon. Très belle bouteille.

    Le second souffre la comparaison avec le précédent : un peu plus fade au nez, pas très long, pas très botyrisé, tombe un peu : Les Bonnes Blanches 2003, Coteaux du Layon Saint Lambert de René Mosse. Première déception avec une Bonnes Blanches...

    Le troisième et dernier flacon présente une robe foncée aux reflets verdâtres, un nez de vin muté  genre Rivesaltes et une bouche pas très libre sur le caramel. Ce vin, mis en bouteille en 2008 a séjourné en fût pendant 49 ans ! Le 1948 va bientôt sortir. Rivesaltes Ambré 1959 du Domaine de Rancy, Vin doux naturel.

    La suite des aventures du Clos, et peut-être les vendanges, lundi prochain.

     

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  • Fromages au lait cru : quelle bactérie a piqué l'AFSCA ?

    L’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) a engagé une lutte sans pitié contre les fromages au lait cru et interdit désormais leur importation en Belgique. 

    Impossible de trouver une Tomme au lait cru chez Rob : c’est insensé ! Le mot « cru » est effacé de beaucoup d’étiquettes du rayon fromagerie car seuls, les fromages pasteurisés, thermisés, microfiltrés sont désormais autorisés par l’AFSCA. La réglementation la plus sévère d’Europe ! On en consomme des centaines de milliers tonnes par an en France, sans aucun problème, et, 1 km plus loin, c’est interdit. Aberrant. 

    J’ai donc pris la peine de me renseigner sur le sujet. Car il doit y avoir de nombreux décès par an (dont on ne parle pas), suite à des intoxications alimentaires dues à la consommation de fromage au lait cru, pour en arriver là !

    Première constatation : Les intoxications alimentaires dues à la consommation de fromage représentent 4 % du total des intoxications. Et dans ces 4 %, la majorité des cas provient de la consommation de fromage pasteurisé ! Avant de décider de supprimer le fromage au lait cru, il y a donc une foule d'aliments sur lesquels se pencher...

     

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    Pour aller plus loin, j'ai lu le rapport de 58 pages de la Filière Wallonne Lait édité en mars 2014, fort bien documenté sur les fromages au lait cru, et les autres, et très complet. J’ai également lu l’Avis 02-2015 du Comité Scientifique de l’AFSCA de 42 pages qui tente de sortir la grosse artillerie sur base de données incomplètes, non disponibles, incertaines, avec les termes « présence possible » et une " impossibilité de procéder à une évaluation des risques pour la Belgique" dans la conclusion du rapport ! Pas très sérieux au niveau argumentation scientifique pour s'attaquer aux fromages au lait cru...

    J’ai enfin lu des dizaines de rapports sur le net concernant le fromage au lait cru, dont j’ai repris des extraits dans mes réflexions ci-dessous.

    • Des dates placent les origines de la fabrication du fromage aux environs de 8000 av. J.-C., avec la domestication des moutons. Cela fait donc 10.000 ans que l’homme fabrique du fromage (au lait cru, forcément), et s’en nourrit. Pourquoi est-ce que, soudainement, en 2015, devrions-nous supprimer cet aliment savoureux de notre alimentation ?
    • Un fromage fermier ou fromage de ferme ou fromage d'alpage ne peut se dire que d’un fromage élaboré à la ferme par les agriculteurs qui y vivent. Il sera issu exclusivement du lait produit par les animaux de cette ferme et proviendra donc d’un terroir restreint (avec trajet court pour le lait). L’intérêt de tels fromages réside dans le fait qu’ils résultent d’un seul et unique savoir-faire (généralement familial et parfois ancestral) dans divers domaines ( races/flore des pâturages/saison/affinage) qui peuvent être déterminants quant à la qualité du fromage et qui conduisent à l’existence de fromages à forte identité. Ceux-là mêmes que l’AFSCA veut supprimer.
    • En hausse, malgré le retrait de l’agro-industriel Lactalis des productions AOP camembert de Normandie, la production commercialisée des fromages au lait cru représentait 15 % (soit 176 656 tonnes) de la production totale de fromage en 2009. En 2011 la fabrication des fromages au lait cru marque le pas et représente +9.5%, soit 184 840 tonnes de fromages au lait cru fabriqué en 2011. Et 245.000 tonnes pour 2014 (chiffres du Ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt français).
    •  Une étude menée par l’INRA en 1995 et portant sur la comparaison de fromages expérimentaux de type pâte pressée cuite (technologie du Comté) fabriqués en parallèle à partir de lait cru et de lait pasteurisé a montré, après quatre mois d’affinage, des différences significatives entre les deux populations de fromages. Les deux phénomènes biochimiques majeurs rencontrés au cours de l’affinage de ce type de fromage étaient réduits de 15% et 80% dans les fromages au pasteurisé, respectivement pour la protéolyse fine et la fermentation propionique. Une baisse de l’intensité du goût, de la typicité, de l’acide-piquant ainsi qu’une augmentation de l’amertume et du mauvais goût ont également été observées dans ces fromages pasteurisés.
    •  Les effets de la microflore du lait et de l’alimentation des vaches ont également été étudiés sur des fromages à pâte pressée non cuite (type Cantal) fabriqués à partir de lait cru ou pasteurisé, issu de vaches, soit alimentées en prairie naturelle très diversifiée soit, recevant 35% de foin de prairie naturelle et 65% de concentrés. Après quatre mois d’affinage, l’intensité de l’arôme et sa diversité étaient plus marquées dans les fromages au lait cru que dans les fromages au lait pasteurisé. La diversité aromatique liée à l’alimentation des vaches disparaissait dans les fromages au lait pasteurisé.
    • La comparaison de fromages expérimentaux fabriqués à partir de lait cru, lait pasteurisé (72°C-30 s) ou microfiltré (épuration du lait écrémé à 35°C, avec pasteurisation de la crème) a mis en évidence le rôle prépondérant de la microflore naturelle du lait cru sur la qualité finale des fromages. L’élimination de la microflore indigène du lait entraîne une diminution des processus biochimiques (protéolyse fine, fermentation) et de l’intensité aromatique des fromages.

    En exigeant à tous de pasteuriser le lait, l’AFSCA souhaite une uniformisation du goût du lait et donc une uniformisation du goût des fromages. Et elle va dans le sens des industriels qui, en achetant leur lait dans les Pays de l'Est, si pas plus loin, sont obligés de le pasteuriser, le circuit étant beaucoup trop long.

    Libre aux multinationales d’y ajouter, après, tous les produits chimiques qu’elles souhaitent, avec la bénédiction de l'AFSCA, pour leur donner un semblant de texture naturelle, un semblant de goût naturel, un semblant de couleur naturelle : un faux fromage.

    Je me demande vraiment, vu tout ce qui précède, si l’AFSCA ne répond pas, en agissant de la sorte, aux lobbies des multinationales agro-alimentaires qui produisent tous ces fromages industriels sans goût, ni saveur.

    Elles ont en effet tout intérêt à voir disparaître les fromages au lait cru (qu’elles ne peuvent produire industriellement) et à récupérer cette grande part de marché qui leur échappe.

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    La suite de mes réflexions dans un prochain article, le sujet étant conséquent. Vous y apprendrez notamment :

    • Comment un fromage au lait cru se protège des mauvaises bactéries, au contraire d'un fromage pasteurisé.
    • Que la peau d'un adulte héberge en moyenne mille milliards de bactéries de plus de 200 espèces différentes. Et que faire la chasse au bactéries dans un monde qui n'est composé que de cela n'est pas un bon plan.
    • Le rôle important de la micro-flore partout où elle est présente : terre, air, eau, mais aussi et avec sa typicité propre, dans les fermes, les chais, etc...
    • Et bien d'autres choses encore...

     

  • Manger est un acte responsable : le terrible bilan des consommateurs de viande...

    La différence entre quelqu'un qui mange de la viande, des oeufs et des laitages et quelqu'un qui mange des légumes et des fruits est la suivante : le second fait économiser à la planète 4.166 litres d'eau, 20 kilos de céréales, 2,79 m2 de forêt, 4,5 kilos de CO2 et la vie d'un animal par jour

    L'élevage animal, qu'il soit industriel ou Bio, les cultures pour le nourrir, la déforestation pour les cultures, sans parler de la pollution de ces élevages qui fini par polluer nappes phréatiques, cours d'eau et océans, ainsi que la couche d'ozone : le bilan est terrifiant. 

    C'est la principale source de pollution mondiale au niveau de la couche d'ozone, c'est la première raison pour laquelle les forêts primaires et tropicales sont décimées pour faire place à des champs d'OGM qui serviront à nourrir le bétail et c'est la première source de pollution de nos sols, nos rivières et fleuves et nos océans.

    Vous n'imaginez pas la quantité d'eau, de céréales, d'énergie et de polluants divers qu'il faut pour vous fournir un steak de 250 grammes. C'est aberrant. Et c'est plus ou moins la même chose pour les poissons d'élevage. Et en plus de tout ce qui précède, il y a aussi la souffrance animale omniprésente dans les élevages industriels. 

    Cela vaut la peine d'y réfléchir. Et de prendre de bonnes décisions.

     

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  • Dégustation du lundi 276...

    Trois blancs et trois rouges ce lundi soir, à l'aveugle, pour une belle dégustation du Clos.

    Premier vin à la robe claire et aux reflets verts et au nez alsacien sur du Riesling. En bouche, c'est fort jeune, minéral, mais il manque d'ampleur et de matière. Il est aussi trop mordant (trop d'acidité) et donc déséquilibré. Riesling Vielles Vignes 2013 en Alsace de Charles Frey. Un vin vinifié depuis 1709 et désormais en Bio.

    Le second, à la robe dorée et au nez oxydé semble peu soufré  En bouche, c'est bien plus mûr, riche, tendu, mais avec de l'ampleur. On est un peu perdu : c'est bon mais on n'a pas de spécificité du Riesling. C'est gourmand - mais ce n'est pas la première chose qu'on demande à un Riesling - et cela manque un peu de nervosité. Riesling 2008 Vignoble de Katzenthal d'Audrey et Christian Binner en Alsace.

    Le dernier blanc, avec sa robe claire et son beau nez beurré et fumé sur des notes d'élevage, présente une bouche grasse, toastée, grillée, sur des notes d'agrumes (citron/orangette) et d'autres de confiture d'abricot, sans le sucre. Belle fraîcheur, longueur magnifique et belle finale acide et fraîche. C'est top : Corton-Charlemagne Grand Cru 1990 de Bonneau du Martray. Une splendeur de Bourgogne !

     

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    On passe aux rouges avec un vin à la robe foncée et au disque évolué. Le nez est sur des fruits mûrs, des herbes et du menthol. Moi je suis fort sur la cerise, avec le petit côté chimique d'un sirop pour la toux. En bouche, c'est rond, fondu, mûr, sucré, toujours sur la cerise. Il y a un côté sanguin, un bel équilibre entre le fruit et le bois, et une droiture qui rappelle la Côte Rôtie pour certains, le Cabernet Franc pour d'autres. Muntada 1996 Côtes du Roussillon Villages du Domaine Gauby. Très beau. Grenache 45%, Carignan de 120 ans 45%, Syrah et Mourvèdre.

    Le second rouge, à la robe noire et au nez jeune, concentré et extrait présente une bouche ronde et soyeuse sur un beau fruit avant que les tannins ne débarquent en finale. C'est riche, sur du pruneau intense et collant. C'est démonstratif et dans l'excès, mais pas caricatural, avec de l'acidité malgré tout. Petit côté commercial et pas agréable aujourd'hui : V.I.T. 2011 Côtes du Roussillon Villages Latour de France Domaine de Bila-Haut de Michel Chapoutier. 65% de Grenache et 35% de Syrah.

    Le dernier flacon de la soirée, avec sa robe orangée tuilée d'au moins 20 ans et son nez de vieux Bordeaux rond et chaud sur du pruneau, nous présente une bouche évoluée, vieille et fragile sur le cèdre et le tabac avec un bel équilibre et un petit peu de dépôt. Total respect pour ce Château L'église Clinet 1975 à Pomerol. 40 ans !

    Cela fait d'ailleurs penser à lundi prochain, qui sera un grand lundi soir, puisqu'on fêtera l'anniversaire de l'un d'entre nous. Qui vivra verra...

  • Dégustation du lundi 275

    Nouvelle dégustation à l'aveugle au Clos ce lundi soir, avec un premier vin à la robe dorée et au nez de vin d'Arbois, mais plus doux que le dernier dégusté. Fumée en bouche, sur une belle acidité et une belle vivacité en finale. Mais Arbois, ce n'est point : Domaine de Chevalier Blanc 1989 en Pessac Léognan. On s'est royalement tous plantés sur ce vin. 70% de Sauvignon et 30% de Sémillon.

    On passe aux rouges avec un vin à la robe foncée et au remarquable nez, typé, grandiose, sur du fruit et du cèdre. La bouche est fort belle aussi, sur un Cabernet Franc bien mûr (Chinon ?). C'est fin, délicat, abouti, fondu et moelleux, sans planche à bois, sur des notes de fruits, de tomates, de tabac et de cuir. Très élégant : La Conseillante 1985 à Pomerol.

    Second rouge à la robe rubis foncé et au nez animal, sanguin, faisandé, tout en étant assez fin et discret, avec quelques notes d'herbes coupées. La bouche est très agréable sur un fruit croquant et de l'alcool, avec une belle acidité. C'est fluide, structuré, long et sur un bel élevage. Je pense à une Grenache, d'autres à une Syrah ou à une Côte rôtie bien nordique. Et on s'est à nouveau bien tous plantés : ni Rhône, ni Bandol, ni Provence, ni Bordeaux, mais un Pinot Noir 1990 ! Quelle jeunesse ! Nuits Saint-Georges Premier Cru "Les Saints Georges"1990 du Domaine Henry Couges.

    Le troisième vin, qui aurait dû passer avant, fait pâle mine : une robe noire, un beau nez de vin évolué, mais une bouche assez plate dans un millésime qui manque de maturité. Ce vin qui a quelques heures de vol est sur le déclin : Lafran Veyrolles 1987 à Bandol. Mais n'exagérons rien : on acheva quand même la bouteille. Et pour un Bandol de 28 ans, dans un petit millésime, c'est quand même pas mal.

    Rien à voir avec le rouge suivant, noir de robe, au nez étranger et chimique (je me comprends). La bouche est terriblement ronde et toujours chimique. C'est riche et sans plaisir. Pas terrible et pourtant, le meilleur rapport qualité prix mondial selon Robert Parker... Tres Picos Borsao Garnacha 2013. Avec 15° d'alcool.

    On acheva cette belle soirée sur un vin Jaune, à la robe dorée, au nez très sec sur de la noix et à la bouche très Sherry. Du caractère et de la richesse, sur un raisin bien mûr. Certains le trouvent plus traditionnel que le Tissot de la semaine passée, d'autres pas assez gourmand pour être un Ganevat. Vin Jaune 2006 "En Spois" de Bénédicte et Stéphane Tissot en Vin d'Arbois.

    La suite des aventures du Clos lundi prochain. Qui vivra verra.

     

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  • Dégustation du lundi 274

    A nouveau une belle dégustation à 5, après avoir posé les filets pour protéger notre trésor des oiseaux et autres renards. Le Clos est désormais protégé des prédateurs et le raisin très sain : un très bon millésime s'annonce donc, sauf accident... Ici, un rang de Pinot Noir. Que c'est beau !

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    La dégustation de ce lundi soir débuta, pour l'occasion, et toujours à l'aveugle, avec une de nos bouteilles, à la belle robe et au superbe nez bourguignon pour certains et de Rayas pour un autre. La bouche est décevante par rapport au nez, mais pas mal quand même, avec une belle acidité. Clos de Rouge-Cloître 2013 à Bruxelles.

    On poursuivi avec un vin blanc à la robe très claire et au nez de pommes, abricots et pêches blanches. En bouche, ce vin de soif est frais et rafraîchissant, avec son petit côté perlant et fermentaire sur la pomme. On pense à la Provence ou au Rhône et on est en Ardèche : Q Blanc, La Vrille et le Papillon 2014 de Meryl Croizier en Ardèche, en vin nature, sur de l'Ugni Blanc.

    Second blanc, à la robe or, et au nez de vin d'Arbois sur la noix. La bouche est remarquable avec ces notes de citron confit, de noix et noisettes beurrées qui reviennent à fond la caisse sur une superbe longueur.Seulement voilà : ce n'est pas un vin d'Arbois : Vin Jaune 2003 de Jean-François Ganevat, dans le Jura. Fort belle bouteille pour celles et ceux qui apprécient ce type de vin.

    On passa alors aux rouges avec un premier flacon à la robe noire et au nez de baba au rhum. En bouche, c'est mûr et fin, mentholé, avec un beau fruit. Tout est là, sans défaut. Mais c'est jeune. Trop jeune. Certains évoquent une Grenache sur Châteauneuf, d'autres une bête de course en Languedoc, d'autres un Rhône Sud pour ce magnum de Lafran-Veyrolles 2011 Longue Garde à Bandol. Intéressant de le déguster jeune, et à regoûter d'ici 10 à 20 ans.

    Le flacon suivant, à la robe noire mais au disque évolué, nous offre un nez de noyaux de cerises/prunes, sur une petite touche de Porto. En bouche, c'est plus fruité et moins concentré que le précédent, avec des tannins encore bien présent et une petite astringence en finale. On évoque la Grenache ou Bordeaux pour ce Chinon Coteau de Noiré de Philippe Alliet. 14° quand même !

    La bouteille suivante présente une robe foncée mais fort évoluée. Un petit défaut au nez gâche une belle matière sur le fruit et sur la noix. En bouche, on est sur des arômes tertiaires de sous-bois et de tabac, une belle rondeur, un côté lacté et aucune agressivité. On est à Bordeaux en rive gauche, et c'est juste : Château Lynch Bages 1975 à Pauillac. On est tous bluffé par la jeunesse de ce vin.

    Le huitième et dernier flacon de la soirée, à la robe noire semble être 20 ans plus jeune que le précédent. C'est bon et long, sur le fruit et des notes de violette et de menthol. C'est sud et chaud, mais sans excès, avec un côté crémeux et un beau fruit : Château Jean-Pierre Gaussen 1998 Longue Garde à Bandol. Et je suis assez déçu de ne pas l'avoir reconnu. Mais les vieux Bandols évoluent tellement bien que c'est fort difficile. La suite lundi prochain. 

     

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  • Mon aide aux réfugiés du Parc Maximilien à Bruxelles...

    Je m'étais dit que j'allais apporter ce samedi matin mon petit soutien personnel à ces centaines de réfugiés fort médiatisés qui dorment dans la rue autour de l'Office des Etrangers.

    Je me suis renseigné sur le net juste avant pour savoir quoi leur apporter. Apparemment, ils ne manquaient plus de grand chose vu l'élan de solidarité de la population, des bénévoles, des associations et des autorités.

    J'ai donc décidé d'aller acheter des friandises pour les enfants et suis arrivé sur place avec mes 2 énormes sacs bourrés de sucettes, bonbons, caramels et autres pâtes de fruits. Il fallait bien cela pour ces centaines de personnes.

    Ma première vision est celle d'une petite voiture noire immatriculée en Pologne que 2 gars chargent à fond de sacs pleins. Puis l'un garde la voiture et l'autre retourne chercher des sacs. J'ignore ce qu'ils contenaient et leur destination finale, mais cela fait vachement penser à un détournement de dons...

    Ensuite, poursuivant mon chemin, je me suis retrouvé sur un lieu où ils y avait plus d'autochtones que de réfugiés. Quelques dizaines de tentes occupées par quelques familles, des toilettes, des douches, une cantine servant des plats chauds très bien organisée, un magasin d'alimentation qui l'était beaucoup moins et croulant sous les dons, des montagnes de vêtements qu'on s'affairait à mettre dans un container de 20 m3 déjà plein, et quelques stands de bénévoles. Et un boulanger qui livrait des pains tout frais : fort bien.

    Vu que tout le monde semblait rentrer et sortir du magasin sans beaucoup de contrôle, j'ai décidé d'aller distribuer mon trésor aux réfugiés eux-mêmes, dans les tentes. Mais il n'y avait que 6 tentes avec des réfugiés devant, dont 2 avec des enfants, qui avaient déjà des sucettes...

    J'ai failli repartir avec mes 2 sacs.

    C'est à ce moment que j'ai rencontré 3 jeunes filles bénévoles qui occupaient un petit stand et offraient uniquement des en-cas. Mais aucun réfugié devant leur stand : ce n'était peut-être pas la bonne heure. C'est à elles que j'ai laissé mes 2 sacs, en espérant que ces friandises finiront bien dans les mains des enfants de ces familles de réfugiés...

    Mais vu le peu de réfugiés sur place, j'ai quand même été pris d'un énorme doute...

    La situation a dû être catastrophique dans les jours et les semaines qui précèdent, mais aujourd'hui, ce n'est vraiment plus le cas. Les réfugiés paraissent en bonne santé et ne manquent de rien. Et ils sont aujourd'hui beaucoup moins nombreux que la presse semble vouloir nous le faire croire. Il est aussi vrai que les autorités politiques ont enfin ouvert des bâtiments pour les accueillir. Ce qui explique tout cela.

    Bravo, en tout cas, aux bénévoles et associations diverses qui ont, avant les autorités, essayé d'organiser une aide qui était alors tout à fait  indispensable.

  • Dégustation du lundi 273

    Dégustation du Clos à 5, avec le thème difficile des conserves de poissons, après avoir goûté les vins. Et, étonnamment malgré le thème, un blanc et quatre rouges ce soir, pour mon plus grand plaisir.

    Le vin blanc, à la robe or très soutenu et au nez poivré sur de la pomme et du cidre. Pas de lourdeur ni de réduction en bouche : c'est propre, rafraîchissant sur de la pêche blanche et une finale sur la tranche de pomme. Finesse, acidité, jeunesse, très plaisant avec ses plusieurs degrés de lecture. Quand le chat n'est pas là, Riesling Nature 2012 du Domaine Rietsch en Alsace. Une bouteille expérimentale avec une petite carbo. Bravo.

    Premier vin rouge à la robe foncée et au nez mûr et compté sur des fruits noirs. Bonne bouche longue et puissante avec des notes végétales sans amertume et du réglisse, et de la fraîcheur. Domaine de l'Ile Margaux 2010 Grand Bordeaux supérieur. Une île de 1000 mètres sur 300, habitée par une personne, le vigneron, qui s'occupe de ses 14 hectares de vignes. Original.

    Second rouge, à la robe évoluée et au nez bordelais. En bouche, on est reparti sur un rive gauche 85/90, très Cabernet tout en finesse. Apprenant que nous n'étions pas à Bordeaux, on évoqua Bandol, Trévallon, Chinon et même Véga-Sicilia... Clos Rougeard 1997 Le Bourg en Saumur Champigny. Pas fiers... Très belle bouteille.

    Le suivant est noir et jeune de nez sur un cassis très brut. Belle matière et beau moelleux en bouche, sur des notes de myrtilles, de laurier, de menthol et de cumin. Un beau vin en devenir : Moulin des Costes 2011 Bandol. A attendre encore quelques années, mais déjà fort bon.

    Déjà le dernier flacon, à la robe noire également, et au nez sur des fruits noirs, puis de la confiture. L'attaque est moelleuse, et la finale plus virile, sur le réglisse. C'est libre, ouvert et très beau, avec une salinité en fin de bouche, mais aussi de l'alcool. La Cuvée du Papet 2005, Clos du Mont Olivier, en Châteauneuf-du-Pape.

     

    Des Sardines Millésimées de plusieurs marques et années, du Thon Blanc à l'Huile d'Olive extra-vierge, de la Brandade de Morue, de la Soupe de Poissons de Roches et Rouille du Pêcheur (de la Conserverie du Bec Fin de Cogolin), du pain maison et des croûtons poêles à l'huile d'olive et frottés à l'ail violet de Provence clôturèrent cette belle dégustation.

    Lundi prochain, pose des filets sur le vignoble afin d'éviter la mésaventure de 2014 (les oiseaux avaient tout mangé, et donc ni vendanges, ni vin !).

     

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