• Slow Food et la restauration rapide dans les écoles...

    Lorsque Alice Waters vint explorer la France (comme toute jeune américaine) au début des années 70, elle a été fascinée par les marchés et la typicité des produits alimentaires qui s'offraient à elle, de région en région. Lorsqu'elle est rentrée en Caliornie, elle a décidé de mettre en valeur dans son restaurant les produits de sa vallée.

    Et depuis tout jeune, Jamie Oliver, originaire de l'Essex en Angleterre, né et élevé dans un pub, connait l'importance de l'apprentissage du goût auprès des jeunes, il en a fait un de ses combats.

    Il était naturel qu'un jour ces deux passionnés de "vraies nourritures" se rencontrent. Hughes Belin a assisté à cet évènement, lors du dernier Salone Del Gusto de Slow Food et vous le raconte : "Les visiteurs du Salone del Gusto à Turin fin octobre 2014 ne s’y sont pas trompés : l’événement le plus intéressant de cette petite semaine consacrée au slow food tous les deux ans, était sans conteste une conférence réunissant Carlo Petrini, Président-fondateur de Slow Food, Alice Waters, chef du Restaurant réputé Chez Panisse et Vice-Présidente de Slow Food International et Jamie Oliver, star anglaise de la cuisine saine.

     

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    Curieusement, c’était son premier passage au Salone. Ils étaient réunis pour la première fois devant une salle archi-comble pour nous aider à changer le monde et nous dire comment eux, ils ont fait leur part. Et bien vite, la restauration collective, dont celle des écoles, s’est imposée comme une cible de choix, car on prend plus de la moitié de nos repas à l’extérieur de nos foyers. Mais les écoles ont ceci de plus qu’elles « créent les citoyens du futur », comme le dit Carlo. Non seulement on garantit une bonne santé actuelle et future aux enfants, mais on les éduque à la nourriture bonne, propre et juste.

     

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    En d’autres termes, « c’est un investissement pour un changement de paradigme, ce n’est pas un coût », explique-t-il. « Il faut apprendre [la nourriture saine] aux enfants, tant qu’ils sont jeunes et ouverts »,  ajoute Alice. Mais « l’ennemi est très riche, très stratégique et très bien implanté, ce n’est pas une simple empoignade, mais un véritable combat », avertit Jamie.

    Alors, comment faire ? Jamie a tourné un documentaire « Jamie’s School Dinners » sur la nourriture dans les écoles du Royaume-Uni. Sorti au moment des élections de 2005, il a créé un choc et permis l’adoption d’une loi nationale garantissant pour la première fois des normes minimales pour la nourriture dans les écoles – il y en a depuis longtemps pour la nourriture pour chiens. « L’action auprès des gouvernements est essentielle, car l’effet de levier d’une loi est énorme », reconnaît Alice. Carlo cite l’exemple de l’interdiction de vendre des sucreries et des sodas dans les écoles italiennes décidée récemment. « Quand la politique se met au slow, les choses arrivent », s’amuse-t-il.

     

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    Mais on ne peut pas toujours compter sur l’Etat pour tout régler. Alice, elle, a agi en créant des jardins, depuis 20 ans. Dans les écoles, puis les prisons, les hôpitaux. Le jardin est non seulement un outil éducatif, mais il enseigne le partage, lorsqu’on donne les légumes. Il enseigne l’humilité face à la nature, les saisons, qui n’existent plus dans les supermarchés d’aujourd’hui. « C’est plus difficile de convaincre les enseignants que les enfants », constate-t-elle. Elle est toutefois convaincue que « la culture du fast food n’a pas détruit notre amour de la nature ». « Plus la population est ignorante, plus le système de la malbouffe triomphe », explique Carlo. Le travail est énorme mais il faut persister à informer et éduquer sur comment se transforment les produits.

    A travers la convivialité, les choses se passent plus simplement : « quand on cuisine et qu’on mange ensemble, il se passe de belles choses : faire à manger résout tous les problèmes », raconte Jamie. « Faire pousser des choses ensemble, c’est un moyen d’avancer ensemble », ajoute Alice.  Les gens changent quand l’effort pour changer vaut le coup. Dans les cantines scolaires britanniques, le repas de midi est souvent le repas le plus important de la journée rappelle Jamie. Le mot slow prend tout son sens lorsqu’on voit que la nourriture emballée qui sert aux déjeuners de nos chères têtes blondes est le plus souvent inappropriée. Si un enfant ne peut pas manger à la cantine, il devrait avoir un déjeuner « fait maison » - qui nécessite, certes, plus de temps à préparer.

    « L’éducation au goût des enfants commence dès la grossesse », concluent-ils, parce que l’accès à une nourriture saine « est un droit fondamental de l’enfant ». Bon, on fait quoi, nous ?"

    Oui, au fond, que savons nous de la cantine de vos enfants ? Comment faisons-nous pour leur apprendre d'où viennent les pommes de nos régions et qui les cultive, pourquoi il est important  de le savoir ?

    Alice Waters a expliqué pourquoi et comment une simple pêche pourrait convertir  le président Obama à Slow Food et changer profondément l'agro-business américain. (Texte publié par l'équipe du Convivium Slow Food Brussels).

    Il est important d'éduquer les enfants dès le plus jeune âge aux aliments naturels de saison, ceux qui ont du goût. Ils doivent cueillir des framboises, de vraies pommes et poires, cultiver des salades, des radis, du persil, des fraises et des potirons. Ils seront tellement émerveillés par le goût des aliments naturels qu'ils ne seront jamais, toute leur vie durant, des accros des fast food, de la malbouffe industrielle et de tous ces mauvais aliments bourrés d'additifs de toutes sortes vendus par les multinationales alimentaires.

     

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    Prenez le temps de cuisiner tous les jours des produits frais et locaux : ils garderont en mémoire ces recettes, le goût de ces plats familiaux, et les cuisineront plus tard à leurs enfants. C'est le meilleur bagage qu'on puisse leur offrir pour l'avenir : le goût des choses et la santé grâce des produits sains, saisonniers, variés et locaux.

     

  • Bon Bon et son menu 16 services...

    Cela faisait pas mal de temps que je n'y étais plus allé. Et je dois bien avouer que Le Chef Christophe Hardiquest s'est encore amélioré : il approche la perfection absolue (qui n'est pas de ce monde) avec un talent et une maîtrise hors du commun.

    Ce fût, hier soir, une soirée mémorable et incroyable sur des saveurs, des contrastes, des accords, des cuissons et le goût, bien sûr. Pour une fois qu'on y était, on a opté pour le tout nouveau menu 16 services qui fait découvrir le talent immense de ce chef et de sa brigade. Tout est juste, orchestré sans fausse note, dans la simplicité et la bonne humeur. Un régal.

    A la fin du repas, je lui ai dit qu'il manquait peut-être juste quelques produits nobles. Ni homard, ni langoustine, ni turbot ou daurade royale... Et en rentrant et en y repensant, je me disais avoir commis une erreur : j'ai divinement bien mangé et ce n'était que des produits simples : maquereau, plie, légumes et un peu de truffes quand même. Il ne faut rien de plus car ces produits sont tellement magnifiés, mis en valeur et servis juste comme il faut que cela suffit amplement.

    Pour accompagner ce repas royal, j'avais amené un Moulin des Costes Charriage 2001 du Domaine Bunan à Bandol. Ce superbe flacon a surpassé les 6 autres bouteilles consommées ce soir-là : puissance, rondeur, longueur incroyable, un fruit encore présent avec des notes de garrigue et de la fraîcheur, tannins enrobés. Il avait tout pour lui, pour notre plus grand bonheur. Un tout grand moment, cumulé à l'autre.

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    Suivent ici quelques photos des plats servis qui résument, à elles seules, cette ballade gastronomique de haut vol. Le tartare de légumes et sa tuile de géranium, si simple et préparé devant vous, est un pur délice.

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    Je vous laisse deviner l'intitulé et la composition des plats suivants. 

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    Et à 2 heures du matin, au moment du départ, la cuisine est à nouveau propre. Car dans quelques heures, tout recommence pour la brigade et Le Chef. Chapeau bien bas. Et une troisième étoile pour Bon Bon qui se profile à l'horizon.

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  • Je viens de me battre avec un Turbot...

    De retour d'un petit week-end à Wimereux, je suis passé ce midi à Boulogne sur mer visiter les étals des pêcheurs. Je suis tombé nez à nez avec un turbot sauvage de plus de 7 kilos, juste pêché, et je n'ai pas pu m'empêcher de l'acheter. D'autant plus que le prix demandé par le pêcheur me semblait fort raisonnable.

    Je pense qu'on en pêche encore 6 à 7 par jour en Belgique et les grands chefs des restaurants étoilés se les arrachent. Mais le prix est tellement prohibitif que cela devient un met inabordable (100 euros le kilo chez Rob). D'autant plus qu'il y a certainement 60% de déchets sur un tel poisson entier.

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    Pour moi, le turbot, c'est une darne vraiment épaisse de 6 à 7 cm, et pas un petit truc plat de l'épaisseur d'une grosse sole. Il faut de la matière, et là j'en ai. Par contre, découper cette bête gluante et saignante ne fût pas chose aisée ! Un heure de combat féroce dans ma cuisine, avec du sang partout ! 

    Mais le résultat en valait la chandelle : une bonne dizaine de vraiment très beaux morceaux de Turbot, bien épais (même peut-être trop gros), mis au surgélateur, et qui attendront leur jour pour être grillés et accompagné de Belles de Fontenay et d'une Béarnaise maison : c'est comme cela que je le préfère. A 17 euros la fort grosse portion, cela reste tout à fait raisonnable.

    Quelques repas haut de gamme en perspective, avec un poisson au goût fin et délicat, hélas de plus en plus rare...

     

  • Dégustation du Clos 254

    Seconde dégustation de 2015 au Clos, à 4, ce lundi soir. Les fêtes sont passées et on revient à plus de normalité et moins d'abus. Avec un vin à la robe rubis très clair et au nez de framboise, puis de vieux bourgogne qui pinote. La bouche est légère et maigre en alcool, en matière et en fruits aussi. Mais le vin est propre et sans défaut : Le Clos de Rouge-Cloître 2013 Auderghem Belgique. C'était un petit millésime.

    Le second flacon présente une robe noire et un nez de beau fruit vif, avenant et engageant. En bouche, un mauvais rouge de Loire avec de l'élevage avec un petit côté Marionnet. Il y a un côté primeur, léger et plaisant, mais aussi des tannins embêtants : Le Rocher des Violettes 2012, Côt Vieilles Vignes en Touraine de Xavier Weisskopf.

    Le flacon suivant n'est pas mieux, avec sa robe noire évoluée, son nez peu commun et sa bouche d'acidité, de vieux fût, d'alcool, de fraîcheur, et de sécheresse en finale. Beaucoup trop astringent : Bucephale 2007 Xinomavro du Domaine Ligas en Macédoine, Grèce. En bio.

    On passe ensuite à un vin à la robe claire et au nez de vin nature. La bouche est nature aussi, et perlante. Ce que j'appelle un bon jus. Les autres raffolent : il balance bien, il se boit bien, on évoque le sud, Anglore, Meyer en Alsace, on lui trouve des notes pinotées, on évoque le Jura, la Savoie, la Bourgogne, avant d'arriver en Beaujolais : Régnié 2012 Beaujolais de Christian Ducroux en vin biologique (Demeter). Un vieux vigneron pur et dur depuis des lustres qui utilise son cheval dans les vignes. Ils ont adoré. Moi beaucoup moins... Chacun ses goûts !

    On termina la soirée avec un dernier flacon à la robe noire et au nez sanguin sur des fruits mûrs, quasi un melon au Porto. En bouche, c'est bon mais certains notent un excès de maîtrise. Beaucoup de fruits, d'alcool, de chocolat, de Kirsch, avec de la longueur et des tannins enrobés. Certains évoquent Trévallon ou Véga alors que je suis plutôt sur Châteauneuf. Belle matière, beau grain, alcool enrobé. C'est très beau. Réserve des Vieilles Vignes 2005 en Châteauneuf-du-Pape du Domaine Roger Perrin. La suite des aventures du Clos dans 2 semaines, un imprévu gastronomique empêchant votre chroniqueur préféré d'être présent lundi prochain au Clos.

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  • Charlie Hebdo : abonnez-vous !

    Ce qui s'est passé est terrible et inimaginable dans une capitale européenne. Ces criminels fanatiques doivent être arrêtés, jugés et emprisonnés à vie. La liberté d'expression est un droit fondamental qui doit être préservé.

    Ces pauvres imbéciles n'ont pas imaginé une seule seconde que leur acte barbare et insensé allait propulser l'extrême droite aux présidentielles de 2017. Avec toutes les conséquences qu'on imagine pour les étrangers établis en France.

    Et que toute la communauté musulmane européenne, et peut-être mondiale, allait devoir, une fois de plus, supporter les regards sévères et réprobateurs de citoyens qui font l'amalgame. Alors qu'ils n'y sont pour rien, et condamnent ces extrémistes autant que nous.

    Charlie Hebdo doit continuer d'exister et poursuivre dans sa voie de rire de tout. Plus que jamais. Je m'abonnerai dès que ce sera à nouveau possible et vous recommande d'en faire autant pour les aider à surmonter ce drame épouvantable, scandaleux et historique, et à survivre pour renaître, pour toujours. Ils pensaient tuer Charlie Hebdo et c'est tout le contraire qui se passe : des dons affluant de toute part, des offres de dessins provenant de dessinateurs du monde entier, Charlie Hebdo sera désormais plus fort et plus lu que jamais.

    Mes remerciements à Libération et au Monde pour leur aide au reste de l'équipe de Charlie Hebdo. Et courage à tous les journalistes, reporters, dessinateurs et autres chroniqueurs dont le formidable travail nous permet d'être informé, de nous forger notre propre idée et de réagir sur l'actualité ! C'est essentiel. Le prochain numéro de Charlie Hebdo, c'est mercredi prochain, le 14/01/2015, à un million d'exemplaires : achetez-le.

     

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  • Je suis Charlie...

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  • Dégustation du lundi 253

    Très belle première dégustation du Clos 2015, à 5, à Saint Josse, pour changer de crèche, avec une première bouteille à la robe paille et au nez crémeux. En bouche, c'est pas mal. On pense à un Chardonnay vineux avec une belle allonge et des bulles qui éclatent finement en bouche. Certains évoquent un Champagne, d'autres un Crémant du Jura (Tissot) pour ce Champagne Larmandier-Bernier en Vieilles Vignes de Cramant 2006 Grand Cru extra Brut en Blancs de Blancs. Fort belle entrée en matière, et de circonstance.

    Le second vin présente une robe cognac et un nez qui n'est pas mal non plus. En bouche, il nous semble que le vin n'est pas servi assez frais. Il manque de nervosité et de tension. On est sur un millésime chaud et mûr. C'est équilibré et complexe. Certains sont en Chardonnay, moi en Loire pour ce vin fort rare, jamais dégusté au Clos : Jadis Esméraldins 2000 Genèse Blanc en Vin de Table de France de Xavier Caillard, paysan vigneron à Breze. Le vin est élevé 5 ans, puis gardé minimum 2 ans  en bouteille avant d'être mis en vente : ce 2000 a pu être acheté en 2012 !

     

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    Suivirent 7 rouges dont le premier, à la robe noire et au nez jeune, présente une bouche riche, sucrée et mûre sur la cerise, avec de la maturité et un peu de retrait ainsi qu'une sécheresse en fin de bouche. Las Vals Mourvèdre Haut-Plateau 2010 à Aude Hauterive en vin Bio de la famille Lignères-Fontcouverts.

    Le second rouge, à la robe aussi noire présente un nez racé et sanguin sur de la fumée, puis du boeuf. Une bouche étonnante, sans attaque franche et une belle finale sur la violette et le fruit. Frais, fin, long, et bien construit sur un fruit mûr mais pas confituré : croquant. Belle fraîcheur et un peu de tannins pas dérangeants pour ce qu'ils croient être une Côte Rôtie ou un Cornas : Clos Marie Les Glorieuses 2011 en Pic Saint Loup dans le Languedoc. Fort beau flacon.

    Cinquième bouteille à la robe rubis foncé et au nez lacté et jeune. La bouche est gourmande et élégante, mais il y a de la sécheresse : c'est un peu sec et boisé, et fatiguant. On est sur un Pinot Noir 2009 et c'en est un : Clos Saint Jacques 2009 de Louis Jadot en Gevrey Chambertin. 

    Le vin suivant a une robe plus claire et plus évoluée et un nez de chou avec un début de carbonique. En bouche une magnifique matière sur de la cerise fraîche non confiturée. L'élevage en fûts de chêne neuf est intégré : la cerise persiste et tient le coup ! On pense à un Prieuré Roch et c'en est un : Clos des Argillières 2009 en Nuits Saint Georges 1er Cru du Domaine Prieuré Roch.

    On poursuit la dégustation avec un vin à la robe rubis clair et au nez difficile sur du Pinot Noir. En bouche, c'est difficile aussi, avant de retrouver des petits fruits et de la fraîcheur. La pureté du fruit dans une logique classique : Les Saints-Georges 2010 en Nuit Saint-Georges 1er Cru du Domaine Henri Gouges.

    La huitième bouteille présente une robe plus foncée. C'est plus dense, plus alcoolisé et moins abouti que les précédentes qui sont diamétralement opposées. C'est plus classique et on est moins dans le plaisir : La Richemone Vieilles Vignes 2005 en Nuits Saint Georges 1er Cru du Domaine Christophe Perrot-Minot.

    On acheva cette longue dégustation avec un vin à la robe rubis foncé et au nez un peu lacté aussi, avec des notes sanguines et un côté tomaté assez riche. Très riche en bouche sur une structure plus classique, avec de la barrique et du savoir faire. Certains évoquent un millésime chaud en Pinot Noir. Tellement sanguin qu'on partirait bien en Cabernet Franc... C'est raté : Château Rayas Réservé 2001 en Châteauneuf-du-Pape.

    La suite des aventures du Clos lundi prochain, si tout va bien.

     

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  • Osteria Il Gusto Italiano à Bruxelles...

    Somptueux dîner, hier soir, à l'Osteria Il  Gusto Italiano, (Enoteca con cucina) située Avenue des Cerisiers à Woluwé Saint Lambert. Un restaurant ouvert il y a un an et dont j'ignorais l'existence... Une grave erreur !

    Des pâtes faites maison le jour même, des suggestions alléchantes, des produits qui ont du goût et une magnifique carte des vins italiens, à prix doux. Un patron sympathique, amoureux des bons produits et connaisseur en bons vins également. Et, en plus, branché Slow Food !

    Je vous invite à découvrir ce lieu : http://www.ilgustoitaliano.pro/fr/

    Ce fût un régal. Repas que nous avons terminé avec une magnifique assiette de fromages. Et pas n'importe lesquels : d'incroyables fromages italiens majoritairement au lait cru, dont certains font partie du Presidio Slow Food, et on comprend pourquoi.

     

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    En discutant de la qualité des produits avec le patron, celui-ci m'a remis le catalogue Valsana 2014-15, une entreprise qui recherche, sélectionne et distribue des produits italiens d'exception et authentiques depuis 25 ans. 500 fromages italiens et 400 produits de charcuterie composent ce magnifique catalogue... Il y a moyen d'acheter certains de ces produits au restaurant. A découvrir absolument !

    Voici 4 des fromages dégustés hier soir :

     

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    CASTELMAGNO DOP - ALPAGE

    Country: Italy
    Region: Piedmont
    Type of milk: Cow's milk  

    A typical Castelmagno, one of the greatest cheeses on earth  Castelmagno DOP - Alpage

     

     

     

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    GOATS CHEESE BIO TREATED WITH PROSECCO

    Country: Italy
    Region: Veneto
    Type of milk: Goat's milk  

    Organic goat cheese, matured with Prosecco wine marc  Goats cheese Bio Treated with Prosecco

     

     

     

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    CASTEL - MEDIEVAL CHEESE

    Country: Italy
    Region: Veneto
    Type of milk: Cow's milk  

    Raw milk cheese, a compact paste with an unmistakable aroma  Castel - Medieval cheese

     

     

     

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    TUMA PERSA - COW'S MILK CHEESE

    Country: Italy
    Region: Sicily
    Type of milk: Cow's milk  

    A unique cheese from Sicily, very rare, slightly spicy  Tuma Persa - Cow's milk cheese

  • Philippe Olivier, fromager à Lille...

    "D'un côté, les près de l'Adret. Le soleil frappe si fort que seules des petites herbacées, des thyms sauvages, des marjolaines, des sarriettes chétives poussent entre les cailloux. Parfumées par le sol, le minéral, le soleil, ces herbes maigres s'offrent aux chèvres et aux brebis qui, à leur tour, nous donnent un lait parfumé, dense, puissant.

    De l'autre côté, les prairies de l'Ubac. Plus à l'ombre, plus exposée à la pluie bienfaisante, c'est une herbe grasse, aux mille fleurs colorées de boutons d'or, gentianes, coquelicots où les vaches originaires du pays produisent là aussi le meilleur lait pour des fromages différents.

    Ce produit unique, le lait cru, par le travail des paysans-producteurs locaux, se transforme en plus de 300 fromages "Grands Crus Classés" que Philippe Olivier affine en ses caves pour leur donner maturité, texture et personnalité."

    C'est après avoir lu ce très beau texte imprimé sur l'emballage d'un délicieux fromage au lait cru acheté à Lille cette semaine, que j'ai décidé de le publier sur ce blog. Mais qui est Philippe Olivier ?

    Issu d'une famille de collecteurs, affineurs et marchands de fromages depuis 1907, Philippe Olivier n’a cessé de cultiver et de perfectionner les techniques et les secrets de cet art qu'est l'affinage ! Ernest, Marcel, Philippe et Romain : 4 générations au service des vrais fromages !

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    C'est un dénicheur impénitent de fromages oubliés auxquels il redonne vie. Avec lui, ce sont aussi des paysans qui continuent à valoriser le patrimoine fromager français, le plus important au monde. Bref, c'est tout une culture de la cause fromagère, de la défense du fromage au lait cru, de la qualité plutôt que de la quantité.

    Ecologiste sans le savoir et avant l'heure, Philippe Olivier a toujours privilégié les petits producteurs situés dans un environnement naturel encore intact. Le fromage est sa passion et ce qu'il aime, c'est "proposer du bon, tout simplement et tout naturellement".

    Voilà un fort beau plaidoyer pour les fromages au lait cru. Le seul vrai fromage, qui s'affine doucement sur claies en bois ou sur paillons, et nous donne alors ces saveurs si particulières et différentes selon les saisons. Un régal gastronomique, bien loin des ersatz de fromages et autres poudres de fromages garnissant vos pizzas industrielles préférées et ne contenant pas une seule molécule de lait...

     

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  • Carte des vins de Bandol et petit classement personnel...

    Pour mieux comprendre Bandol et ses terroirs, rien de mieux qu'une carte. Trop peu de gens connaissent ces grands vins de garde, composés majoritairement de Mourvèdre bien mûr. De magnifiques flacons, vendus entre 15 et 25 euros, à faire vieillir patiemment en cave, pour pouvoir déguster, plus tard, de véritables nectars.

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    Mon trio de tête en Bandols rouges, tout à fait personnel, est Pibarnon, Terrebrune et Lafran-Veyrolles en Cuvée Spéciale. Très proches de ce trio viennent aussi Pradeaux, Bunan (avec son Moulin des Costes, sa Cuvée Charriage et Rouvière) et Tempier (avec ses cuvées La Migoua, La Tourtine et la désormais de plus en plus rare cuvée Cabassaou).

    J'apprécie également La Bégude (et La Brûlade produite dans certaines millésimes), La Tour de Bon en Cuvée Saint-Féréol, La Suffrène et sa cuvée Les Lauves, Souviou, sans oublier le magique Jean-Pierre Gaussen.

    Viennent ensuite, toujours avec beaucoup de plaisir dans le verre selon les millésimes, Château Vannières, Gros Noré, Castell Ryenoard, La Bastide Blanche (et sa cuvée Fonténaou) et La Laidière.

    Puis viennent tous les autres, dont certains ne figurent même pas sur cette carte déjà ancienne, et avec une qualité qui ne cesse de monter, dont on peut citer La Vivonne et Salettes qui remportèrent le titre de Vin de Garde sur le millésime 2014, mais aussi les Domaines Sorin, de L'estagnol, et des Baguiers.

    Je n'ai jamais pu déguster, jusqu'à présent, un Bandol du Domaine Pieracci, qui a sorti quelque chose de très beau sur 2011, paraît-il, mais fort difficile à trouver.

    Et je n'ai pas encore dégusté les vins de certains Domaines ou Châteaux : Baumelles, Cagueloup, Clos du Cas, Dupuy de Lôme, Imbert, Gueissard, Lou Capelan, Moutin, La Rochebelle, Mas Thérèse et Guilhem Tournier. Ce classement personnel est donc subjectif.

    Notons aussi qu'à part Terrebrune situé à Ollioules et Pradeaux à Saint-Cyr-sur-mer, mes Bandols préférés sont géographiquement parlant, fort proches les uns des autres, au Plan du Castellet. Hasard ou terroir ?