• Dégustation du lundi 242

    Nouvelle dégustation à l'aveugle du Clos, à 4 ce lundi soir, avec 7 vins au programme : un blanc et six rouges.

    Le blanc, à la robe claire, présente un nez fort expressif, qui s'affine au fur et à mesure de la dégustation. La bouche est riche, mûre, du sud. C'est gras et long, mais pas assez frais : il manque cette pointe d'acidité qui change tout. Clos Magdeleine 2012 à Cassis. C'est LE Cassis emblématique, original, toujours fait à l'ancienne, que les restaurants étoilés s'arrachent. Pourtant, il doit bien en avoir un avec plus de fraîcheur...

    On passe aux rouges, avec un vin à la robe rubis, au disque marqué par des notes d'évolution, et un nez de vrai bordeaux, ou de vrai cabernet de Loire. En bouche, c'est long, rond, avec un boisé intégré, sans notes sudistes ni de sécheresse. Via Veliu Basavin Cabernet 2009 Fabricat in Moldova. Une surprise pour ce flacon en Limited Editon (7.215 bouteilles).

    Le second rouge présente une robe rubis écarlate et un nez sur des fruits rouges, avec un côté lacté et crémeux. La bouche est ronde et fruitée, avec moins d'alcool que le présumerait le nez. On est sur des noyaux de cerises, avec ce qu'il faut d'acidité et de tannins naturels pour porter le vin. On propose la Suisse, l'Italie ou l'Autriche pour ce Terras Do Demo Reserva 2009 Tavora-Varosa au Portugal.

    Le suivant présente une robe évoluée et un fort beau nez sur une certaine évolution, avec des notes animales, du cuir, du tabac, de la prune et de la cerise. En bouche, certains sont sur un bordeaux avant 1990, moi plutôt sur un cabernet mais pas à Bordeaux. C'est fondu, avec un côté Cabernet classique, et plaisant : Chinon 2009 en Coteau de Noiré de Philippe Alliet. 100% de Cabernet franc. Pas mal cette rondeur et cette concentration pour un Chinon...

    Le cinquième flacon de la soirée presente une robe rubis et un nez jeune, mentholé, sur du cumin, avec des petits fruits rouges qui apparaissent à l'aération. En bouche, c'est bien fait : expressif, long, rond, fin et délicat, avec de la fraîcheur sur de la fraise et des noyaux de cerises. C'est fort jeune, mais une jeunesse qui plaît, un ravissement : la finesse du fruit, et pas le soleil ou les fruits mûrs. Les Cocalières 2011 Montperoux en Languedoc du domaine D'aupilhac de Sylvain Fadat. Très belle bouteille à re-goûter dans les mois et les années qui viennent...

    Le vin suivant présente une robe plus foncée et un nez vert de rafles (non égrappé). En bouche, il est moins rond et harmonieux que le précédent, plus jeune, moins abouti et moins plaisant. La verdeur de la rafle se retrouve en finale, mais apporte une belle fraîcheur. Terre des Galets 2012 du Domaine Richaud en Côtes du Rhône. Un vin qui nous a quand même plu, à tout petit prix.

    On termine cette dégustation avec un vin à la robe rubis clair et au nez puissant, riche et sévère, sur des notes de fumée et de cabernet. En bouche, on est sur un cépage bordelais avec un côté bourguignon... C'est souple et assez spécial, difficile à trouver. Charmes Chambertin Grand Cru 2010, Lou Dumont (alias Koji Nakada), négociant à Gevrey. C'est l'histoire d'un sommelier japonais assez brillant qui a voulu connaître la quintessence du Pinot noir et est passé à l'acte : négoce (achat de raisins) et vinification. 95 % de sa production est exportée au Japon...

    Prochaine dégustation du Clos, lundi prochain. Qui vivra, goûtera...

     

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  • La vache nantaise est sauvée...

    La Fête de la vache nantaise est une manifestation exceptionnelle qui se déroule tous les quatre ans à Plessé (Loire-Atlantique) en l'honneur des races anciennes. 

    Cette animation champêtre était particulièrement bienvenue dans le cadre verdoyant et ensoleillé du pays de Redon qui a vu renaître cette vache de race nantaise - 1,35 mètre au garrot, 650 kilos - qui se plaît dans les terres humides de l'estuaire et les marais bretons d'où elle a failli disparaître. En 1980, il n'en restait qu'une cinquantaine de têtes et il faudra toute la passion de Laurent Chalet, éleveur à Plessé, pour sauver le cheptel.

    Aujourd'hui, 800 femelles en âge de se reproduire, réparties sur plus de 80 élevages professionnels, et 19 taureaux disponibles en insémination animale assurent un brassage génétique suffisant et constituent un réservoir important. La nantaise est sauvée, d'autant que cette race mixte à l'origine (traction-lait-viande) fournit désormais une viande persillée à souhait et un veau servi rosé, fort apprécié le soir au banquet.

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    Le même Laurent Chalet est à l'origine de cette fête rurale qui a transformé la nantaise en puissance invitante pour toutes ses congénères, orphelines des pâturages, victimes de l'élevage intensif et de la standardisation des espèces. Un village entier leur est consacré avec box et étables d'un week-end, construits avec les moyens de la nature par des dizaines de bénévoles, pour les oubliées du terroir : la bretonne pie noir, la froment du Léon, la maraîchine de Vendée, la saosnoise ou l'armoricaine invitées cette année dans la catégorie bovin.

    Contrairement à ce qu'on dit, les animaux ne sont pas sectaires. On pouvait croiser à Plessé toute une kyrielle de moutons - bleu du Maine, solognot, roussin de La Hague, ouessant (où il n'y en a plus depuis longtemps), avranchin, cotentin, berrichon de l'Indre -, de chèvres des fossés ou du Poitou, d'ânes - baudet du Poitou, grand noir du Berry - et de chevaux - de trait breton, percheron, poitevin mulassier. Sans oublier le porc blanc de l'Ouest, celui de Longué et de Bayeux avec toute la basse-cour, de la poule coucou de Rennes à l'oie blanche du Poitou en passant par la marans, la noire de Challans ou la grise des marais.

     Toutes ces espèces, préservées, escortées et soignées par des paysans fiers de leurs vaches comme de leurs poules illustraient une autre idée de l'élevage. Où les hommes et les bêtes sont chacun à leur façon un élément de la biodiversité, partageant un espace commun et vivant l'un de l'autre comme il en va ainsi depuis la domestication du bétail. Nous sommes loin des images sanglantes, volées dans les élevages intensifs par les croisés anti-viande qui n'ont qu'une idée : nous faire passer pour des assassins. A Plessé, on s'essaie au labour avec une paire de boeufs, on flatte le veau à l'encolure, on apprend à découenner le jambon de porc blanc et on déguste la carbonnade flamande avec les gars du Nord. Et, n'en déplaise aux mauvais coucheurs, 30 000 personnes sont venues y fêter les bêtes et manger leur viande. (Extrait d'un article de JP Géné dans M, le supplément du Monde de ce week end).

    Bravo à Laurent Chalet pour cette belle initiative, digne de Slow Food qui, dans le monde entier, intervient avec ses sentinelles pour préserver les races animales et les variétés végétales de l'extinction. La biodiversité doit absolument être sauvegardée : c'est l'héritage de l'humanité que nous nous devons de transmettre aux générations futures.

    Nous n'allons quand même pas leur transmettre que 3 variétés OGM de tomates, 4 espèces industrielles de céréales et la vache Holstein... Ce serait bien triste !

  • Nitrates, nitrites et nitrosamines dans les légumes...

    Le jus de betterave rouge est à la mode chez les sportifs (professionnels). Il permettrait en effet d’améliorer les capacités, ce qui en fait une sorte de ‘dopant’ légal. Certains en consomment donc énormément. Une habitude qui - préviennent des toxicologues néerlandais (Voedingscentrum Den Haag) et belges (Université de Gand) - peut s’avérer cancérogène.

    En cause ? Les nitrates présents en grande quantité dans les betteraves, et qui sont ensuite transformés en nitrosamines par notre corps. Or, ces dernières ont un effet cancérogène avéré.

    A éviter : nitrates, nitrites et nitrosamines. Les nitrosamines ont des propriétés cancérogènes. Elles jouent notamment un rôle dans le développement du cancer du nez, de la gorge, de l’estomac, du côlon et du rectum. Il est donc préférable de limiter au maximum la consommation de nitrosamines et de leurs précurseurs : les nitrates et les nitrites.

    Mais comment éviter de consommer ces substances ? Les nitrates sont surtout présents dans certains légumes (betterave rouge, salade, épinard, endive, céleri, fenouil, chou chinois…). Un seul verre de jus de betterave, ou 200 g de n’importe lequel de ces légumes, et la dose journalière conseillée est déjà dépassée ! Il est donc important de ne pas en consommer de trop.

    En ce qui concerne les nitrites, ils sont le produit d’une transformation des nitrates sous l’effet de la cuisson ou de la conservation, mais aussi de certaines réactions de notre organisme. Et certains aliments en contiennent naturellement, ce qui constitue un apport supplémentaire dans l’alimentation : pommes de terre, charcuteries ou viandes industriellement préparées.

    Ces nitrites, quelle que soit leur source, sont ensuite transformés en nitrosamines dans notre corps. Voici donc quelques conseils pour réduire la consommation de nitrates, nitrites et nitrosamines :

    Limitez la consommation de jus de betterave à quelques gorgées par jour.

    Limitez la consommation de légumes riches en nitrates à 2 fois 200 g par semaine (à l’exception de la salade, qui peut être consommée 4 fois par semaine en saison).

    C’est dans légumes qui poussent sous serre durant l’hiver que la concentration en nitrates est la plus élevée. Durant cette saison, mangez donc de préférence des légumes d’hiver tels que oignons choux poireaux ou carottes.

    Consommez uniquement des légumes frais.

    Ne mangez pas les tiges et nervures des épinards, salades ou choux. Evitez également les feuilles les plus externes.

    Des nitrates et nitrites se retrouvent dans les jus de cuisson. N’utilisez donc pas ces derniers dans vos préparations.

    Evitez les cuissons longues et lentes pour les légumes riches en nitrates, et ne réchauffez pas les restes une seconde fois.

    Evitez de combiner légumes riches en nitrates et aliments riches en amines tels que le poisson. Evitez par exemple de combiner poisson et épinard, surtout en hiver.

    La vitamine C limiterait la formation de nitrosamines dans le corps. Si vous prévoyez un repas avec des légumes riches en nitrates, pensez donc à y ajouter une source de vitamine C : fraises, agrumes (oranges, citrons, pamplemousses, etc.), framboises, kiwis, cerises, mandarines…

    Source : cancer.be

     

     

     

  • Dégustation du lundi 241

    Très belle soirée de dégustation à l'aveugle du Clos, ce lundi soir, pour fêter un anniversaire. Dix flacons à 5, dont quelques admirables bouteilles obligées d'être consommées jusqu'à la dernière goutte, expliquent le retard de ce compte-rendu...

    On débuta les festivités par un vin à la robe or et au premier nez de pommes et de cidre, puis plus complexe. La bouche, assez massive pour un premier vin, est sur du Chenin structuré, salé, fumé. C'est tendu et sec, avec des notes de fûts de Whisky : Initials BB 2011, le meilleur des Bonnes Blanches d'Agnès et René Mosse, en Vin de France.

    Le second flacon présente une robe plus claire et un nez de beau Chardonnay classique. En bouche, on est sur un grand bourgogne blanc, avec des notes de champignons, de la vivacité, de la fraîcheur et une très belle finale : Champ Gain Premier Cru 2009 en Puligny Montrachet de Benoît Ente, produit à 1770 bouteilles. Son frère Arnaud fait encore beaucoup mieux, mais c'est plus cher.

    On passe déjà aux rouges Langue tirée avec un vin à la robe noire et au nez complexe, sur des fruits mûrs, de l'humus, des sous-bois et une pointe d'alcool. En bouche, on pense au cabernet, mais c'est très sec. Une sécheresse typique des vins de Bordeaux. Château Gombaude-Guillot 2008 à Pomerol en Bio (Ecocert). Dommage pour ce dernier Gaulois du vignoble bordelais, entouré de grands domaines prestigieux : voir le film Vino Business d'Isabelle Saporta, ou lire le livre, épatants tous les deux.

    On poursuit la dégustation avec un vin à la robe encore plus noire et au nez gigantesque. C'est fruité dans la chaleur, avec un côté tannique. On est sur du pruneau, mais avec de la fraîcheur. Certains pensent à un bon Cahors ou à un bon Madiran. Moi je suis plutôt sur un bon Roussillon. Pour mon Père 2012 du Domaine de Gaure. Carignan 50%, Syrah 20%, Mourvèdre 20%. Cela fait 90, et c'est bon comme cela...

    Cinquième flacon de la soirée, à la robe évoluée et au nez noble de vieux bordeaux. En bouche, on est libéré du côté sec que le nez pouvait laisser entendre : elle est fruitée, fondue, fraîche et longue, avec de la pelure de noix en finale. Il y a aussi du cuir et des arômes tertiaires, et c'est très beau. Vega-Sicilia "Unico" Consecha 1962 en Ribeira Del Douro (bouteille n° 49436 sur 80.000). Extraordinaire pour l'âge du flacon : aucun bordeaux n'arrive à ce niveau.

    On poursuit les festivités avec un vin à la robe noire et au même type de nez que la précédente, mais en beaucoup plus jeune. Certains évoquent un Vega-Sicilia (maturité, soleil, notes lardées). En bouche, une droiture bordelaise avec une maturité méridionale, sur le fruit et la fluidité : Domaine de Trévallon 2007 en Vin de Pays des Bouches du Rhône. Une magnifique bouteille dans un incroyable millésime. Il faudra attendre 20 ans avant d'ouvrir les suivantes...

    Le septième flacon nous offre une robe trouble et plus claire, sur un nez de vin nature. La bouche est exemplaire, fruitée sur une belle acidité : Cobero 2011 en Espagne. C'est court, mais là, je cuisine et ne prends donc plus de notes... Ce qu'on en dit : "Su nuevo vino huele a frambuesa en pimienta, con acordes frutales de manzana y baya de saúco, y vegetales ácidos y frescos. Ágil y vibrante, cae acelerado en el paladar con una tensión sorprendente".

    Le vin suivant présente une robe rubis et le nez d'un grand clos bourguignon sur un beau fruit. La bouche confirme un beau Pinot noir, qui se goûte bien : Morgon 2011 Côte du Py de Jean Foillard en Beaujolais ! On est donc sur un Gamay...

    Le 9ème flacon a une robe cognac, et tous reconnaissent là, malgré l'heure avancée, un tout grand vin moelleux. Ce qui est heureux.C'est confituré, sur de l'abricot, avec une fort belle acidité et sans aucune lourdeur : Château d'Yquem Lur Saluces 1988 en Sauternes. Une magnifique bouteille dans un fort beau millésime (supérieur à 1986, 1989 et 1990 selon un connaisseur).

    J'ignore qui a eu l'idée saugrenue (mais je devine qui), d'ouvrir une dixième bouteille pour clore cette longue soirée plus arrosée que de coutume, et, tout ce que je peux en dire, c'est qu'il me semble que c'était un vin argentin, sans caractère particulier...

    La suite des dégustations du Clos lundi prochain, en plus calme.

     

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  • L'enfer dans le ciel bruxellois...

    L'enfer une nouvelle fois, ce samedi matin à 6H00 tapantes, avec un réveil en sursaut dû aux vrombissements infernaux d'une série incessante d'avions décollant de Zaventem et survolant la Région Bruxelles Capitale à bien trop basse altitude.

    Comme il était impossible de me rendormir, j'ai dû me lever, une fois encore, bien avant l'heure prévue... Je me suis branché sur le site http://www.flightradar24.com/50.88,4.41/12 pour observer qui étaient ces sauvages qui se permettaient de réveiller avant l'aube tous ces pauvres bruxellois.

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    Et bien, ce sont des charters Thomas Cook et autres Jetair, plus quelques avions Brussels Airlines et quelques autres. Il faut absolument que vous alliez sur ce site http://www.flightradar24.com. Vous pouvez même faire un playback accéléré et voir tout ce qui s'est passé dans le ciel bruxellois de 6h00 à 8h00, par exemple. C'est effrayant !

    Ce qui est également remarquable sur ce site, c'est que l'on peut non seulement identifier quasi tous les vols, mais aussi vérifier leur altitude en temps réel. On voit également que tous les avions (j'ai bien dit tous) décollent en survolant la Région Bruxelloise, alors qu'il n'y avait pas de vent et qu'ils auraient très bien pu décoller dans l'autre sens, en évitant de réveiller un million d'habitants...

    Il est grand temps de régler ce problème qui nuit fortement à la santé des bruxellois : limiter les heures de survol de la capitale, limiter le nombre d'avions, limiter le niveau sonore des nuisances et faire respecter les décisions et encaisser réellement les amendes en cas de non respect des règlements.

  • Dégustation du lundi 240...

    Fort belle dégustation du Clos ce lundi soir, à 4, juste après la mise en bouteille des vendanges 2013, soit 29 bouteilles de 50cl...

    On commença d'ailleurs la dégustation avec ce vin rouge produit au Clos, dans un millésime fort difficile, avec des attaques de mildiou généralisées et précoces. Cela nous donne un vin à la robe claire et au nez sur les fruits, rappelant un Chinon.  Par contre, la bouche manque de matière et de personnalité. On doit bien avouer que ce n'est pas terrible et nettement moins bien que les millésimes précédents... 2014, malgré l'été pourri, s'annonce plus sain et beaucoup mieux.

    Le second flacon de la soirée présente une robe rubis claire et, pour moi, un nez de bonbon chimique étranger. La bouche est lourde, épaisse, chaude sur de l'alcool : pas terrible non plus. On pense à un Gamay ou à une mauvaise Syrah : La Cinso Cinsault 2012 en Vin de France du Domaine Anne Cros et Jean Paul Tollot. Un Minervois qui ne casse rien.

    On passe à plus plaisant, avec ce vin à la robe rubis et au joli nez exprimant plein de choses. En bouche, du fruit et de la matière, des beaux tannins bien mûrs et une finale sur le fruit. Cela faisait longtemps que le clan "pro-nature" ne s'était tant extasié sur un de mes vins... Le premier est en Pic Saint-Loup, sur une Grenache-Mourvèdre, un autre en Languedoc, et le troisième sur un Cabernet de Languedoc. Raté : Château Le Puy Emilien 2009 Grand Vin de Bordeaux en Côtes de Francs. Avec une étiquette Collector  du Petit Nice à Marseille.

    Le quatrième flacon de la soirée, au nez exubérant, avec un brin de boisé et de vanille pour moi. La bouche, concentrée, fruitée et souple est gourmande. On est sur des fruits croquants et de la fraîcheur pour ce La Luna 2015 en Vin de Pays de la Côte Vermeille de Bruno Duchêne, à Banyuls sur Mer.

    Le cinquième flacon présente une robe noire au disque évolué et un fort beau nez sur des fruits mûrs, du cacao t de la chaleur. En bouche, des prunes et du cassis, sur de la fraîcheur, malgré la présence d'alcool, et le côté chaud et mûr. L'un d'entre-nous évoque un Véga Sicilia, et c'est juste : Cosecha 1996 "Unico" Véga Sicilia en Ribeira Del Douro (bouteille n° 085675).

    La dernière bouteille présente une robe encore plus noire, et paraissant moins évoluée. Le nez est identique à la bouteille précédente, en plus concentré : on est sur le même vin. La bouche présente un velouté incroyable, une belle rondeur et la même fraîcheur : on est toujours en Véga Sicilia, mais sur un Reserva (assemblage des millésimes 91, 94 et 99). Bouteille n° 007209. Quels admirables et beaux flacons !

     

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    Lundi prochain, toute belle dégustation à 5 et grands flacons pour fêter un anniversaire.

  • Hécatombe...

    Pas drôle, cette période, avec les premiers amis autour des 50 ans qui commencent à tomber. Edouard d'abord, le 16 août, mort seul chez lui d'un malaise cardiaque, alors que sa femme et ses enfants sont à la mer. Jo, qui fait un infarctus chez le coiffeur, mais qui s'en sort. Arnaud, le week-end passé, qui s'écroule sur un terrain de hockey, avec arrêt cardiaque. Heureusement, 3 médecins présents  et, surtout, le défibrillateur du club, le ramèneront à la vie.

    Mauvaise alimentation ? Pollution ? Stress ? Les 3 cumulés sans doute. En tout cas, cela me conforte dans l'idée que, contrairement à ce qu'on avance, les générations nées dans les années 60 et postérieures n'auront pas la longévité de leurs parents et grands parents. Tous ces jeunes nés et nourris de produits industriels des multinationales agro-alimentaires et de l'agriculture intensive n'ont pas reçu les bonnes bases alimentaires saines des générations précédentes. On appelle cela le progrès...

    Jeudi soir, c'est notre vieil ami Walter qui s'est éteint, à l'âge de 103 ans et huit mois. C'est une exception, et cela le deviendra de plus en plus. Parce que nous avons avalé trop de pesticides, de cocktails de produits chimiques, de particules ayant migré des contenants en plastique, respiré trop de gaz d'échappement diesel, mangé trop gras (du mauvais gras de piètre qualité), trop salé et trop sucré.  Et cela se payera un jour...

    Nous n'avons qu'un corps : prenons-en soin, faisons-le bouger et nourrissons-le bien. Des fruits et légumes crus, de saison et Bio, des cuissons basse température, de bonnes matières grasses, du poisson sauvage,et du vin rouge. Pas trop de viandes rouges, ni de sel. Et pas de sucre, sirop de glucose, édulcorants, produits light et plats préparés. Vous verrez, on va vite tous y revenir ! 

  • Dégustation du lundi 239

    Nouvelle dégustation du Clos, hier soir, entre 5 compères en pleine forme.

    Un premier vin à la robe très claire et au nez aromatique de Granny Smith et d'agrumes sur une touche minérale. La bouche est exubérante : alcool, pêches, abricots, réglisse et anis. Un peu lourd et pas très désaltérant. Un vin qui aurait dû nous diriger, à l'aveugle, vers Chablis, selon la vendeuse. C'est tout à fait raté ! Château Barbeiranne Cuvée Vallat-Sablou 2013 en Côtes de Provence. C'est un Rol 100%.

    Le suivant présente une robe ambrée et un nez de rancio et d'oxydation. La bouche présente de la fraîcheur, de la vivacité, une belle acidité et de la longueur, sur de la noix et du rancio. Bouche divine pour certains, mais pas pour moi. Arbois Pupillin 2005 de Pierre Overnoy dans le Jura. On est en 100% Savagnin.

    On passe aux rouges, avec un vin à la robe rubis léger et au nez de vin nature. La bouche est joviale, agréable, délicate, fraîche et légère, avec juste une amertume dérangeante en finale (tannins sans astringence) : Cheverny Les Ardilles 2011 d'Hervé Villemade en Tourraine. 80% Pinot noir et 20% Gamay.

    Second rouge de la soirée, avec un flacon à la robe rubis et un nez sur la rondeur, la maturité et le fruité bien mûr. La bouche est juteuse, mûre, ronde et bien faite. C'est un bon jus, goûtu et très équilibré, ni trop extrait, ni caricatural. Certains lui reprochent un manque de caractère, mais celui-ci se développe au fur et à mesure de la dégustation; La Boda 2011 du domaine d'Aupilhac en Montpeyroux Languedoc, et en Bio. On est sur du Mourvèdre et de la Syrah, avec un peu de Carignan et de Grenache.

    La cinquième bouteille présente une robe noire et un nez plus frais, plus Syrah et plus poivré que le précédent. La bouche est ronde et enjôleuse, mais plus courte, moins dense et moins racée. C'est un peu mou et facile : Les Vignes oubliées 2012 en Terrasses du Larzac. Syrah et Carignan.

    Le suivant présente une robe rubis, un nez de fruits rouges et une bouche de beau jus sur des fruits croquants. Tous apprécient ce Rock & Ros 2012 Vi Natural Finca Troc d'En Ros Colera (Emporda) d'Espagne, produit à 300 bouteilles, et à l'étiquette tout à fait décalée. Sans SO2.

    On repasse à plus sérieux avec la septième bouteille, à la robe noire, et au nez frais et ample, sanguin, sur des fruits mûrs. La bouche, poivron à mort, présente une superbe matière sur des petits grains serrés. C'est vraiment bon. Certains se perdent à Bordeaux, moi dans le Rhône, pour ce Mas de Daumas Gassac 2007 en Vin de Pays de l'Hérault, dans la Haute Vallée du Gassac.

    La huitième et dernière bouteille de ce lundi soir présente une robe foncée avec un disque marqué par l'évolution. Le nez extraordinaire de Cabernet mène les bordelais du précédent sur Véga Sicilia. La bouche est grandiose, portée par une belle acidité. Et malgré son côté "Vin de garage", il est encore plus fin que le précédent : Mas de Daumas Gassac 2007 Cuvée Emile Peynaud en Vin de Pays de l'Hérault. Bouteille n° 000694 sur 1.600, en Cabernet Sauvignon 100%.

     

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    La suite des aventures du Clos lundi prochain, et un bel anniversaire la semaine d'après.

     

  • Hiver 2014/2015 : qu'est-ce qui nous attend ?

    Dans ses prévisions à long terme, Météotaflèche prédit un hiver doux et arrosé. Heureusement pour nous. Mais, de temps en temps, il se trompe, et pas un peu...

    Imaginons un hiver polaire avec nos centrales nucléaires défaillantes (il ne fallait pas prolonger leur durée d'existence, mais Electrabel aurait eu dur à assumer les coûts du démantèlement, alors que ce coût était prévu dans le prix exorbitant de l'électricité que nous avons payé pendant des décennies...). Maintenant, c'est GDF-Suez. Ont-ils les moyens, ou est-ce à nouveau le contribuable belge qui va devoir assumer ? Une fois de plus... Je trouve scandaleux l'attitude des politiciens qui servent l'intérêt des lobbies et des multinationales plutôt que celui des citoyens qui les ont élus. Mais, bon, va falloir s'y faire car ce n'est pas prêt de changer...

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    Imaginons aussi que la Russie coupe l'approvisionnement en gaz de l'Europe en représailles aux mesures économiques prises à son encontre par la CEE et les Etats-Unis, et nous voilà dans de beaux draps... Parce qu'à force d'obéir aux Etats-Unis, et de négliger nos voisins proches, on se met dans le pétrin... Certes, le gaz de schiste américain pourrait être livré en Europe, mais à quel prix ? Et merci pour l'environnement...

    En attendant, les belges se ruent sur les groupes électrogènes, le bois de chauffage, les bougies et les lampes de poches. Parce que, sans électricité, plus rien ne fonctionne. Plus rien du tout. Ni chauffage, ni eau chaude, ni frigo, ni cuisinière et four, ni machine à laver, ni GSM, ordinateur, radio et télévision, ni systèmes d'alarmes et autres Home Bank. Tous dans le noir et le froid, sans rien de chaud à manger...

    On retourne un siècle en arrière ! Cela mériterait d'y penser un instant et d'être un brin prévoyant. Car Météotaflèche dit souvent vrai, mais se trompe aussi, de temps en temps...

     

  • Poissons. Histoires de pêcheurs, de cuisiniers et autres...

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    Elisabeth Tempier, économiste, est devenue secrétaire de la prud'homie de Sanary (à côté de Bandol) et auteur d'un ouvrage qui embarque le lecteur en mer, navigue de port en port, et se met aux fourneaux. « Poissons. Histoires de pêcheurs, de cuisiniers et autres... » aux éditions Libre et solidaire (29,90 euros), a ramené dans ses filets les recettes des pêcheurs et de chefs : « Rougets, artichauts grillés et poivre sauvage », « Filets d'oblade marinés au gingembre et aneth sur un lit d'avocat », « Loup de mer avec gentiane et amandes fraîches », « Filet de merlu braisé aux petits pois et pommes de terre nouvelles au safran », « Maquereau en crumble de noisettes, à la bulgare », etc.

    Le livre d’Élisabeth Tempier a été préfacé par Carlo Petrini, le fondateur de Slow food. Cette ONG (organisation non gouvernementale) diffuse des messages Slow fish et vient de faire de la prud'homie de Sanary une de ses sentinelles. « Le but est de protéger un produit ou une organisation qui pourrait disparaître et qui présente un intérêt culturel, gustatif, culinaire, environnemental, éthique, patrimonial » explique Élisabeth Tempier, « notre prud'homie est mise en lumière comme modèle de gestion des pêches. »

    Elisabeth Tempier tient aussi un blog "L'encre de mer" pour vous plonger dans le développement durable et solidaire de la pêche. Il déroule tout un tas d'infos comme les vagues leur écume : de l'art, des recettes, des infos pêches, des rencontres avec des pêcheurs, etc. (Source : Le coin bleu).

     

     

  • Dégustation du lundi 238

    Rentrée des classes, rentrée du Clos, c'est la rentrée partout. Un beau Clos à 5, pour la reprise des dégustations à l'aveugle hebdomadaires du lundi soir.

    Je me passerai de commentaires sur la première bouteille, un Bourgogne aligoté 2012 de François Mikulski. Une mise en bouche.

    Second blanc, à la robe claire et au nez de pommes. En bouche, un style riche, mûr, très pommes (trop?), avec du coing en fin de bouche. Un Bout de Chenin PZ en Vin de France.

    Troisième blanc, toujours à la robe claire, et au nez de noix, de beurre et de barrique. Certains y sentent le Chardonnay, d'autres un Pinot blanc d'Alsace... En bouche, il y a de la construction, une structure, c'est assez complexe mais matraqué par le bois. On pense à un chardonnay boisé à mac, très traditionnel, et on se trompe : c'est une grenache des Côtes catalanes ! La Nouvelle Don(n)e Mustango, en Vin de Pays des Côtes Catalanes de W. Valat.

    Quatrième blanc, à la robe claire aussi, et au nez de fleurs blanches et de pépins de pommes. La bouche est fort agréable, avec un côté légèrement tannique (peau de raisins). C'est équilibré, long et bien fait, sans exubérance. Avec des notes de citrons et une tension saline : Roc d'Anglade 2010 en Vin de Pays du Gard (80% de Chenin Blanc et 20% de Chardonnay). Bouteille assez difficile à trouver...

    On se rapproche lentement des rouges avec ce cinquième flacon, à la robe rose/rouge style Cantillon et au nez de vrai jus sans concession. En bouche, raisin sain, vinification simple, aucune typicité, très léger et très levuré : VN Vinello 2013 Partida Creus Vin du Massif de Bonastre (Barcelone). Un apéro composé de 7 cépages.

    Enfin les rouges (je commençais à désespérer) avec ce sixième flacon à la robe rubis foncé et au beau nez qui pinote sur des fruits croquants et pétillants, puis l'alcool. La bouche est assez légère par rapport au nez. Elle est épicée, longue, sur des fruits écrasés, de la peau de raisins et des cerises en finales, ou plutôt, du noyau de cerises, sur des tannins fondus. Mais le vin n'évolue pas dans le verre. Il est trop figé, pas assez libre. On est pourtant en Bio-dynamie : Guilhem Gaucelm 2011 Ermitage du Pic Saint-Loup en Languedoc.

    Septième et dernière bouteille de la soirée, avec un vin à la robe foncée et au très beau nez abouti sur des notes d'aneth, de sang et de poivre qui appelle l'onglet. On est vraiment sur une viande maturée braisée comme il faut avec toute la subtilité des notes herbacées. La bouche est mûre, ronde avec quelques tannins naturels en finale, mais c'est aussi frais, léger et très long. Un bel équilibre pour ce vin qui vient du soleil et qui donne soif et faim : Natouchka 2007 Miraval en Côtes de Provence. C'est une Syrah pure.

     

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    Prochaine dégustation du Clos lundi prochain, à 5, après une semaine qui s'annonce enfin sèche et estivale...

  • Comment on vous a abruti..

    Relisons ces lignes écrites en 1956 (!), extraites de « L’obsolescence de l’homme » de Günther ANDERS, à propos du  conditionnement collectif :

    Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

    L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

    Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.

    En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

    L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir.

    Ce texte, lu sur le blog des Moutons Enragés, explique peut-être la passivité de la masse populaire, prête à tout subir et tout accepter, n'ayant plus l'occasion de réfléchir, de se poser les justes questions, de faire des choix de vie et de s'opposer aux dictats des lobbies bancaires, nucléaires, politiques, agro-alimentaires et pharmaceutiques. On laisse faire, sans penser une seule seconde qu'il existe des alternatives bien plus avantageuses, bien plus saines et bien plus équitables.

    Arrêtez de vous abrutir comme des idiots devant ces séries télé nulles et pensez, discutez, lisez. Trouvez des alternatives ou créez-en. Bougez et réagissez. Terriens, il est temps d'agir...