• De la drogue dans nos assiettes...

    80 % de notre alimentation provient de l’industrie agro-alimentaire. Quelles sont les circonstances qui ont favorisé ce type de pratiques ?

    Dans les années 60 et 70, on a dit que pour être moderne, il fallait manger ce type de nourriture-là. La libération de la femme également a beaucoup joué. Elle n’est plus obligée de rester à la maison et peut travailler parce qu’elle a ces produits de facilité. Donc toute la pub a investi là-dedans pour dire : c’est plus pratique, c’est plus moderne et c’est plus rapide. Aussi, dans les supermarchés, ils mettent les plats cuisinés en face des fruits et des légumes. C’est fait exprès, c’est fait pour vous montrer que vous pouvez manger sans vous prendre la tête à couper les fruits et les légumes. Mais c’est aussi une manière d’inciter un raisonnement mental dans votre esprit et qui consiste à dire que si c’est dans les rayons fruits et légumes, c’est que c’est bon pour la santé.

    En tant que Franco-Américain, considérez-vous que l’on peut établir un parallèle entre les USA et la France en matière de “junk food” ?

    Oui. L’une des personnes que j’avais interviewées sur la nourriture et l’addiction avait d’ailleurs réalisé une étude à ce sujet. Elle avait comparé la courbe d’ouverture de nouveaux MacDo en France avec celle des problèmes de surcharge pondérale. Ces deux courbes évoluaient de la même manière. En Angleterre, même chose. Il y a aussi un Belge que nous avons interrogé, Olivier de Schutter (rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation, NdlR). Il dit que c’est un problème énorme auquel doivent surtout faire face les pays émergents. C’est un problème de santé publique. Et cela concerne un marché énorme, chiffré en millions. Il y a des millions de personnes qui meurent de maladies liées à notre nourriture moderne et industrialisée. Et là-dedans, je n’inclus pas encore ceux qui souffrent de malnutrition, là c’est encore autre chose.

    Que vous inspire la dernière polémique sur les lasagnes Findus ?

    Ça m’inspire que nous n’avons pas les moyens de vérifier la traçabilité des aliments et de vérifier ce qu’il y a dans nos assiettes. C’est honteux d’autant que c’est l’Europe qui le permet parce qu’en France, par exemple, nous voudrions changer l’étiquetage au niveau national et nous n’en aurons pas le droit car le parlement européen l’a refusé. L’Europe est complètement phagocytée par le lobbying et ça, on l’indique dans le film avec l’étiquetage "feu tricolore" défendu par Monique Goyens. Elle avait quelques milliers d’euros pour faire sa campagne mais les lobbies ont un million pour contrer ça. Et ce n’est pas normal. Extrait d'un entretien d'Aurélie Moreau avec Rémy Burkel, auteur d' un documentaire interpellant sur les pratiques de l’industrie agro-alimentaire "De la drogue dans nos assiettes". La Libre.be

  • Enfin une lunch box qui donne envie...

    BENTÔÔÔ

     

    BENTÔÔÔ : Contenant et contenu, le bentô cartonne. Sain et pratique, ludique et créatif, souvent délicieux,  la lunch box  à la nippone, vu par une japonaise à Paris. Cette petite boîte hermétique, divisée en cases, souvent à plusieurs étages dans lequel on dispose d'égales proportions de riz et légumes, poisson ou viande, permet de transporter son repas du déjeuner… au Japon. 

    Noriko Ishizaka, fondatrice de l'association "Hope & Love for Japan" pour les victimes du séisme, a été productrice photos et organisatrice de défilés. Parisienne depuis vingt ans, avec un fort tropisme pour la cuisine et l'esthétique, on découvre ses jolis bentô, de fait, très visuels. Les boules de riz côtoient  trois ou six accompagnements selon la boîte choisie. Ce jour là, plus de desserts. Le succès probablement.

    Mussubï, 89 rue d'Hauteville, 10ème, tel, 01 42 46 31 02, Bentô Spécial 13 €. Extrait d'un article de Christel Brion sur le site du Nouvel Observateur.

    C'est simple, coloré et attirant à l'oeil, varié, appétissant et sain : que du plaisir !

     

  • Dégustation du lundi 192...

     

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    Nouvelle dégustation à 6 ce lundi soir au Clos, avec 5 vins rouges au programme, dont le premier présente une robe pourpre et jeune et un nez de noyaux de cerises sur de l'alcool, avec un peu de réduction et du vieux carton. La bouche s'avère plaisante, ronde, simple, sur du gamay et de la cerise du nord. Mais cela tombe court. Ce vin manque d'ampleur partout, avec un petit boisé en finale. Canon "Les Améthystes" 2011 en Morgon, de Michel Guignier.

    Second vin, à la robe rubis, plus claire, et au nez de Pinot pas très expressif. Par contre, très belle attaque en bouche, sur le fruit. Beaucoup plus dense et lourd que le précédent, malgré la robe plus claire. C'est bien fait et enjoleur, mais sans charme. Le vin précédent est plus plaisant à boire. On est bien sur du Pinot, mais pas en Bourgogne : Salgesch Salquenen Grand Cru 2010 en AOC Valais. En Suisse, quoi.

    Les troisième et quatrième flacons sont servis en même temps. Robe rubis pour les 2, avec un côté plus écarlate pour le dernier. Magnifique nez sur le fruit, les épices et le poivre, avec du graphite et du fumet pour le premier,  et un nez moins expressif, mais très beau, sur des petits fruits et de la fraîcheur pour le dernier. La bouche du 3ème est ample et puissante, sur une très belle matière noble, mais avec une finale astringente, peut-être due au non égrappage. La bouche du 4ème est identique mais moins expressive, plus aqueuse et moins ample, mais d'une magnifique buvabilité : c'est frais et c'est bon ! Je suis le seul à être en Rhône et c'en est : Côteaux de Tupin 2008 en Côte-Rôtie de Jean-Michel Stephan et Côteaux de Bassenon 2008 en Côte-Rôtie, toujours du même Jean-Michel Stephan. Pas mal du tout !

    On termine la soirée avec un cinquième flacon à la robe noire et au fort beau nez de grand vin américain, style Dominus. La bouche est fine, crémeuse et concentrée. C'est travaillé, très beau et super bien fait pour certains, mais fatiguant et parkérisé pour d'autres. Picconero Tenuta Montbello 2007 en Toscane (Tolaini). Une exubérance toute américaine qui est italienne... Ceci dit, c'est la seule bouteille vide, à la fin de la dégustation.

    La suite des aventures du Clos, lundi prochain. Pour fêter la fin de l'hiver !

  • Malbouffe et système immunitaire...

    "Comment analysez-vous l'émergence mondiale d'une restauration "sans gluten" ?

    C'est un mauvais signal, symptomatique d'un problème général. Aux Etats-Unis, où les allergies alimentaires sont très répandues, 18 % de la population achète des produits "sans gluten". Il s'agit de personnes coeliaques [maladie auto-immune atteignant l'intestin], mais c'est une minorité (1 % de la population). Les autres sont intolérantes, digèrent mal le gluten ou veulent simplement se nourrir plus sainement.

    Vous étiez analyste financière, vous êtes l'emblème de la lutte contre la malbouffe soutenue par Erin Brokovitch. Pourquoi ?

    Un de mes enfants souffre d'allergie alimentaire. J'ai découvert qu'aux Etats-Unis, à partir de 1994, certaines modifications génétiques ont été réalisées dans la nourriture, modifications qui n'ont pas été acceptées en Europe. En utilisant mon approche d'analyste financière, j'ai cherché quelles décisions avaient été prises pour maximiser les rentabilités et ai découvert à quelles dérives cela a mené.

    Qu'avez-vous découvert ?

    Le rajout d'ingrédients et additifs chimiques, le dopage des animaux pour qu'ils prennent rapidement du poids, l'utilisation massive de pesticides... Tout cela détruit notre barrière digestive, garante de notre immunité. Aucun scientifique ne connaît vraiment les impacts de tels changements, mais nous sommes devenus plus vulnérables. Des estimations inquiétantes sont publiées : 41 % des Américains devraient avoir un cancer dans leur vie, la moitié des hommes et un tiers des femmes. Les maladies auto-immunes, liées à un état inflammatoire élevé du corps, augmentent. Nos systèmes immunitaires luttent énormément à cause de l'alimentation qui nous est proposée.

    Quelles sont les avancées ?

    Les mentalités évoluent. Après la publication du livre, puis la participation à des conférences comme celle organisée par Ted (organisation non lucrative dont la finalité est la diffusion d'idées et d'approches nouvelles), des sociétés m'ont contactée, et j'ai créé Allergykids, une société de conseil. Nous nous sommes déconnectés de nos racines, surtout aux Etats-Unis. Nous ne savons plus d'où vient la nourriture. L'industrie agroalimentaire a pris une mauvaise direction. Il faut réagir rapidement."

    Interview de Robyn O'Brien, auteur du livre "The Unhealthy Truth" sur l'industrie agroalimentaire, par Laure Belot pour Le Monde.fr Lire aussi l'article Sans Gluten : http://www.lemonde.fr/vous/article/2013/02/23/bien-manger-sans-ble_1837826_3238.html

  • Une vision juste de l'alimentation...

    The Weston A. Price Foundation est un site fort intéressant que j'aime bien consulter. Il traite des fausses idées que nous avons sur l'alimentation (véhiculées par l'industrie agro-alimentaire ou les pubs TV). La plupart des articles sont en anglais, mais certains sont disponibles en français. Ci-dessous, leur vision de ce qu'il faut manger et ce dont on doit se méfier :

    Les Recommandations Diététiques

    Mangez des aliments complets, non transformés industriallement.

    Mangez du boeuf, de l’agneau, du gibier, des abats, de la volaille et des oeufs d’animaux élevés en plein air et nourris dans les pâturages.

    Mangez du poisson sauvage (pas d’élevage) et des fruits de mer provenant d’eaux non polluées.

    Mangez des produits laitiers entiers de vaches nourries dans les pâturages, de préférence à base de lait cru ou fermenté, tel que le lait cru, le yaourt entier, le kéfir, le beurre cru ou de culture, les fromages de lait cru et de la crème fraîche ou de la crème sûre non pasteurisées (les fromages d’importation qui mentionnent sur leur étiquette « lait » ou « lait frais » sont de lait cru.)

    Utilisez les graisses animales, et surtout le beurre, sans restriction.

    N’utilisez que les huiles végétales traditionnelles—l’huile d’olive extra vierge, l’huile de sésame vierge de première pression à froid, de petites quantités d’huile de lin première pression à froid, et les huiles tropicales—huile de coco, huile de palme et huile de noyaux de palme.

    Prenez régulièrement de l’huile de foie de morue pour fournir au minimum 10.000 UI (ndt : Unités Internationales) de vitamine A et 1000 UI de vitamine D par jour.

    Mangez des fruits et des légumes frais—de préférence biologiques—en salades et en soupe, ou légèrement cuits à la vapeur avec du beurre.

    Utilisez des céréales entières, des légumineuses et des oléagineux qui ont été préparés en les faisant tremper, germer ou fermenter sous forme de levain afin de neutraliser l’acide phytique, les inhibiteurs d’enzymes et les autres substances anti-nutriments.

    Incorporez à vos repas d’une façon régulière des légumes, des fruits, des boissons et des condiments lacto-fermentés qui se sont enrichis en enzymes.

    Préparez des bouillons maisons fait à base d’os et de carcasses de poulet, de boeuf, d’agneau ou de poisson et utilisez-les sans restriction dans vos soupes, ragoûts, sauces et jus de viande.

    Utilisez de l’eau filtrée pour cuisiner et boire.

    Utilisez du sel non raffiné et des herbes et épices diverses pour varier les saveurs et stimuler l’appétit.

    Faites votre propre salade en utilisant du vinaigre non pasteurisé, de l’huile d’olive extra vierge et un petit peu d’huile de lin extraite à froid.

    Utilisez avec parcimonie les édulcorants naturels comme le miel non pasteurisé, le sirop et le sucre d’érable, le sucre de date, le sucre de canne complet déshydraté (appelé Rapadura) et la poudre de Stévia.

    Buvez du vin non pasteurisé ou de la bière avec grande modération et seulement aux repas.

    Cuisinez seulement dans de l’acier inoxydable, de la fonte, du verre ou de l’émail de bonne qualité.

    Utilisez seulement des suppléments alimentaires naturels.

    Faites de l’exercice, exposez-vous à la lumière naturelle et dormez suffisamment.

    Pratiquez la pensée positive et pardonnez facilement.

    Les Dangers Diététiques

    Ne mangez pas d’aliments industriels tels que les cookies, les gâteaux, les biscuits, les crackers, les repas tout prêts, les sodas, les sauces en sachet, etc. Lisez les étiquettes !

    Evitez les édulcorants raffinés tel que le sucre, le dextrose, le glucose, le sirop de fructose de maïs concentré et les jus de fruits.

    Evitez la farine blanche, les aliments faits à base de farine blanche et le riz blanc.

    Evitez toutes les graisses et huiles hydrogénées ou partiellement hydrogénées.

    Evitez les huiles liquides raffinées faites à partir de soya, de maïs, de carthame, de graines de coton ou de colza.

    N’utilisez pas d’huiles polyinsaturées pour la cuisson ou les pâtisseries.

    Evitez les aliments frits dans des huiles polyinsaturées ou dans des huiles partiellement hydrogénées.

    Ne pratiquez pas le végétalisme. Les produits animaux fournissent des nutriments vitaux qu’on ne peut trouver dans les aliments d’origine végétale.

    Evitez les produits qui contiennent des poudres de protéines car ils contiennent généralement des carcinogènes qui se sont formés au cours de leur fabrication; par ailleurs le fait de consommer des protéines sans les cofacteurs que l’on trouve dans l’aliment naturel peut conduire à des déficiences, particulièrement en vitamine A.

    Evitez le lait pasteurisé et transformé; ne consommez pas de produits laitiers ultra-pasteurisés (ndt : U.H.T), de lait écrémé ou demi écrémé, de lait en poudre ou d’imitations de produits laitiers.

    Evitez les oeufs et la viande de batterie et le poisson d’élevage.

    Evitez la charcuterie, les saucisses et viandes industrielles. Choisissez plutôt leurs équivalents artisanaux, sans additifs.

    Evitez les graines, oléagineux et céréales rances et incorrectement préparées que l’on trouve dans les granolas, les pains utilisant de la levure et les céréales soufflées, car elles empêchent l’absorption des minéraux et causent des dérangements intestinaux.

    Evitez les fruits et légumes en conserve, protégés par une couche de cire, ayant reçus des pesticides ou irradiés. Évitez les O.G.M (que l’on trouve dans la plupart des produits au soya, au colza ou au maïs).

    Evitez les additifs artificiels tel que le GMS (monoglutamate de sodium, ou glutamate), les protéines hydrolysées et l’aspartame, qui sont des neurotoxines. La plupart des soupes, des sauces et des bouillons tout prêts ainsi que les condiments du commerce contiennent du GMS, même si ce n’est pas indiqué sur l’étiquette.

    Les individus sensibles à la caféine et ses dérivés devraient s’abstenir de consommer du café, du thé et du chocolat.

    Evitez les aliments du commerce qui contiennent de l’aluminium tel que le sel commercial, la poudre à lever, le bicarbonate de soude, et les antiacides. N’utilisez pas de plats de cuisson et de déodorants contenant de l’aluminium.

    Ne buvez pas d’eau fluorée.

    Evitez les vitamines synthétiques et les aliments en contenant.

    Evitez les alcools distillés (ndt : par opposition aux alcools fermentés que sont le vin et la bière).

    N’utilisez pas le micro-ondes.

     Copyright: © 1999 The Weston A. Price Foundation. All Rights Reserved.

  • Accrochez-vous, c'est pas fini...

    "Outre ces défis américains, le monde entier a également de nombreuses épreuves à traverser. Là encore, ce sont avant tout des défis économiques. Ce sont notamment le Japon et le Royaume-Uni, éléments clés de la sphère d'influence américaine, qui luttent pour leur survie, tous deux en récession, avec des dettes insoutenables, une épargne des ménages au plancher et sans perspective de solution à court terme. Nous examinerons en détail ces deux pays dans la suite. Mais c'est également une économie brésilienne au ralenti, des taux d’inflation difficiles à gérer dans les puissances émergentes, le dégonflement de la bulle immobilière au Canada, en Chine et en Europe, etc… 

    Les défis sont également d'ordre géopolitique : pour ne citer que trois exemples, les conflits africains au nombre desquels bien sûr l’intervention de la France au Mali, les conflits et la confrontation indirecte des puissances au Moyen-Orient autour de la Syrie, d'Israël et de l'Iran, ainsi que les tensions territoriales autour de la Chine que nous examinerons lors de notre analyse du Japon ci-après. 

    Tous ces facteurs, économiques, géopolitiques, américains, mondiaux, convergent vers le même moment : le deuxième trimestre 2013. Notre équipe a identifié la période allant de mars à juin 2013 comme étant explosive, à l'issue notamment des négociations aux États-Unis sur le plafond de la dette et sur la fiscal cliff. La moindre étincelle mettra le feu aux poudres, enclenchant la seconde phase d'impact de la crise systémique globale. Et des occasions de faire des étincelles, on l'a vu, il y en a beaucoup. 

    Quels sont alors les conséquences et le calendrier de cette seconde phase d'impact ? Sur les marchés d'abord, une chute significative s'étalera jusqu'à fin 2013. Les économies étant toutes interconnectées, l'impact va se propager à la planète entière et entraîner l'économie mondiale en récession. Néanmoins, grâce au découplage des autres pays que nous mentionnions précédemment, tous les pays ne seront pas affectés de la même manière. Car, bien plus qu’en 2008, des opportunités existent pour les capitaux en Asie, en Europe, en Amérique Latine, notamment. Outre les États-Unis, les pays les plus touchés seront donc ceux de la sphère américaine, à savoir Royaume-Uni et Japon principalement. Et, tandis que ces pays se débattront encore en 2014 avec les conséquences sociales et politiques de l'impact, les autres régions, BRICS et Euroland en tête, verront enfin la sortie du tunnel à cette époque-là." Extrait paru dans le Le GEAB N°71 (Global Europe Anticipation Bulletin), un organisme d'experts indépendants.

    Bref, s'ils disent juste, on n'est pas encore sortis de l'auberge... Une année 2013 maussade au niveau mondial, avec un deuxième trimestre explosif pour les USA, l'Angleterre, le Japon et Israël. L'Europe sera, heureusement, moins touchée, bien que la situation est quand même dramatique dans certains pays (Grèce, Espagne, Italie, etc.). Et le bout du tunnel annoncé pour 2014. Courage, plus qu'un an à tenir ! En remerciant chaque jour les banques et le monde financier irresponsables dans leur gestion et leurs pratiques plus que douteuses, d'avoir provoquer cette crise qui aura duré 5 ans... Si tout va bien...

     

     
  • Findus : suite et faim...

    "Vu mon mauvais fond, j'ai commencé par ricaner en apprenant la nouvelle : si vous êtes assez gogo pour acheter de la viande passée à la moulinette industrielle en croyant ce qu'il y a écrit sur l'étiquette illisible, ne venez pas vous plaindre ! Et après tout, il n'y a pas mort d'homme, ni alerte sanitaire, juste une arnaque à l'étiquette doublée d'une tricherie sur la marchandise, comme il s'en produit à flux continu de par ce monde.

    La fabrication et la conserve industrielles de produits carnés à usage humain se classent juste avant celle de la bouffe pour chien dans l'échelle de qualité. C'est le grand rendez-vous des bas morceaux et des parures avec le sel et les épices, les additifs de toutes les couleurs et de toutes les saveurs, dans un gigantesque hachis de races, d'espèces et d'origines aussi claires que du jus de boudin. De ce "minerai" livré en "pains" congelés – c'est ainsi qu'ils disent –, les professionnels vont extraire de jolies boîtes de pâté et de corned-beef, des tonnes de merguez et de kebab, des citernes de sauce bolognaise et des tombereaux de moussaka ou de chili con carne... Les consommer, c'est s'exposer au risque "lasagnes Findus" et encourager un système productiviste nourri aux mamelles de l'agriculture intensive et de la grande distribution hégémonique, dont ces produits bas de gamme sont l'aboutissement.

    L'affaire Findus aura deux conséquences : la baisse de la consommation de viande, déjà amorcée dans les pays occidentaux, va continuer, accompagnée d'un regain d'intérêt – non sans raison – pour le régime végétarien, total ou partiel ; par ailleurs, le développement du bio, des circuits courts, du manger local, du fait maison, du rapprochement producteurs-artisans-consommateurs, ne peut qu'être encouragé dans ce climat de défiance accrue à l'égard des charognards de l'industrie agroalimentaire. Personne ne s'en plaindra, sauf Findus et les siens." Extrait de l'article de JP Géné dans le Magazine du Monde de ce weekend. On pense tous les 2 la même chose, mais il le dit mieux que moi...

     

    Terriens, il est temps d'agir...

     

  • H5N1, c'est reparti...

    Supervirus H5N1

     

    Paru sur Buzz santé, un article passé inaperçu, concernant un élevage de canards en Allemangne, touché par le H5N1. Les 200.000 canards ont été abattus. Un petit élevage artisanal sans doute, avec des canards en pleine nature (on peut rêver). Vu le nombre, c'est plutôt un élevage industriel, avec des canards qui n'ont jamais connu la pelouse ou la prairie...

    Bref, le H5N1, c'est reparti. Avec les risques de contamination des volatiles sauvages, d'autres élevages de volailles, et de l'homme, comme d'habitude, en fin de chaîne alimentaire.

    Décidément, il va être de plus en plus difficile de se nourrir sainement sur cette planète ! Adieu plats préparés de l'industrie agro-alimentaire, adieu fruits et légumes sans goût bourrés de pesticides, adieu poissons d'élevages intoxiqués et nourris de farines de carcasses animales, adieu viandes rouges traitées aux antibiotiques, aux hormones de croissances et aseptisées à l'acide lactique. Il reste le Bio, mais pour combien de temps ?

     

  • De scandale en scandale...

     

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    "Après le scandale de la viande de cheval, celui du poisson ? C'est la question qui se pose, après la publication, jeudi 21 février, d'une étude menée par l'ONG américaine Oceana révélant une fraude de grande ampleur portant sur les produits de la mer aux Etats-Unis, où un tiers des poissons consommés n'appartiennent pas à l'espèce que les clients avaient cru acheter.

    Pour son enquête, menée de 2010 à 2012, l'association a procédé à une analyse ADN de 1 215 échantillons de poisson collectés dans 674 points de vente – magasins d'alimentation et restaurants – dans 21 Etats américains.

    Les résultats sont sans appel : 33 % des poissons étudiés ne correspondaient pas à l'espèce affichée et pâtissaient d'un étiquetage non conforme à la charte établie par l'Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA).

    Les poissons les plus pêchés, le thon et le vivaneau ("snapper"), sont aussi les plus mal étiquetés : ainsi, le vivaneau enregistre un taux d'erreur de 87 % (161 des 186 poissons vendus comme tel et collectés dans l'ensemble du pays n'en étaient finalement pas), tandis que le thon est mal étiqueté dans 59 % des cas (84 % des échantillons de thon blanc prélevés étaient en réalité de l'escolar, une espèce de poisson pouvant provoquer de graves troubles digestifs).

    Entre 19 % et 38 % des morues, des flétans et des bars chiliens avaient aussi un étiquetage erroné, ajoute encore le rapport. Seul le saumon est mieux étiqueté, avec seulement 7 % de fraudes.

    Cette vaste opération de substitution d'espèces prend plusieurs formes. On y retrouve des poissons d'élevage vendus comme des poissons sauvages, beaucoup plus coûteux (comme du pangasius vendu pour du mérou, de la sole ou de la morue). Des espèces surexploitées, vulnérables ou en péril vendues comme d'autres plus soutenables (par exemple du flétan de l'Atlantique à la place du flétan du Pacifique). Y figurent aussi des poissons déconseillés aux femmes enceintes et aux enfants par la FDA en raison de leur teneur élevée en mercure – comme le bar – commercialisés sous d'autres noms.

    Au total, 44 % de tous les lieux de vente visités vendaient des poissons mal étiquetés. Dans le détail : les restaurants de sushi avaient le taux d'erreurs le plus élevé sur leur carte (74 %), suivi par d'autres restaurants (38 %) et les magasins d'alimentation (18 %).

    "La chaîne mondiale d'approvisionnement des produits de la mer est des plus complexes et obscures, expliquent les chercheurs. Avec des inspections minimales du gouvernement fédéral, alors que les importations augmentent, et sans tests ADN tout au long de la chaîne d'approvisionnement, il est difficile de déterminer si la fraude s'est produite sur le bateau, pendant le traitement des poissons, au niveau du gros, lors de la vente au détail ou ailleurs."

    "Aux Etats-Unis, 90 % du poisson consommé est importé, ce qui rend plus difficile la traçabilité. Surtout, les contrôles de la FDA ne portent que sur 2 % de ces produits, explique Beth Lowell, directrice de campagne d'Oceana. Acheter du poisson est devenu un jeu de devinettes pour les consommateurs américains. Il faudrait traquer les poissons du bateau de pêche jusqu'à la table du consommateur pour pouvoir être sûrs qu'ils sont sans danger, légaux et portent une étiquette les décrivant de façon exacte."

    "Outre le fait d'être trompés et de payer plus cher que la valeur du produit acheté, un grand nombre de consommateurs se voient nier le droit de choisir un poisson pour des raisons de santé ou de préservation d'espèces menacées", déplore de son côté la Dr Kimberly Warner, scientifique d'Oceana et principale auteure de cette recherche.

    "Nos résultats montrent qu'un système de traçabilité transparent et empirique – un système qui pourra suivre les poissons du bateau à l'assiette – doit être mis en place au niveau national, conclut le rapport. Conjointement, une inspection et des tests accrus sur nos produits de la mer, et en particulier pour les problèmes d'étiquetage, ainsi qu'une application plus stricte des lois fédérales et nationales qui combattent la fraude, doivent permettre de lutter contre cette tendance gênante."

    En Europe, la traçabilité est aussi en question. Si aucune enquête de grande envergure n'a jamais été menée à l'échelle de l'Union, une étude publiée dans la revue Fish and Fisheries en 2011 avait néanmoins révélé que respectivement 28 % et 7 % du cabillaud vendu en Irlande et au Royaume-Uni était mal étiqueté. L'espèce, la plus populaire parmi les poissons blancs consommés dans ces deux pays, était remplacée par d'autres poissons moins soutenables (comme le cabillaud de l'Atlantique, menacé) ou moins chers (tels que du merlan, du colin ou du lieu noir)." Article d'Audrey Garric dans M Planète, pour Le Monde.

    Personnellement, j'ai tellement mangé de poissons (souvent midi et soir) que je les reconnais tous. Inutile de vous dire que quand on me sert du Loup du Lac Victoria pour du Bar de ligne, ou de la sole tropicale pour de la vrai sole de la mer du Nord, je bondis. Chaque poisson possède sa propre structure de chair et son goût, ce qui me permet de différencier un filet de Rascasse, d'un filet de barbue et un pavé de Daurade Royale d'un tronçon de Pageot. Et je peux vous confirmer, qu'au restaurant, cela arrive de plus en plus souvent, même dans quelques grandes maisons... Sans doute que le prix du poisson sauvage local, et sa rareté, y sont pour quelque chose...

    Le drame, c'est que la plupart des CON-sommateurs n'y connaissent rien, et se font rouler dans la farine. Le goût se perd, et la qualité aussi...

  • Vous n'auriez pas un peu d'eau...?

    L'infographie est parlante. Il faut imaginer qu'un puissant sorcier a, grâce à un maléfice habile, siphonné toute l'eau présente sur Terre et l'a réunie dans une sphère, un petit satellite liquide posé sur notre globe soudain asséché. D'un coup d'un seul, notre planète bleue est devenue brune et il y a comme une surprise à voir les océans, mers, lacs, calottes polaires, rivières et glaciers, qui recouvrent en temps normal plus de 70 % des 510 millions de km2 que compte la Terre, se résumer à un cochonnet de seulement 1 385 km de diamètre, soit à peu près la distance qui sépare Paris d'Alger à vol d'oiseau.

    L'eau sur Terre est un peu comme une feuille de papier cadeau recouvrant une boule de bowling. Depuis l'espace on ne voit presque qu'elle, elle donne sa couleur à notre planète mais ne représente qu'une minuscule fraction (0,023 %) de sa masse. Combien y en a-t-il exactement ? Si l'on revient à notre image, cette bulle contient 1,386 milliard de km3 d'H20. Comment se répartit-elle ? Les plus gros fournisseurs, et de loin, sont évidemment les océans et les mers, avec 1,338 milliard de km3. Ils arrivent loin devant deux quasi ex-aequo (environ 24 millions de km3 chacun) : les calottes polaires (Groenland et Antarctique), glaciers et neiges éternelles d'un côté, l'eau contenue dans le sous-sol et dans la croûte terrestre de l'autre. Les miettes qui restent reviennent, dans l'ordre décroissant, aux glaces du pergélisol, aux lacs, à l'humidité des sols, à l'atmosphère, aux marais, aux cours d'eau et, enfin, à toute cette eau si importante pour nous, celle qui est prisonnière des organismes vivants, celle sans qui vous et moi ne serions que des momies. On estime que toute la vie terrestre regroupe un peu plus de 1 100 km3 de cette eau dite biologique.

    A lire cette longue énumération, on s'est sans doute aperçu que l'eau douce ne représente qu'une part minoritaire du total : environ 35 millions de km3. C'est la perle à droite du cochonnet sur la carte ci-dessous. Mais, dans cette petite portion, la plus grande partie de l'eau est hors d'atteinte des êtres vivants, soit parce qu'elle est congelée dans les inlandsis, soit parce qu'elle est enfouie dans les entrailles de la Terre. Si l'on ne prend en considération que l'eau facile d'accès, celle que l'on trouve dans les lacs non salés, les marais, les fleuves et les rivières, il ne reste plus grand chose. Avez-vous repéré le petit point bleu sur cette deuxième infographie, sous la perle dont je viens de parler ?

    Cette tête d'épingle a moins de 60 km de diamètre. Elle contient toute l'eau douce aisément disponible pour la vie terrestre. C'est dans cette minuscule réserve que 7 milliards d'hommes puisent pour boire, irriguer leurs cultures, abreuver leurs animaux d'élevage, faire tourner leurs usines, alimenter leurs centrales électriques, etc. Et, si on met Homo sapiens de côté, quantité d'autres organismes vivants en dépendent aussi. C'est en voyant ce genre d'image que l'on s'aperçoit mieux, qu'entre la sécheresse et nous il n'y a presque rien. Que l'eau est plus rare qu'il n'y paraît. Parce que la Terre est une brune qui se teint en bleu. Article de Pierre Barthélémy (@PasseurSciences sur Twitter)

     
  • Dégustation du lundi 191

    Belle petite dégustation à 4, pour ce retour de congé de Carnaval, avec un premier vin à la robe assez claire et évoluée et au nez sur de belles notes d'évolution (entre 2003 et 2009). C'est plutôt fin en bouche, malgré une chaleur et une puissance perceptibles. C'est expressif, lisse, rond et fluide sans aucune agressivité, ni aucun côté astringent, sur des prunes, de la cerise et des fruits noirs confiturés. Epatant et très bon : non, ce ne sont ni un Châteauneuf-du-Pape, ni une Côte-Rôtie, mais un San Lorenzo 2007 Etna Rosso Girolamo Ruppe en Sicile. Fort beau flacon.

    Le second vin, avec sa robe noire et évoluée, et son nez très racé de vieux bordeaux en rive gauche, assume. En bouche, c'est beau, tout en étant beaucoup plus classique, avec un boisé évolué bien intégré dans le fruité. C'est intéressant, malgré une bouche en montagnes russes : Château Lagrange 1990 en Saint Julien, un bon bordeaux de repas.

    Troisième flacon de la soirée à la robe claire, et au nez de réduction et de caoutchouc brûlé, avant de passer à un second nez de vin nature plus sympathique. En bouche, il pétille légèrement au début, puis, présente une belle attaque fruitée, fraîche et assez légère. C'est croquant, et l'acidité pousse à en re-boire encore et encore : fort belle buvabilité ! On apprend que c'est du Pinot noir et pourtant, je ne reconnais pas la Bourgogne. Impossible de mettre un terroir sur ce vin... Jean-François Ganevat, Cuvée Julien 2009 en Côtes du Jura.

    Le dernier flacon de la soirée présente une robe un plus foncée, d'un écarlate magnifique avec un nez de cerises et de noyaux de cerises. En bouche, plus de concentration et de matière que le précédent, avec une belle buvabilité aussi. Mais j'ai toujours ce même manque de tannins face à de tels vins. Beaune Toussaints 1er Cru 2009 d'Albert Malot. Personne n'a reconnu le Pinot noir dans ce vin exempt de bois.

    La suite des dégustations à l'aveugle du Clos lundi prochain.

  • Le cheval roumain et la malbouffe...

    "Le cheval roumain est désormais presque aussi célèbre que la vache folle anglaise. De manière un peu injuste, car c'est toute l'Europe qui, touchée par l'extension du scandale débuté chez Findus avec ses désormais fameuses lasagnes, devrait être accusée. Tous les pays sont coupables et nous avec, par la même occasion. Est-ce donc si compliqué de prendre des pâtes, d'ajouter des petits morceaux d'une viande choisie soi-même chez le boucher avec une sauce tomate plus les aromates que l'on aime ? Notre époque veut du tout-fait, du tout-vite, du tout-surgelé, du tout-micro-onde, et le tout surtout pas cher. D'un bout à l'autre de la chaîne on veut économiser.

    Mais la palme de la cupidité revient à ces industriels qui n'hésitent pas à transformer une viande en "minerai", puisqu'on a appris que c'était le terme consacré ! Les chevaux et les boeufs sont devenus des objets eux aussi mondialisés qui doivent cracher le plus de profit. Car pour l'industrie alimentaire ce "minerai", c'est de l'or. De l'or avec du maigre, du gras et… du collagène. Il y a sans doute chez Spanghero un employé chargé de trouver le "minerai" le moins cher pour faire les lasagnes. Une fois la Roumanie, demain, ailleurs. 

    C'est tout le système de cette malbouffe industrielle qui est en cause puisque la nourriture est devenue une industrie. Le journal Time avait publié un comparatif des budgets de familles de Chine au Tchad, du Bouthan à la Mongolie, de l'Angleterre aux États-Unis. Les photos de ces familles montraient que ceux qui donnaient l'impression de manger des choses saines n'étaient pas ceux qui dépensaient le plus pour leur nourriture. Aujourd'hui, l'augmentation des prix alimentaires est plus élevée que lors de la crise de 2007-2008, au cours de laquelle le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde avait, pour la première fois, dépassé le milliard ! C'est notre souveraineté alimentaire que nous avons depuis trop longtemps abdiquée, notre droit à définir des politiques agricoles qui, avec la PAC, ont contribué au développement d'une agriculture intensive dont les dégâts sociaux, environnementaux et sur les pays du Sud ne justifient en rien les 50 milliards annuels de cette politique européenne. 

    Comme si l'on n'avait pas tiré des leçons de l'une des plus graves crises agroalimentaires de l'histoire européenne, la commission européenne, avec un sens aigu du timing, a annoncé hier le retour des farines animales au menu des poissons d'élevage ! Comme si, en quinze ans, on avait oublié ces souvenirs de la crise de la "vache folle" qui se nommaient prion, encéphalopathie spongiforme bovine et tremblante du mouton…". Source : Jean-Marcel Bouguereau sur le site de La République des Pyrénées.fr

  • Du poisson lune chez Rob ce samedi ?

    Hier, en fin de journée, sur l'étal poissonnerie de Rob, une énorme tête de poisson qui m'est totalement inconnue.

    Je m'approche et lis : "Poisson Lune 40 euro le kilo". Je me renseigne. La bête vient de Tahiti par avion, et c'est la première fois qu'ils en ont. J'ai un doute, car, pour moi, un poisson lune, c'est gris et cela n'a pas de queue. Or celui-ci est rouge, magnifique. L'oeil, de 6 cm de diamètre, n'a pas l'air très vaillant ni très frais. Il est vitreux mais c'est normal après un tel voyage. La chair est rouge et celle des joues encore plus foncée. Cela ne m'attire pas trop...

    Première réaction, une fois rentré chez moi : chercher des photos sur le net. Et de fait, un poisson lune, c'est çà :

    poisson-lune-definitif-2.JPEG

     

    En plus, selon Wikipédia, la môle (Mola mola), appelée aussi poisson lune, est l'une des plus lourdes espèces de poisson, sa masse moyenne atteignant les 1 000 kilogrammes. La môle se nourrit principalement de méduses qu'elle consomme en grandes quantités en raison de leur faible valeur nutritionnelle. L'homme, dans certaines parties du monde, la considère comme un mets délicat comme au Japon ou à Taïwan mais la commercialisation de sa chair est interdite dans l'Union européenne...

    Donc, soit Rob vend du poisson lune, en totale infraction avec la juridiction européenne, soit Rob vend autre chose pour du poisson lune, ce qui n'est pas terrible non plus...

    En poursuivant mes recherches sur le net, j'ai retrouvé le poisson vendu. Il s'agissait d'un Opah (Lampris Guttatus), tel que sur la photo ci-dessous. 

    Le lampris royal, lampris-lune, saumon des dieux ou encore opah (Lampris guttatus) est une espèce de poisson de grande taille (jusqu'à 2 m) des profondeurs. Son corps comprimé latéralement a des teintes bleues et rouges brillantes et des taches métalliques. On suppose que malgré sa rareté il est cosmopolite car il a été capturé dans toutes les mers. Sa nourriture se compose préférentiellement de céphalopodes et de crustacés. Ce sont des poissons qui vivent dans les grands fonds (jusqu'à 1.000 mètres de profondeur), qui sont osseux (la chair ne représente que 30 % du poids total du poisson).

     

    Quoiqu'il en soit, je trouve bien dommage de faire venir de si beaux poissons par avion pour les consommer ici... Laissons-les barboter dans leur paradis tropical et contentons-nous des poissons locaux en respectant les saisons, la pêche responsable, et les espèces en voie de disparition.

  • La Tour du Bon, un domaine qui mérite le détour...

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    La Tour du Bon est un petit domaine viticole de 12 hectares, dont on ne soupçonne pas l'existence. Aucun panneau ne pointe ses vignes depuis la route principale. Inutile de rentrer son adresse dans le GPS, il ne connaît pas le 714 chemin de l'Olivette au Brulât du Castellet. Mais vous aurez toutes vos chances en rentrant le chemin de l'Estagnol. Alors, vous quittez la route qui file vers Saint-Cyr puis passez devant le boulodrome et ses vieux platanes. La route s'étrangle peu à peu jusqu'à ne laisser passer qu'une seule voiture dans un virage en épingle. Là vous vous demandez où va vous emmener le bitume. Et puis soudain le paysage s'élargit, comme le chemin. C'est comme si une autre vallée s'ouvrait devant vous avec ses vignes, ses oliviers, ses collines de pins au loin.

    Enfin, c'est fléché. Vous êtes très proches.

     

    La Tour du Bon, c'est le domaine. La Tour de Bon, le lieu dit. On imagine un personnage d'un autre temps, hors du commun : un noble juste et généreux, qui aurait régné sur les lieux. En fait ce nom est celui d'une butte coiffée de pins. Comme si la terre se mettait sur la pointe des pieds pour apercevoir la mer. Ce mamelon veille en silence sur les cépages de mourvèdre, grenache, cinsault, carignan et autres. Les vignes ont les pieds dans le calcaire, la tête au mistral. En ce moment, des petites fleurs blanches poussent en abondance entre les rangs. Elles travaillent. Elles aèrent le sol. Alors on les laisse. « On se penche sur la biodynamie » justifie Agnès Henry-Hocquard à la tête du domaine, racheté dans les années 60 par sa famille.

     

    On vendange à la main pour produire rosé, blanc et rouge. La cuvée Saint-Ferréol est un rouge à servir dans de grands verres, comme un bourgogne. « C'est un vin assez rude, monacal, très noir mais très émotionnel, quasi mystique. On n'est pas en contact avec dieu mais presque » explique Agnès Henry-Hocquard, avec fierté. Environ 26 euros la bouteille. Une recette qui irait bien avec ce vin ? Un lièvre mariné, conseille-t-elle.

    Pour déguster un Saint-Ferréol au domaine, appeler le 04 98 03 66 22. Et tant qu'à faire goûtez la cuvée Classique en blanc (15 euros), rouge ( 17 euros) ou rosé (13 euros). Source : Le Coin Bleu, le blog cuisine et terroir animé par  Régine Meunier.

     

  • A nouveau des farines animales pour nourrir les poissons d'élevages...

    La Commission européenne autorise à nouveau, à partir du 1er juin 2013 et après 12 années d'interdiction,  les farines animales pour nourrir les poissons d'élevage ! Quelle idiotie !

    Déjà qu'on retrouve plein d'ingrédients qui n'ont rien à y faire dans l'alimentation humaine, je n'ose penser ce que l'on pourrait retrouver dans des farines animales destinées à nourrir d'autres animaux !

    Ensuite, ces poissons d'élevage qui ne ressemblent déjà plus à rien, ni au niveau goût, ni au niveau structure de la chair et encore moins au niveau des bienfaits sur la santé, pourtant tant vantés, vont encore prendre un coup dans les nageoires...

    Depuis qu'ils sont nourris à l'huile de palme, aux résidus de céréales OGM et autres crasses mélangées à un peu de farine de poissons, sans parler des antibiotiques, insecticides et autres pesticides, ces pauvres poissons d'élevage intensif sont bourrés de graisses saturées et ne contiennent quasi plus les fameux Oméga 3 si bienfaisants pour notre santé. On s'empoisonne donc en mangeant du poisson d'élevage...

    Quant aux produits toxiques, les recherches montrent que le niveau moyen de dioxine est onze fois moins élevé dans le saumon sauvage que dans celui d'élevage, à 0,17 particules par milliard (ppb) contre 1,88ppb. Pour les PCB, molécules toxiques utilisées notamment dans le plastique, la moyenne est de 36,6ppb en élevage contre 4,75ppb dans la nature. Et je ne parle pas du mercure, qui s'accumule, jour après jour dans notre organisme.

    Enfin, au niveau goût, ne nous étonnons pas qu'un poisson d'élevage nourri à la farine goûte la farine. Et bientôt il goûtera le poulet ! Seul le vrai poisson sauvage qui se nourri de crevettes, petits mollusques ou crustacés nous offrira une chair délicate et savoureuse. Mais il devient rare et cher... Que mangerons nos petits enfants ?

    Plus que jamais, un régime végétarien équilibré, issu d'une agriculture biologique s'impose comme le meilleur compromis pour manger sainement. En seulement quelques générations, les activités humaines ont réussi à polluer l'ensemble des écosystèmes de notre planète. Une réalité bien tragique...

  • Lasagnes, cannellonis, spaghettis bolognaise, moussaka, hachis parmentier...

    Tous ces plats préparés, et encore d'autres peut-être, de la marque Findus, mais aussi ceux des marques Carrefour, Cora, Picard, Monoprix,Casino et Auchan ont été retirés du marché et des rayons ce dimanche 10 février. Pas trop tôt, car la fraude à la viande de cheval doit exister depuis pas mal de temps...

    A celles et ceux qui auraient consommé ces plats tout faits de l'industrie agro-alimentaire et qui s'étaient juré de ne jamais manger de cheval, je leur réponds que cela aurait pu être pire : du chien, du chat ou pire encore. Heureusement, la Roumanie n'est pas la Chine...

    C'est un peu ce qui arrive aux citoyens qui ne veulent pas consommer d'OGM et qui y sont contraints car l'industrie agro-alimentaire a obtenu des autorités l'autorisation de ne pas spécifier ce type d'aliments dans la composition du produit. Et idem pour les graisses hydrogénées, en dessous d'un certain pourcentage. Un scandale !

    Le consommateur doit pouvoir vérifier ce qu'il mange et choisir en connaissance de cause. La législation concernant la liste des ingrédients doit être revue : obligation de noter clairement sur l'emballage la liste de tous les ingrédients, leur pourcentage exact et leur provenance.

    Et comme, dans ce domaine, on ne peut faire confiance à personne, il vaut mieux se passer de ces produits tout faits de piètre qualité et cuisiner soi-même, avec de bons ingrédients choisis avec amour auprès de fournisseurs locaux fiables. Terriens, il est temps d'agir...

  • Passez aux paniers Bio !

    Quels plaisirs, ces paniers Bio livrés au bureau tous les vendredis. J'étais un peu réticent, au début, de me voir imposer des légumes que jamais je n'aurais acheté de moi-même. Puis, petit à petit, je me suis habitué à cuisiner et goûter ces légumes racines, ces légumes oubliés, ces variétés de légumes et de fruits qu'on ne trouve plus nulle part. Et j'ai été conquis ! Conquis par la fraîcheur des produits, mais surtout, par leur goût incomparable. Conquis aussi par le fait que, dorénavant obligé, je consomme, avec plaisir, encore plus de fruits et légumes bio que d'habitude. Et, cerise sur le gâteau, cela ne peut être que profitable pour la santé.

    Je ne mangeais jamais de salades en hiver. Par principe ou par habitude. Mais comment résister à ces Rougettes, Sucrines ou autres salades croquantes, parfumées et goûtues livrées dans mon petit panier Bio hebdomadaire ? Je n'aurais jamais acheté de cerfeuil non plus (je mange très peu de potages). Les 2 bottes de cerfeuil se sont transformées en un délicieux potage au cerfeuil dont les effluves m'ont rappelé celui de ma grand-mère, qui était une admirable cuisinière. Même consistance, mêmes senteurs, même goût puissant : que de bons souvenirs !

    Les pommes Topaz se sont transformées en une délicieuse compote, cuite juste à point et parfumée à souhait. Et il m'en reste 2, à croquer cette semaine. Les mandarines (un délicieux agrume qui devient rare sur les étals), ont fini en un délicieux jus extrêmement parfumé  pour les petits déjeuner de ce week-end. Quant au Chou-fleur et au Céléri Rave, ils ont terminé en un gratin bien de saison, et lui aussi, très goûtu.

    Il me reste un ravier de champignons châtaignes, des pommes de terre Agria, et 2 betteraves rouges à consommer d'ici à jeudi soir, avant la nouvelle livraison. Bee Green est notre fournisseur de paniers Bio, un jeune couple de Hesbaye qui s'est lancé dans l'aventure il y a 2 ans, et qui est aussi présent sur certains marchés bruxellois. Et à 20 euros le petit panier (de minimum 5 kilo), je dois avouer que, contrairement à ce qu'on pense, ce n'est pas cher, et ce n'est que du bonheur. Bonheur de découvrir, bonheur de s'alimenter sainement avec des produits Bio de saison, et bonheur gustatif tout court.

     

  • L'avenir m'intéresse car je compte bien y passer les prochaines années...

    Cette citation de Woody Allen est à la base de la création de Supersec par Philippe Emanuelli, du bien connu Café des Spores à Bruxelles. Constatant, sur les marchés de gros, que la variété et la qualité des champignons proposés régressait, sans doute à cause de la pollution et de la gestion des espaces forestiers, il décida de passer au séchage des champignons de qualité.

    Supersec.be vous propose donc toute une série de champignons, d'algues et autres produits séchés. En sachant qu'il faut 12 à 20 kg de champignons frais pour faire un kilo de champignons séchés, on comprend le prix. Les champignons frais contiennent 80 à 95% d'eau : le produit sec concentre toutes les saveurs et arômes, ainsi que toutes les valeurs nutritives. Tout le produit frais moins l'eau...

    Quant à la qualité des champignons, Philippe Emanuelli veille à ce qu'ils proviennent de régions épargnées par la pollution comme, par exemple, des réserves naturelles éloignées de toute usine et de toute agriculture intensive ou autre activité polluante pour l'environnement.

    On trouve sur Supersec 17 espèces de champignons séchés dont le cèpe d'été (15 euro les 40 grammes ce qui équivaut à 650 grammes de champignons frais et qui convient pour 4 personnes), le cèpe des pins (qui est un cèpe de montagne, rouge acajou, à la chair blanche et douce. Son parfum de pain grillé et de résine le rend aussi irrésistible qu’original), et évidemment, le cèpe de Bordeaux. Un site à découvrir...

  • La tomme d'Aydius, encore produite par une seule ferme...

    "Cette tomme qui porte le nom du village d’Aydius, le plus petit village de la vallée d’Aspe, est un joyau des Pyrénées. Aujourd’hui, seule la ferme de Lanset produit ce fromage à pâte pressée non cuite.

    Proche de l’ossau-iraty par sa technique de fabrication, cette tomme d'Aydius se distingue cependant de son cousin par le lait utilisé pour son élaboration. Car, dans une région où le lait de brebis domine, la tomme d’Aydius est fabriquée à partir de lait de chèvre. Conçue entre mars et octobre, elle exprime avec beaucoup d’élégance la pureté d’un lait de montagne au goût fruité, caprin et parfumé.

    Sa texture au grain très fin est à la fois fondante et onctueuse, presque beurrée, ce qui est plutôt rare pour une tomme. L’attaque joue sur une note acidulée, créant un trait d’union entre les arômes de noisette et de beurre en fin de bouche. Sa croûte blonde se tanne au fil de l’affinage qui va de 4 à 6 mois. Apte au vieillissement, la tomme d’Aydius est un fromage de garde. Son prix : environ 30 € le kg.

    LE VIN POUR ACCOMPAGNER LA TOMME D'AYDIUS

    Un vin blanc sec du sud-ouest pour souligner son origine. Pour un bon accord fromage-vin, tout dépend de l’affinage de la tomme d’Aydius. En vieillissant, cette pâte pressée à base de lait de chèvre gagne en salinité et affiche une persistance plus soutenue en bouche. Ici, comme souvent avec un fromage de chèvre, je défends la légitimité des vins régionaux. Si la tomme est jeune (4 mois d’affinage), j’opte pour le bergerac sec cuvée Anthologia 2010 du château Tour des Gendres.

    Autres pistes : le jurançon sec Cuvée Marie 2010 du Clos Uroulat. Si la tomme est plus affinée, je recommande l’irouléguy blanc Hegoxuri 2008 du domaine Arretxea." Extrait d'un superbe dossier dans la Revue des Vins de France : "Fromages rares : vache, chèvre, brebis, ils adorent le vin !"

    Quel vin servir avec ce fromage: la Tomme d'Aydius ?

     

  • Fromages en voie de disparition...

    Bleu de Termignon, vacherin des Bauges, vacherin d’Abondance, persillés de Tignes des Aravis ou de Semnoz, reblochon du Mont-Cenis, colombier des Aillons, galette du Mont-d’Or, ... et une multitude d’autres fromages dont on a oublié le nom ont complètement disparu ou sont en passe de s’éteindre... En 30 ans, plus d’une cinquantaine de fromages ont ainsi été rayés de la carte ! Alors que la proportion des fromages industriels ne cesse de croître, celle des fromages au lait cru diminue pour ne représenter aujourd’hui qu’environ 7% de notre consommation. Si les Français sont les 2ème consommateurs de fromages au monde avec 23,9 kg par personne et par an, ce chiffre cache pourtant une réalité cruelle pour les fromages de terroirs. Les causes de ce désastre en marche : une uniformisation du goût galopante qui laisse de moins en moins de place à l’expression et à la diversité des goûts, des productions artisanales qui jettent l’éponge faute d’encouragements, des pressions sanitaires sporadiques qui laissent planer des dangers chimériques... et aussi, une confusion des genres savamment entretenue dans laquelle on perd son latin.

    Saviez-vous que seulement 13 % des fromages consommés sont des AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) et, que malheureusement, près de la moitié d’entre eux, est fabriquée avec du lait pasteurisé ? Un véritable coup de canif dans le contrat dont tous les amateurs de fromages et gastronomes devraient s’émouvoir. Cantal, maroilles, munster, bleu d’Auvergne, morbier, bleu de Gex, fourmes d’Ambert et de Montbrison, chaource, langres ... fabriqués au lait pasteurisé, ont le droit à l’étiquette AOC ! Si l’étiquette est trompeuse, le goût, quant à lui, ne peut faire illusion... Nul besoin d’être un gastronome averti pour faire la différence. Un fromage au lait cru, fabriqué et affiné dans les règles de l’art, est incomparable en goût et en saveur. Comme un vin, il révèle le caractère et l’identité de son terroir ; il émerveille nos sens. D’ailleurs, les jeunes enfants ne s’y trompent pas : ils préfèrent spontanément les fromages typés au lait cru !

    Alors pourquoi s’en priver ? On a même tout à y gagner ! Côté santé, l’apport nutritionnel d’un fromage au lait cru est sans commune mesure avec une pâte industrielle vidée de toute substance vivante. Côté porte-monnaie, il est fort à parier que tout compte fait, une création industrielle « marketée » à grand renfort de publicité soit plus chère. II suffit de regarder le prix au kilo ! Enfin, côté plaisir, vous serez comblés ! À toutes ces bonnes raisons vient s’ajouter celle du geste citoyen qui rend hommage au travail de ceux qui respectent le terroir et luttent, contre vents et marées, pour maintenir des savoir-faire millénaires et des secrets de fabrication qui se sont transmis de père en fils. Si tous les amateurs éclairés, les amoureux de bonne chère et les jeunes générations ne prennent pas en main notre mémoire collective, notre « exception fromagère » unique au monde, sera dans peu de temps de l’histoire ancienne ! Pour en savoir plus : www.fromages-de-terroirs.com.

     
  • Findus : auto-contrôle et appât du gain des multinationales agro-alimentaires...

    "La fraude à la viande de cheval relevée dans plusieurs plats de la marque Findus aurait rapporté 300 000 euros, selon Benoît Hamon, ministre délégué à la Consommation. Dans un communiqué diffusé samedi, le ministre donne des précisions sur le circuit de production de la viande incriminée dans cette affaire et donne les premiers résultats de l'enquête menée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

    Indiquant que les lots concernés ont d'ores et déjà été retirés de la vente par Findus, Benoît Hamon précise que "l'enquête menée par les services de la DGCCRF a permis d'établir le circuit de commercialisation de la viande concernée. Le fournisseur de l'usine luxembourgeoise est le groupe français Poujol. Celui-ci a acquis la viande surgelée auprès d'un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s'étant fourni auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe situés en Roumanie". Benoît Hamon a demandé aux services de la DGCCRF "de se rapprocher sans délai de leurs homologues aux Pays-Bas et en Roumanie pour déterminer le stade auquel la fraude ou l'erreur de gestion des viandes doit être imputée". Il estime que cette opération relève avant tout d'une logique financière "qui aurait rapporté plus de 300 000 euros".

    Le ministre britannique de l'Environnement, chargé des questions alimentaires, a prévenu samedi qu'il fallait s'attendre à "d'autres mauvaises nouvelles" dans le scandale de la viande de cheval découverte dans des plats préparés censés être au bœuf. "Je pense que nous devons être réalistes", a déclaré Owen Paterson, à l'issue d'une réunion d'urgence à Londres avec les autorités sanitaires et les principales chaînes de supermarchés.

    Le groupe agroalimentaire Findus s'est dit samedi "trompé" et a annoncé le dépôt d'une plainte contre X par sa filiale en France à la suite de la découverte de viande de cheval dans des produits commercialisés sous sa marque, censés contenir uniquement du bœuf." Source Atlantico.

    Lasagnes pur boeuf, hachis parmentier pur boeuf, hamburgers surgelés pur boeuf et on en passe. Des plats produits par l'industrie agro-alimentaire, dont le but premier est la rentabilité. La qualité, le respect de l'environnement, la santé des CON-sommateurs  et le respect des normes passent bien après. Trouver les ingrédients les moins chers pour réaliser les plus gros bénéfices possibles.

    Le risque d'une amende maximale de 27.500 euros passe bien après un gain de plus de 300.000 euros ! Et ceci sera possible tant que l'on confiera aux entreprises elles-mêmes leur auto-contrôle, c'est-à-dire l'ensemble de la responsabilisation de la chaîne alimentaire. Le conflit d'intérêt de cette position est frappant.

    En conclusion, et c'est toujours la même, ne consommons plus de plats préparés par l'industrie agro-alimentaire ! Consommer quelque chose dont on ne connaît pas les ingrédients, dont on ignore s'ils sont OGM, dont on ignore la provenance et dont on ignore si les doses d'additifs indiquées sont respectées... Rien ne vaut une bonne lasagne pur boeuf ou un hachis parmentier boeuf-veau faits maison, avec de la viande locale. C'est plus goûtu, meilleur pour la santé, et moins cher.

     

     

  • Effondrement de notre civilisation mondiale...

    Pour son élection à la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait à mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre décennies : "Un effondrement de la civilisation globale peut-il être évité ?"  Cette interrogation, qui ne soulevait guère, jusqu'à récemment, que des haussements d'épaules, est désormais de plus en plus sérieusement considérée par la communauté scientifique.

    Les premières phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, à plus de 80 ans, du département de biologie de l'université Stanford (Californie), ont servi d'entrée en matière à un colloque sur la biodiversité et la croissance économique, le 31 janvier, à l'Ecole des mines de Paris. Elles donnent le ton. "A peu près toutes les civilisations passées ont subi un effondrement, c'est-à-dire une perte de complexité politique et socio-économique, généralement accompagnée d'un déclin drastique de la démographie, écrivent le biologiste américain et sa compagne, Anne Ehrlich, également professeur à Stanford. Certaines, comme en Egypte ou en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres non, comme la civilisation de l'île de Pâques, ou les Mayas classiques. (...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de l'environnement a été en cause."

    La nouveauté du problème est sa dimension globale. Jadis, l'écroulement des sociétés n'a jamais été qu'un phénomène local ou régional. A quelques centaines de kilomètres des lieux où se tramait le délitement de sociétés structurées, rien de tangible ne se produisait. Les hommes continuaient à vivre paisiblement. "Mais, aujourd'hui, pour la première fois, une civilisation humaine globale - la société technologique, de plus en plus interconnectée, dans laquelle nous sommes tous embarqués à un degré ou à un autre - est menacée d'effondrement par un ensemble de problèmes environnementaux", poursuit l'auteur.

    Ces problèmes sont connus. Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés...

    Pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie scientifique et à la biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc. En 1968 - cinq ans avant Les Limites à la croissance, rapport du Club de Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.

    "Paul Ehrlich a toujours eu comme idée que la démographie est au centre de tout, que nous sommes trop sur la planète et qu'il fallait trouver des moyens pour être moins nombreux", résume le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle. "A sa publication, ce livre a reçu beaucoup d'attention. On commençait à prendre conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer indéfiniment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup étaient cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich prévoyait un effondrement."

    L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de nourriture et d'estomacs à remplir. "La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans problème", rétorquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le privilège d'écrire que les famines ne sont pas un "problème" ne sont jamais ceux qui ont eu faim. "Je trouve l'optimisme de beaucoup d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en meurent chaque année, ajoute le biologiste américain. Si c'est si facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition aujourd'hui qu'en 1968", lors de la parution de The Population Bomb. Il n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous sommes aujourd'hui plus du double.

    "Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, même si, dans la situation actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards d'humains, nous ne sommes absolument pas sûrs que cela soit encore possible dans quelques décennies, redoute le biologiste Gilles Boeuf. Simplement parce que le système de production va commencer à subir les effets des perturbations que nous avons introduites dans le système, à commencer par le changement climatique." Dans de nombreuses régions du monde et pour certaines grandes cultures, "les rendements agricoles n'augmentent plus depuis sept à huit ans", précise le président du Muséum. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur le blé se font sentir depuis 1996 : en dépit des progrès agronomiques, les rendements stagnent, après un demi-siècle de croissance continue. C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.

    L'agriculture ne sera pas le seul système affecté. Les pêcheries souffrent également : depuis le milieu des années 1990, les prises mondiales déclinent, en dépit d'un effort de pêche toujours accru. Toujours plus de bateaux sont armés, traquent la ressource de plus en plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la pêche mondiale décline inexorablement. La tendance pourrait être encore aggravée par le réchauffement des eaux superficielles de l'océan et, surtout, par leur acidification. La manière dont les écosystèmes marins peuvent s'adapter à ce phénomène est largement inconnue, puisque ce dernier se produit à un rythme inédit depuis au moins 300 millions d'années, selon une récente étude publiée dans la revue Science.

    Dans le dernier tiers du XXe siècle, la question de la finitude du monde est demeurée marginale dans la communauté scientifique. Elle n'a pas suscité une école de pensée structurée, comme la physique des semi-conducteurs, la génomique ou la climatologie. L'opinion et les craintes de Paul Ehrlich sont-elles désormais partagées par tous ? "Non, il est toujours critiqué et considéré comme trop pessimiste, estime James Brown. La majorité de la communauté scientifique ne reconnaît pas ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi considérons comme une urgence critique."

    Chez les chercheurs qui travaillent spécifiquement sur le fonctionnement des écosystèmes, la réalité est peut-être différente. "Ce n'est pas un tableau très joyeux qu'il dépeint, confie Franck Courchamp, chercheur au laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS/université Paris-Sud), mais malheureusement je pense qu'il écrit tout haut ce que la plupart des écologues pensent tout bas." La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité.

    Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

    Si elle apparaît comme une préoccupation de plus en plus partagée chez les scientifiques, l'impossibilité d'une croissance exponentielle éternellement entretenue dans un monde fini reste largement ignorée dans les cercles dirigeants, parmi les économistes et dans l'opinion. Le gouffre est en effet énorme entre les centaines d'études alarmantes et le "climat" général des réactions. "Il y a dans la communauté scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a toujours étonné, ajoute M. Courchamp. Même dans les instances nationales, les scientifiques spécialistes ont toujours peur d'être accusés de catastrophisme, d'opinions militantes ou exagérées."

    L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la perçoivent les spécialistes compte au nombre des grandes préoccupations du biologiste américain. "Pour éviter un effondrement, le plus grand défi est peut-être de convaincre l'opinion, en particulier les hommes politiques et les économistes", écrit-il. 

    "L'effondrement de la civilisation globale" peut être évité, "car la société moderne a montré de la capacité à traiter les menaces de long terme, si elles sont évidentes et continuellement portées à notre attention". Mais cette note d'espoir est vite remise à sa place. "Nous estimons que la probabilité d'éviter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, précise Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le bénéfice des générations futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilité à 11 %."

    La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands changements d'état de la biosphère et la raréfaction des ressources. Elle tient plutôt au fait de savoir ce qu'est un "effondrement", c'est-à-dire de quelle manière les sociétés réagiront à ces changements. Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contrôle des Etats sur leur territoire ? Incapacité à assurer les besoins de base de la population ? Généralisation de la violence ? Ou réduction graduelle et pacifique de la consommation matérielle, accompagnée d'une plus forte cohésion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays comme la Grèce n'incite guère à l'optimisme. Extraits de l'article de Stéphane Foucart dans Le Monde de ce samedi 9 février.

     

  • La viande bovine traitée à l'acide lactique est bientôt dans nos assiettes !

    "La Commission européenne vient d'autoriser l'importation, dès fin février, de viande bovine américaine désinfectée à l'acide lactique. Le Conseil des ministres de l’agriculture n'étant pas parvenu à trouver un accord sur ce dossier, il a préféré laisser la Commission prendre cette scandaleuse décision.

    Jusqu’où ira-t-on ?

    La Coordination Rurale dénonce d'une part la surenchère de la Commission européenne, toujours prête à imposer des démarches de qualité contraignantes aux producteurs européens tout en les soumettant à la concurrence déloyale d'autres pays, et d'autre part le manque de courage politique des ministres de l'Agriculture européens sur cette question.

    Un nouveau coup dur pour les éleveurs

    En 2009, les Européens avaient échappé au poulet américain passé à la javel (pour éliminer les bactéries) suite à un accord à l'unanimité des ministres. Si l'on peut considérer que l'usage de l'acide lactique est potentiellement moins néfaste que celui de la javel, autoriser l'importation de tels produits est un nouveau coup dur porté aux éleveurs européens. Comment peuvent-ils faire face à la concurrence de pays qui cachent leur manque d'hygiène et leurs mauvaises conditions d'élevage et d'abattage par des artifices ? Pourquoi imposer tant de contraintes sanitaires à nos abattoirs, si par ailleurs on accepte d'importer de tels produits ?

    La proposition de la CR

    Les consommateurs sont en droit d'avoir une information claire, c'est pourquoi la CR demande que la mention "désinfecté à l'acide lactique" soit systématiquement apposée en gros caractère sur ces produits.

    Une telle réponse politique face à la crainte de manquer de viande bovine en Europe montre à quel point la PAC a perdu son cap : il est temps de la réformer en profondeur pour qu'elle remplisse enfin ses missions essentielles.Article publié sur www.coordinationrurale.fr

    La viande bovine traitée à l'acide lactique est bientôt dans nos assiettes !

  • Cholestérol, statines et produits light : une bonne blague...

    L’affaire est embarrassante. Pour le médecin, qui prescrit de bonne foi un médicament anticholestérol. Pour le patient, respectueux, qui avale scrupuleusement son comprimé de Tahor, Crestor ou autre « statine » et voit avec soulagement baisser son niveau de cholestérol, espérant prévenir l’obstruction de ses artères, voire les déboucher. Ils seraient six millions, en France, à suivre ce traitement. Vingt-quatre millions aux États-Unis.

    La thèse, on la connaît. En deux mots : il existe un « bon » et un « mauvais » cholestérol, et ce dernier, surtout si l’on mange trop de graisses d’origine animale, s’accumule dans la paroi des artères, induisant un risque majeur d’accident cardiaque. Si le taux de cholestérol dans le sang dépasse un certain seuil, il est donc recommandé d’adopter un régime pauvre en graisses animales et de prendre quotidiennement un médicament qui abaisse le niveau.

    Ce savoir est ancien. Il remonte au début des années 1950, à une époque où l’on ne faisait pas encore la différence entre le « bon » et le « mauvais » cholestérol, et où l’on se contentait d’incriminer les graisses animales et « le » cholestérol. Enseigné dans les facultés de médecine, il est véhiculé depuis des décennies par les autorités de santé et les messages publics et privés. Lorsqu’il semble menacé d’une manière ou d’une autre, les plus puissants cardiologues ont vite fait de ridiculiser les pauvres d’esprit qui n’ont rien compris.

    Un texte de ce genre a paru dans la prestigieuse revue Science en 2001, en réponse à une enquête d’un journaliste scientifique sur l’effet réel d’une alimentation riche en graisses animales. Il était signé par l’un des grands noms  de la cardiologie américaine, Scott M. Grundy (1). Une fois de plus, la théorie était exposée point par point : l’action des « acides gras saturés » a été « démontrée par une énorme quantité d’études de grande qualité » ; « la démonstration est faite qu’un taux élevé de LDL [le « mauvais » cholestérol] est une cause majeure de la maladie coronarienne et que baisser son niveau dans le sang en réduit le risque ». Comme d’habitude, il invoquait les « données établies voici plus de trente ans » illustrant la corrélation entre la maladie cardiaque et la consommation de graisses animales dans divers pays.

    La « démonstration » ne tient pas la route, estiment un nombre croissant de spécialistes. Témoin une remarquable enquête publiée en 2008 dans Business Week, que nous publions d’entrée de jeu, car elle a résisté à l’épreuve du temps. En interrogeant une série de chercheurs et de médecins de haut niveau, le journaliste de la revue phare du monde des affaires américain détaille les doutes et les soupçons qui travaillent la communauté scientifique. Les trois entretiens que nous publions ensuite sont menés avec des médecins iconoclastes, auteurs chacun d’un ou plusieurs ouvrages sur le sujet. Ils fournissent les principaux arguments qui ébranlent le consensus. Des notes supplémentaires sur dix livres récents complètent le tableau.

    Que découvre-t-on ? Que selon de nombreux chercheurs indépendants, les études invoquées par Scott Grundy et ses pairs sont biaisées, falsifiées ou contredites par des études plus convaincantes, mais enterrées ou minorées. Ces scientifiques ont aussi analysé les essais cliniques de référence, ceux qui servent à légitimer l’énorme industrie des médicaments et ils sont formels : la plupart d’entre eux ont été manipulés.

    Scott Grundy n’est qu’un exemple. En l’occurrence, il a présidé en 2004 le comité officiel américain chargé de publier les recommandations fédérales sur le cholestérol. Ledit comité a recommandé de baisser le niveau optimal de cette molécule dans le sang, ouvrant ainsi la voie à un élargissement significatif du marché des compagnies pharmaceutiques. Comme la plupart des leaders d’opinion de la cardiologie mondiale, Grundy a un intérêt concret à défendre et perpétuer la vulgate : il a beau être un éminent universitaire, médaille d’or 2010 de l’American Heart Association (2), on l’a vu contraint, en 2004, sous la pression d’un organisme indépendant, d’admettre avoir été rémunéré par les principaux fabricants de médicaments anticholestérol : Merck, Shering Plough, Pfizer, AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb et Bayer. C’est que l’argent joue un rôle moteur dans cette affaire. L’industrie corrompt les chercheurs, les directions des revues scientifiques médicales, les sociétés de cardiologie et les institutions publiques chargées de financer les recherches et de veiller à la sécurité des médicaments.

    Mais ne versons pas dans le manichéisme. L’argent n’explique pas tout. Il y a autre chose. Pour le comprendre, il faut remonter en arrière, aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, aux États-Unis. Là naît une psychose collective : les hommes tombent foudroyés par la maladie cardiaque. Il faut l’expliquer, trouver le coupable, le traquer. Et voilà que des chercheurs annoncent l’avoir trouvé. Ou, plutôt, les avoir trouvés, car il y a deux coupables, agissant de concert : les graisses animales d’un côté, le cholestérol de l’autre. Les médias sont enthousiastes. Au diable toutes les études qui infirment la croyance. L’important est de croire. De croire ensemble. C’est le consensus. Fragile au début, il s’impose vers le début des années 1980. Les autorités de santé publient leurs recommandations d’abord aux États-Unis, puis en Europe et ailleurs : il faut réduire le cholestérol dans le sang et la consommation de graisses animales. Deux industries extrêmement puissantes vont saisir l’aubaine : l’industrie pharmaceutique d’un côté, qui va créer le marché des médicaments anticholestérol, l’industrie agroalimentaire de l’autre, qui va développer celui des aliments allégés en graisses. Or, selon des études très sérieuses mais passées sous silence, les médicaments anticholestérol ne servent à rien en prévention et, s’ils sont bénéfiques pour certains malades, ce n’est sans doute pas en raison de leurs effets sur le cholestérol. Quant aux aliments low fat, ils ont sans doute fortement contribué à l’épidémie actuelle d’obésité, laquelle augmente l’incidence de la maladie coronarienne.

    Au fait, l’épidémie d’infarctus mortels qui a tout déclenché, d’où venait-elle ? On le sait aujourd’hui, il n’y avait pas d’épidémie : c’était une erreur d’interprétation. Article publié sur http://www.books.fr

    Quelle bonne blague ! Qui aura duré plus de 30 ans... et aura rempli les poches de Merck, Shering Plough, Pfizer, AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb et Bayer, sans parler de toutes les multi-nationales agro-alimentaires ayant lancé les produits light, un marché énorme !

     

  • Abeilles et agriculture : un malentendu politique (selon Syngenta)... !

    Une pleine page dans Le Monde de ce samedi, payée par Syngenta, pour tenter de disculper cette société produisant des OGM, des pesticides et des insecticides, par rapport à une étude très sérieuse sur la disparition des abeilles, dont certains produits Syngenta semblent être la source. Il fallait oser !

    Syngenta, soucieuse de l'environnement ! C'est nouveau, cela vient de sortir. Peut-être que Monsanto va faire de même ? Et Bayer aussi ? Et BASF ? On aura tout vu...

    Le Président du Conseil d'Administration de Syngenta met tout d'abord en avant le fait que Syngenta emploie 1.500 personnes. Sans doute pour menacer le monde politique de fermeture d'usines et de mise au chômage au cas où les pesticides et insecticides polluants l'environnement seraient interdits de vente... Argument de poids en cette période de crise, mais pesant fort peu face à la disparition drastique des abeilles... Pour rappel, 100 colonies d'abeilles disparaissent chaque jour en France !

    Et quand je lis les titres des articles publiés sur le net à propos de Syngenta, ce n'est pas très brillant...

    "Syngenta corporation faces criminal charges for covering up livestock deaths from GM corn"

    "Every year, Syngenta’s herbicide poisons ten thousands of people." 

    "La campagne «Halte au paraquat!» demande à Syngenta de cesser la production de cet herbicide hautement toxique et dangereux pour la santé. Cette campagne est soutenue par des organisations non gouvernementales, des syndicats et des scientifiques du monde entier."

    "OGM : Syngenta accusé d'avoir menti."

    "Atrazine: le poison de Syngenta. Interview inédite du professeur Tyrone Hayes."

    "La mort des abeilles mobilise : Bayer et Syngenta mis sous pression !"

    "Le ministère de l'Agriculture a annoncé jeudi soir qu'il envisageait d'interdire le pesticide Cruiser OSR, du groupe suisse Syngenta, suite à la publication dans la revue Science d'une étude française attestant d'effets nuisibles du thiametoxam sur les abeilles."

    "Abeilles: conclusions inquiétantes de l'EFSA sur l'impact des pesticides".

    Il faut que ces multinationales agro-alimentaires, ces trusts semenciers, ces lobbies industriels arrêtent de faire n'importe quoi, juste pour faire de l'argent. L'environnement et la biodiversité appartiennent à l'humanité et doivent absolument être protégés et légués aux générations futures.

    Il faut aussi que le monde politique arrête d'être leur marionnette et leur permette tout. Le monde politique se doit de prendre ses responsabilités, protéger la population et l'environnement, et stopper l'éffondrement de la biodiversité, la disparition des espèces, la pollution des sols et la hausse des cancers. Le principe de précaution doit être appliqué immédiatement au moindre doute, en attendant des études indépendantes, et des résultats dont personne ne pourra douter.

    Terriens, il est temps d'agir...