• Dexia - Belfius : amnésie collective des moutons...

    Les négociations sur le budget 2013 à peine entamées, voilà que le gouvernement pourrait aussi être amené à se repencher sur son budget 2012. Car un nouveau foyer d'inquiétude ressurgit : le groupe Dexia, franco-belge, qui devrait bien nécessiter une recapitalisation dans les prochaines semaines.

    La publication des résultats trimestriels de Dexia est attendue le 7 novembre. On devrait alors connaître le montant qui sera nécessaire pour la recapitaliser. Selon les chiffres qui circulent, il faudrait entre 5 et 7 milliards d'euros.

    Il s'agirait donc pour le fédéral de réinjecter des fonds dans ce holding dont il garantit les dettes à hauteur de 60,5% (pour 36,5% à la France et 3% au Luxembourg). Si le groupe venait à faire faillite et que ces garanties devaient être activées, ce seraient des dizaines de milliards que l'Etat belge serait amené à débourser.

    Pour rappel : "Lors du démantèlement du groupe franco-belge Dexia, l'Etat belge a repris Dexia Banque Belgique. La banque recherchait depuis lors un nouveau nom. Belfius faisait partie des vingt-cinq noms enregistrés ces dernières semaines auprès de l'Office Benelux de la propriété intellectuelle. "Cette annonce anticipée prouve la curiosité et l'intérêt des médias et du public dans ce changement de nom", indique une porte-parole. "C'est aussi la preuve que chacun se rend compte que la banque doit se défaire de son passé. C'est désormais ce que nous entendons faire." Dexia a retiré lundi les logos de son siège principal à Bruxelles.

    L'avantage suprême du changement de nom, c'est d'arriver à se construire un nouvel avenir au prix d'une petite amnésie collective. Les «valeurs» du passé s'avérant plus handicapantes que gratifiantes, autant faire table rase plutôt que de tenter de révaloriser une marque plombée de souvenirs encombrants. Et pour le même prix faire coller une nouvelle stratégie avec une nouvelle image. 

     (Article paru sur la rédaction en ligne Le Soir du mercredi 29 février 2012, 19:51).

    Et pourquoi, à nouveau, c'est l'état Belge (donc nous) qui devons éponger des dettes bancaires privées ? Pourquoi ne mettrions-nous pas Belfius en demeure de rembourser ces montants astronomiques, héritage assez récent de la mauvaise gestion bancaire de Dexia dont Belfius est issu ?

    C'est trop facile de redémarrer une activité bancaire sous un nouveau nom, avec le même personnel, et de laisser à l'état la partie pourrie des actifs foireux générés par une gestion irresponsable. Nous avons déjà suffisamment payé pour cette dette privée transformée en dette publique. Arrêtons d'être les dindons d'une farce qui commence à s'éterniser. D'autant plus que Belfius dégage certainement de très beaux bénéfices, comme toute banque qui (ne) se respecte (plus).

     

     

     

  • Changements de chefs...

    Dernier soir, ce samedi, pour le Chef du Yumé qui ira rejoindre son comparse au "Le Monde est Petit", rue des Bataves, 65 à Etterbeek, juste à côté du square Montgomery. Un très bon resto, en progression constante, avec Tatiana en salle et Loïc en cuisine. Je sens que cela montera encore d'un cran.

    François Verhulst, qui a fait ses classes chez Bon Bon, auprès de Christophe Hardiquest (qui, depuis qu'il a déménagé Avenue de Tervuren, explose littéralement), et qui officie depuis plusieurs mois au Yumé, reprend le poste. Pour y avoir dîné ce soir, je peux dire qu'il a le rythme, le souci du détail et l'exigence qu'imposent une telle fonction. Tout était plus que parfait. Et là aussi progression, dans la justesse des plats servis, la cuisson parfaite et les accords surprenants.

    Quant à Bon Bon, il faut bien avouer que Christophe est très talentueux. Ses menus sont incroyables, innovants, précis : c'est à chaque fois un véritable régal. D'une créativité inouïe, d'une méticulosité incroyable, c'est à chaque fois l'émerveillement.

    Le Monde est Petit, le Yumé et Bon Bon : voilà trois restaurants de haut vol (chacun à son niveau) où le plaisir, la qualité et la fraîcheur des matières premières, la créativité et la maîtrise des chefs sont chaque fois au rendez-vous. Une aubaine pour les habitants gourmands et gourmets de Woluwé.

     

     

     

     

  • La semaine du chocolat...

    Du 19 au 25 Novembre, ce sera la semaine du chocolat à Bruxelles ! Une première, après 4 siècles de consommation. Ce sera le moment de comparer les différentes qualités de chocolat (100% cacao ou pas), les différents crus de chocolats (selon l'espèce de fève de cacao cultivée et la région de production) et de déguster toutes les associations possibles avec cet ingrédient gourmand.

    Le chocolat est un aliment sucré produit à partir de la fève de cacao. Celle-ci est fermentée, torréfiée, broyée jusqu'à former une pâte de cacao liquide dont on extrait la matière grasse appelée beurre de cacao. Le chocolat est constitué du mélange, dans des proportions variables, de pâte de cacao, de beurre de cacao et de sucre.

    Ce qui signifie que tout autre ingrédient comme les graisses végétales, l'huile de palme, le sirop de glucose, le beurre, les émulsifiants, la lécithine de soja et autres arômes, naturels ou pas, n'ont rien à y faire. Une fois de plus, certaines multinationales agro-alimentaires ont transformé ce délicieux produit original en un pseudo chocolat moins cher à la production (l'huile de palme ou les graisses hydrogénées coûtant moins cher que le véritable beurre de cacao).

    Heureusement, quelques maîtres chocolatier respectent le produit et la recette originale et parviennent ainsi à nous offrir des chocolats de première qualité, comme dans le bon vieux temps. Vérifiez l'étiquette de composition des ingrédients lors de votre prochain achat : vous serez stupéfait ! Et, tant qu'on y est, testons les chocolats Bio issus du commerce équitable. Quant aux pralines, vérifions bien qu'elles soient 100% beurre de cacao.

    Mieux vaut manger une excellente praline réalisée dans les règles de l'art avec des produits naturels, que 3 autres bourrées de graisses malsaines et d'acides gras trans, et aromatisées pour que vous ayez une sensation (fausse) de goût de chocolat...

  • Il va falloir construire beaucoup de prisons...

    Avec la crise bancaire et les mesures d'austérité gouvernementales qui suivirent-et qui vont encore se poursuivre un bon bout de temps-, de plus en plus de monde est touché. La situation est même franchement désespérée dans certains états comme la Grèce et l'Espagne. Et d'autres vont suivre...

    Les manifestations se multiplient donc, en Grèce, en Espagne, mais aussi en Italie, au Portugal, en France, et en Belgique, mais aussi ailleurs sur la planète, car, en fait, c'est le monde entier qui est touché.

    Ne voilà-t-il pas que, dans ce contexte difficile, le code pénal espagnol vient d'être réformé afin de criminaliser certaines activités... Vous occupez pacifiquement une succursale bancaire ? 3 à 6 mois de prison ! Vous interrompez des transports publics ? 2 ans de prison ! Vous résistez envers l'autorité ? 4 ans de prison ! Appel à manifester via Facebook ? 1 an de prison ! N’importe quel acte de désobéissance ou de résistance au cours d’une manifestation peut être désormais puni d’une peine de prison ! J'imagine déjà les abus de certains robocops...

    Et, à propos de crise bancaire et de prison, le seul à avoir été condamné est le pauvre trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel. Il vient d'être condamné, en appel, à 3 ans de prison et au remboursement de 4.915.610.154 euros à son ancien employeur (c'est risible!). Il ira en cassation. Par contre, aucun banquier, aucun président, aucun administrateur, aucun responsable de ces faillites bancaires n'a été, ne fût-ce que inquiété ! Elle est belle la justice... et fort indépendante aussi.

    Quant à moi, si je n'écris plus sur ce blog, c'est que j'aurai été emprisonné. Car ce n'est pas bien d'en vouloir aux banques, à Monsanto, au lobby nucléaire et de critiquer les multinationales agro-alimentaires et les multinationales pharmaceutiques, ni de prôner un retour au Bio et aux énergies renouvelables... Terriens, il est temps d'agir... Tiens, ce n'est pas un appel à manifester, çà ?

  • Fukushima, un an et demi après...

    Un an et demi après la catastrophe, il faut bien avouer que rien n'a bougé. L'océan est toujours radioactif (50% des poissons et crustacés sont tout à fait impropres à la consommation, les 50 autres étant consommables à condition d'accepter le fait de manger des becquerels... Pourquoi est-ce que je mangerais 100 becquerels au kilo?), 1/7 de la surface du Japon est contaminée (sol radioactif, eau radioactive,air radioactif), et les symptômes médicaux commencent à affluer, chez les enfants et les adultes.

    En outre, la situation à la centrale nucléaire de Fukushima n'est pas stabilisée du tout : les fuites radioactives continuent de polluer l'environnement et la population, et la situation de la stabilité de "la piscine" fait craindre le pire. Un simple tremblement de terre - comme il y en a fréquemment dans la région- pourrait tout mettre parterre. Et, ce jour-là, c'est la planète entière qui dégustera ! Tant que le combustible radioactif présent dans cette piscine n'aura pas été déménagé dans un endroit sécurisé, un risque énorme planera sur l'humanité. Qu'est-ce qu'ils attendent ?

    Et pendant ce temps-là, Tepco, en faillite, a été nationalisé, tandis qu'Areva se vante d'avoir un carnet de commandes plein à raz bord, et un chiffre d'affaires et des bénéfices mirobolants... Moi, qui avais espéré que cette catastrophe signe la fin du nucléaire, c'était sans compter la puissance des lobbies de cette industrie et le l'énorme pouvoir de ce lobby auprès des pouvoirs politiques corrompus. Il faudra donc attendre une plus grosse catastrophe, pour enfin voir tous les états investir dans les énergies renouvelables non polluantes.

    Mais, même dans ce cas-là, les informations seront à nouveau cadenassées, truquées, falsifiées, filtrées, et la vérité cachée à la population. Il n'y a plus que l'argent qui compte sur notre pauvre planète. Le reste n'a aucune importance. Quelle époque...

  • Gilles-Eric Séralini : Comment un OGM, un pesticide et un système peuvent être toxiques...

    Dans le domaine de la toxicologie alimentaire, Food and Chemical Toxicology est sans aucun doute la revue la plus réputée au monde. Son comité de lecture a étudié quatre mois durant notre étude et pris soin de nous demander des analyses complémentaires avant d'accepter de la publier (Tous cobayes, Flammarion, 256 p., 19,90 euros).

    Nos résultats ont montré la nocivité d'une absorption sur le long terme d'un organisme génétiquement modifié (OGM) alimentaire, le maïs NK603, et de l'herbicide qui lui est associé, le Roundup. Il s'agit de la première étude toxicologique menée sur deux ans et fondée sur un tel nombre de paramètres biologiques, d'analyses anatomo-pathologiques, etc. A ce jour, plus de 160 scientifiques du monde entier nous ont apporté leur soutien ou souligné l'originalité de notre travail, dont l'unique statisticien de l'Académie des sciences.

    En moins de trois semaines, différentes agences chargées de l'évaluation de ces substances ont nommé des sous-comités qui viennent de discréditer notre recherche. Ainsi peuvent-ils ne pas interdire l'OGM et le pesticide en question...

    Néanmoins, il y a un premier pas : l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) appellent à tester dorénavant à long terme ces substances. Ce que quelques autres et moi-même n'avons cessé de réclamer depuis quinze ans. Les citoyens savent désormais que la science "digne" et "bonne", les autorités garantes de leur santé, n'ont jusqu'à présent pas cru bon de devoir l'exiger.

    En 2003, ces mêmes comités ont accepté la mise sur le marché par Monsanto dudit maïs NK603 à partir de tests réalisés sur une durée huit fois inférieure à celle de notre étude, sur la même souche de rats (le Sprague Dawley, qui est le mammifère utilisé dans les expériences de ce type) et des groupes d'animaux analysés n'excédant pas dix individus (comme dans notre étude). Que le nombre de paramètres biologiques et d'organes analysés ait été très largement inférieur aux nôtres ne les a nullement empêchés de donner leur feu vert (je siégeais à l'époque à la commission du génie biomoléculaire). C'est du Dr Jekyll et Mr Hyde !

    Ces agences reprochent à notre étude une faiblesse statistique, elles qui n'ont jamais exigé des industriels le dixième de ce qu'elles nous intiment de fournir aujourd'hui, elles qui ont même accepté, sans sourciller, des tests sanitaires de quatre-vingt-dix jours ou moins, menés sur des groupes de quatre ou cinq rats, par exemple pour la mise sur le marché de la pomme de terre Amflora (EFSA, 2006) !

    Elles ont même parfois donné leur accord sans qu'il y ait eu tests sur des animaux. Elles nous réclament des détails encyclopédiques sans lesquels il leur "serait impossible de conclure à la validité de nos résultats", mais n'ont jamais exigé des industriels la simple transmission publique des analyses de sang dont elles ont pourtant confirmé qu'elles ne révélaient rien. Ce sont elles qui ont entretenu l'omerta des industriels sur les données sanitaires de leurs tests. "Secret industriel oblige", rétorquent-elles.

    Surtout lorsqu'on est juge et partie et qu'aucune loi n'empêche les scientifiques ayant des conflits d'intérêt de siéger dans des commissions d'intérêt national ou international... Mais qui s'offusque de ces collusions, de cette absence de transparence préjudiciable à la santé publique, donc aux citoyens ?

    La science "digne" et "bonne" ne s'arrête pas en si tordu chemin : l'ensemble des six académies scientifiques – ou plus exactement, d'après témoins, deux personnes par académie et pas en séance plénière... – a rendu un avis sur notre étude. Tout y prête à commentaire, aussi m'arrêterai-je seulement sur trois points.

    1. "Il serait particulièrement dangereux d'évoquer une nécessité éventuelle d'expériences à long terme à l'occasion de cet article...".

    On croit cauchemarder en boucle. Ces académiciens qui, en leur temps, ont minimisé les dangers de l'amiante, etc., ne sont même pas capables de préconiser le minimum du minimum, des tests obligatoires de trois petits mois pour la mise sur le marché d'un OGM ; ni d'imposer qu'un pesticide soit testé dans sa formulation commerciale, tel que l'agriculteur ou le jardinier l'utilise (ce que nous avons fait dans notre étude).

    Car l'industriel n'a l'obligation de tester à long terme que la molécule active (le glyphosate dans le cas du Roundup). Des adjuvants sont intégrés pour potentialiser l'effet d'un produit chimique ou d'un vaccin, mais cette synergie n'a aucune conséquence sur les organismes vivants... C'est bien connu puisque ce n'est pas testé.

    2. Contrairement à ce qu'ils me reprochent, je n'ai pas employé indifféremment les mots "tumeur" et "cancer" dans notre étude : le Roundup s'avère un perturbateur endocrinien, et nous avons constaté qu'il provoquait plus de cancers chez les femelles que chez les mâles.

    3. "La mobilisation médiatique savamment orchestrée autour de travaux sans conclusion solide pose un problème éthique majeur." Vraiment ?

    Mais minimiser les effets sanitaires, fermer les yeux sur les lacunes du système d'évaluation et les conflits d'intérêts, soutenir l'omerta industrielle, est-ce éthique et responsable ? Enfin, qui peut penser que nous avons organisé la médiatisation de nos résultats simultanément en Russie et en Inde, pays qui ont pris immédiatement des mesures sur les OGM agricoles, en Chine, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, au Canada, en Afrique, et j'en passe ?

    Des personnes "expertes" sont allées jusqu'à demander, avec une violence exceptionnelle dans notre milieu, à l'éditeur de Food and Chemical Toxicology de retirer notre publication. Certains comprendront pourquoi nous avons choisi de ne pas avertir à l'avance les autorités sanitaires du pays : si nous l'avions fait, c'est l'étude elle-même qui n'aurait pu être conduite jusqu'à son terme. Et il importe plus que jamais que notre étude soit examinée et prolongée, mais par des scientifiques indépendants.

    On lit ici ou là que des millions d'animaux et d'Américains mangent des OGM tous les jours depuis des années, sans conséquence aucune : comment proférer une telle contre-vérité ? Outre-Atlantique, les filières ne sont pas séparées, les OGM pas étiquetés, aucune épidémiologie n'est donc possible.

    La transparence des données sanitaires, les études de long terme et l'expertise contradictoire sont des nécessités absolues. Nous pouvons contribuer à les mettre en place. L'explosion des maladies chroniques depuis une soixantaine d'années devrait inciter nos responsables politiques à prendre en compte les alertes en matière de santé et d'environnement, et à ne pas cautionner la réfutation précipitée, la mise au pilori organisée.

    C'est de conscience et de solidarité que notre société a besoin ; en un mot, de sagesse. Les scientifiques ont le droit de se tromper. Mais ils ont le devoir d'éviter ce qui peut être évitable : la plupart des grands scandales de santé publique le sont. La science que je pratique n'est pas faite pour nourrir l'ogre insatiable de la finance mais pour protéger les êtres humains d'aujourd'hui et de demain. (Article de Gilles-Eric Séralini, Professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen, Criigen, paru dans Le Monde de ce week end).

  • Trois mois de pluie...?

    Voilà les prévisions pour le mois prochain... Et, pour tout vous dire, pour les 3 mois prochains! Mêmes cartes toutes noires pour les mois de Novembre, Décembre et Janvier, avec 50% de pluie en +, 20% de soleil en - et un peu plus de douceur que les normes saisonnières habituelles. Un hiver sombre, doux et pluvieux.

    Profitons donc bien de ces dernières journées estivales !

    www.meteolafleche.com, un site habituellement fiable pour les prévisions à long terme.

  • Dégustation du lundi 181

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    Ne voilà-t-il pas que mes 4 comparses vignerons s'y mettent maintenant le lundi midi, à la campagne ! Et ceux qui travaillent, comment font-ils ? Bref, je n'y étais pas, et je ne pourrai, par conséquent, vous commenter les bouteilles dégustées ce lundi. Par contre, lundi prochain...

  • Le portable responsable d’une tumeur au cerveau, selon les juges italiens...

    Les radiofréquences des téléphones portables peuvent provoquer des tumeurs au cerveau. C'est ce que vient de reconnaître la Cour suprême de cassation italienne, qui considère que la tumeur qui s'est développée dans le cerveau d'un ancien directeur financier d'une multinationale est la conséquence directe de l'usage intense de son téléphone portable. 

    Pendant douze ans, six jours sur sept et entre cinq et six heures par jour, ce cadre avait le téléphone collé à l'oreille. Et c'était pour le boulot. Les juges italiens classent cette tumeur comme « maladie professionnelle » et condamnent l'organisme d'assurance sociale dont dépend cet ex-manager à lui verser une pension d'invalidité. Depuis une opération d'urgence, cet homme est en effet partiellement paralysé du visage. 

    L'eurodéputée EELV Michèle Rivasi, également vice-présidente du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) rebondit sur ce sujet et estime qu'« il est grand temps de reconnaître les dangers de la téléphonie mobile en France ». 

    Elle rappelle dans un communiqué qu'« en 2011, les experts du Centre international de recherche sur le cancer ont conclu que l'usage du portable pouvait être cancérogène pour l'homme. La décision de la Cour suprême italienne conforte également les résultats de l'étude Interphone, selon lesquels l'usage intensif du téléphone portable favorise le développement du gliome, un cancer du cerveau ». 

    Une proposition de loi sera présentée à l'Assemblée nationale en novembre par Laurence Abeille, au nom du groupe des écologistes. Ce texte visera à réduire l'exposition des personnes aux champs électromagnétiques. D'ici-là, pensez aux oreillettes." (Article d'Alexandra Bogaert sur le site de terraeco.net).

    Cela fait des années que je le crie haut et fort sur ce blog, mais sans beaucoup de résultats semble-t-il..., l'attrait pour ce gadget technologique étant plus fort que la crainte de se taper une petite tumeur... Allez comprendre...

    En attendant, limitez la durée de vos appels, et le nombre d'appels. Ne dormez pas à côté de ce GSM, utilisez une oreillette câblée, évitez le Wi-Fi, évitez de téléphoner en voiture, et achetez-en un dont l'émission d'ondes est la plus faible possible.

  • Découvrez Avaaz.org

    Pas mal ce site qui permet à chaque citoyen du Monde de lancer une pétition.

    Avaaz est un mouvement mondial en ligne qui donne aux citoyens les moyens de peser sur les prises de décisions partout dans le monde. Un mouvement supranational qui est plus démocratique, et qui pourrait être plus efficace que l'ONU.

     Avaaz - qui signifie “voix” dans plusieurs langues d'Asie, du Moyen-Orient et de l'Europe de l'Est - a été lancé en janvier 2007 avec une mission démocratique simple: fédérer les citoyen(ne)s de toutes les nations pour réduire l'écart entre le monde que nous avons et le monde voulu par le plus grand nombre et partout.

    Avaaz offre à des millions de personnes venues de tous les horizons la possibilité d'agir sur les questions internationales les plus urgentes, de la pauvreté à la crise au Moyen-Orient et au changement climatique. Notre modèle de mobilisation par internet permet à des milliers d'efforts individuels, aussi petits soient-ils, de se combiner rapidement pour devenir une puissante force collective. 

    Active dans 14 langues et animée par une équipe professionnelle présente sur cinq continents et des bénévoles partout dans le monde, la communauté Avaaz agit — en signant des pétitions, en finançant des encarts dans les médias, en envoyant des messages et des appels téléphoniques aux dirigeants, en organisant des manifestations et des événements — pour faire en sorte que l'opinion et les valeurs des citoyens du monde influent sur les décisions qui nous concernent tous. 

    Et bientôt : le Bulletin Quotidien ! Imaginez un site internet sur lequel surfer le matin en buvant son café et qui donnerait tout son sens à l'expression "citoyen du monde" -- un site fiable sur l’actualité, avec des analyses pertinentes et des articles captivants qui, pour la première fois, proposerait des solutions pour agir sur les causes qui nous tiennent le plus à cœur!

    Et maintenant imaginez que 16 millions d’entre nous soutiennent ce site -- celui-ci aurait plus de lecteurs que Le Monde ou le Times! C’est un objectif ambitieux, mais cela fait des mois que nous élaborons ce concept et nous avons déjà recruté une première équipe de journalistes chevronnés. A présent, le Bulletin Quotidien est prêt à être lancé. Plus d'infos sur : http://www.avaaz.org

  • Pétition urgente concernant l'Antarctique...

    Je vous écris pour demander votre aide. Dans quelques jours, des gouvernements pourraient commencer à transformer certaines étendues de l'océan Antarctique, pour en faire le plus grand sanctuaire marin du monde, et sauver l’habitat des baleines, des pingouins et de milliers d’espèces polaires menacées par les flottes de pêche industrielle. Mais ils n’agiront que si nous nous faisons entendre, maintenant. 

    La plupart des pays sont en faveur de ce sanctuaire, mais la Russie, la Corée du Sud et quelques autres pays menacent de voter contre, car ils veulent continuer à piller ces mers maintenant que les autres mers ont été vidées par la pêche intensive. La semaine prochaine, un petit groupe de négociateurs se réunira à huis clos pour prendre une décision. Un tollé citoyen massif peut changer le cours des négociations, isoler ceux qui tentent de bloquer le sanctuaire, et arracher un accord qui protège plus de 6 millions de kilomètres carrés de l'océan Antarctique, si précieux. 

    Les baleines et les pingouins ne peuvent pas plaider pour leur propre cause, donc c'est à nous de les défendre. Cette semaine, nous allons faire changer d’avis les négociateurs avec une immense pression citoyenne -- Avaaz va parsemer le lieu de la rencontre d’affiches percutantes, et ensemble et nous remettrons notre message aux délégués en nous faisant entendre sur ​​les réseaux sociaux. Signez cette pétition urgente et envoyez-la à tous vos proches: http://www.avaaz.org/fr/sauvez_locean_austral/?tQzOYab 

    Pour plus de 10.000 espèces, ces eaux antarctiques lointaines sont un refuge vital, y compris pour les baleines bleues, les léopards des neiges et les manchots empereurs, la plupart de ces espèces ne se trouvent pas dans d’autres régions du monde. Le changement climatique a déjà eu des conséquences tragiques sur leur habitat fragile, mais ils sont aujourd’hui encore plus menacés par les kilomètres de filets dérivants qu'utilise la pêche industrielle dans ces eaux précieuses. Seul un sanctuaire marin augmentera leurs chances de survie. 

    Le groupe de 25 membres chargé de définir la réglementation applicable à l'océan Antarctique s'est déjà engagé sur la création de ces aires marines protégées. Mais les deux plans en cours de négociation - l'un pour protéger une partie de la fragile mer de Ross et l'autre concernant l'Antarctique oriental - sont menacés d'être affaiblis ou retardés. C'est choquant mais les médias n'ont rien dit des pourparlers en cours et des pays comme la Russie et la Corée du Sud font le pari que leur opposition passera inaperçue. Mais si on jette un coup de projecteur public sur ces négociations, nous pouvons les forcer à reculer, encourager les champions de ces sanctuaires marins comme les États-Unis et l'Union Européenne, et faire pression pour d'encore meilleures protections... 

    L'avenir de l'Océan Austral est entre nos mains. Mettons une pression massive sur ces discussions et faisons en sorte que les gouvernements privilégient notre planète sur les profits de quelques-uns. Signez et partagez cette pétition avec tous vos contacts: http://www.avaaz.org/fr/sauvez_locean_austral/?tQzOYab 

     

     

     

     

     

     

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  • Avaler de petites pilules, ce n'est pas pour demain...

    "AVALER DE PETITES PILULES COMME LES SPATIONAUTES ? Ce n'est toujours pas pour demain. A l'inverse, les aliments savoureux, mais aussi authentiques et simples, ont le vent en poupe. C'est ce qu'affirment les experts qui se sont penchés sur nos assiettes pour le Salon international de l'agroalimentaire (SIAL), qui réunit 6 000 exposants du 21 au 26 octobre à Paris-Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis). 

    "Avec la crise, l'alimentaire redevient une bulle de petits plaisirs quotidiens", souligne Xavier Terlet, président de XTC World Innovation, qui a conduit des études croisées avec TNS Sofres au mois de juin auprès de mille personnes dans chacun des sept pays étudiés, sur l'adéquation (ou non) de l'offre du secteur à la demande des consommateurs. "Les Français économisent sur les produits basiques, en achetant par exemple des pâtes à petit prix, mais ils s'offrent un très bon chocolat fin", témoigne-t-il. 

    Les géants de l'agroalimentaire ont du mal à anticiper les besoins réels. "Ils ne répondent pas aux demandes des consommateurs", juge Pascale Grelot-Girard, directrice du département Consumer de TNS Sofres. Alors que les Français sont demandeurs de produits de proximité, dont on connaît la provenance et qui font travailler des régions voisines, les industriels "leur proposent des "cosmetofood" aux formules compliquées, tel ce yaourt "à acides gras polyinsaturés et aux fibres bifidogènes"", ironise Xavier Terlet.

    Les consommateurs, de mieux en mieux informés, voudraient qu'on ne les prenne plus pour de grands enfants. Ce que ne fait pas la marque Nutella quand, utilisant de l'huile de palme pour sa mythique pâte à tartiner, elle porte sur l'étiquette la vague mention d'"huile végétale"...

    ...Seule une dizaine de produits sur 403 innovations présentées au SIAL réunissent les critères de simplicité et de praticité que réclament les consommateurs. Ainsi, ce yoghourt bio en berlingot de la marque Vrai peut tenir huit heures hors du réfrigérateur et se glisser dans les cartables. Pour les seniors, une miniconserve à base de maquereau (Perlas 999) s'ouvre en tirant sur un caoutchouc. Pour les amateurs d'authenticité, ce merlu fumé Armoric en direct des ports bretons, pêché "en Atlantique nord-est de façon responsable" et "débarqué en Finistère Sud". 

    Le repas garde une place importante dans la vie des Français. Un sur deux affirme prendre du plaisir en cuisinant, selon une enquête publiée à l'occasion du Salon Cuisinez by M6 qui se tient à la porte de Versailles à Paris du 18 au 21 octobre (Etude Gira Conseil réalisée en août sur un échantillon représentatif de 853 personnes). Destiné aux passionnés de cuisine, ce Salon, ouvert au public, se veut un prolongement des émissions "Top Chef" et "Un dîner presque parfait". Ces programmes ont modifié le regard de beaucoup sur la cuisine. Ainsi, à Dax (Landes), le 22 septembre, une compétition a attiré des cuisiniers amateurs de toute la France pour réaliser une recette de magret de canard. Le 13 octobre, à Saint-Péray (Ardèche), une cinquantaine d'aficionados se sont affrontés lors du premier championnat du monde de la caillette. 

    Aujourd'hui, 82 % des Français disent cuisiner fréquemment, tout en admettant le faire moins et moins bien que leurs parents. En cause, le manque de temps et l'insuffisante transmission par les aînés (argument avancé par la moitié des sondés). Au quotidien, 67 % des Français déclarent limiter la dépense à 5 euros par personne et par repas. La cuisine plaisir est surtout l'affaire du week-end et des dîners entre amis. Le souci diététique n'est invoqué que par 30 % de ceux qui cuisinent, juste avant la modération du prix de revient, ce qui peut laisser perplexe." Article de Véronique Lorelle et Jean-Claude Ribaut dans Le Monde de ce week-end.IMGP4795.jpg

  • OGM, ou la science contre la démocratie...

    "Les contrefeux destinés à discréditer l’étude de Gilles-Eric Séralini et sa personne ne sont pas près de cesser : « rien de nouveau, manque d’information sur la composition de la ration alimentaire, protocole expérimental biaisé, échantillon statistique insuffisant, présence possible de mycotoxines, coup médiatique, etc. » Séralini témoignerait d’un biais anti-Ogm, accusent ses critiques - parabole de la paille et de la poutre. Mais la toxicologie est la seule discipline scientifique où ne rien trouver assure une carrière paisible. Montrer des dangers des éthers de glycol, du nucléaire, du sel, des Ogm expose à des déboires sûrs plutôt qu’à des promotions. Le courage et le mérite de Séralini et de quelques rares scientifiques d’aller à contre-courant sont d’autant plus grands. Tout aussi délicat à manier est l’argument que Séralini utilise une souche de rats sensible aux tumeurs. C’est suggérer qu’il aurait dû utiliser une souche résistante pour ne gêner personne et, bien sûr, laisse soupçonner que cette toxicologie sous influence peut choisir, si nécessaire, la “bonne” souche pour obtenir les “bons” résultats. 

    Depuis le début de cette guerre de tranchées en 1997, les Ogm assurent la carrière, les contrats, les crédits, la consultance, les brevets, les “starts-up”, l’aggrandissement des laboratoires et le prestige scientifique à ceux qui les font. Ils ont un intérêt personnel à leur succès, ce qui n’a, disent-ils, pas d’influence sur la Vérité si bien protégée par La Méthode. A ce complexe génético-industriel s’oppose une opinion publique dont le bon sens lui dit que si les scientifiques sont dans leur laboratoire, ce n’est pas parce qu’ils savent mais bien parce qu’ils ne savent pas et qu’il est dangereux de s’en remettre à des ignorants, même si, en bons dialecticiens (là aussi, qui s’ignorent), ils se font passer pour des “savants”. Particulièrement lorsque les connaissances et les représentations évoluent à tout vitesse, ce qui est le cas. Pendant des décennies, 95% ou plus de l’ADN était non-fonctionnel, mais il s’avère depuis quelques jours que cet ADN “poubelle” jouerait un rôle fondamental. 

    Les Ogm sont-ils scientifiquement dangereux pour la santé publique, pour l’environnement ? Peut-être ? Peut-être pas ? Peut-on juger leur dangerosité éventuelle pour les humains sur des rongeurs? C’est la pratique toxicologique barbare imposée, alors que des tests sur cultures de tissus humains permettraient de cribler rapidement les quelques 100 000 molécules de synthèse en circulation. Ces tests sont bon marché, rapides, et raisonnablement fiables : autant de raisons pour que les industriels les refusent. Reste que notre intérêt est de soutenir ceux que les lobbies industriels et leurs mercenaires cherchent à faire taire. Qu’on se souvienne du rôle des médecins mercenaires dans le désastre de l’amiante. Mais plutôt que se laisser piéger par une expression qui implique que la modification génétique est le problème (ce qui conduit à le confier aux experts sous influence), il faut se tourner vers la réalité, la marchandise, que les Monsanto, DuPont, Syngenta, Dow, Bayer et autres fabricants d’agrotoxiques (car ce sont ces industriels qui contrôlent les semences dans le monde) vendent sous cette expression. Après tout, c’est nous qui l’ingurgitons. Autant savoir de quoi il s’agit. 

    Les lois et règlements exigent que les plantes semées soient “homogènes et stable”». Le premier adjectif signifie que les plantes doivent être identiques (aux défauts inévitables de fabrication près) et le second que la même plante soit offerte à la vente année après année. Le rôle semencier est donc de faire des copies d’un modèle de plante déposé auprès d’instances officielles. Le terme “clone” désigne, je pense de façon appropriée, la marchandise vendue, bien que les biologistes récusent ce terme qu’ils voudraient réserver à la reproduction végétative, la pomme de terre par exemple. Ils préfèrent donc continuer à utiliser le terme variété, « le caractère de ce qui est varié, contraire de l’uniformité » selon le dictionnaire. La variété chez les plantes est l’équivalent de la race chez les animaux (les Vilmorin utilisent indifféremment les deux mots dans leur livre de 1880, Les meilleurs blés) et renvoie à l’idée de caractères communs particulièrement visibles dissimulant des variations moins évidentes mais importantes. Partout, mais particulièrement en science, les mots doivent désigner la réalité. Lorsque le terme usuel implique le contraire de ce que l’on voit, c’est qu’il faut la cacher. Le paysan produisait du blé, le système agro-industriel produit des profits en transformant les pesticides en pain Jacquet. Le capitalisme industriel a siphoné la substance des activités qui ont fait notre l’humanité mais il serait dangereux que nous nous en rendions compte. Il fait tout pour entretenir l’illusion. 

    Ces clones sont “pesticides”. Le président Sarkozy a condamné les “Ogm pesticides” lors de son discours de clôture du Grenelle de l’Environnement. Il a donc condamné 99,6% des “Ogm” commercialisés. Le pourcentage est le même cinq ans plus tard. Mais qui fabrique les Ogm-pesticides ? 

    Ces clones pesticides sont de deux types, ceux qui produisent une toxine insecticide, ceux qui absorbent un herbicide sans mourir. De plus en plus, ces deux traits se retrouvent simultanément. La toxine insecticide est produite par toutes les cellules de la plante. L’herbicide, lui, pour agir doit pénétrer dans la plante. La construction génétique introduite dans la plante neutralise son action. La plante survit et l’herbicide reste. C’est le cas du Round-up qui fait la fortune de Monsanto. Dans les deux cas, le pesticide entre dans l’alimentation. Le but des fabricants d’agro-toxiques est, on le voit, de changer subrepticement le statut des pesticides : de produits toxiques à éliminer autant que possible de notre alimentation, ils sont en train d’en faire des constituants de notre alimentation. Le principe de l’équivalence en substance, scientifiquement ridicule mais qui fonde la “sécurité alimentaire” – tant qu’une fraise transgénique ne ressemble pas à une pomme de pin, elle est “substanciellement équivalente” à une fraise normale – permet de courtcircuiter les tests coûteux et longs qui grèvaient les profits des agrotoxiques chimiques. 

    Il n’y a pas de conséquences néfaste, nous affirment les fabricants d’agrotoxiques et leurs experts d’autant plus facilement qu’ils se gardent bien de faire les travaux approfondis qui permettraient (peut-être) de les découvrir. Ils se contentent de s’assurer “scientifiquement” que « dans l’état actuel des connaissances scientifiques », on ne peut pas “scientifiquement” démontrer une toxicité éventuelle. Ils font de l’absence de preuve la preuve de l’absence. Or l’état de ces connaissances est balbutiant. Les bactéries de notre tube digestif sont 100 fois plus nombreuse que les cellules de notre corps. On connaît 5 à 10% seulement de ce microbiote, qui joue un rôle physiologique important – et mal connu. Il en est de même pour les micro-organismes du sol – une poignée de terre fertile contient de 5 à 50 milliards de bactéries, pour ne rien dire des champignons, des actinomycètes, des algues etc. 80% de la biomasse se trouve dans les 30 premiers centimétres de la sol et nous détruisons cette pellicule moléculaire de Vie qui assure le fonctionnement des grands cycles biologiques du carbone, de l’azote, de l’eau etc. On ne sait presque rien du développement de l’œuf fécondé à l’organisme final : l’oreille par exemple avec son pavillon, son conduit auditif, le tympan, l’enclume, l’étrier, les canaux, le limaçon et ses cellules ciliées qui transmettent le son au nerf auditif, tout ceci est délicatement et admirablement façonné spatialement, arrangé avec précision dans le temps et l’espace et se met exactement à sa place – à partir d’une seule cellule ! Tout plonger dans un bain de perturbateurs hormonaux et autres produits chimiques est d’autant imprudent que ces molécules peuvent entrer en synergie et être plus toxiques encore à des doses non mesurables. Pour résumer, l’Italie nous a offert un plat sublime de simplicité, la pasta al pesto. Les fabricants d’agrotoxiques veulent nous imposer désormais la pasta al pesticida. Ce n’est pas à leurs mercenaires de décider de notre appétit. 

    Enfin, ces clones pesticides sont brevetés. L’enjeu ? Les être vivants se reproduisent et se multiplient gratuitement. La loi de la vie s’oppose à la loi du profit. La vie a donc tort. Ce projet de société, l’expropriation de la vie, commence avec le capitalisme industriel. Dès la fin du 18ième siècle, les aristocrates anglais infatués de courses de chevaux créent un système administratif du contrôle du “sang” de leurs animaux. Il est l’image dans un miroir des règles aristocratique de transmission du pouvoir et de la richesse. Les papiers administratifs (le “pedigree”) et le contrôle des saillies assurent aux aristocrates éleveurs le monopole du “sang” de leurs animaux. Un animal qui a des “papiers” a de la valeur, un animal roturier ne vaut que sa roture. Ce système est repris au début du 19ième siècle pour les animaux de ferme et perdure encore avec les livres des origines. Pour les plantes, il faut attendre bien que, dès la fin du 19ième siècle, les sélectionneurs se plaignent de l’injustice de la Nature. Elle prendra différentes formes. Biologique avec le fameux maïs “hybride” que les agriculteurs ne peuvent re-semer sans chute de rendement – une des plus belles escroqueries scientifiques du siècle passé et présent, ce monopole permettant de multiplier par 50 ou 100 le prix des semences - le non moins fameux Terminator de mars 1998 qui permet de faire des plantes dont la descendance est carrément stérile. 

    Monsanto s’est immédiatement jeté sur Terminator, ce produit de la collaboration de la recherche publique (!) et d’une entreprise privée, lui assurant ainsi une publicité mondiale. Cet Ogm “répugnant” révélait le secret le mieux gardé de la génétique agricole : séparer ce que la vie confond, séparer la production de la reproduction. Technologie et précipitation inopportunes, car les fabricants d’agrotoxiques étaient sur le point d’arriver discrètement à leurs fins avec la Directive 98/44 “de brevetabilité des inventions biotechnologiques”, péniblement transposée en droit français à l’unanimité (sauf le groupe communiste) à la fin 2004. Ce brevet - un monopole accordé à un cartel et le renforçant - favorise, prétend-t-on l’Innovation alors que la doxa économique enseigne depuis Adam Smith que la concurrence assure le Progrès. Quelle imposture ! Le Parti Socialiste a assorti son vote d’une demande de renégociation dont plus personne n’a entendu parler. En France, d’ailleurs, multiplier les obstacles règlementaires pour empêcher l’agriculteur de semer le grain récolté est une spécialité des ministres socialistes de l’agriculture, de Michel Rocard en 1995 à Jean Glavany (2001) en passant par Henry Nallet (1989). Mais Glavany a surclassé ses prédécesseurs avec sa “cotisation volontaire obligatoire”, une taxe sur les semences de ferme (non commerciales), pour secourir une interprofession sous la coupe du cartel. 

    Une société démocratique doit-elle se laisser dicter sa loi par les experts – ces « hommes compétents qui se trompent en suivant les règles » (Paul Valéry) - pour évaluer la dangerosité des clones pesticides brevetés (ou tout autre problème)? Pas besoin d’expert pour se rendre compte que nous courons au désastre. Des clones, alors que la diversité biologique cultivée est à l’agonie. Des clones pesticides qui permettent d’éviter les tests coûteux imposés aux agrotoxiques chimiques et nous enfoncent dans l’addiction à des poisons qui créent leur propre marché et l’élargissent constamment car les ravageurs et les pathogènes les contournent inévitablement. Des clones pesticides brevetés qui confient notre avenir biologique aux fabricants de produits en “cide”, aux fabricants de mort. 

    L’expression Ogm et les débats qu’elle impose, typiques de notre époque d’enfumage, révèlent l’état de notre démocratie. Appeler les choses par leur nom, ouvre un possible renouveau démocratique: démonter une législation semencière dépassée qui impose les clones et condamne des associations qui, comme Kokopelli, luttent pour sauvegarder la diversité. Lutter sérieusement contre l’addiction aux pesticides. En finir, enfin et surtout, avec le brevet du vivant. Le PS n’a–t-il pas dit qu’il en demanderait la renégociation ? 

    Bien entendu, les sycophantes détournent l’attention en annonçant l’avènement d’Ogm philanthropiques et verts. Les Ogm vont nourrir la planète et protéger l’environnement annonçait Axel Khan dans Les Echos en 1998. Mais nous n’avons toujours que des clones pesticides brevetés. Comment ces Ogm philanthropiques et verts pourraient-ils être ceux d’une société où la maximisation du profit est la seule règle, où les experts scientifiques sous influence remplacent la démocratie, où les “empoisonneurs publics” (Roger Heim, Président de l’Académie des Sciences dans sa préface au livre de Rachel Carlson, “Un printemps silencieux” de 1964 – une autre époque) et marchands de Mort ont toute liberté pour confisquer la Vie. Les Ogm philanthropiques et verts sont ceux d’une société démocratique et libre, donc philanthropique et verte qui, pour ces raisons, n’en aura pas besoin."

    Article rédigé le 25 septembre 2012 par Jean-Pierre Berlan, ex-Directeur de Recherche de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique).

  • Un panier Bio chaque semaine, quel bonheur...

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    Quel bonheur de se faire livrer, chaque semaine, un panier Bio. Tout d'abord, le fait de devoir cuisiner et manger des légumes et des fruits que l'on aurait peut-être pas achetés : on est un peu forcés de manger équilibré, c'est à dire une alimentation variée, de saison et locale. C'est mieux que le Quick et Pizza Hut. Et en plus, c'est moins cher.

    Ensuite, le bonheur de retrouver les saveurs des légumes et des fruits d'antan, ceux cultivés sans pesticides, herbicides, hormones de croissances et autres OGM... Quel bonheur de retrouver le vrai goût des tomates, des salades, des carottes, des fraises... C'est magnifique ! Comment avons-nous pu mal nous nourrir pendant toutes ces années ?

    Enfin, le bonheur de créer un partenariat avec un agriculteur Bio. Une véritable relation de confiance mutuelle, profitable aux deux parties. Je lui assure un revenu mensuel, il m'assure des produits qualitatifs, goûtus, mais surtout, des légumes et des fruits qui ont pris le temps de pousser naturellement et qui contiennent donc beaucoup plus de matières sèches (et donc moins d'eau) que les pseudos légumes et fruits distribués en grande surface. Plus de matières sèches signifie plus de nutriments, plus de goût.

    Cette semaine, dans mon petit panier Bio : Oignons jaunes, ail et échalotes, 3 pieds de fenouil (femelles, les meilleures), une botte de cresson de jardin, 1kg de carottes (qui sentent bons la carotte), un petit Potimarron, 1 kg de Pommes de Terre nouvelles grenaille cherry, une magnifique salade feuille de chêne blonde, et un kg de Poires conférence.

    J'ai une semaine pour cuisiner et déguster tout cela, me faire plaisir, tout en apportant à mon corps les nutriments dont il a besoin; nutriments qui ne sont plus synthétisés par les légumes et les fruits "conventionnels" (c'est-à-dire de culture intensive), poussant sur un sol mort, asphyxié par les produits chimiques aspergés sur les cultures depuis des années.

    Bee Green est mon fournisseur. Guillaume Le Hardy s'est lancé, par conviction personnelle, dans la reprise d'une exploitation en Hesbaye et bosse dur pour développer son affaire et contenter ses nombreux clients, tous passionnés, autant que lui, par le goût, la santé, la qualité, les anciennes variétés oubliées, le terroir et les produits de saison. Que du bonheur je vous dis...   Infos : Guillaumelehardy@hotmail.com

     
  • Les moissons du futur, ce soir sur ARTE...

    Ce soir sur ARTE, à 20H50, première diffusion du film  "Les moissons du futur".

    Après "Le Monde selon Monsanto" et "Notre poison quotidien", Marie-Monique Robin enquête sur les méthodes de l'agroécologie dans différents points du globe. Un film plein d'espoir sur les solutions possibles à la crise alimentaire.

    Comment nourrir les 9 milliards d'habitants annoncés en 2050 ? Une émission de télévision a convaincu Marie-Monique Robin de poursuivre ses investigations sur l'urgence de produire autrement. 

    Président de l'Association nationale de l'industrie agro-alimentaire, Jean-René Buisson y affirmait qu'aucune alternative aux pesticides n'était possible et qu'une agriculture bio entraînerait une baisse de la production de 40 % pour une hausse des prix de 50 %. Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation des Nations unies, Olivier de Schutter, lui, prétend exactement le contraire. Qui croire ?

    Enquêtant aux quatre coins du globe, la journaliste a rencontré des paysans qui ont renoncé à ces insecticides et pesticides dont les coûts indirects colossaux — pollution, énergie et santé publique — ne sont jamais pris en compte.

     

  • Dégustation du lundi 180

    dégustation,vins,terroirs,goût,plaisir,partage,boucheFort belle dégustation à l'aveugle du Clos ce soir, à 4 et au Clos. La campagne, ce sera pour lundi prochain.

    Premier flacon, à la robe paille et aux reflets dorés. Un nez intéressant sur du coing confituré. En bouche, richesse, gras, intensité, réglisse et boisé. Mais c'est huileux et lourd dingue, sans nuances. Rayas 2004 en Châteauneuf-du-Pape. Decevant pour ce vin qui aurait dû être tout en dentelle, à la Bourguignonne. Assez grossier.

    On passe aux rouges avec un deuxième flacon au nez très floral, sur un bouquet de roses fânées, puis sur des fruits rouges, avant de s'achever sur des notes plus caramélisées. En bouche, c'est tout en finesse sur des fruits rouges croquants, avec une belle tenue. C'est mûr, frais, fin et très juste : Mais où est donc Ornikar 2010 en Minervois du Domaine Jean-Baptiste Senat, en vin naturel.

    Le troisième flacon me fait peur, avec ce bouchon ultra-sec qui se désagrège. La robe est rubis. Le nez, charmant, intéressant et complexe de vieux vin évolué, sur du cèdre. La bouche est fort belle et agréable : une très belle attaque, fondue et gouleyante avec un côté animal, bois et sous-bois (champignons). Alors que certains s'égarent sur Pichon Comtesse 85, nous sommes en rive droite : Château Soutard 1982 en Saint Emilion Grand Cru. Pas mal du tout.

    Quatrième bouteille, à la robe noire qui montre peu d'évolution et au nez qui affiche son potentiel. En bouche, c'est massif mais épatant, avec un petit côté métallique (à la Pauillac), sur des cerises à gros noyaux et des mûres, puis un boisé torréfié en finale, sur une belle sucrosité. Château Lagrange 1988 en Saint Julien.

    On achève la dégustation avec un vin à la robe foncée mais évoluée et au nez parfait, sans bois. La bouche, très longue, sur le fruit, est chaude, riche et au boisé bien intégré. L'un est à Bordeaux, l'autre en bourgogne, le troisième dans le sud : pas facile ce soir... Vega Sicilia "Unico" 1981 Ribeira Del Douro (bouteille n° 020988). Très grande bouteille, dans l'esprit bordelais. Tous les bordeaux de plus de 150 euros la bouteille se devraient d'avoir cette texture sur le fruit, sans boisé. Hélas, ce n'est pas le cas...

    C'est le meilleur 81 jamais bu. Du pur bonheur. Pour la petite histoire, Parker qui l'avait côté 93+ à sa sortie en 1998 (18 mois de fûts, puis 7 ans de foudres, mis en bouteilles en 1990 et commercialisé en 1998), la goûté récemment et lui a attribué une cote de 96-98 le 31/08/2012. Pour une fois, on est d'accord...

  • Pressions américaines pour occulter Fukushima...

    Le Pr. Mitsuhei Murata, ancien ambassadeur du Japon en Suisse dénonçait en juillet les pressions du gouvernement Américain pour occulter autant que possible la crise de Fukushima. Donc bien avant la récente intervention de Clinton auprès du gouvernement Japonais début octobre pour que celui-ci abandonne son projet de sortie du nucléaire. Les centrales de Fukushima ont effectivement été conçues par la firme Américaine General Electric, et les États-Unis comptent encore 31 réacteurs de ce type sur leur sol. Inutile de dire que la crise de Fukushima les embarrasse donc fortement. 

    Le Pr. Murata revient également sur la vulnérabilité de l'unité 4. En effet d'après le secrétaire de l'ancien Premier Ministre Naoto Kan, le sol supportant le bâtiment se serait, par endroits, affaissé de 80 cm, rendant la stabilité de l'ensemble d'autant plus douteuse, même si le bâtiment a été consolidé.

    Il insiste pour que les meilleurs spécialistes mondiaux interviennent sans tarder sur le site pour éviter toute catastrophe avec l'unité 4. Si cela devait se produire, cela signifierait la disparition du Japon et des problèmes de pollution radioactive dans le monde entier. Une catastrophe mondiale comme jamais notre planète n'en a connue.

    On comprend mieux l'intérêt des USA à cacher la vérité aux américains, l'intérêt des lobbies nucléaires à mentir en affirmant que tout est sous contrôle et qu'il n'y a aucun danger, et l'intérêt du gouvernement japonais à tromper son peuple sur l'innocuité des aliments et de la qualité de l'air au Japon. Mensonges, tromperies, faux rapports, mesures de radioactivité truquées, santé de milliers de japonais sacrifiés, et environnement planétaire pollué à tout jamais, uniquement pour préserver les intérêts du lobby nucléaire mondial... C'est pas beau tout cela ?

    Mitsuhei Murata est né à Tokyo en 1938. Diplomate de carrière, il est entré au ministère des Affaires étrangères en 1960 après avoir été diplômé en droit de l'Université de Tokyo. Il a servi en tant que Directeur Général Adjoint du Bureau des Nations Unies au Ministère des affaires étrangères; Vice-Secrétaire Général, Commission du Commerce Équitable; ancien ambassadeur du Japon au Sénégal ainsi qu'en Suisse avant de prendre le poste de Professeur Honoraire à l'Université de la Science et de la Technologie de Tianjin (Chine) et professeur de civilisations comparées à l'Université Tokai Gakuin de Nagoya au Japon. Il est actuellement directeur exécutif de la Japan Society for Global System and Ethics, et conseiller auprès de la Peace Research Foundation aux États-Unis.

  • Des agences européennes corrompues...

    "Un rapport de la Cour des comptes publié jeudi sur la base d'une enquête effectuée en 2011 a relevé "qu'aucune des agences auditées ne gérait les situations de conflit d'intérêt de manière appropriée". La dernière de la classe est clairement l'Agence européenne de la sécurité aérienne, qui "ne dispose pas d'une politique ni de procédures spécifiques relatives aux conflits d'intérêts", souligne la Cour. Mais les autres ne sont pas en reste, à des degrés divers, en particulier en ce qui concerne la mise en oeuvre de leurs propres règles internes.

    A l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA), les déclarations d'intérêts étaient certes exigées des experts, mais étaient conservées dans des enveloppes scellées sans être ouvertes par l'administration de l'agence. Un haut fonctionnaire de l'ECHA louait par ailleurs son appartement à une entreprise sollicitant un grand nombre d'autorisations auprès de la même agence.

    A l'Agence européenne du médicament (EMA) ou à l'Agence de sécurité des aliments (EFSA), les déclarations d'intérêts des experts divergeaient parfois d'une année à l'autre sans que l'administration ne s'en inquiète ou ne leur demande des clarifications, relève la Cour. A l'EFSA, deux membres du conseil d'administration, dont sa présidente Diana Banati, ont démissionné du fait de leurs responsabilités au sein de l'ILSI, un lobby de l'industrie agroalimentaire où sont notamment représentés les groupes Monsanto et Syngenta, très actifs dans le secteur des OGM. Mais cela n'a pas été le cas de six autres experts de l'EFSA qui ont aussi des liens avec cette organisation, et qui ont continué de siéger au comité scientifique ou au conseil de surveillance de l'agence européenne, a relevé la Cour qui s'inquiète de cette "différence de traitement".

    Aucune procédure particulière n'est par ailleurs prévue en cas de fausse déclaration d'intérêts dans les quatre agences auditées.

    Ces dernières ont promis de "prendre en compte la plupart de nos recommandations et, depuis, la plupart ont changé leurs règles", s'est réjoui le rapporteur de la Cour Igors Ludborzs.

    Dans un communiqué, l'EFSA a assuré que beaucoup des recommandations ont "déjà été intégrées dans les processus de travail" de l'agence, tout en promettant de se pencher "attentivement sur toute recommandation qui resterait encore en suspens"." Source RTBF.

    Quelle bande de faux-culs, quels pourris, payés par les agences européennes (c'est-à-dire par le contribuable européen, donc nous) pour veiller à notre sécurité, notre santé et nos intérêts, et payés une seconde fois par toutes ces multinationales agro-alimentaires comme Monsanto et Sygenta, pharmaceutiques ou nucléaires afin que leurs propositions malhonnêtes, malsaines et dangereuses pour l'environnement et la santé humaine soient acceptées. Je passe sur les rapports truqués, les données non vérifiées, les mensonges, pour une seule cause : le pognon !

    Encore plus grave, la position des responsables européens, qui créent ces agences, les subventionnent, et mettent à leur têtes tous ces gens corrompus, non fiables et ayant un grand problème de conflits d'intérêt et de pots de vins... A quand des chercheurs totalement indépendants à leur place ?

    Le ver est dans la pomme. Terriens, il est temps d'agir...

  • Dégustation du lundi 179

    Clos 20121008photo.JPG

    Belle dégustation au Clos ce lundi, à 4, jambe de bois étant toujours immobilisé dans sa lointaine campagne. Mais nous le rejoindrons lundi prochain pour lui remonter le moral et fêter un anniversaire qui n'en fini pas d'être fêté.

    Premier flacon, à la robe paille et au nez de pomme mûre. En bouche, acidité, vivacité et complexité gustative intéressante : complexité et minéralité. Par contre, la complexité aromatique est moins avenante. Cela tire fort sur la pomme, c'est assez monolithique et d'une longueur moyenne. Mais ce vin est ciselé et quand même fort agréable :  Arena 2010 en Savennières d'Agnès et René Mosse.

    On passe aux rouges avec un premier vin à tester pour une connaissance. Robe rubis claire, et nez de mélasse de pneus usés macérée dans un jus de bois brûlé à la liqueur de vieux cassis parkerisé. En bouche, c'est encore pire, chaptalisé à mort et vraiment pas bon. Dalvina "Amfora" 2008 Macedonia.

    On passe aux choses sérieuses avec un troisième flacon à la robe rubis et au beau nez frais et rond. En bouche, c'est mûr, sans trop d'alcool, doux frais et chaud à la fois. C'est joli, souple et fin, avec un plaisir immédiat et facile, bien qu'il y ai une petite sécheresse en finale : Castello Fonterutoli 2007 Chianti Classico de Mazzei. Pas mal pour ce vignoble composé d'une trentaine de parcelles différentes, vinifiées séparément, puis assemblées. Par la même famille depuis 23 générations...

    La quatrième bouteille présente une robe rubis foncé et un nez plus complexe et plus puissant. La première bouche n'est pas terrible : en retrait sur du boisé et de la sécheresse. Quelques minutes plus tard, la seconde bouche nous présente heureusement un tout autre vin : de la rondeur, une finesse intéressante sur du cacao et du chocolat, de l'harmonie, de la douceur et de la délicatesse : Château Belair 2002 de Dubois Challon, en 1er Grand Cru Classé (B) sur Saint Emilion.

    Cinquième flacon de la soirée, avec une robe rubis foncé au contour légèrement tuilé et un top nez de vieux Bordeaux comme on les aime. En bouche, le fruit est là, sur une belle vieille matière qui en a encore sous la pédale. Très beau. Léoville Barton 1990 en Saint-Julien. C'est un Bordeaux d'avant la catastrophe (c'est-à-dire avant 1991, les millésimes 91/92 et 93 n'ayant pas été bons, et 95 ayant vu apparaître la flambée des prix et une mode de boiser le vin pour le parkériser. Et depuis lors, c'est mauvais). 

    Arrive le sixième flacon, à la robe rubis plus claire et au nez plus discret sur des fruits rouges. En bouche, les mêmes petits fruits rouges, tout en finesse et de la cerise en finale. C'est moins impressionnant que le précédent, mais on pense également à Bordeaux et c'est raté : Clos des Lambrays 2005 en Grand Cru, Domaine des Lambrays à Morey Saint-Denis en Bourgogne. La Bourgogne comme on l'aime. Et c'est assez rare...

    Nous n'épiloguerons pas sur le septième flacon de la soirée, bouchonné de bouchonné. Domaine de Beaucastel 2004 "Hommage à Jacques Perrin" en Châteauneuf-du-Pape. Dommaaaaaaage....

    On acheva la soirée (pour la majorité, la minorité poursuivant ailleurs) avec un huitième flacon à la robe noire et au nez d'extrême maturité et de sucrosité. En bouche, une magnifique densité. C'est très bon car ce vin a tout, mais il faut le laisser vieillir. Il souffre aussi de tout ce qui a été dégusté avant. C'est un vin de garde, trop massif pour le moment : Lafran Veyrolles Cuvée Tradition 2007 en Bandol. A revoir dans 10 ans ou plus...

    Lundi prochain, la suite des agapes du Clos.

  • France, ton fromage fout le camp...

    Dans le plus grand silence, le pays des fromages laisse filer son patrimoine. En 50 ans, 90 % de nos fromages ont basculé dans l'industrialisation. 

    Faisant fi des protestations des petits producteurs, les multinationales agroalimentaires, avec la complicité des pouvoirs publics, ont ainsi balayé 2 000 ans de savoir-faire. Résultat : les vrais fromages au lait cru et les produits fermiers sont en voie de disparition.

    Laxisme, uniformisation, normes sanitaires. A qui la faute ? Les conséquences de cette mort programmée sont plus graves qu'on ne l'imagine. La gastronomie y perd l'un de ses plus beaux fleurons. 

    La santé en pâtit : la standardisation du lait prive notre système immunitaire d'une flore bénéfique, et notre organisme de nutriments précieux. L'environnement, lui aussi, est menacé : les prairies naturelles disparaissent, au profit de la culture céréalière intensive qui n'est pas sans danger.

    Dans cette enquête fouillée où elle brise l'omerta qui entoure cette affaire, Véronique Richez-Lerouge lance un cri d'alarme : Quel héritage voulons-nous laisser à nos enfants ? 

    En 1945, 100% des fromages étaient au lait cru, aujourd’hui 90 % sont au lait pasteurisé. Plus inquiétant encore certaines AOP, Appellation d’Origine Protégée, semblent jouer avec la tradition et l’auteure de nous rapporter l’exemple de l’Ossau-Iraty AOP produit par la société Onetik : lait pasteurisé, conservateur E235 et colorant E172 ! Même l’emblème national est fragilisé, 90 % des camemberts sont aujourd’hui industriels, et le Cantal fermier  que nous vénérons serait  lui aussi menacé, nos papilles tremblent de ne plus être en émoi un jour devant un plateau de fromages morts.   

    Alors ? Noir c'est noir,  il n’y a plus  d’espoir ?   Et bien si,  Véronique Richez-Lerouge finit par un chapitre à la gloire des résistants, des producteurs qui se battent pour préserver notre patrimoine gastronomique et « nos vrais fromages ». A nous aussi d’acheter responsable pour les soutenir si nous ne voulons pas demain avoir des plateaux sans goût et sans odeur, à nos fromagers de se battre pour promouvoir la diversité et éduquer nos palais, à nos restaurateurs de ne pas négliger les plateaux et les planches ! Attention, un fromage signe aussi un repas même si le Chef ne le produit pas, mais c'est sa responsabilité que de le choisir ...

    France, ton fromage fout le camp ! Auteur : Véronique RICHEZ-LEROUGE  Editeur : MICHEL LAFON 15,50 euros.

    Véronique Richez-Lerouge est journaliste. Elle a fondé l’association Fromages de Terroirs, dont elle est présidente, et lancé la Journée nationale du fromage, ainsi que le calendrier des From’Girls. Elle milite depuis plus de dix ans pour la défense d’un fromage de tradition au lait cru.

     

  • Monsanto, la fin ?

    Le géant de l’agrochimie Monsanto a publié mercredi une perte pour le quatrième trimestre de son exercice fiscal à fin août, suite à une baisse saisonnière de ses ventes, et s’est montré prudent pour le prochain exercice 2013.

    Le producteur de semences de maïs, de soja et autres cultures génétiquement modifiées a annoncé un objectif de bénéfice situé entre 4,18 et 4,32 dollar par action pour le prochain exercice, alors que les analystes attendaient un chiffre plus proche de 4,38 dollars.

    Son chiffre d’affaires a atteint 2,11 milliards de dollars pour l’exercice terminé le 31 août, en baisse par rapport aux 2,25 milliards de la même période de 2011, conséquence d’une baisse des ventes de semences de maïs et de matériel génétique. 

    Monsanto a publié une perte trimestrielle de 44 cents par action, à périmètre constant, hors charges de restructuration, plus lourde que la perte de 22 cents par action essuyée un an auparavant, mais conforme au consensus des analystes.

    La perte nette a atteint 229 millions de dollars, soit 42 cents par action, sur le trimestre, contre une perte de 112 millions de dollars, ou 21 cents par action, un an auparavant.

    Ses ventes de semences de maïs et de matériel génétique ont chuté de 12% au quatrième trimestre par rapport à la même période de 2011 et ses ventes de coton de 84%.

    En revanche, ses ventes trimestrielles de soja ont augmenté de 48% et celles semences de légumes de 26% sur un an.

    L’action perd 2,9% à 87,930 dollars vers 14h30 GMT. (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Gilles Guillaume). Source : fr.reuters.com. Article relayé par : Tanka pour TerreSacrée

    OGM : Séralini ne fournira rien de plus à l’Efsa

    Le chercheur français Gilles-Éric Séralini, qui a dirigé une étude-choc sur un maïs OGM de Monsanto, a indiqué jeudi qu’il ne donnera aucune donnée supplémentaire à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) à qui il demande de publier ses propres éléments.

    À la question : « Allez-vous fournir à l’Efsa davantage d’informations sur votre étude comme elle vous le demande ? », le professeur de l’université de Caen a répondu : « Nous attendons qu’ils fournissent ceux (les éléments) qui ont permis d’autoriser cet OGM et ce pesticide en particulier, mais aussi les autres OGM. » Source : www.lepoint.fr