• Bientôt, on devra acheter de l'air enregistré au catalogue officiel...

    Empêcher quiconque de planter des semences issues de la biodiversité mondiale, même si celles-ci ne sont pas inscrites dans le pseudo-catalogue officiel mis en place et imposé par les institutions internationales est un non-sens. C'est comme si on nous empêchait de respirer l'air qui nous entoure, en nous forçant à acheter de l'air, le seul qui soit enregistré, produit par une multinationale ! Même si celui qui nous entoure est meilleur et plus sain...

    Dominique Guillet, Président de l’Association Kokopelli, pose depuis sa création la bonne question : « Le catalogue officiel aurait-il été érigé non point pour la protection des jardiniers, mais pour la protection des intérêts financiers des grands groupes et multinationales qui ont racheté la quasi-totalité du secteur semencier depuis 40 années ? » 

    Il rêve d’une planète « avec des semences libres cultivées dans le respect de l'environnement, avec des enfants qui ne meurent plus de faim, avec des jardins et des champs, source de vie et de diversité. » Il conseille à ceux qui possèdent un jardin et aux petits cultivateurs indépendants de semer impérativement de plus en plus de semences interdites, de les donner, les échanger, et produire de jeunes plants de variétés interdites afin de les distribuer autour d’eux et aux pays les plus pauvres, sinon, dans quelques années, il n’y aura plus de semences libres, mais seulement des organismes génétiquement modifiés et des hybrides F1.

    « Résistons fertilement sinon, dans une dizaine d’années, le jardinage familial sera interdit pour cause d’homogénéisation : il sera devenu une activité à hauts risques bactérien et sociologique. » 

    PRODUCTIVITE est le mot-clé, utilisé par la Cour européenne dans l'arrêt condamnant Kokopelli, qui fait que ce raisonnement, qui dure depuis 50 ans, nous a conduits a perdre plus de 75 % de la biodiversité agricole européenne. De plus, cette biodiversité, qui existe depuis des siècles et a nourri tous les peuples européens, est soudain devenue dangereuse puisque la Cour a signalé à deux reprises que la législation permet d'éviter « la mise en terre de semences potentiellement NUISIBLES ». Il fallait oser  alors que les semences du Catalogue, enrobées des pesticides Cruiser, Gaucho Régent, et autres produits de la chimie, empoisonnent la biosphère et les populations depuis plus de cinquante ans !

    Décidément, rien ne va plus. Il faut réagir, boycotter les semenciers industriels et les fruits et légumes des grandes surfaces. Tournez-vous vers les petits producteurs bio et les variétés anciennes, goûtues et riches en nutriments, essentiels à une bonne santé. Et ne consommez que des légumes et des fruits de saison !

  • 80% des aliments sont enrobés de sucres ajoutés...

    Le foie ne gère qu’une seule source énergétique à la fois. Le corps humain est conçu pour métaboliser ainsi la nourriture. Nos ancêtres chasseurs mangeaient des graisses qui étaient acheminées jusqu’au foie, puis réduites par la voie lipolytique qui transmet des acides gras aux mitochondries (les structures infra-cellulaires qui brûlent la nourriture pour créer de l’énergie). A l’occasion d’une grosse prise de chasse, les excès d’acides gras ingurgités étaient conditionnés en lipoprotéines à faible densité et transportés en dehors du foie pour être stockés dans les tissus gras périphériques. C’est ainsi que nos ancêtres restaient en bonne santé. Pendant ce temps, nos ancêtres cueilleurs mangeaient des glucides (polymères de glucose), qui étaient également transportés jusqu’au foie, via la glycolyse, et réduits en énergie. Tout excès de glucose stimulait le pancréas à libérer de l’insuline, laquelle transportait le glucose dans les tissus gras périphériques, et qui entraînait aussi un stockage de glucose par le foie sous forme de glycogène (amidon du foie). Leur foie aussi était donc sain. Et la nature effectuait aussi sa part en fournissant toutes sortes de denrées alimentaires naturelles contenant soit de la graisse soit des glucides comme source d’énergie, mais pas les deux. Les fruits gras (noix de coco, olives, avocats) sont eux aussi pauvres en glucides.

    Le métabolisme humain s’est mis à mal fonctionner lorsque les hommes ont commencé à consommer des graisses et des glucides au même repas. Les mitochondries du foie n’ont pu supporter l’afflux énergétique et n’ont eu d’autre choix que d’utiliser une valve d’évacuation peu utilisée appelée "lipogenèse de novo" (nouvelle fabrication de graisse) pour transformer cet excès de substrat énergétique en graisses de foie. La graisse dans le foie ralentit le fonctionnement de l’organe. C’est la cause première du phénomène connu sous le nom de "résistance à l’insuline" et l’origine du développement de maladies métaboliques chroniques. En d’autres termes, les graisses et les glucides ne sont pas problématiques, tant qu’ils ne sont pas associés. Seulement, c’est exactement ce que fait l’industrie alimentaire, mélanger de plus en plus ces deux éléments dans le régime alimentaire occidental pour des raisons de goût et de durée de conservation, ce qui augmente la résistance à l’insuline et les pathologies métaboliques chroniques.

    Aujourd’hui, 33 % des Américains ont un foie gras, ce qui entraine une maladie métabolique chronique. Avant 1900, les Américains consommaient moins de 30 grammes de sucre par jour, soit 6 % du total des calories ingurgitées. En 1977, ce chiffre est monté à 75 grammes/jour, et en 1994, jusqu’à 110 grammes/jour. Aujourd’hui, les adolescents consomment en moyenne 150 grammes/jour (soit environ 30 % du total des calories), un chiffre qui s’est donc multiplié par cinq en un siècle, et par deux en une génération. Depuis cinquante ans, la consommation de sucre a aussi doublé dans le monde.

    Combiner les graisses et les glucides pèse lourd sur le processus métabolique. Et il est particulièrement dangereux de rajouter du sucre à tout cela. En effet, même si les sociétés de l’industrie alimentaire veulent vous faire croire que le sucre peut s’intégrer à un régime alimentaire équilibré, le fait est qu’elles ont créé un régime déséquilibré. Des 600 000 aliments disponibles aux Etats-Unis, 80 % sont enrobés de sucres ajoutés. Les gens ne peuvent donc être tenus responsables de ce qu’ils mettent dans leur bouche lorsque leurs choix ont été cooptés. Il va falloir un certain temps avant de réussir à déboulonner ces dangereux dogmes nutritionnels. Mais tant que nous n’y parviendrons pas, il sera difficile d’inverser l’imminence d’un désastre médical et économique.

    "La débâcle alimentaire", extraits de l'article de Robert Lustig, neuroendocrinologue pédiatrique à l'Université de Californie à San Francisco.

     

  • La CEE et les semenciers industriels veulent anéantir la biodiversité planétaire...

    "La semence, essence même de la vie, est aujourd’hui menacée. La semence, la voix de nos ancêtres, est le fruit de 12 000 années, ou plus, de co-évolution entre l’Homme, la Terre et la Plante : l’homme a domestiqué la plante tout autant que la plante a domestiqué l’homme. Ce processus co-évolutif a engendré un patrimoine végétal et culturel, très diversifié, qui est le bien commun de toute l’humanité. Cet héritage court aujourd’hui le risque d’être confisqué par une infime minorité.

    L’aliénation de la semence par l’agro-industrie constitue un danger sans précédent pour l’indépendance alimentaire et pour la santé des peuples. Les vendeurs de pesticides bricolent dans leurs laboratoires ou dans leurs champs, brûlés par la chimie, des hybrides dégénérescents ou des chimères génétiquement modifiées, qu’ils osent appeler semences. Ces semences industrielles sont malades : elles ne peuvent vivre sans pesticides, sans engrais chimiques ou sans manipulations génétiques. Polluantes pour l’environnement, elles sont le point de départ de déficiences nutritionnelles, d’aliments-poisons, de cancers et autres maladies, de dégénérescence chez l’homme et chez l’animal.

    Afin d’obtenir le monopole de ce qui appartient à tous, les lobbies de la pétro-agro-chimie, aidés par l’Etat, veulent supprimer le droit inaliénable de chacun de ressemer sa récolte.

    L’agriculture toxique est une invention récente des industriels de la guerre et de la chimie, soutenus par une caste de technocrates qui a réduit à néant les paysanneries traditionnelles. L’humanité s’est nourrie pendant 12 000 années, ou plus, de plantes saines et savoureuses issues de semences de vie, de semences de terroir, de semences croissant dans des écosystèmes naturels et vivants.

    Comme les générations qui nous ont précédés, nous avons le devoir de transmettre à nos enfants, et aux enfants de nos enfants, la possibilité d’orienter et de choisir leur avenir.

    L’Association Kokopelli œuvre ainsi à la protection de la biodiversité alimentaire, à la promotion de pratiques agro-écologiques et au recouvrement par les jardiniers et par les paysans du droit à produire leurs propres semences.

    L’Association Kokopelli est aujourd’hui menacée dans sa survie par les attaques du lobby semencier et de l’Etat. Au travers de Kokopelli, ces attaquent visent à détruire le droit de protéger et de partager les semences.

    L’Association Kokopelli est aujourd’hui menacée dans sa survie par des législations nationales ou internationales qui sont une invention récente des états et du lobby de la semence industrielle et de l’agro-chimie, et qui font du droit à la protection et au partage des semences, un délit.

    Nous exigeons pour tous les paysans, maraîchers, jardiniers, semenciers et associations œuvrant à la protection de la biodiversité alimentaire :

    - la liberté de protéger les semences de vie, de terroir, de population.

    - la liberté de reproduire ces semences.

    - la liberté de refuser, pour ces semences, tout enregistrement, tout catalogue national, tout brevet, tout droit de propriété intellectuelle.

    - la liberté de donner, d’échanger et de commercialiser ces semences.

    - la liberté de créer de nouvelles variétés de semences adaptées à un terroir, adaptées à une vie culturelle, adaptées à des pratiques agro-écologiques.

    - la liberté de refuser les chimères génétiques, source de contamination.

    - la liberté de partager et d’échanger, en toute coopération et réciprocité, les savoirs et les savoir-faire issus de millénaires d’agriculture traditionnelle.

    - la liberté d’utiliser, de commercialiser, de conseiller et d’enseigner toute technique et pratique agro-écologique (purin d’ortie, extraits fermentés, etc) respectueuse de l’Homme et des ecosystèmes.

    Nous exigeons, en fait, tout simplement, le droit inconditionnel de transmettre la biodiversité et la fertilité aux générations futures."

    Ce message de Kokopelli, condamné par la Cour européenne de justice à cesser toutes activités de reproduction, vente et échange de semences d'anciennes variétés de fruits et légumes, sous prétexte qu'elles ne sont pas enregistrées dans le catalogue des plantes cultivables est éloquent ! Catalogue accessible aux seules multinationales agro-alimentaires tellement l'inscription d'une variété est coûteuse et les conditions strictes.

    Il doit y avoir deux dizaines de variétés de tomates inscrites au catalogue, et donc commercialisées dans le monde entier. Des tomates hybrides, F1, rouges, calibrées, super-productives, qui se conservent bien et supportent les chambres froides. Mais elles n'ont aucun goût !

    Par contre, il existe sur terre plus de 3.000 variétés de tomates, toutes différentes, adaptées à leur terroir et au climat de la région. Elles sont certes moins productives, pas du tout calibrées, conservent moins bien, mais elles ont du goût ! Le vrai goût de la tomate ! Un délice et un plaisir des papilles !

    Il est hors de question que ce patrimoine de l'humanité disparaisse parce qu'une nouvelle loi interdit à quiconque d'en cultiver, d'en reproduire les semences ou d'en vendre ! Ces variétés appartiennent à l'humanité et doivent être protégées et transmises aux générations futures ! 

    Achetez vos graines et semences chez Kokopelli et plantez partout ces anciennes variétés de fruits et légumes. Récoltez les graines et pépins pour les semis de l'année suivante et arrêtez d'aller acheter des pseudo légumes OGM, hybrides et sans goût dans votre grande surface.

    Ou approvisionnez-vous chez un petit producteur Bio près de chez vous.



  • Souriez : dans 48h00, c'est l'été !

    Comme je l'avais annoncé il y a une dizaine de jours sur ce blog, l'arrivée tardive de l'été 2012 en Belgique est annoncée pour ce week-end, et cela se vérifie avec les dernières prévisions. Plus que 2 jours à tenir sous les nuages et la pluie...

    Enfin de la chaleur, sans moustiques (ils sont tous morts de froid) et du soleil pendant au moins 10 jours continus, avant que des orages de chaleur ne pointent leur nez: que du bonheur !

    Il est donc temps de ranger les imperméables, les pulls et les écharpes, et de sortir shorts, t-shirts et tongs. C'est aussi le bon moment de sortir le BBQ : pour se venger de ce début d'été polaire, on l'alimentera de charbon de bois jour et nuit pendant 10 jours, afin qu'il soit opérationnel à tout moment pour toute envie subite ou pour une petite fête imprévue...

    Et la semaine prochaine, on ira au marché, sous le soleil, acheter de quoi cuisiner quelques petites recettes estivales : ce sera comme en vacances et cela fera beaucoup de bien !

  • Une salade sans goût...

    J'ai eu le grand bonheur de déguster, il y a peu, une abominable salade grecque. Abominable car sans goût, ni saveurs. Rien. Aseptisée, pasteurisée, et fade à mourir !

    D'abord, les feuilles de salades de variétés différentes, qui goûtaient toutes la même chose, c'est à dire rien. Et aucune particularité d'une variété à l'autre ! Salades sous vide pour restaurateurs pressés de faire du pognon.

    Ensuite les olives noires, industrialisées, dénoyautées à la machine et traitées pour en adoucir le goût, aqueuses, sans huile. Bref, elles n'avaient d'olives que le nom.

    Vînt également la tomate, rouge pâle et sans aucun goût, cultivée sous serre et sans terre par l'industrie agro-alimentaire, dans un pays sans soleil et sans chaleur. En pleine saison de la tomate, faut le faire ! Et bien ils l'ont fait...

    Les rondelles d'oignons rouges auraient dû relever tout cela par leur piquant et leur croquant. Hélas, ils avaient été coupés la veille (au plus tôt) et étaient donc ramollis et ne piquaient plus du tout. Cela ressemblait à des rondelles de betteraves rouges, sans goût.

    Idem pour les concombres, marinés depuis trop longtemps, et qui avaient perdu toute fermeté, tout goût, toute fraîcheur. Et tout le reste (je pense aux vitamines et aux oligo-éléments notamment).

    Heureusement, un petit morceau de féta, pasteurisé comme il se doit, vînt donner un petit peu de goût à l'énorme assiette qui n'en avait point. Voilà où nous mène l'industrie agro-alimentaire : une alimentation standardisée, une absence de goût uniformisée et mondialisée. C'est lamentable. Et vraiment mauvais.

    Alors que si ce restaurateur achetait ses produits chez le petit producteur Bio du coin, et préparait ses plats à la minute, il aurait pu offrir une magnifique salade grecque croquante, juteuse, goûtue, aux milles saveurs et contrastes, et en plus, bourrée de vitamines, de minéraux et d'oligo-éléments, indispensables à notre santé. Et pour pas plus cher. CON-sommateur, choisis ton camp. Pour ma part, j'ai choisi depuis longtemps...

  • Les enfants de Tchernobyl...

    C'était en 1986, il y a 26 ans, que le réacteur de cette centrale nucléaire explosa et contamina 40% de l'Europe.

    26 ans plus tard, de nombreuses associations, partout en Europe, continuent d'inviter pour quelques semaines d'été des enfants de Tchernobyl, d'Ukraine et de Russie, afin qu'ils puissent se décontaminer. Ces enfants, nés bien après la catastrophe, sont contaminés à leur tour, tellement l'environnement est toujours hautement radioactif.

    Certains d'entre eux présentent des taux de radioactivité supérieurs à ceux de leur parents à l'époque ! C'est dire si les sols, l'eau et l'air qu'ils respirent sont pollués, sur des centaines de km2. Trois anciennes républiques soviétiques sont particulièrement touchées : les maladies sont toujours en nette augmentation, la mortalité y est affolante, et les taux de natalité en nette diminution.

    Des centaines de milliers d'enfants souffrent aujourd'hui de ce taux de radioactivité anormal et continuent de développer des maladies dues à ce désastre nucléaire. Un séjour chez nous et une alimentation saine pendant quelques semaines permet de diminuer ce taux de radioactivité et d'améliorer quelque peu leur condition. Provisoirement.

    Personne n'en parle plus, et pourtant, 26 ans après les faits, l'hécatombe se poursuit. Et la même situation se produira au Japon. Et on en parlera pas non plus, dans 25 ans. Comment, en effet, prouver que votre cancer a pour origine la catastrophe de Fukushima ? Jamais AREVA, ni TEPCO,  ni les autorités nucléaires mondiales ne l'admettront. Jamais.

    Et, en attendant la prochaine catastrophe nucléaire, ou l'explosion d'un des réacteurs en fission de Fukushima, on poursuit la construction de nouvelles centrales, on postpose l'arrêt et le démontage des anciennes, et on remet même en marche une quinzaine de centrales nucléaires   au Japon, alors que tout le peuple japonais y est opposé... C'est de la folie pure. Je dirais même plus, c'est criminel.

  • I Famosi Tortelloni Della Nonna...

    J'ai ramené de cette escapade toscane quelques denrées alimentaires : une tresse d'ail violet, un bloc de parmesan, quelques bouteilles de vin rouge, de l'huile d'olive, du vinaigre balsamique de Modène, du pesto "Ligure", des ceps déshydratés, du miel d'agrumes et les Fameux Tortelloni Della Nonna, secs.

    Je viens de goûter ces derniers, à la ricotta et aux épinards : c'est immangeable ! La farce de chaque Tortelloni, grosse comme deux petits pois, est blanche, farineuse, goûte l'huile de palme à outrance et c'est vraiment mauvais ! Quant aux épinards, j'ignore où ils sont passés : pas la moindre trace de verdure dans la farce...

    Comment est-il possible de vendre un tel produit dans une épicerie fine, à Bologne ? Vive les pâtes fraîches...

  • Pourquoi les tomates n'ont plus de goût?

    Belles, bien rouges et bien rebondies, fermes mais peu goûteuses... les tomates de nos rayons frais déçoivent souvent les papilles. «Les tomates n’ont plus de goût»… peut-on souvent entendre. 

    Pour Mathilde Causse, qui se préoccupe du goût de la tomate à l’Inra depuis 15 ans, l’appréciation de ce fruit est en bonne partie subjective. Texture saveur, arômes... Tous les consommateurs n‘ont pas les mêmes préférences… Cependant, « lorsque la sélection des variétés de tomate a été organisée à partir des années 50, elle ne s’est pas préoccupée du goût», reconnaît la directrice de recherche au GAFL (laboratoire Génétique et amélioration des fruits et légumes, Inra, Avignon). Résistances aux maladies et aux ravageurs, rendements, précocité, texture et conservation étaient prioritaires. «Le goût semblait inhérent au fruit..» 

    Pourtant, au fil des sélections et des hybridations, les qualités gustatives de la tomate ont trinqué. Ce fruit originaire d’Amérique du Sud, a commencé à être cultivé sous serre, toute l’année, y compris dans des pays du nord de l’Europe. « Les variétés ont été adaptées aux conditions de culture sous abri et avec moins de lumière, or la chaleur et la lumière sont déterminantes pour le goût » résume Mathilde Causse. Un autre palier a été franchi dans les années 80 :« des sélectionneurs israéliens ont mis sur le marché une variété –Daniela- pouvant se conserver 3 semaines après récolte, grâce à une mutation sur le gène rin, relate la scientifique. Mais cette mutation a un défaut très net : le fruit est plus ferme et mûrit moins vite. A la fin des années 80, les consommateurs ont commencé à se rebeller contre la perte de goût !».

    Les sélectionneurs ont donc tenté de corriger le tir mais ils ne sont pas les seuls en cause dans cette histoire de goût : toute la chaîne est impliquée, de la culture au frigo du consommateur. Les tomates sont cueillies avant maturité, lorsqu’elles sont oranges en France ou encore vertes aux Etats-Unis, alors que « les arômes se dégagent dans les dernières phases de maturité », précise la spécialiste. Ensuite il y a le transport, le stockage, puis la conservation chez le consommateur. Lorsqu’on les met dans le réfrigérateur, elles perdent leurs arômes. Il faudrait les sortir au moins 24h avant de les servir en salade pour récupérer leur saveur.

    Fin juin des chercheurs américains ont publié une étude dans la revue Science montrant qu’en surexprimant le gène SIGLK2 dans des tomates ont augmentait la quantité de sucres. Ce gène étant inactif dans les variétés vendues en supermarché, Ann Powell (University of California, Davis, USA) et ses collègues y voient un moyen d’améliorer le goût des tomates. 

    Face à ces travaux, Mathilde Causse est sceptique. « Il y a d’autres moyens d’augmenter le taux de sucres dans la tomate sans passer par ce gène qui donne des tomates bicolores, avec un collet vert, pouvant devenir jaunes s’il y a trop de lumière. Et puis le sucre ne suffit pas à faire une bonne tomate, il faut aussi de l’acidité, et des arômes… ». Ces arômes sont des molécules volatiles perçues par le système olfactif. Il y a plus de 400 composés volatils dans la tomate, produits par la dégradation de lycopènes, de carotènes, d'acides aminés...

    Tous les composants du goût –texture, saveur (sucré/acide), arômes- dépendent donc d’un très grand nombre de gènes, dont certains ont déjà été identifiés. « Cependant créer des combinaisons est complexe, nuance la chercheuse, et les contraintes sont fortes : il est difficile de revenir en arrière sur les rendements, les résistances aux maladies ou la conservation».

    En attendant que la génétique fasse progresser le goût des tomates adaptées à des circuits de production et de distribution de masse, le chemin le plus court vers une tomate savoureuse est le suivant: s’approcher au plus près d’un pied de tomate bien exposé au soleil et cueillir le fruit à maturité…

    Extrait de l'article de Cécile Dumas sur Sciences et Avenir le 13/07/12.

    Pour ma part, plutôt que d'acheter vos tomates sans goût toute l'année en grande surface, consommez les en été en vous approvisionnant uniquement chez des petits producteurs bio près de chez vous. Et faites des conserves (en bocal, ou surgelées) pour pouvoir profiter de ces magnifiques saveurs le reste de l'année.

    Et pour ceux qui ont la chance d'avoir un jardin ou une terrasse, plantez vos pieds de tomates ! Il suffit de conserver quelques pépins d'une magnifique tomate dégustée cet été, et de les replanter en avril prochain dans un peu de tourbe à l'intérieur, avant de les sortir début mai dans de grands pots ou en pleine terre.

     

  • Arnolfo **

    De retour d'un petit séjour bien sympathique en Toscane, je me devais d'évoquer le sommet gastronomique de ce voyage : un déjeuner chez Arnolfo situé dans le haut de la cité du Colle di Val d'Elsa entre Sienne et San Gimignano.

    Petite salle de quelques tables, avec vue magnifique sur les collines toscanes avoisinantes, accueil chaleureux des deux frères Trovato, l'un oeuvrant en salle, l'autre en cuisine depuis 30 ans.

    J'ai hésité entre le "Menu Gourmet The Essence" et le menu "Vegetables Chromatic". Il y avait aussi le menu "Discovering Tradition" et, évidemment, la carte. Je choisis le Menu Gourmet, en remplaçant le Pigeon par de Saint Pierre, et en demandant de supprimer le foie gras d'une autre préparation. Cela fait quand même 38 ans que je ne mange plus de viande...

    Petits pains maison aux tomates, olives, oignons et nature à tomber par terre, sans parler des Crostini, et de la IMGP4780.jpgIMGP4783.jpgcarte des vins admirable, sans prix excessifs.

    Après une envolée d'amuse-bouches de haut vol, et une délicieuse dégustation de raie aux passe-pierres, arriva le premier plat : Langoustines rôties, cerises et oignons, un accord parfait et très original. Suivi d'un Cacciucco, une soupe de poisson toscane traditionnelle, revue ici tout en finesse, avec du homard et quelques légumes al dente, vraiment très bon.

    Ensuite une magnifique petite Lasagne de bébés poulpes, coquillages et haricots de Sorana, somptueuse.

    Le ravioli de Gambas et poulpe au safran de San Gimignano qui suivi fût un pur délice, avec un pâte d'une finesse incroyable. Tout comme la morue et son gaspacho avec câpres et citron. Equilibre, qualité des produits, cuisson parfaite, goût : la perfection absolue !

    Vînt alors le fameux Saint Pierre, en deux préparations : en tartare et rôti sur une aubergine confite. A nouveau, rien à dire tellement tout était parfait et juste.

    Suivirent alors les desserts avec un premier Noir et Blanc aérien,  le Millefeuille aux framboises et pistaches, d'une fraîcheur et d'un goût remarquables, et une série de mignardises aux abricots, aux amandes, à la lavande et au gingembre, toutes meilleures les unes que les autres.

    Un sans-faute, digne d'un Guy Savoy, et méritant donc une troisième étoile, selon moi. Courrez-y, cette adresse méritant vraiment le (petit) détour, d'autant plus que la cité fortifiée du Colle di Val d'Elsa est également superbe.

  • L'été débutera le 21 juillet...

    Il paraîtrait que nous avons encore 10 jours à tenir avant qu'un anticyclone durable ne nous amène chaleur et soleil, pour la première fois depuis le mois de mars... L'été pourra alors débuter !

    La météo de nos régions est perturbée par un changement de direction et d'intensité du Gulfstream, ainsi que par l'absence de l'anticyclone des Acores, qui habituellement nous protège des dépressions.

    Cela nous amène au 21 juillet, date de la Fête Nationale, lors de laquelle il pleut 9 fois sur 10. J'ai donc un doute... Mais faisons confiance aux météorologues !