• Tranche de vie avant recyclage...

    Pas mal, l'idée de noter les vidanges qui commencent à s'accumuler chez moi et qui finiront demain matin dans la bulle de verre pour être recyclées...

    D'abord, 2 vins bio du Delhaize, qui me conviennent de temps à autre : le Domaine Le Garrigon, Visan 2010 et le Mas de Grange Neuve, en Visan 2010 également.

    Ensuite, 4 vins achetés chez un caviste : un Faugères 2009 "Jadis" de Léon Barral (avec du volatile, trop alcoolisé-14°- et un boisé trop présent), Causse Toujours, du Domaine Ribiera en 2010, en Vin de Pays de l'Hérault (également trop chaud et trop d'alcool-14,5°), Carco 2009, d'Antoine Arena en Patrimonio (13,5°, côté sud, mais rien de spécial, bof), et La Carissa 2004 du Domaine des Chênes en Côtes du Roussillon Villages Tautavel (bien, sans plus et encore 14,5°).

    Suivent 3 autres vins achetés chez un autre caviste : Tourmaline 2009 du Château l'Euzière en Languedoc (toujours 14,5°, sur le fruit, mais avec trop d'alcool), Syrah 2009 "Signé" d'Yves Cuilleron en Vin de Pays des Collines Rhodaniennes (pas mal, et enfin 12°), et le Domaine du Clos des Fées 2009 en Vieilles Vignes, en Côtes du Roussillon Villages (une référence, mais titrant 15°!). Rien d'exceptionnel dans tout cela...

    J'ai apprécié, provenant de 2 autres cavistes, le Domaine des Masques "Exception" 2009 Syrah en Bouches du Rhône (malgré ses 14,5°), Le Page de Vignelaure 2007 en Vin de Pays des Coteaux du Verdon (13,5°, mais tout en douceur sur du Cabernet Sauvignon et du Merlot), Domaine Tempier 2008 en Bandol (14°, mais quel bon Mourvèdre), et Le Gros Noré 1998 toujours à Bandol et en magnum (des fruits assez cuits, des tannins fondus et de la fraîcheur).

    Tout en achevant, ce soir, Empreintes 2009 en Cornas du Domaine Durand (un vin sympathique et puissant, titrant 14°, avec un beau fruité). Mais qui n'a rien à voir avec le Cornas 2010 de Clape, dégusté à l'aveugle et époustouflant ! Mais là, on parle d'un autre prix...et d'un 100% Parker (l'un expliquant l'autre et vice versa).

    Et aucun coup de coeur parmi tous ces vins, peut-être pas toujours bus dans les meilleures conditions qui soient... Qu'est-ce qu'on peut être difficile...

  • Dégustation du lundi 169

    Fort belle dégustation, ce lundi soir au Clos, avec un premier flacon à la robe jaune or et au nez parfumé, sur du miel et des arômes de pomme. La bouche, riche mais avec une vivacité qui rattrape le tout, présente des notes d'hydrocarbures, de pommes et de réglisse. On est un peu perdu et cela part dans tous les sens : Roussanne/Marsanne, ou plus nordique? Chardonnay très mûr style Valette, ou un Montlouis sur Loire ? Clos de la Coulée de Serrant 2006 de Nicolas Joly en appellation Savennières-Coulée de Serrant. Un peu déçus, on en attendait quelque chose de plus tranché, de plus racé, avec moins de sucre.

    On passe aux rouges avec un vin à la robe rubis évoluée et au magnifique nez évolué lui aussi, sur un fruit fondu et des notes tertiaires de cuir et de champignons. En bouche, c'est délicat, tout en dentelle, très plaisant avec de belles saveurs : une noble évolution sur de la tomate confite, ce qui nous dirige tous vers la rive gauche en 82 ou 86. Et c'est raté : Hermitage 1997 de Jean-Louis Chave ! Un 100% Syrah, pas mal pour une rive gauche...

    Troisième flacon à la robe noire et au nez de Syrah, propre et élégante. En bouche, c'est riche, sanguin et volumineux, sur de la violette et du graphite, avec des tannins bien enrobés sur du cassis. Mais c'est fort jeune et bu trop tôt. On est en Côtes du Rhône méridionale ou en Languedoc, et c'est à nouveau raté : Marquise de la Tourette 2006, en Hermitage de Delas.

    La quatrième bouteille présente une robe noire et de l'alcool au nez. En bouche, c'est rond et chaud, avec de l'alcool. Ce vin, qui appelle le canard, manque un peu de fraîcheur : Peyre Rose 2002 Clos des Cistes en Coteaux du Languedoc.

    On acheva la dégustation de ce soir avec un vin blanc, à la robe claire et au nez sur de la noix. En bouche, c'est un peu coincé et peu expressif. Il y a peut-être un léger problème de bouchon : Cuvée de Garde Assemblage 2007 de Jean-François Genevat en Côtes du Jura.

    Prochaine dégustation du Clos dans 15 jours, avec pour thème : 2003 ou avant. Qui vivra verra.

    dégustation,vin,plaisir,partage,terroirs

  • Le Clos a 15 ans...

    Il y a exactement 15 ans, jour pour jour, naissait un petit vignoble à Auderghem, exposé plein sud, en terrasses. Cinq joyeux lurons y plantèrent 160 jeunes ceps juste ramenés de bourgogne (Pinot noir et quelques pieds de Chardonnay) et de Bordeaux (Merlot, Cabernet sauvignon et Cabernet franc).

    Ce fût le début d'une grande aventure et d'un rendez-vous hebdomadaire fixé au lundi soir, pour nous permettre de travailler dans le vignoble, puis d'y organiser une dégustation à l'aveugle pour parfaire nos connaissances oenologiques. En 15 ans, ce sont environ 4.000 bouteilles qui furent dégustées...

    Côté vignoble, on sorti un magnifique Pinot noir en 1999 lors d'un essai de vinification. Et, en 2000, le premier millésime du Clos (un assemblage de tous les cépages) qui fût une réussite. On encaissa ensuite quelques déboires sur les millésimes suivants (cuves non étanches, vin piqué, attaque de mildiou, essai de vinification différente ou tout simplement été pourri). Mais 4 autres millésimes nous offrirent de beaux résultats, dont le dernier en 2010.

    Côté dégustation, on était fort portés sur les grands bordeaux à l'époque, ce qui n'est plus du tout le cas aujourd'hui. On dégustait, en 1997, Château Lafite Rothschild 86, Grand vin de Leoville du Marquis de Las Cases 86, Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande 86, Château Haut Brion 86, Château Latour 86 et Château Ducru Beaucaillou 86 un lundi. Puis le lundi suivant, on faisait une verticale de Château Beauséjour Duffau-Lagarrosse 87/88/89/90/91/92/93. Et on se calmait un peu le lundi suivant, avec Baron Pichon Longueville 83 Pauillac Médoc, Corton Charlemagne Grand Cru 90 Louis Jadot, Château L'évangile 85 Pomerol et Hermitage La Chapelle 85 Paul Jaboulet Ainé.

    Quelle époque, que de bons moments et que de souvenirs. Et quelle belle aventure aussi. Un bel anniversaire à fêter à 5.

     

  • Gourmand...

    «Il n’y a que les imbéciles qui ne soient pas gourmands » disait Guy de Maupassant, ajoutant, comme s’il fallait encore convaincre ou rassurer quelques-uns d’entre nous : « On est gourmand comme l’on est artiste, comme on est poète. Le goût, c’est un organe délicat, perfectible et respectable comme l’œil et l’oreille. » On imagine volontiers le gourmand — les lithographies des siècles passés nous le caricature ainsi — comme, et je cite Owen, un « ventru, le menton luisant de beurre, la joue gonflée et l’œil humide, attablé — une serviette nouée autour du cou — fourrageant du couteau et de la fourchette dans une assiette encombrée de nourriture ».

    Le véritable gourmand n’est pas celui « qui a su éduquer, civiliser ses papilles », ce n’est pas non plus celui qui fréquente à longueur d’années telle ou telle autre table étoilée, qui court la mangeaille et les mondains. Non, « le vrai gourmand l’est aussi du toucher, de l’odorat, de l’ouïe, de la vue », c’est, j’en suis convaincu, un humaniste. Bref, un homme rare ou qui le devient. « Je veux, écrit Vaudoyer, que tu sois gourmand dans un jardin et au concert ; chez le couturier et chez le tailleur ; chez l’antiquaire et devant le ciel du couchant; au musée, au théâtre. Je veux que tu sois gourmand dans la bibliothèque. Je veux que tu sois gourmand près de la bien-aimée à qui tu as donné ton cœur ; gourmand aussi devant la jolie fille qui passe ou qui s’arrête une minute, une heure, une nuit... Exerce-toi à être gourmand dans tes rêves ; laisse la gourmandise t’ornementer l’imagination. » (Essai sur la gourmandise (Hachette, 1926) d’un certain Jean-Louis Vaudoyer).

    De la table à l’écrit, petit traité des gourmandises littéraires. COMMUNICATION D’YVES NAMUR A LA SEANCE MENSUELLE DU 12 JUIN 2004

  • Le poulet du dimanche...

    "LE SAMEDI MATIN, C'EST PANIQUE À LA BASSE-COUR. Quelle poule sera mise au pot le lendemain ?, s'interroge, chaque semaine, la communauté des gallinacés, toujours rancunière envers le bon roi Henri IV. L'heureuse élue perdra définitivement ses illusions, mais les autres ? Les rescapées du plumage fatal, qui regagnent leur nid le clapet en berne et qui vont ressasser chaque jour le même caquet : à qui le tour samedi prochain ? Des observateurs avertis ont noté une montée de la tension dans les poulaillers à l'approche du week-end et, selon des études - qui restent à faire -, on noterait une accélération sensible du rythme cardiaque du poulet de grain dans la nuit du vendredi au samedi. Les plus alarmistes envisagent même une cellule d'assistance psychologique à basse-cour stressée. Voilà où on en est arrivé et ça dure depuis des siècles ! J'aurais pu prendre l'exemple du gigot ou du rosbif, autres vedettes du repas du dimanche en famille.

    Ces considérations sur le moral du poulailler à la veille du week-end ne concernent évidemment que la volaille convenablement élevée, celle qui gambade et picore à l'air libre, le temps qu'il faut pour faire de la vraie chair et des vrais os. Le poulet de batterie n'a pas d'angoisses métaphysiques : il n'est qu'un mort-vivant destiné à la broche de rôtisseurs malfaisants où il cuit encore plus vite qu'il a grandi. Et on les voit partir aux devantures le dimanche, sur le coup de midi, les uns derrière les autres, emballés vite fait sitôt rôtis, parfois accompagnés des pommes de terre réglementaires. Une autre escale à la pâtisserie pour le "gâteau du dimanche", une salade épluchée-lavée sous plastique avec un coup de faux balsamique et voilà le repas bâclé. Il suffit de prendre l'apéro en face d'une boucherie-charcuterie pour vérifier l'ampleur des dégâts.

    LORSQU'ON ALLAIT MANGER LE POULET CHEZ LA GRAND-MÈRE, c'était une autre histoire. Elle l'avait "réservé" dans le poulailler de la voisine : "Celui-là, tu me le gardes pour le dimanche des Rameaux" et, quelques jours avant, elle venait le chercher vivant. La bête ne pesait jamais moins de 2 kg et elle s'en occupait elle-même, mettant soigneusement de côté les plumes les plus belles pour les oreillers ou les édredons. Le "vidage" des entrailles était le moment le plus délicat et l'on ne manquait pas de rappeler à table le drame de la Toussaint 1953, lorsqu'elle avait crevé le fiel, ce qui avait rendu la viande immangeable. Elle lui attachait les ailes et les cuisses, lui bourrait le "troufignon" de beurre, d'herbes, d'échalote et, aussitôt rentrée de la messe, elle l'enfournait deux bonnes heures en allant le retourner et l'arroser régulièrement.

    Suivant la saison, il venait avec des frites ou une jardinière de légumes du potager, précédé par des escargots ou la terrine de lapin et suivi par une charlotte au chocolat ou une tarte aux quetsches. Ce jour-là, on sortait le vin bouché, la vaisselle de Sarreguemines et la goutte avec le café. La découpe était une affaire d'homme et l'apparition du couteau électrique n'y a rien changé. Le poulet bien cuit et doré se laissait faire sans résistance. On mangeait à huit dessus : les ailes pour les femmes, les cuisses pour les hommes et le "blanc" arrosé de bon jus pour les enfants. La grand-mère mettait la carcasse de côté : le lendemain, elle la dépouillerait des moindres parcelles de chair avec la pointe de son petit couteau : "ça me fera ma viande pour le midi." Après ce repas du dimanche, le soir, c'était soupe pour tout le monde et au lit."  Succulent article de JP Géné dans Le Monde Magazine de ce week-end.

     

  • Nouvelle carte de la montée des eaux...

    Si ce qui est annoncé ci-après est juste, voici ce qui arriverait dans peu de temps :

    http://flood.firetree.net/?ll=51.8833,4.6472&z=10&m=30

    Alors que le réchauffement climatique ne semble plus maîtrisable, une nouvelle étude, qui se base sur des relevés géologiques passés, montre que le niveau des océans devrait considérablement augmenter dans le futur. Cette recherche a été publiée dans la revue Geology.

    L'histoire géologique de la Terre nous apprend que le niveau des océans n'est pas stable. Ainsi, il y a environ 100 millions d'années, au temps des dinosaures, à la fin du Crétacé inférieur, le niveau des océans était environ 100 à 150 mètres au-dessus du niveau actuel. Et il y a seulement 18 000 ans, lors de la dernière glaciation, il était inférieur d'environ 120 mètres.

    Une nouvelle recherche effectuée sous la direction du professeur de sciences de la terre et des planètes de l'université de Rutgers (New Jersey - USA), Kenneth Miller, nous apprend qu'en admettant que l'humanité parvienne à limiter le réchauffement planétaire à 2°C, ce qui apparait maintenant comme hautement improbable, les résultats de cette étude suggèrent que les générations à venir devront faire face à une montée du niveau de la mer de 12 à 32 mètres par rapport à son niveau actuel !

    Les scientifiques se sont basés sur l'étude de couches géologiques et de roches en Virginie (Etats-Unis), dans l'atoll d'Eniwetok dans le Pacifique et en Nouvelle-Zélande. Ils ont examiné les vestiges de l'ère Pliocène, il y a 2,7 à 3,2 millions d'années, à une période où le taux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère était à notre niveau actuel, avec des températures atmosphériques supérieures de 2°C à celles d'aujourd'hui. 

    Or, à cause des rejets massifs de gaz à effet de serre provenant de nos activités, la basse atmosphère se réchauffe rapidement et nous devrions donc connaître, dans seulement quelques décennies, un climat similaire à celui qui était présent il y a quelques millions d'années.

    Durant cette période, le niveau des océans était d'environ 22 mètres supérieur tout simplement parce qu'une grande partie des calottes glaciaires polaires avaient fondu : "La différence de volume d'eau libéré représente l'équivalent de la fonte de tout le Groenland et de la banquise de l'Antarctique Ouest, ainsi que d'une partie de la banquise marine d'Antarctique Est", a expliqué Richard Lane, directeur de programme de la division de géologie de la National Science Foundation (Etats-Unis), financeur de cette recherche.

    Rappelons que la fonte totale des calottes glaciaires entraînerait une montée d'environ 70 à 80 mètres.

    Le lien vers la carte interactive vous permet de voir ce qui sera sous eau, et par conséquent, d'anticiper dans vos achats immobilier. La Côte Belge aux portes de Bruxelles dans quelques décennies ? Ce serait incroyable ! Et pourtant...

    L'article dans son intégralité sur Notre-Planète.info