• Adieu au steak et vive les végétariens...

    Ce soir sur Arte : L'adieu au steak.

    La consommation de viande dans le monde a été multipliée par cinq au cours des cinquante dernières années. Enquête sur les conséquences d'une telle explosion, avec un commentaire dit par Nathalie Baye.

    L'industrie agroalimentaire tente de nous persuader que consommer de la viande est bon pour la santé et que celle-ci est nécessaire à notre équilibre alimentaire. Or de nombreuses études prouvent que trop de viande rouge peut non seulement menacer la santé, mais même raccourcir l'espérance de vie. Quant aux viandes blanches, elles contiennent trop souvent des résidus d'antibiotiques. De manière générale, les élevages sont devenus des entreprises high-tech dans lesquelles on oublie totalement que les animaux sont des êtres vivants et non de simples produits. Sans parler des abattoirs.

    Et pour nourrir ces animaux qui fourniront les 40 millions de tonnes de viande produits chaque année, l'Europe doit importer du fourrage, par exemple du Paraguay, où quelques gros producteurs profitent de ces commandes tandis que la majorité de la population subit les conséquences, parfois dramatiques, de l'utilisation massive des pesticides. Pire encore : grâce à cette exploitation des ressources mondiales, la production européenne est tellement bon marché que les pays émergents préfèrent importer la viande d'Europe plutôt que de soutenir les producteurs locaux.

    Si l'on ajoute à ce tableau la contribution des élevages au réchauffement climatique, la pollution de notre environnement par les herbicides, insecticides et les nitrates, il est plus que temps de reconsidérer les habitudes de consommation de cette viande des riches qui affame les pauvres.

    Toujours sur Arte, juste après : Les nouveaux végétariens.

    La cuisine végétarienne d'aujourd'hui, variée, colorée et goûteuse, fait de plus en plus d'adeptes chez les jeunes et démontre que l'on peut se nourrir sans viande de façon équilibrée. 

    Longtemps, on les a considérés comme de doux dingues ou de sinistres ennemis des plaisirs de la chère. S'ils sont toujours minoritaires dans notre société, les végétariens se recrutent aujourd'hui de plus en plus dans les cercles de jeunes urbains chics, cultivés et conscients des enjeux politico-écologiques.

    Comme les deux filles de la famille Wittmann, à Hambourg, qui ont fini par convaincre leurs parents de les suivre dans un monde sans viande. En Allemagne comme en France et de par le monde, les exemples ne manquent pas d'une cuisine végétarienne imaginative et séduisante, telle que le chef étoilé Michael Hoffmann la propose dans son restaurant Margaux, à Berlin.

    Soirée très instructive sur ARTE, et sûrement plus passionnante que le Dr House sur TF1, The Voice sue La Une, Esprits Criminels sur RTL, du Foot sur Club RTL,le divertissement de FR2 ou la série à la con sur FR3... Arrêtez d'être des moutons ! Réveillez-vous et réagissez ! Terriens, il est temps d'agir...

  • Dégustation du lundi 168

    Soirée Parkérisée, ce soir, avec pour thème : 90 +. A 4, notre 5 ème luron préférant boire autre chose ce soir.

    Soit, avec un premier vin rouge à la robe pourpre et évoluée et au nez lacté et poivré. En bouche, très peu de fruits, de la verdeur et une concoction de bois... Ne vaut vraiment pas 90%...Au deuxième essai, une heure plus tard, le nez s'avère plus sympathique, mais la bouche est toujours austère et mord bien les gencives... Bourgueil "La Coudraye" 2009 de Yannick Amirault en Loire. 89% (Parker), à 20 euro.

    Second flacon, à la robe rubis et au nez discret. En bouche, c'est bon, souple, sans boisé et tout en dentelle, sur une belle longueur de violette, de pruneau, et de cuir. Une heure plus tard, c'est un peu trop chaud, avec un manque de fraîcheur : Côte Rôtie Cote Blonde 2006 de R. Rostaing à Ampuis, qui travaille un peu à la bourguignonne. 94% pour ce flacon à 100 euro...

    Suivant, à la robe noire et au nez de poivron. On est à bordeaux, en rive gauche.En bouche, c'est moderne et travaillé, avec une belle attaque et sur un peu de fruits. Enjoleur et technique, mais sans personnalité propre qui ressort. Une heure plus tard, au nez, on est sur un Saint Julien. La bouche est plus dense. C'est rond et souple, avec un rien de dilution. Grand vin de Léoville du Marquis de Las Cases 2001 en Saint Julien. 93% Parker et 150 euro la bouteille. Et vraiment aucun plaisir à boire ce vin.

    Quatrième bouteille, à la belle robe rubis foncée et au nez bordelais parkérisé bois et vanille. En bouche, un fruit étouffé par le boisé trop massif, et une finale astringente. Une heure plus tard, il présente un plus beau nez, lacté, sur de la tomate confite, mais toujours cette finale matraquée par le bois ! Château Palmer 2002 en Margaux. 94% Parker et 140 euro... Ces 2 dernières bouteilles ne titillent plus les papilles, malgré leurs 10 ans d'âge. Quelle différence avec ces 1990 qu'on dégustait il y a 10 ans ! Et quel dommage...

    Dernier flacon de la soirée, à la robe foncée et au nez épicé, frais et sanguin.. En bouche, c'est fondu, sur du fruit, avec de la fraîcheur et une bonne acidité qui subsiste jusqu'à la fin. C'est lacté, complexe, souple et retenu à la fois, sur de la framboise et des mûres. Une Syrah du nord ? Une heure plus tard, c'est toujours très très beau, avec du volume pris à l'aération, sur un beau fruité qui s'étend. C'est délicat et rond, plus intense que la Côte Rôtie, et plus au sud, malgré sa jeunesse. Clos Marie 2007, Cuvée Simon, Pic Saint loup en Coteaux du Languedoc. 93% Parker et 25 euro la bouteille. Quel plaisir !

    Suite des aventures du Clos dans 2 semaines. En pleines Pâques.

  • Les vins naturels...

    "Robert Parker, le critique américain bouddhiste (il se présente en effet lui-même comme une espèce de ''bouddha bienveillant'', se tenant à l'écart des agitations) ; Parker donc, vient de re-taster les plus célèbres crus de Bordeaux, dans le non moins fameux millésime 2009. Et Bouddha d'accorder pas moins de 19 notes parfaites. Dix-neuf 100/100. Le marché a réagi, bien sûr. Les prix ont été rectifiés, vers le haut. Critiques et sarcasmes ont fusé, çà et là. 

    Mais, au fond du fond, une chose paraît soudain évidente : on s'en fout. On s'ennuie. Ce petit jeu toujours le même passe en boucle depuis trop longtemps. Et, au-delà d'un cercle restreint de domaines et de consommateurs, l’avis de Parker n’intéresse plus. Parce que le vin n'est pas l’affaire de quelques dizaines de milliers de zigues qui ont envie de s'offrir des étiquettes à plusieurs zéros. Bien sûr, les histoires de gros sous attirent l'œil, font vendre du papier, du pixel. Alors, ça jase.

    N'empêche, le palpitant du vin ce n'est pas ça. Ce qui fait vibrer, ce ne sont plus les prix incendiaires de certains vins de Bordeaux. D'ailleurs la bulle est là, on le sait, et elle éclatera bientôt (et ce sera alors comme en immobilier, où, quand on annonce une baisse des prix, c'est qu'elle est déjà entamée depuis belle lurette). Non, ce qui trouble et agite la surface du vin aujourd'hui, c'est le vin naturel.

    Naturel, le mot qui fâche. Du vin bio et artisanal dès la vigne, rien d'enlevé rien d'ajouté à la cuve (à l'exception éventuelle de faibles doses de soufre). Il y a ceux qui n'y voient qu'un ''rêve idiot'' ou une mode vinaigrière passagère. Ceux qui ne comprennent pas ou feignent de ne pas comprendre ce que c’est. Et, bien entendu, ceux qui y voient un acte de résistance délicieux, une forme d'utopie terrienne et liquide... Des détracteurs, des supporters. La vie, quoi. Tous focalisés sur une production qui doit représenter, en termes de volumes, quoi ? 0.1% des vins conçus dans le monde ? Cela dit, c'est déjà plus que les ''grands Bordeaux''.

    Mais le vin naturel ne répond à pas une simple problématique de production/consommation. S'il énerve et agite autant de monde, c'est qu'il est porteur de thématiques qui débordent largement le seul cadre du vin : il nous parle d'environnement et d'écologie, bien sûr, mais aussi d'une économie artisanale durable et affranchie. En un mot, de politique. Parce que le vin naturel, qui implique un rapport artisanal à la viticulture et une liberté œnologique quasi-totale, n'est pas compatible avec l'agro-industrie telle qu'elle s'est développée ces dernières décennies. Ni non plus avec les interprofessions. Ni non plus avec l’INAO. Ni non plus avec les grands réseaux de distribution. En fait, il n'est pas compatible avec le système tout entier… Period, comme disent les anglophones.

    Par conséquent, un succès commercial et surtout médiatique de ces vins est dangereux, politiquement parlant. Parce qu'il met en question le système. Et ce débat de fond est sûrement présent à l'esprit de toutes celles et ceux qui prétendent ne parler que du goût de ces vins (en bien ou en mal). Il est évident que le vin naturel, ce n’est pas que du vin. 

    Oui, le vin naturel est dangereux. Parce que la viticulture est en première ligne de l'agriculture, qui est elle-même un enjeu de société majeur ; et qu'un changement de paradigme dans le vin, pourrait avoir un effet mécanique sur tout le système. 

    Pourtant, qu'on l'espère ou qu'on le craigne, ce changement de paradigme, cette révolution ne viendra pas. Elle sera, comme ici, évoquée. Elle sera, comme là, souhaitée. Elle enflammera des centaines de débats à travers le monde. Mais elle ne viendra pas. Parce que l'occident est trop enferré dans ses propres contradictions pour se remettre activement en question... Les schizoccidentaux ? Un autre débat.

    En revanche, ce que le vin naturel réussit très bien à faire, c'est à sortir le vin de sa niche d'amateurs. En ceci qu'il est, ponctuellement, capable de mettre le vin sur le devant de la scène médiatique. Le vin naturel fait en effet parler de lui plus largement que n'importe quelle autre catégorie de vin.

    On se souvient par exemple de l'édito de Nicolas Demorand, Cépages de gauche, dans le spécial vin de Libération du 12/09/2011 ; ou encore des joyeux zouaves de la cuvée fucks@rkozy. Mais nous n'en sommes qu'au début. A terme, de par le statut privilégié du vin aux yeux du grand public, le vin naturel est probablement amené à devenir le porte-étendard de l'agriculture paysanne dans le monde. Pourvu peut-être qu’émergent un(e) ou deux jeunes vigneron(ne)s médiatiques. Dès lors, il recevra un éclairage régulier dans les médias généralistes, qui servira le vin dans son ensemble. Et notamment celui issu des cultures les plus respectueuses, qu’il soit naturel ou pas tout à fait… Alors, merde ou merci au vin naturel ?"

    Article d'Antonin Iommi-Amunategui sur ©Vindicateur, 03/2012

  • Dégustation du lundi 167

    Dégustation à 4, ce soir, avec un premier vin, blanc, à la robe jaune et au nez très aromatique sur du muscat et de la violette. Pareil en bouche, frais, classique, aromatique, sur du citron et du menthol, avec des notes de violettes : Génération XIX 2009 en Sancerre d'Alphonse Mellot.

    Second flacon, à la robe pourpre. Au nez, un peu de réduction, puis des notes cuir et animal. Surprise en bouche avec une belle matière soyeuse et fondue, sur des noyaux de cerises, des cerises mûres, et un peu d'alcool en finale : Le Petit Lassolle 2005 en Côtes du Marmandais de Stéphanie Roussel. On est en vin naturel. Les Côtes du Marmandais, limitrophes de la Gironde, ont eu leur histoire longtemps liée à celle de Bordeaux, avant que ce vignoble n'ait été reconnu en V.D.Q.S. en 1955 et en A.O.C. en 1990. 

    Troisième flacon de la soirée, à la robe rubis et au contour de disque évolué. Le nez est plus classique que le précédent, mentholé, sur du réglisse. En bouche, une fort belle matière, puissante au départ, sur du fruit et du poivron, avant de passer sur une finale sur du cèdre et des noyaux de prunes. Les avis divergent : Bordeaux, Languedoc, Syrah, 2001, 2002, 2005 ? Si c'est Bordeaux, c'est alors un bon bordeaux, fin et solaire. Raté : Lafran Veyrolles Cuvée Spéciale 1998 en Bandol. Avec 95% de mourvèdre.

    Dernière bouteille de la soirée, à la robe foncée et au premier nez cuit. Le second nez, pas très expressif est sur des fruits rouges. Quant à la bouche, elle est puissante et concentrée sur des fruits rouges, avec l'alcool bien enrobé. Manque un peu de complexité. On est dans le sud, sur une Syrah bien solaire Le Pré Neuf "Cuvée Raoul Corbin" 2009 à Vinsobres. Grenache et Syrah, pour ce Domaine qui existe depuis 1860.

    La suite des aventures du Clos lundi prochain, après la taille des ceps programmée à 16H00. 

  • Vivaqua traite l'eau bruxelloise avec du sulfate d'alumine...

    Et voilà pourquoi on en retrouve dans l'eau du robinet distribuée à Bruxelles. Certes, à faibles doses, mais qui s'ajoutent à toutes les autres, qu'on retrouve, soit, dans l'alimentation (E520 dans pain blanc, viennoiseries, lait, biscuits, etc...), soit dans d'autres produits (dentifrice, déodorants, vaccins, etc...).

    Au total, nul ne sait dire quelle est la dose journalière absorbée. Si certains effets liés à une exposition chronique à l’aluminium peuvent être actuellement considérés comme avérés (encéphalopathie, troubles psychomoteurs, atteinte du tissu osseux sous forme d’ostéomalacie et atteinte du système hématopoïétique sous la forme d’une anémie hypochrome), il apparaît que pour d’autres effets initialement suspectés (c’est le cas de la maladie d’Alzheimer), on ne soit pas tout à fait sûrs.

    Il n'empêche que les analyses des cerveaux des patients décédés de la maladie d'Alzheimer démontrent que de fortes concentrations de sulfates d'aluminium y sont présentes. Et on sait également que l'aluminium non éliminé par le corps remonte dans le cerveau et bloque des liaisons entre neurones, provoquant ainsi des pertes de mémoires.

    Conclusion : au moins on en absorbe, au mieux c'est. Les produits bio n'en contiennent pas, l'eau de source non plus. Pour les cosmétiques, il faut vérifier. Et pour les vaccins, il faut refuser cet adjuvant. D'autres adjuvants existent, et sont eux, tout à fait inoffensifs.

    Quant à l'eau du robinet, Vivaqua pourrait utiliser un sulfate de fer, même si ce traitement tout à fait inoffensif colore légèrement l'eau. Je préfère boire une eau saine légèrement colorée qu'une eau limpide qui tue...

  • Les méduses envahissent les océans...

    Sur Thalassa, hier soir, la méduse. C’est une créature étrange, à peine un animal. Sans cœur ni cerveau, elle navigue entre deux eaux depuis 600 millions d’années. Elle est née bien avant l’Homme, avant même les dinosaures. Urticante et gluante, cet être fragile n’a pas bonne réputation : on l’accuse aujourd’hui de coloniser nos océans, à la faveur du changement climatique et de la surpêche.

    De la France au Japon, en passant par la Thaïlande, l'Australie et les Etats-Unis, nous avons exploré son univers, énigmatique et immense : il existe 1000 espèces différentes de méduses. 

    En France, elle est petite et ses tentacules provoquent de vives brûlures. Depuis quelques années, elle prolifère sur nos côtes, au grand dam des vacanciers et des communes, qui ne vivent que du tourisme. On pose dorénavant des filets qui protègent certaines plages et permettent la baignade.

    Au Japon, elle est gênante et envahit une fois par an les eaux de la mer du japon. Les pêcheurs la redoutent car dans les filets, elle asphyxie les poissons et les rend invendables. Les pêcheurs remontent des milliers de méduses géantes dans leurs filets et sont désespérés. Chacune peut pondre un milliard de larves !  Ils accusent la Chine (forte pollution des fleuves et des mers avec des engrais et surpêche, s'ajoutant au réchauffement climatique sont les conditions idéales pour la méduse).

    En Australie, elle ressemble à un cube, mais elle tue, tellement son poison est violent. Il y a plus de décès dûs aux contacts avec des méduses, qu'avec des attaques de requins. On n'a toujours pas trouvé d'antidote, et la mort survient en 3 minutes...

    En Thaïlande, elle se déguste dans les bons restaurants, et génère une véritable industrie de pêche et d’exportation. 

    Aux Etats-Unis, elle est recensée, examinée, disséquée, dans le grand aquarium de Monterey. À chaque fois, c’est une méduse qui se dévoile : prolifératrice, tueuse, comestible, ou même… amie de l’homme.

    Ce qui est certain, c'est que la surpêche fait qu'il y a plus de plancton disponible pour les larves de méduses, et moins de poissons qui se nourrissent de ces larves, d'où leur augmentation croissante dans toutes les mers du monde. Une mer sans poissons et remplie de méduses empêchant toute baignade, c'est peut-être pour bientôt...L'invasion des méduses (extrait)

  • Aspirateur des mers...

    Le Maartje Theadora, véritable aspirateur des mers, illustre parfaitement le problème de la gestion actuelle de la pêche en Europe : la flotte, trop importante en nombre et suréquipée par rapport au nombre de poissons, est aujourd’hui capable de pêcher 2 à 3 fois le niveau qui serait supportable pour nos océans. Ces bateaux usines vont donc pêcher plus loin, hors des eaux européennes, pour traquer les derniers poissons. 

    Ce bateau de 140 mètres de long peut transformer 200 tonnes de poissons chaque jour, et reste en mer des semaines. Un chalutier usine de cette envergure peut capturer en une journée autant de poissons que 56 embarcations traditionnelles mauritaniennes en une année.

    Greenpeace s'élève donc contre l'usage de ces bateaux usines, qui, après avoir épuisé les eaux européennes, s'attaquent maintenant aux autres océans, et les vident de toute vie. Ce qui menace les ressources des millions de petits pêcheurs artisans africains et autres, et de tous les gens qu'ils font vivre.

    Il est grand temps d'arrêter ce massacre et de revenir à une pêche raisonnable, respectant la reconstitution naturelle des stocks et les périodes de reproduction des différentes espèces. Terriens, il est temps d'agir...

  • Les airbags dans les cars, c'est pour quand ?

    Tragédie, hier soir dans le Valais et deuil national en Belgique. Sans évoquer l'horreur pour les parents de ces 22 enfants tués, car perdre un enfant, c'est la pire des choses.

    Quelques réflexions, suite aux nouvelles de ce soir :

    1.) Il est quand même bizarre de trouver un mur en béton perpendiculaire aux voies de circulation dans un tunnel, d'autant plus qu'il n'est pas protégé par des glissières de sécurité. Le chauffeur a peut-être cru que le tunnel passait à 3 bandes et s'est mis sur celle de droite, face au mur...

    2.) Les premières personnes arrivées sur place témoignent du fait que tous les sièges du car s'étaient détachés et avaient été projetés vers l'avant, empilés les uns sur les autres. Il serait peut-être temps de revoir les fixations des sièges de cars. Et tant qu'on y est, celles des sièges d'avions aussi...

    3.) Tous les enfants portaient leur ceinture de sécurité. Et 28 personnes sont mortes sur le coup... Ne faudrait-il pas équiper les cars d'airbags ? On aurait certainement évité l'hécatombe. Et on pourrait faire de même pour les avions...

    4.) Certaines voitures sont aujourd'hui équipées d'un système de freinage automatique lorsqu'un obstacle survient. A quand ce système obligatoire sur tous les cars ? Et sur les camions.

    Ces mesures permettraient certainement de sauver de nombreuses vies.

  • Démanteler une centrale nucléaire...

    "Démanteler une centrale nucléaire est un processus très long, très complexe et très couteux. Il faut rappeler ici que l'Allemagne dispose déjà de premières expériences en matière de démantèlement. Après la chute du mur, le démontage et la décontamination des deux centrales situées en ex-RDA (Greifswald et Rheinsberg), construites selon les normes de construction en vigueur en ex-Union soviétique, fut décidé, officiellement pour des raisons de sécurité. Vingt ans après, le démontage de la centrale de Greifswald n'est pas encore terminé et les coûts s'élèvent aujourd’hui à 5,2 milliards d'euros. Précision : la somme de 500 millions d'euros est généralement avancée par les opérateurs des centrales comme étant le budget moyen de démantèlement. Et ce sont les contribuables allemands qui doivent en assumer le coût, au motif que ces deux centrales n'ont pas été opérées par l'une des quatre oligopoles...A cet exemple s’ajoute le démontage de centrales entamé depuis la première sortie du nucléaire décidée par l'Allemagne en 2000 (deux centrales sont actuellement concernées, Stade et Obrigheim) et là encore, le processus s'avère plus long et plus couteux que prévu.

    Pour les opposants au nucléaire, ce scénario apparaît comme inhérent à l'industrie de l'atome. Ils citent "l'exemple" japonais pour appuyer leurs propos. Au Japon, l'opérateur de la centrale de Fukushima Tepco estimait peu après la catastrophe à un billion de yens le montant total des coûts liés à la reconstruction, à la décontamination et au dédommagement des habitants de la région. Or, les coûts atteignent d’ores et déjà 1,7 billions de yens et le gouvernement japonais estime désormais le coût total des opérations à 4,5 billions de yens.

    Compte-tenu de la longueur et du coût du démantèlement, l'opposition anti-nucléaire, qu'elle soit militante ou politique, cherche donc avant tout à assurer le financement de ces opérations sur le long terme - d'autant que la sortie du nucléaire par l'Allemagne ampute sérieusement les bénéfices des fournisseurs d'énergie, ceux-là même qui alimentent et gèrent le fonds destiné à financer le démantèlement. "Qu'une de ces oligopoles fasse faillite et ce sont les contribuables qui devront payer. La crise financière nous a suffisamment montré que même les entreprises de grande taille ne sont pas immunisées contre les faillites", estime Rainer Baake. De fait, la publication des derniers rapports de bilan par E.On et RWE montre le bien-fondé des propos de l'ancien secrétaire d'Etat : elles viennent d'afficher les premières pertes importantes de leur histoire..." Extrait d'un article de Claira Stam à Francfort sur Novethic.

    Au départ, il y a un service public, qui est la fourniture d'électricité. Puis, une fois les investissements publics réalisés (et payés par vous et moi), on privatise l'entreprise publique, qui va non seulement faire des bénéfices incroyables, mais qui va , en plus, augmenter le prix de l'énergie. D'un autre côté, cette entreprise privée va sciemment sous-estimer le coût de démantèlement des centrales en fin de vie et créer un fond tout à fait insuffisant. Et quand le moment sera venu, ce sont les pouvoirs publics qui devront faire face à ces dépenses "imprévues", c'est-à-dire encore vous et moi ! Un scandale de plus...

    Il est aujourd'hui évident que le nucléaire est dangereux, malsain, et hors de prix si on prend tous les éléments en compte : construction de la centrale, maintenance, traitement des déchets radioactifs, et, en fin de vie, démantèlement de la centrale, et stockage, pour des centaines d'années, des éléments radioactifs. Sans parler des effets déplorables sur la santé des habitants vivant dans l'environnement immédiat des centrales, ni de catastrophes mondiales telles que Tchernobyl et Fukushima, qui ont contaminé la planète entière et continuent de le faire, sans que les médias ni le politique ne s'en émeuvent. La puissance du cartel nucléaire est telle, et leurs appuis politiques si sûrs, qu'il continue comme si rien ne s'était produit...

    Pourtant, il suffirait que quelques états renoncent au nucléaire suite aux drames planétaires en cours, et à l'impossibilité technique de démanteler les vieilles centrales, pour que ce beau cartel s'écroule. J'attends ce moment avec impatience... Terriens, il est temps d'agir...

     

     

  • Dégustation du lundi 166

     

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    Belle soirée du Clos, ce lundi soir, avec Agnès et René, 2 invités fort sympathiques, vignerons en Loire. On débuta par quelques blancs, dont le premier, à la robe dorée et au nez de noix, dévoila une bouche sucrée et crayeuse sur des fruits secs. C'est un peu lourd et alcooleux, avec un manque de fraîcheur et d'acidité : Roche aux Moines "Cuvée d'Avant" 2003 en Savennières du Château de Chamboureau.

    Second flacon, à la robe claire et au nez franc d'hydrocarbures et de raisin de Corinthe. En bouche, un Alsace Grand Cru en Riesling, facilement reconnaissable par l'un d'entre-nous : Riesling Schlossberg 2008 Cuvée Ste Catherine, en Alsace Grand Cru du Domaine Weinbach de Colette Catherine et Laurence Faller.

    La bouteille suivante, à la robe claire, présente un nez assez bizarre. La bouche est fraîche et vive, sur des agrumes, mais assez simple aromatiquement parlant, assez simple et pas fort complexe : Bourgogne aligoté 2007 de J-F Coche Dury.

    Quatrième blanc, à la robe jaune, et au nez de plat vietnamien sur des noix de cajou, avec une petite pointe de volatile. En bouche, c'est un dessert, sur de la noix, et un goût de café au lait. C'est puissant et riche, avec un long élevage, et cela ne correspond à rien de connu. C'est pourtant un vin déjà dégusté par tous, mais pas dans ce millésime chaud : Clos Reyssié 2003 Cuvée Particulière en Pouilly-Fuissé du Domaine Valette à Chaintré.

    On passe aux rouges, avec un vin à la robe rubis et au nez de vin naturel sur un fruit rouge discret. La bouche est belle et généreuse pour l'un, sur de la cerise et des noyaux de cerises pour un autre, soit de l'Anglore ou un Pinot alsacien pour un autre. En fait, on est sur du Pinot noir et 15% de Gamay avec ce Cheverny "Les Ardilles" 2009 du Domaine du Moulin d'Hervé Villemade.

    Sixième flacon à la robe rubis avec des reflets violets et au nez fruité. En bouche, une belle matière sur des fruits rouges. C'est jeune et chaud, avec un peu d'astringence en finale : dégusté trop tôt. Les Laurentides 2009 du Domaine Gramenon en Côtes du Rhône Villages.

    Le vin suivant présente une robe plus foncée et un nez bordelais trompeur pour certains, dont ils se méfient (voir les 2 dégustations précédentes). La bouche est fort belle et moins évoluée que le Bandol (trompeur) de la semaine passée. Mais on est dans la région : Château des Marres Prestige 2007 en Côtes de Provence. Un Domaine à découvrir : un magnifique rosé 2011, parfumé à mourir, un Chardonnay vraiment bien fait en 2010, et une Syrah extraordinaire en 2009.

    On passe à un vin rouge à la robe plus claire et au nez très floral, sur du bonbon à la violette. En bouche, c'est buvable, mais sans grande personnalité. Il manque de caractéristiques pour le définir : Gevrey Chambertin 1er Cru 2008 Lavaux-St-Jacques de Philippe Pacalet. Nouvelle déception avec ce vigneron, et le prix élevé de ses flacons...

    On termina la soirée avec un dernier petit blanc à la robe dorée et au nez peu expressif sur de l'abricot. La bouche est sympa et bien équilibrée. L'une pense à un Coteaux de Layon, un autre à un Chenin sur du Schiste. On est sur du calcaire avec ce Brézé 2003 du Domaine Guiberteau en Coteaux de Saumur.

    La suite lundi prochain. Qui vivra verra.

     

  • Taxation de la malbouffe...

    « Nos systèmes alimentaires rendent les gens malades, » a mis en garde mardi Olivier De Schutter, le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation. « Un septième de la population mondiale est sous-alimentée, et bien plus encore souffrent de la ‘faim cachée’ provoquée par une carence en micronutriments, tandis que 1,3 milliards de personnes sont en surpoids ou obèses. »

    « Face à cette crise sanitaire publique, nous continuons à prescrire des remèdes médicaux : pilules nutritives et stratégies de nutrition précoces pour les personnes en manque de calories ; pilules amincissantes, conseils de style de vie et calcul des calories pour les personnes en surpoids. Mais nous devons nous attaquer aux problèmes systémiques qui génèrent la mauvaise nutrition sous toutes ses formes, » a déclaré l’expert indépendant lors de la présentation de son rapport sur la nutrition au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

    « Le droit à l’alimentation n’implique pas seulement l’accès à une quantité adaptée de nourriture, mais aussi la possibilité d’avoir un régime alimentaire équilibré et nutritif, » a souligné M. De Schutter. « Les gouvernements ne peuvent se soustraire à leur responsabilité d’assurer ce droit. »

    M. De Schutter a identifié cinq actions prioritaires pour mettre la nutrition au centre des systèmes alimentaires du monde développé et en développement :

    taxer les produits préjudiciables à la santé;

    réglementer les aliments riches en graisses saturées, en sel et en sucre;

    mettre un frein à la publicité pour la malbouffe;

    réviser les subventions agricoles peu judicieuses qui rendent certains ingrédients moins chers que d’autres; et

    soutenir la production alimentaire locale pour que les consommateurs aient accès à des aliments sains, frais et nutritifs.

    « L’urbanisation, la ‘supermarchéisation’ et la diffusion mondiale de styles de vie modernes ont ébranlé les habitudes alimentaires traditionnelles, avec pour conséquence un désastre sanitaire public, » a déclaré le Rapporteur spécial. « Les gouvernements se sont concentrés sur la disponibilité accrue des calories, mais se sont souvent montrés indifférents au type de calories proposées, à quel prix, à qui elles sont accessibles et comment elles sont commercialisées. »

    Le Rapporteur spécial a par exemple souligné qu’en 2010, les entreprises américaines ont dépensé $8,5 milliards en publicité pour de la nourriture, des confiseries et des boissons non alcoolisées, alors que $44 millions avaient été budgétisés pour le principal programme d’alimentation saine du gouvernement américain.

    Le Rapporteur spécial a également identifié l’abondance des aliments transformés comme une menace majeure à l’amélioration de la nutrition. « Les transformations lourdes prospèrent dans notre système alimentaire mondial et représentent un win-win pour les multinationales agroalimentaires. Les articles transformés peuvent être produits et distribués à très grande échelle, grâce à des ingrédients subventionnés bon marché et à leur plus longue durée de conservation. »

    « Pour les consommateurs par contre, c’est un lose-lose, » a-t-il souligné. « Les aliments fortement transformés mènent à des régimes plus riches en acides gras saturés et trans, en sel et en sucres. Les enfants deviennent accros à la malbouffe qui les cible. Dans les pays plus aisés, ce sont les groupes de population les plus pauvres qui sont les plus touchés parce que les aliments riches en graisses, en sucre et en sel sont souvent moins chers que les régimes alimentaires sains à cause de subventions peu judicieuses dont les impacts sanitaires ont été totalement ignorés. »

    L’expert de l’ONU a fait remarquer que l’Occident exporte aujourd’hui le diabète et les maladies cardiaques dans les pays en développement via les aliments transformés qui remplissent les rayons des supermarchés mondiaux. D’ici 2030, plus de 5 millions de personnes mourront chaque année avant l’âge de 60 ans suite à des maladies non transmissibles liées aux régimes alimentaires.

    Rapport complet : http://www.srfood.org/images/stories/pdf/officialreports/20120306_nutrition_fr.pdf

     

     

  • Soirée radioactive sur Arte, ce soir...

    Quelques beaux documentaires, ce soir sur ARTE, à propos du nucléaire. Enfin la vérité et de véritables informations ! Parce qu'avec les médias qui appartiennent aux multinationales liées au cartel nucléaire, ce n'est ni au journal télévisé, ni dans les journaux que vous apprendrez la vérité... La fonction des médias est, normalement, de révéler les informations que cachent le gouvernement, Areva ou Tepco. Et c'est le contraire qu'ils font : Fukushima est abordé, de manière mensongère, en fin de journal ou passé sous silence ! L'industrie nucléaire a le bras long...

    J'ai appris ce soir qu'au moins 100.000 tonnes d'eau hautement radioactive a été rejetée dans l'océan Pacifique (et ce n'est pas fini). C'est tout à fait inédit à l'échelle planétaire, et on ne peut savoir ce que cela donnera...

    J'ai appris ce soir que l'explosion de l'unité 3 de Fukushima était due à une désintégration radioactive. Cela a libéré une énorme masse de plutonium qui restera dans l'environnement pendant 250.000 ans ! Oui, vous avez bien lu : 250.000 ans.

    J'ai appris ce soir que le Japon est confronté à l'élimination ou le traitement de 29.000.000 de tonnes de déchets radioactifs. Pour tout vous dire, personne ne sait comment faire et quoi en faire...

    J'ai appris ce soir que tout le nord du Japon est radioactif, et qu'il faut l'évacuer et ne plus y vivre. J'ai vu ce japonais refusant de quitter le lieu où sa famille vit depuis 1.000 ans : il n'a pas d'autre choix que de rester là et d'y mourir. Un million de nouveaux cas de cancers sont attendus au Japon dans les 10 années à venir et tout sera fait pour le cacher, car si cela se sait, ce sera l'arrêt du nucléaire dans le monde.

    Pour AREVA, il est hors de question d'admettre qu'on est face à la plus grande catastrophe nucléaire mondiale. Il faut donc minimiser les faits. Et mentir. Comme on ment sur le réel coût de cette énergie. Comme on ment sur les coûts de démontage des anciennes centrales, et l'impossibilité de stocker les déchets de façon sécurisée. Comme on ment sur le recyclage de l'uranium usagé, qui sert à produire des armes atomiques.

    Regardons l'Espagne, dont la production d'énergies renouvelables dépasse aujourd'hui celle du nucléaire. Regardons le Japon, avec toutes ses centrales nucléaires à l'arrêt. Regardons l'Allemagne qui sort du nucléaire. Le risque est trop grand avec le nucléaire et d'autres formes énergétiques existent. Moins chères, moins polluantes, plus sûres.

    L'avenir, ce sont de micro centrales énergétiques renouvelables locales.

  • Dégustation du lundi 165

    dégustation,vins naturels,vins bio,vins de soif,vins plaisirsNouveau lundi à 5 pour une dégustation à l'aveugle de 5 bouteilles. On commença par un vin naturel à la robe de jus de pommes trouble et au nez floral sur des fruits blancs. En bouche, c'est bon, mais sans complexité. Et ce n'est pas oxydatif (contrairement aux autres cuvées du même vigneron, un peu fatigantes). L'un pense à du Chardonnay, d'autres à du Chenin, et c'est loupé : on est en Sauvignon, avec cet Akéniné 2009 en Sancerre de Sébastien Riffault. 

    Le second flacon présente une robe ambrée et un nez tout à fait bouchonné. Pas de chance pour ce Clos de la Coulée de Serrant 2006 de Nicolas Joly en Savennières...

    La troisième bouteille présente une robe pourpre et un superbe nez de vieux vin, de cacao, de fleurs et de petits fruits rouges. En bouche, on est en bourgogne, sur de la dentelle, avec de la cerise, une belle acidité et un beau fruité, mais aussi avec une petite austérité en finale. C'est très aimable à boire et on pense que c'est assez vieux. Ce ne l'est pas : Les Bergers "Le vin le plus simplement" 2006 de Bernard Van Berg, vigneron à Meursault en Bourgogne Grand Ordinaire. Il s'agit de pieds de vignes plantés en 1972 sur Puligny, vinifiés par ce belge sur place depuis 2001.

    Quatrième flacon à la robe noire et au nez élégant. En bouche, c'est bon, riche, jeune, pas cuit, harmonieux et sans aucune sécheresse. Il y a un côté herbacé-gras-lardé qui plaît. Alors qu'ils se perdent en rive droite (Pavie-Macquin 2000), et un autre en Languedoc, ce Lafran Veyrolles 2000 en Cuvée Spéciale (Longue Garde) est assurément un des meilleurs Bandols dégusté au Clos depuis 5 ans. Un domaine que j'apprécie particulièrement à Bandol, et peu repris dans les guides.

    Cinquième et dernière bouteille de la soirée, à la robe foncée, mais évoluée, et au nez liégeux... Muntada 2002 du Domaine Gauby en Côtes de Roussillon Villages. Fort dommage ! Une bouteille bouchonnée la semaine passée, deux cette semaine, cela fait beaucoup...

    La suite des aventures du Clos lundi prochain, avec peut-être, quelques invités surprise. A suivre...

  • Du poison dans l'eau du robinet. Sur FR3 ce soir à 23H15.

    Sophie Le Gall, la réalisatrice, a parcouru la France pour recueillir les preuves de la contamination de l’eau et interpeller les autorités... C'est ce soir sur FR3 : Un documentaire réalisé par Sophie Le Gall, produit par Ligne de Mire, avec la participation de France Télévisions.

    C’est un danger invisible qui menace les foyers, une menace pour la santé des Français, des plus jeunes aux plus âgés. Les citoyens l’ignorent, l’eau potable qui coule de leurs robinets est souvent contaminée.

    Munie d’une valise multimédia équipée d’éprouvettes, Sophie Le Gall, la réalisatrice de ce documentaire d’investigation a parcouru la France pour recueillir les preuves de la contamination et interpeller les autorités.

    Dans le Centre, en Normandie ou en Charente, elle regorge de pesticides ou de nitrates, ces traitements chimiques qui peuvent provoquer des cancers. Les autorités le savent mais elles délivrent régulièrement des dérogations qui permettent de distribuer une eau impropre à la consommation.

    Dans des villages d’Auvergne ou à Saint Etienne, les habitants boivent une eau blanchie avec de la poudre d’aluminium qui peut déclencher la maladie d’Alzheimer. Les doses dépassent largement le seuil de risque fixé par les scientifiques mais la réglementation ignore les dangers de ce neurotoxique. Elle fait aussi l’impasse sur le radon, ce gaz hautement radioactif qui contamine l’eau potable dans le Limousin.

    Depuis quelques années, des citoyens et des scientifiques isolés tirent la sonnette d’alarme sur ces poisons qui coulent de nos robinets. Partout en France, l’eau potable charrie désormais une trentaine de résidus médicamenteux : antidépresseurs, traitements contre le cancer, hormones de la pilule contraceptive qui modifie le sexe des poissons... Pour protéger sa population de ce cocktail pharmaceutique qui pourrait devenir explosif, la Suisse installe des filtres actifs contre les molécules des médicaments. Alors que l’Europe somme la France de moderniser ses usines de traitement, notre pays ne cesse de minimiser l’ampleur de la pollution. Les communes et les grandes compagnies de distribution de l’eau ne souhaitent pas que de nouvelles règles viennent compromettre leurs affaires. Et tant pis si les Français trinquent à leur santé...

  • Qui fera son miel quand l'abeille ne sera plus là ?

    Passionné et passionnant, Alain Marchais est le président du Groupement de défense sanitaire apicole du département. Hier, dans le cadre de la médiathèque d'Amboise, il tenait une conférence intitulée « Qui fera son miel quand l'abeille ne sera plus là ». Et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa colère est à la hauteur de son peu d'optimisme pour l'avenir de l'abeille.

    Pourtant, Alain Marchais se bat « notamment auprès des plus jeunes, pour leur faire connaître l'abeille et la botanique. Pour les adultes, il est malheureusement trop tard, les savoirs qui se transmettaient de génération en génération se sont perdus », s'insurge l'homme de l'art. Selon lui, tout concourt aujourd'hui à faire disparaître cet insecte pollinisateur indispensable à la vie, et en premier lieu « le fric, car il n'y a que cela qui compte ».

    « Tout passe par la rentabilité, alors la biodiversité disparaît. Lorsque vous survolez les champs, on ne voit plus que deux ou trois sortes de céréales et les abeilles n'y trouvent pas leur compte. Et les plantes qui s'y développent sont sous perfusion de milliers de molécules mises au point depuis des décennies. En fait, les sols sont comme morts, desséchés. On ne peut plus parler d'agriculture mais d'industrie », explique Alain Marchais.

    Il cite les herbicides, les fongicides, tous ces produits phytosanitaires qui mettent l'abeille en danger. Sans compter le varroa, cet acarien parasite qui décime les ruches et devient de plus en plus résistant aux traitements. « Un véritable fléau qui fait encore plus de ravages que le frelon asiatique. » Un nouveau venu dans le monde déjà bien morne de l'apiculture. L'apiculteur de Veigné se désole également des fausses bonnes solutions, sortes de cautères sur des jambes de bois. « On effectue des fauchages tardifs des bords de route pour permettre aux abeilles de butiner, alors que ce sont des endroits extrêmement pollués.

    Maintenant, beaucoup de gens veulent une ruche chez eux, sans rien connaître à l'élevage ni aux besoins de l'abeille. » Résultat, l'essaim d'une ruche tient un an puis disparaît… Alain Marchais constate : « Dans les années 90, on obtenait environ 100 kg de miel par ruche. Aujourd'hui, on tourne à une trentaine de kg. » Et de conclure, fataliste : « De toute manière, la vraie nature est en train de disparaître. » Pour en savoir plus : www.api37.fr ; tél. 02.47.48.17.61. Article de Pascal Laurent sur La Nouvelle République.fr