• L'importance vitale de la biodiversité...

    "Pour répondre aux problèmes de malnutrition dans le monde, la FAO se tourne vers la biodiversité agricole. En liant l'amélioration de l'alimentation à la production de variétés locales, l'organisation des Nations unies entérine l'incapacité de l'agriculture industrielle à nourrir le monde.

    La malnutrition est directement liée à la perte de la biodiversité agricole. Des études montrent en effet la grande richesse et variabilité nutritionnelles des anciennes variétés locales. Ces plantes ont largement disparu en quelques décennies au profit de quelques variétés commerciales qui dominent les grandes cultures de l’agriculture mondiale (maïs, blé, riz, pommes de terre, manioc, soja). À titre d'exemple, le nombre de variétés de riz cultivées en Thaïlande est passé de 16 000 à 37. Pire, la moitié des surfaces cultivées concerne seulement deux variétés. Ce sombre constat invite à « concentrer les principaux efforts sur le retour aux cultures locales et aux systèmes alimentaires traditionnels. » Ce n’est ni la Via Campesina, ni des organisations indigénistes que le disent, mais la FAO.

    Pour l'organisation des Nations unies, la malnutrition de deux milliards de personnes dans le monde témoigne ainsi de l'inadaptation des régimes alimentaires contemporains. Lors de l’inauguration de la nouvelle chaire Unesco sur l’Alimentation durable à Montpellier, le 27 janvier 2012, Ruth Charrondière, responsable nutrition de la FAO, a insisté sur la place centrale qu'occupe aujourd'hui la biodiversité dans l’approche de la nutrition. Ces conclusions reposent sur des études engagées au milieu des années 2000 sur l'évolution des régimes alimentaires de douze communautés indigènes à travers le monde, des Masais du Kenya aux Inuits du Canada, en passant par Pohnpei, une île de la Micronésie.

    La dégradation de la situation alimentaire de cette population d'Océanie a été documentée par une ONG locale. La Island Food Community of Pohnpei s’est créée en 2004 face à l’importance des problèmes de santé publique sur l’île. En effet, dans les années 1980, des chiffres alarmants circulent sur le développement du diabète, de carences, de cancers, de maladies cardiaques. En 1994, la moitié des jeunes enfants de l’île présente des carences en vitamines A, qui sont responsables de problèmes d’infections et de troubles oculaires. La moitié des enfants de Pohnpei est également touchée par une anémie. Quarante ans plus tôt, les études médicales faites par la Navy américaine ne font pourtant état d'aucun problème nutritionnel particulier.

    Selon la Island Food Community, la responsabilité incombe au changement de régime alimentaire lié à l’importation de produits alimentaires raffinés. Riz blanc, farine, sucre sont venus marginaliser les aliments locaux, entraînant progressivement la disparition des variétés locales. L'île comptait en effet une cinquantaine de variétés de bananes, et autant de variétés de taros. Des analyses faites aujourd’hui sur ces plantes montrent des résultats stupéfiants sur leur richesse nutritionnelle. Des bananes à chaire orange contiennent par exemple jusqu’à 100 fois plus de beta-carotène (source de vitamine A) que la variété de banane blanche dominante. Comble de calamité, des programmes alimentaires ont prôné pendant plusieurs années la consommation de  légumes verts pour résoudre les problèmes de malnutrition. Ce projet  s'est soldé par un échec, les feuilles ne faisant pas partie des habitudes alimentaires des gens.

    Aujourd'hui, la vapeur est difficile à inverser, explique la Island Food Community, à cause de la disparition des semences locales et des denrées toujours importées à bas prix. La FAO conclut, quant à elle, que « les variétés locales n’étaient pas promues qu’il n’y avait pas d’information nutritionnelle disponible ». Si la leçon tirée n'est pas à la hauteur, la FAO fait néanmoins un énorme travail d'information sur la valeur nutritionnelle des aliments et des régimes alimentaires. 10 000 aliments sont déjà répertoriés dans une base de données sur la composition des denrées consommées dans le monde. En lançant la définition de l’alimentation durable en 2010, la FAO défend aussi le destin lié de l'alimentation et de la protection de l’environnement.

    Pour les pommes de terre, le riz, les bananes, etc., les données mises à disposition par la FAO témoignent de la très grande variabilité en minéraux et en vitamines d’une variété à l’autre. Si la lecture des tableaux sur la composition nutritionnelle est indigeste, elle montre néanmoins que chaque variété a ses qualités propres et que c'est bien leur complémentarité qui est équilibrée. N’en déplaise aux sélectionneurs de semences, la variété miracle n’existe pas. La Commission internationale du riz ne s'y est pas trompée. En 2006, elle recommandait la nécessité d’explorer d’abord la biodiversité existante du riz avant de s’engager vers les variétés transgéniques. L'enjeu est de taille alors qu’un des fers de lance de la promotion des OGM est la production de vitamine A pour répondre à la malnutrition dans le monde."

    Article de Magali Reinert sur Novethic 

    Liens : http://www.fao.org/infoods/biodiversity/index_en.stm

              http://islandfood.org/publications/bulletin.pdf

     

  • Dégustation du lundi 164

    Reprise des dégustations à l'aveugle du Clos après l'intermède festif du Carnaval, à 5, avec 4 vins rouges.

    Premier flacon à la robe foncée et au nez de réduction assez marquée. En bouche, un peu de fruit toujours marqué par la réduction, et une finale assez courte , astringente et sèche. Pas très excitant : Henri Milan "Sans Soufre ajouté" 2010 en Vin de France. Dommage, le 2009 est bien meilleur. 

    Second flacon à la robe foncée également, et au nez de banane sur une légère réduction, qui s'estompe au second nez. Je pense à un Beaujolais. En bouche, un beau fruit charnu et plaisant, de la concentration sans excès ni lourdeur, et une finale assez longue et plaisante : L'alibi 2010 du Domaine des Terres Promises en Coteaux Varois en Provence.

    Troisième flacon, toujours à la robe foncée et au nez étonnant sur de la pêche de vigne fraîche. En bouche, un petit fruit bien fait, pas très long. agréable mais pas transcendant : Autrement 2009 en Vin de Savoie de Chautagne. On est en biodynamie sur les cépages Gamay, Pinot et Mondeuse.

    Quatrième et dernier flacon de ce lundi soir, à la robe évoluée et tuilée et au nez liégeux... Fort dommage que ce côté liégeux également présent en bouche, gâche la puissance, la finesse et la longueur de ce qu'aurait dû être ce magnifique flacon. Ceux qui tentèrent de deviner en le goûtant, malgré ce défaut majeur, étaient sur un Pichon Comtesse 1989 en Pauillac. : Pibarnon 1990 en Bandol. Décidément, jamais je n'arriverai à faire déguster au Clos un grand Bandol, ni à faire partager l'extase ressentie face à ce terroir, quand les choses sont abouties.

    Lundi prochain, chacun une grande bouteille, pour commencer à fêter la date des 15 ans du Clos, qui approche à grands pas.

  • Agriculture qualitative de terroir...

    Marc Dufumier est agronome et professeur émérite à AgroParisTech. Il a récemment publié "Famine au sud, malbouffe au nord : comment le bio peut nous sauver" (NIL Editions) et contribué à "Altergouvernement : 18 ministres-citoyens pour une réelle alternative" (Le muscadier, 2011). Spécialiste des systèmes agricoles, il défend les systèmes "agro-écologiques", productif tout en restant respectueux de l'environnement.

    Quel regard portez-vous sur le salon de l’agriculture ?

    C’est l’occasion de présenter des animaux, des systèmes de cultures et des produits agricoles de toute la France. Une belle démonstration de ce que l’agriculture française est capable de produire. Mais malheureusement, il n’est pas encore arrivé jusqu’au salon qu’il faudrait produire sans doute moins mais mieux. La qualité sanitaire des aliments et la qualité environnementale de l’agriculture restent encore les parents pauvres du salon.

    Les agriculteurs se plaignent d’être considérés comme des adversaires de la nature. Qu’en pensez-vous ?

    Je comprends qu’ils soient irrités de se sentir stigmatisés. On leur reproche de toucher des subventions pour produire des algues vertes et utiliser des pesticides ou des hormones… Ils répliquent : « Nous avons fait ce qu’on nous a demandé de faire ». Mais qui est ce « on » ? Ce n’est pas le consommateur final !

    Et de fait, ils disposent d’une faible marge de manœuvre : peu de variété de semences, peu de races animales, et des exigences imposées par l’industrie agro-alimentaire et la grande distribution. Pour une large part, ils sont eux-mêmes victimes d’un système.

    Mais le syndicalisme majoritaire les a en même temps induits en erreur en les incitant à fournir toujours davantage de produits standards, du type sucre, poudre de lait, poulets bas de gamme ou blé tout venant, pour devenir compétitifs et vendre au moindre prix. Alors que l’avantage de la France est précisément de produire une grande diversité de produits à haute valeur ajoutée, grâce à la variété des terroirs.

    Exemple ?

    Le lait. On continue d’installer des tours de déshydratation du lait en Bretagne, avec l’objectif d’en exporter de la poudre vers la Chine, alors que cela nous met en concurrence directe avec la Nouvelle-Zélande, dont les prairies sont vertes quasiment toute l’année, et que la valeur ajoutée du lait français serait plutôt dans les bons fromages d’appellation protégée. De même, nous n’avons aucun intérêt à exporter du sucre de betterave, en compétition directe avec la canne à sucre du Brésil. Ce sont des produits de bas prix mais de fort coût environnemental.

    Le champagne, les spiritueux, le foie gras et les fromages AOC, sont des productions plus artisanales, à plus forte valeur ajoutée et qui s’exportent facilement, même en période de crise. Les céréales représentent moins du tiers de nos exportations de produits agricoles, et les plus faciles à exporter sont les blés de force cultivés dans de bonnes conditions. Ce que nous avons plus du mal à vendre, c’est le blé du "club des cents quintaux à l’hectare" boosté aux intrants chimiques.

    Vous rêvez d’une France provinciale, d’un musée des AOC !

    Que la France agricole reste provinciale, cela me paraît assez normal ! Mais elle doit surtout rester ancrée sur les avantages de chacun de ses "pays". L’agriculture de haute valeur ajoutée est aussi celle qui peut créer des emplois. A condition que les produits agricoles soient bien rémunérés.

    Ce qui est possible. Pour preuve : malgré la stagnation du pouvoir d’achat, la France importe chaque année 10% de produits biologiques en plus. Pour avoir des produits de qualité, certifiés, le consommateur est près à payer un peu plus cher.

    Mais le bio n’est pas accessible à tous…

    C’est vrai. Les couches les plus modestes sont contraintes d’acheter à bas prix. Mais en même temps, elles paient avec leurs impôts les coûts invisibles de ces produits : retrait des algues vertes, épuration des eaux, financement de la sécurité sociale qui doit faire face à une prévalence accrue de cancers et maladies neurologiques…

    Dans mon esprit, l’essor de notre agriculture de terroir devra aller de paire avec une distribution plus équitable des revenus. Mais on pourrait commencer par la restauration collective. Tous les ans, la Politique agricole commune verse 9,5 milliards d’euros aux agriculteurs français, ce qui correspond au plan de reconstruction d’Haïti sur dix ans. Or ces sommes sont tout juste associées à quelques conditionnalités écolo.

    Une part de ces 9,5 milliards d’euros pourrait retourner aux agriculteurs via la restauration collective. Les écoles, collèges et cantines d’entreprises, achèteraient des produits biologiques et de terroirs à leur vrai prix ; et grâce à ces subventions, les agriculteurs seraient bien rémunérés sans que les couches modestes aient à payer plus. Ils seraient alors plus nombreux à se convertir au bio.

    Vous proposez également qu’on rémunère les agriculteurs pour leurs services environnementaux…

    Oui, une autre part des subventions européennes pourraient transiter par les conseils régionaux, qui négocieraient avec les agriculteurs un cahier des charges environnemental, conforme aux besoins locaux et rémunéré moyennant le service rendu : entretien de haies - brises vents, assolements diversifiés, protection des abeilles, etc. Les conditions d’accès aux subventions ne seraient pas définies de façon uniforme pour tout le territoire comme c’est le cas aujourd’hui dans les 27 pays de l’Union européenne.

    Ce n’est pas la voie que prend la renégociation actuelle de la Politique agricole commune…

    Les choses avancent de façon beaucoup trop timide. La Commission a formulé des propositions qui doivent être discutées en Conseil de ministres. Cela changera peu la donne. En revanche, lorsqu’elles passeront devant le Parlement européen, il nous sera possible de faire pression en faveur d’une politique qui rémunère les agriculteurs selon la qualité de leurs produits et les services rendus à l’environnement.

    Il faut aussi que l’Europe élève des barrières douanières contre l’importation des tourteaux de soja du continent américain, en remettant en cause les accords de Blair House, qui libéralisent le commerce des protéines végétales. Nous devons retrouver une plus grande souveraineté pour produire nos propres légumineuses.

    Quel est l’intérêt des légumineuses ?

    Trèfle ou luzerne pour les vaches, féveroles ou lupin pour les porcs, légumes secs du type haricot ou lentilles pour les hommes… Ces produits nous procurent des protéines. Mais en plus, elles fertilisent les autres cultures en rotation. Dans notre agriculture standard qui les a minorées, on nourrit les animaux avec des soja ou tourteaux de soja importés du nouveau monde et on fertilise les sols avec de l’urée et des ammonitrates dont la fabrication exige de l’importation de gaz naturel ou norvégien. Une fertilisation très émettrice de protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 290 fois plus réchauffant que le gaz carbonique.

    Dans votre modèle, peut-on nourrir tout le monde en bio ?

    Réduire notre production de sucre, de poudre de lait et de poulets en batterie ne sera pas un drame, puisque nous sommes en surproduction. Cela libèrerait des terres pour produire nos propres protéines végétales, restaurer notre indépendance alimentaire et exporter de bons produits. Quant aux pays du Sud les plus déficitaires, ils pourront ainsi accroître leurs rendements sans avoir à souffrir de nos surplus."

     Par Morgane Bertrand, Journaliste Société Planète

  • Le monde bancaire colonise le monde politique...

    Inside Job de Charles H. Ferguson est le premier film qui s'essaye à une analyse exhaustive de la crise financière mondiale qui a émergé en 2008. Selon le réalisateur, celle-ci était évitable, car, pour que la crise de 1929 et la Grande Dépression ne puissent se reproduire, « des mécanismes avaient été mis en place, qui ont protégé les États-Unis de toute crise financière jusqu’en 2008 »1. Mais, «  avec la dérégulation progressive du secteur financier, les années 80 ont vu l'émergence d'une industrie de plus en plus criminelle, dont les « innovations » ont provoqué une succession de crises financières. Chaque crise étant pire que la précédente, et pourtant, au vu des enjeux d'enrichissement et du pouvoir croissant de l'industrie, chacune a envoyé très peu de gens derrière les barreaux ». C. Ferguson fait ainsi remarquer qu’en dépit «  des fraudes qui ont provoqué des milliers de milliards de pertes, personne n'est allé en prison ». Le film donne la parole à l'ensemble des protagonistes, dont des experts qui avaient annoncé la crise, et qui à l’époque n'avaient pas été écoutés ou jugés être des cassandres. Selon la présentation du film faite par Sony Pictures, Inside Job révèle « l'émergence d'un business dénué de tout scrupule et expose les relations scandaleuses qui ont corrompu la politique, les autorités de régulation et le monde universitaire ».

    Cette crise est la plus importante depuis celle « la Grande Dépression » de 1929. Son coût a été estimé à plus de 20 000 milliards de dollars. Elle a causé la perte d’emploi pour des millions de gens, qui ont aussi perdu pour certains leurs retraites, maisons et économies. Elle a menacé d'effondrement l'ordre financier mondial.

    Le film s’appuie sur une recherche exhaustive et de nombreux témoignages, présentés sous forme d’extraits d’entrevues avec les principaux initiés financiers, politiciens, journalistes et universitaires réputés, spécialiste de ces questions. Ainsi le spectateur peut-il entendre les réponses ou commentaires de Nouriel Roubini, Barney Frank, George Soros, Eliot Spitzer, Charles R. Morris, Dominique Strauss-Kahn, Christine Lagarde et d'autres. On voit aussi les réponses embarrassées, cafouilleuses ou vite agressives de lobbyistes qui ont défendu ou défendent les banques.

    En particulier, le film éclaire le lien incestueux d'universitaires prestigieux (en particulier des universités de la Ivy League : Harvard, Columbia, Berkeley et d'autres qui, du fait de la réputation de sérieux scientifique, ont fourni une garantie (articles, rapports à la chambre de commerce d'Islande) mais ont été rémunérés (grassement) et on fait, ou font encore, partie des conseils d'administration de grandes entreprises financières mises en cause : Banques financières (Merrill Lynch, Morgan Stanley, Lehman Brothers, assurances (AIG), agences de crédit immobilier (y compris gouvernementales: Freddie Mac & Fannie Mae) et agences de notation financière (Standard & Poor's, Fitch Ratings, Moody's).

    Et le pire dans tout cela, c'est que nous voyons maintenant ces mêmes bandits prendre le pouvoir politique dans certains pays, catapultés à ces postes par le FMI ou la CEE. Cela fait froid dans le dos... Car ils doivent toujours servir la finance et le cartel bancaire, plutôt que la population de l'état dont ils ont la charge, conflit d'intérêt oblige. Vous savez quoi ? On est mal barre ! Va falloir réagir sérieusement et ne pas les laisser faire...

    Inside Job, à voir sur http://leweb2zero.tv/video/mattlouf_134d7e6865367dd

     

  • Terre à l'agonie...

    Agronomes, Lydia et Claude Bourguignon considèrent que la plupart de nos sols cultivés sont à l’agonie. Au banc des accusés : le labour et les apports excessifs d’engrais et de pesticides. Le passage à la bio, côté agriculteurs et côté citoyens, garantirait le retour de la fertilité.

    Vous estimez qu’en Europe, 70 % des sols sont morts. Qu’est-ce que cela signifie ?

    Lydia Bourguignon : Dire qu’un sol est “mort” signifie qu'on ne mesure aucune activité biologique en laboratoire, dans l’échantillon de terre étudié. En fait, je préfère parler de sols “à l’agonie”. Dans la notion de “mort”, il y a une idée de non-retour. Or, avec une prise de conscience et du travail, ces sols peuvent retrouver leur fertilité. Cela demande de la patience car on ne récupère pas si facilement des sols labourés depuis plusieurs décennies de façon assez dure : il faut supprimer les produits chimiques de synthèse, mettre en œuvre des pratiques d’agriculture biologique.

    Que reprochez-vous au labour ?

    Claude Bourguignon : Ce type de travail du sol perturbe complètement son fonctionnement. Les charrues descendent à des profondeurs entre 25 et 40 cm : c’est trop ! Au final, la terre est tassée, les microorganismes qui ont besoin d’oxygène, en surface, pour vivre, sont transportés en profondeur. Là, ils ne peuvent plus se développer et faire leur “travail” : décomposer la matière organique, former de l’humus qui nourrit les plantes. Résultat, l’activité biologique est ralentie voire stoppée.

    Dans votre laboratoire, vous analysez les sols. Que mesurez-vous exactement ?

    LB : Certains nous disent qu’on est les médecins de la terre. C’est un peu vrai ! Nous mesurons l’activité biologique d’un sol afin de comprendre comment il fonctionne... s’il fonctionne. Pour cela, nous avons mis au point une méthode qui prend en compte plusieurs indicateurs : par exemple, nous comptons les acariens, les collemboles, etc. Depuis que nous avons commencé nos mesures en France en 1990, nous observons une baisse régulière de l’activité biologique des sols. Pour preuve la disparition des vers de terre ! Globalement, les terres agricoles se dégradent dans le monde entier, partout où le labour moderne est associé à d’importants apports d'engrais chimiques et de pesticides. Nous avons noté plus d’activité biologique en Tunisie dans des zones très désertifiées que dans certains sols français…

    La conversion à la bio permet-elle de faire revivre les sols ?

    LB : Sans aucun doute. Les sols cultivés en agriculture biologique sont plus vivants : ils sont beaucoup plus riches en organismes vivants et en biodiversité que ceux travaillés en agriculture conventionnelle. Ils sont moins compactés, c'est-à-dire moins tassés. Passer en bio, c’est adopter un autre regard sur le sol, c’est observer le vivant. Cependant, la démarche doit être progressive car ce passage demande une profonde réflexion de la part du producteur. Et tous les sols ne permettent pas une conversion rapide. Comme en médecine, on ne peut pas conseiller à un malade traité depuis des années avec des produits chimiques de passer du jour au lendemain à l’homéopathie. Lorsqu’un agriculteur fait appel à nous, nous réalisons d’abord la carte d’identité du sol puis entamons un travail de longue haleine, avec pour finalité l’arrêt de l’utilisation des produits polluants.

    À la campagne, vu de l’extérieur, les cultures ont l’air saines, vivantes. Qu’est-ce qui cloche ?

    LB : Ce beau visuel est trompeur. En réalité, on observe une baisse de rendement au niveau mondial, depuis 1984. Les statistiques de la FAO (1) le montrent. À quel prix obtient-t-on ces cultures si belles, si carrées ? Au prix de l’utilisation de beaucoup trop d’engrais chimiques et de produits phytosanitaires. Tant que les sols vivent sous perfusion, ils se maintiennent en vie mais c’est artificiel.

    Pensez-vous qu’à un moment, ces sols vont tout simplement arrêter de produire ?

    LB : Dans les pays en voie de développement, nous avons vu des sols qui avaient totalement “décrochés”. En France, les sols tiennent encore le coup, perfusés et aidés par notre climat tempéré. Mais nous tirons une vraie sonnette d’alarme par rapport aux catastrophes écologiques, aux orages qui entraînent des glissements de terrain. Les conséquences de ces fortes pluies sont de plus en plus dramatiques : aujourd’hui, quand il pleut beaucoup, l’eau n’est plus absorbée car la terre est trop compactée. C’est cela qui provoque des catastrophes. Le “décrochage” est là !

    Qui doit agir : les agriculteurs ?

    LB : Le monde agricole est très long à bouger. Nous disons aux producteurs de reprendre possession de leur capital, de leur terre. Mais c’est un discours à contre courant. Nous vivons dans une civilisation de la peur. La liberté, ça se paie très cher. C’est aussi le regard citoyen qui doit changer. Personne ne devrait jamais dire : “Je veux payer mon alimentation le moins cher possible”. Il faut accepter de payer au juste prix les produits agricoles. Les dépenses ont été déplacées vers le médecin, mais une alimentation de qualité éviterait cela ! C’est un problème global.

    En ce moment, n’y a-t-il pas un mouvement dans ce sens ?

    LB : Oui, je crois que nous sommes à un tournant. Les gens sont à la recherche d’une agriculture de proximité, de relationnel avec les producteurs. Il y a une demande de vérité. Nous sommes de plus en plus sollicités pour des conférences grand public et les salles sont toujours pleines ! Certains disent que les produits bio ne pourront pas nourrir la planète. Nous disons le contraire. Si, dans le monde entier, les agriculteurs faisaient les rendements des bio français, ça serait tout à fait possible. Il faut aussi remettre tout le monde à sa place : arrêter de produire de la tomate en Hollande par exemple. Chaque sol, chaque territoire doit retrouver sa vocation et chacun doit renouer avec le bon sens. Il y a fort à faire mais ce n’est pas impossible. Passer à la bio, c’est refaire un monde. Propos recueillis par Adeline Gadenne et Myriam Goulette sur http://kales.over-blog.com/

    Claude Bourguignon est ingénieur agronome, avec une maîtrise de microbiologie des sols. Il a été l’un des derniers élèves de cette chaire disparue aujourd’hui. Lydia Bourguignon a une maîtrise de biologie et un diplôme d'œnologie. Cinq personnes travaillent dans le laboratoire Lams.

  • La malbouffe des chaînes de restauration, des brasseries et autres restaurants...

    "Avec Xavier Denamur, il suffit de mettre la pièce et -d'appuyer sur envoi. Un déluge verbal s'abattra sur vous. Ce garçon, proche de la cinquantaine, à la barbe de cinq jours, parle plus vite que son ombre. En trois mots et quatre formules, il vous convaincra qu'il faut remettre la TVA dans la restauration à 19,6 % et que sa baisse à 5,5 %, réajustée récemment à 7 %, n'est qu'un cadeau fiscal aux grandes chaînes de restauration, arraché sous la pression des lobbys, qui ne profite en rien aux artisans cuisinant frais et maison.

    L'homme connaît le dossier, à la tête de cinq établissements qui font fortune au carrefour des rues Vieille-du-Temple et Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, dans le Marais, à Paris. A 26 ans, il achète en 1989 un vieux rade de 25 m2, devenu Au Petit Fer à Cheval, qui fait rapidement salle comble et s'attire la clientèle anglo-saxonne. Ouvert 7 jours sur 7, jusqu'à 2 heures du matin, il sert une cuisine de bistrot ordinaire. Vingt ans plus tard, il a acquis Les Philosophes, l'Etoile manquante, la Belle Hortense et la Chaise au plafond dans un rayon de 50 mètres, emploie une quarantaine de personnes et dégage un bénéfice de 800 000 € pour un chiffre -d'affaires de 4,5 millions d'euros selon son bilan 2007, dévoilé sur le site de Rue89.

    Outre ses qualités d'entrepreneur, le citoyen Denamur fait preuve d'un talent certain pour l'agit-prop. Dès l'entrée en vigueur de la baisse de la TVA en juillet 2009, il assure qu'elle n'entraînera pas de baisse des prix pour les clients et que lui, en tout cas, ne l'appliquera pas. Au contraire, il utilisera cette marge supplémentaire pour produire un documentaire : République de la malbouffe, réalisé par Jacques Goldstein. On y trouve quelques scènes savoureuses, telle celle où Jacques Borel - grand militant pour la baisse de la TVA - explique que le hamburger est une conséquence du travail des femmes. " Elles n'ont plus le temps de cuire la viande des bas quartiers durant trois heures et plus. Alors qu'est-ce qu'on va en faire ? On va la jeter ? Bien sûr que non ! On va la hacher ! " Elémentaire mon cher Borel ! Le film dénonce également la cuisine d'assemblage qui envahit la restauration française et revendique le droit à la transparence sur le contenu des assiettes. Sont-elles faites à base de produits frais, congelés ou déjà " cuisinés " ? Ont-elles été préparées maison ou importées en pièces détachées ? Autant de questions sur lesquelles Xavier Denamur tient à marquer sa différence."

    "République de la malbouffe" est vendu avec le mensuel Rue 89 de février (n° 17, 5 €). Extrait de la rubrique de JP Géné, parue dans Le Monde de ce week-end.

    Quand on sait que 80% des crèmes brûlées consommées dans les restaurants à Paris proviennent de chez METRO (fournisseur en gros pour l'Horeca), il serait juste de pouvoir mettre en avant les rares maisons de bouche qui prennent encore le temps de faire une crème brûlée maison ! Et pareil pour tout le reste !

    Toutes ces chaînes de restauration (style Lunch Garden) et pire encore, ces soi-disant Brasseries et autres restaurants qui travaillent avec des plats emballés sous vide, qu'il suffit de réchauffer sans savoir cuisiner, c'est de la malbouffe industrielle ! Uniformisation du goût assurée, sans parler de tous les conservants ajoutés et des économies faites sur une matière première de piètre qualité... Avec comme résultat, aucun plaisir gustatif, ni aucun plaisir tout court. La malbouffe quoi !

    Privilégions les vrais restaurateurs, qui se donnent, par passion, un mal fou à travailler de leurs mains des matières premières nobles et goûteuses, sélectionnées avec amour et métier, et fiers de nous présenter des assiettes alléchantes et soignées, à la cuisson parfaitement maîtrisée.

     

  • Le bon goût du vrai pain...

    Marre des baguettes à la mie blanche et insipide ? Farine tradition, levain et fermentation longue... des artisans passionnés redonnent au pain une place centrale dans notre assiette. Article "Le pain reprend des couleurs" de Camille Labro dans Le Monde de ce week-end :    

    "Je vous ferai un pain comme vous n'en avez jamais vu, et dans ce pain il y aura de l'amour et aussi beaucoup d'amitié. " Cette phrase prononcée par Raimu dans La Femme du boulanger, de Marcel Pagnol, Christophe Vasseur l'a faite sienne. Ancien commercial dans le prêt-à-porter, il s'est jeté dans le pétrin en 1999. Installé depuis dix ans dans une belle boutique plus que centenaire, non loin du canal Saint-Martin, à Paris, Christophe Vasseur façonne tous les jours son " pain des amis ", mais aussi le " pain Pagnol " et autres créations de son cru. Cet artisan forme, avec d'autres boulangers parisiens " habités ", une famille pour laquelle le pain est une affaire de passion et la base de toute gastronomie. Une évidence pour le consommateur français ? Pas si sûr. Car le bon pain revient de loin. Il aura fallu le décret " pain " du 13 septembre 1993 pour relancer un artisanat en décrépitude, dominé par une baguette blanche, insipide et " lessivée ". Afin de protéger l'appellation " pain de tradition française ", la " baguette tradition " fut instaurée avec un cahier des charges strict : farine pure sans additifs, pétrissage, fermentation longue. Eric Kayser, à la tête de plus de 60 commerces à travers le monde, fut l'un des premiers à développer la recette et à la propager. 

    Parallèlement, des noms devenus célèbres comme Poilâne, Ganachaud ou Poujauran réhabilitaient la noblesse du levain. " Ce décret a remis en question le travail des boulangers, approuve David Bourgeois, patron de la meunerie des Moulins Bourgeois qui fournit près de 150 boulangers à Paris ; cela a été salvateur pour l'artisanat. Aujourd'hui, nous vendons près de 40 % de farine tradition. " Comme d'autres meuniers indépendants (Viron, Foricher), les Moulins Bourgeois, pourtant à la pointe de la technologie, font face à des Goliath industriels de la farine, tels les Grands Moulins de Paris ou Axiane. Pour se différencier, ils proposent des farines biologiques, en culture raisonnée ou certifiées cultures et ressources contrôlées (CRC), des variétés de blé diversifiées et, parfois même, des assemblages à la demande du client, comme pour Christophe Vasseur. " Nous ne livrons pas seulement de la farine, précise David Bourgeois, nous entretenons un dialogue avec nos clients artisans, et proposons des aides à l'installation, stages de formation et conseils. " Et les suggestions, les boulangers comme les consommateurs en ont besoin.

    Steven Laurence Kaplan, historien américain francophile, spécialiste du pain et auteur d'ouvrages sur le sujet (1), estime que la méconnaissance de l'art du pain est l'un des plus gros problèmes du secteur aujourd'hui : " Il y a une grande ignorance des deux côtés, se lamente-t-il. Le consommateur ne comprend pas ce qu'il mange, préférant le mou et le pas cuit, alors que c'est dans la cuisson et la croûte que tous les arômes s'expriment, et le boulanger ne sait pas parler de ce qu'il fait, ni de l'histoire qu'il y a derrière son pain. " Malgré l'avènement du sandwich, la consommation du pain a drastiquement chuté, passant de 800 g par jour et par personne à la fin du xixe siècle à 130 g aujourd'hui. " Le public doit comprendre que le pain n'est pas seulement un accompagnement ou un pousse-sauce, poursuit Steven Kaplan. C'est un produit qui a un statut gastronomique en soi, une valeur patrimoniale, ancrée dans la culture. " C'est dans cet esprit que Benjamin Turquier a ouvert, à deux pas de sa boulangerie, un Bar à pain, où les pains sont au centre de l'assiette et s'accompagnent de fromage ou de charcuterie. Comme Christophe Vasseur, Benjamin Turquier est un reconverti : conseiller financier, il a tout lâché pour s'installer dans une boulangerie de quartier en 2007. En 2009, il décrochait le deuxième prix de la meilleure baguette tradition de Paris. Son credo : " Faire redécouvrir le plaisir du pain. " 

    A l'autre bout de la capitale, Dominique Saibron, boulanger autodidacte passé par la pâtisserie trois étoiles et par Carrefour (pour qui il a créé la fameuse " boule bio "), est un passionné du levain, qu'il agrémente de miel et d'épices. Mais c'est surtout les fermentations longues qui font la volupté de ses produits car, explique-t-il, " c'est ainsi que se développent les arômes ". " Faire du bon pain, poursuit-il, cela prend du temps. " Or nombre de boulangers préfèrent ajouter des additifs du type de l'acide ascorbique plutôt qu'attendre que leurs pâtes " poussent " naturellement. Idem pour la viennoiserie, où le problème de temps se double d'une carence de main-d'oeuvre (il n'y a plus de formation spécifique au métier de tourier - le tourier fabrique uniquement les pâtes : feuilletées, à croissants, à brioches et fonds de tarte). Résultat ? Sur les 1 100 artisans boulangers parisiens (33 000 en France), seulement 2 % n'ont recours à aucun produit surgelé, du type croissants prêts à cuire, fonds de tarte, crèmes pâtissières ou autres quiches... Car l'enseigne " artisan boulanger " ne se réfère qu'au pain, qui doit être pétri, levé et cuit sur place. Le reste des denrées n'est pas concerné par la dénomination. Comment, dès lors, différencier un croissant artisanal d'un industriel ? " S'il est pâle et s'effrite, assure Christophe Vasseur, vous pouvez être sûr que c'est de l'industriel. Si, au contraire, il se sépare en couches, c'est fait maison. " Du boulang'artiste Bruno Solques au cosmopolite Gontran Cherrier, ces artisans qui fabriquent leurs pains et leurs croissants avec le même amour sont, chacun à leur manière, les ouvriers de la renaissance boulangère. Un renouveau pétri de traditions, façonné par les techniques modernes, et gonflé de l'imaginaire des nouveaux boulangers. 

    (1) La France et son pain, histoire d'une passion (Albin Michel, 2010), Dictionnaire universel du pain (Robert Laffont, 2010), Le Pain maudit, retour sur la France des années oubliées (Fayard, 2008). 

    Bonnes adresses : 

    Du Pain et des idées (Christophe Vasseur), 34, rue Yves-Toudic, Paris-10e.

    Dominique Saibron, 77, avenue du Général-Leclerc, Paris-14e.

    134 RDT & Bar à pain (Benjamin Turquier), 134, rue de Turenne, Paris-3e.

    Gontran Cherrier boulanger, 22, rue Caulaincourt, Paris-18e.

    Bruno Solques, 243, rue Saint-Jacques, Paris-5e.

    L'Etoile du berger (Franck Debieu), à Meudon Bellevue et à Sceaux.

    La Gambette à pain (Jean-Paul Mathon), 86, avenue Gambetta, Paris-20e.

    L'Autre boulange, 43, rue de Montreuil, Paris-11e.

    Au Duc de la chapelle (Anis Bouabsa), 32, rue Tristan-Tzara, Paris-18e.

    Le Farinoman fou (Benoît Fradette), 5, rue Mignet, Aix-en-Provence.

    Le Moulin de Léa (Hervé Connay-Stofft), 56, Grande-Rue-de-la-Croix-Rousse, Lyon-4e.

     

  • Monsanto condamné pour empoisonnement...

    Le 27 avril 2004, Paul François, céréalier charentais, ouvre la cuve de son pulvérisateur : il reçoit au visage des vapeurs de Lasso, puissant désherbant produit par Monsanto (retiré de la vente en 2007 en France mais dès les années 1990, au Royaume-Uni et en Belgique par exemple). Pris de nausées et d’évanouissement, l'agriculteur sera victimes de différents troubles  (bégaiement, vertiges, maux de tête, troubles musculaires), l'obligeant à cesser son activité durant une année. En 2008, il réussit à faire reconnaitre ses troubles comme maladie professionnelle par la Mutualité sociale agricole (MSA) et est considéré comme invalide à 50 %.Il souffre encore aujourd'hui de troubles neurologiques. 

    Suite à cette reconnaissance par la MSA, Paul François porte plainte en 2007 contre ceux qu’il considère responsables devant la justice : la firme américaine Monsanto, fabricant mondial de pesticides et de semences OGM. Hier, lundi 13 février, le tribunal de grande instance de Lyon lui a donné raison et a reconnu la responsabilité de la société Monsanto. Des dommages et intérêts devront lui être versés. C'est la première fois que Monsanto aura à indemniser une victime des pesticides. La société a fait appel de cette décision.

    Ce jugement constitue un espoir pour d'autres victimes. Depuis son accident, Paul François s’est investi pour les défendre (il est aujourd’hui président de l’assocation Phyto-victimes) et inciter les agriculteurs à adopter les principes d’une agriculture durable, saine pour tous et pour l’environnement. L’année dernière, Yannick Chenet, viticulteur, est décédé d’une leucémie qu'il pense liée à des expositions répétées aux pesticides. Mais pour ces cas liés à des expositions répétées, il sera plus difficile à prouver le lien de causalité avec le ou les pesticides. 

    Néanmoins, de nombreuses associations se sont réjouies de cette décision. Le parti Europe Ecologie les Verts en appelle "au législateur pour enfin introduire dans le droit français la possibilité des "class actions", ou actions de groupe. Celles-ci permettraient à minima aux citoyens de pouvoir essayer de se battre à armes égales avec de grandes firmes telles que Monsanto". Article de Yamina Saïdj. Sources : Communiqués de presse "Générations Futures" et "Europe Ecologie les Verts" - février 2012.

    Ce même principe devrait permettre de responsabiliser les multinationales pharmaceutiques qui nous empoisonnent avec  l'aluminium de leurs vaccins, les multinationales agro-alimentaires qui font de même avec toutes les molécules chimiques néfastes ajoutées aux aliments, les multinationales industrielles et chimiques qui polluent l'environnement, et le cartel nucléaire aussi.

    Savez-vous que Tepco ne reconnaît toujours pas être responsable de Césium 137 disséminé partout suite à l'accident de Fukushima ? Un peu fou, non ? Il est grand temps de remettre de l'ordre parmi ces multinationales qui se croient au-dessus des lois, puisqu'ils les font et de leur faire assumer leurs responsabilités !

    Terriens, il est temps d'agir...

  • Pauvre Grèce...

    Rien à la télé, rien dans les journaux, rien à la radio. Sujet censuré par les multinationales propriétaires des sources d'informations (TV, radio et presse). Il faut vouloir s'informer sur le net pour découvrir l'horreur et l'absurdité de ce qui se passe aujourd'hui en Grèce, pays européen, si proche de nous.

    Des salaires de misère, encore réduits de 20 ou 30%, des pensions amputées, des services publics supprimés, des faillites innombrables, un taux de chômage qui croît dangereusement, et des millions de gens qui ne savent plus comment faire pour s'en sortir, et dont on saisi les derniers biens, des enfants sous-alimentés qui tombent en syncope à l'école, les scènes de guerre civile de dimanche soir, ... Et on est en Europe, en 2012 !

    On impose au peuple grec des mesures en totale contradiction avec la Charte des Droits de l'Homme. On impose au gouvernement grec de signer des documents qui entraîneront le pays dans la misère pour des décennies. On spolie ce beau pays de toutes ses richesses, on le vide de sa substance, on le pille. Légalement. Sous le couvert du FMI, de la CEE et du cartel bancaire, qui, bien qu'il soit lui-même en faillite, dirige le monde. Ou tente de le faire.

    Nous n'avons pas le droit de laisser faire de telles choses, juste à côté de chez nous. Ce sont les banques qui sont responsables de cette crise qui, loin de s'achever, prend de l'ampleur. Et ce sont toujours elles, qui après avoir été renflouées par les états, se retournent contre eux et s'enrichissent malhonnêtement en leur prêtant de l'argent à un taux d'intérêt monstrueusement élevé, afin qu'ils remboursent les intérêts des prêts précédents... Ce n'est pas aider la Grèce ou les autres états, c'est les enfoncer encore un peu plus sous l'eau.

    Le Portugal et l'Espagne vont suivre. Puis l'Italie. Et ensuite d'autres états européens. Allons-nous les laisser faire ? Allons-nous rester les brebis qu'on tond ? Ou allons-nous réagir en exigeant que ces banques assument leur part de responsabilité dans tout ce qui se passe depuis 2008 ? Et aider la Grèce en la soulageant -plutôt qu'en l'enfonçant - positivement et constructivement, afin de la remettre sur les rails ? Ne nous laissons pas diriger de telle sorte par la CEE, le FMI et le cartel bancaire. Entrons en résistance et réagissons. Il faut vous bouger ! Et aidons le peuple grec. Il souffre.

    Quant aux eurocrates, aux fonctionnaires du FMI, aux banquiers et aux parlementaires, ne vous inquiétez pas pour eux : ils vont très bien et leurs salaires sont toujours aussi indécents. Crise ou pas crise.

  • Dégustation du lundi 163

    dégustation,clos,plaisir,partage,vinsDégustation anniversaire ce lundi, à 5, avec plein de choses à se raconter sur les derniers 15 jours fort agités pour certains : La Loire, René et consorts, le Pilori aux Ecaussines, Le Sea Grill et le Yumé, le site Bu sur le Web, l'Arpège, Philippe Meyer, et j'en passe...

    Premier flacon, à la robe foncée, et au nez dominé par la vanille et le bois. En bouche, un tout petit peu de fruits, de la fraîcheur, des tannins fondus, mais aussi un boisé trop présent qui nous dirige vers Bordeaux, alors qu'on y est pas du tout : Hermitage Farconnet 2007 de Jean-Louis Chave, en vin de négoce. Très difficile d'acheter du Jean-Louis Chave. Alors, il produit ce vin de négoce pour l'export. C'est du foutage de gueule, et cela n'a rien à voir, au niveau qualitatif, avec ce que ce grand vigneron peut produire. Fort dommage et pas terrible du tout...

    Second flacon, à la robe foncée aussi. Le nez est sur les fruits rouges et l'alcool, avec des notes automnales. En bouche, c'est encore tendu (on a envie qu'il se lâche un peu). On est sur du fruit, du thym et du romarin. Ce n'est pas chaud, ni cuit : il y a de l'alcool, mais c'est frais et plaisant. On pense à l'Espagne ou au Languedoc et c'est faux : Prestige des Hautes Garrigues 2007 en Gigondas, du Domaine Santa Duc. 

    Troisième flacon, à la robe rubis et au nez fumé, complexe, sur des fruits mûrs. La bouche est élégante et classique : l'expression parfaite de la syrah. C'est très mûr et un peu cuit avec des notes de goudron et de réglisse. On pense donc à une Côte Rôtie et c'est à nouveau faux : Syrah Léone 2003 du Domaine Peyre Rose en Coteaux du Languedoc...

    Les quatrième, cinquième et sixième flacons sont servis en même temps. Cela tombe bien : ils ont tous les 3 la même robe, légèrement évoluée. Devant notre difficulté à définir le breuvage, nous apprenons qu'il s'agit bien du même propriétaire, mais aussi de la même appellation et du même millésime ! Ce sont donc 3 cuvées différentes ! Ce qui nous amène au Domaine Tempier, à Bandol, avec les cuvées La Tourtine, La Migoua et Cabassaou, en 2006. Produites respectivement à 9.800, 9.000 et 2.800 bouteilles. Grand adorateur de bandols, je ne les ai pas reconnus... Un blâme !

    On termina cette soirée de dégustation à l'aveugle, avec un vin à la robe orangée et au nez riche et pas alsacien. En bouche, beaucoup de sucre résiduel, une quintessence de grains nobles, sur du Mango Chutney : Spirale 2007, passérillé à l'ancienne, de Bénédicte et Stéphane Tissot, en Jura.

    Prochain Clos dans 15 jours - Carnaval oblige- avec des flacons de 2003 ou antérieurs. Et en espérant retrouver notre forme de dégustateurs à l'aveugle...

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  • La tarte al djote...

    La Confrérie de la Tarte al djote remettait mardi soir ses traditionnels labels de qualité aux pâtissiers nivellois. Cette année, Trois fabricants reçoivent le label suprême de cinq étoiles. Il s’agit de la boulangerie-pâtisserie Tout au beurre (rue de Namur), ainsi que les tavernes restaurant L’Union et Au duc de Brabant. Quatre producteurs se voient décerner quatre étoiles. Il s’agit de la ferme du Croiseau à Bornival, du Chant du pain du P’tit Boulanger et de la Djoterie, basée à Seneffe. Philippe Chappelle se voit, quant à lui, décerner deux étoiles. 

    Pour les ignorants, la tarte al djote est, outre la pâte, composée de bétchèye (fromage de type "boulette" de Nivelles), de feuilles de bette (sans les cardes), de persil haché (sans les tiges), d'oignons blancs, d'oeufs entiers, de beurre de ferme salé fondu (couleur noisette foncée), de poivre blanc et de sel. C'est donc un plat de saison et tout à fait diététique...

    Palmarès 2012 :

    Cinq étoiles *****

    Boulangerie-pâtisserie "Tout au Beurre" 

    Rue de Namur 70 - 1400 Nivelles

    Tél : 067/21.27.70

    Taverne-Restaurant "L'Union"

    Grand-Place, 27 - 1400 Nivelles

    Tél : 067/21.27.98

    Taverne-restaurant "Le Duc de Brabant"

    Chaussée de Bruxelles, 102 - 1400 Nivelles

    Tél : 067/22.02.53

     

    Quatre étoiles ****

    Ferme du Croiseau

    Chaussée de Soignies, 16 - 1404 Bornival

    Tél : 067/64.82.52

    Boulangerie "Le Chant du Pain"

    Rue du Géant, 1b - 1400 Nivelles

    Tél : 067/22.09.16

    Boulangerie-pâtisserie "Au Petit Boulanger"

    Place Emile de Lalieux, 46 - 1400 Nivelles

    Tél : 067/21.26.04

    La Djoterie 

    Avenue Triquet 1B - 7180 Seneffe

    Tél : 064/55.45.49 

     
  • L'arnaque du lotto...

    Il ne s'est rien passé, la deuxième minute de la deuxième heure du deuxième jour du deuxième mois de la deuxième année de la deuxième décade de ce siècle du deuxième millénaire. Même pas gagné au lotto ! Pourtant, je suis né le 02/02 !

    Il faut dire que depuis qu'ils ont ajouté des chiffres aux grilles du lotto et doublé le prix du billet (et idem pour l'Euromillions) les chances de gagner qui étaient déjà infinitésimales sont aujourd'hui nulles.

    Avant, on pouvait encore espérer 4 chiffres de temps à autre. Aujourd'hui, on en a un seul, et c'est déjà miraculeux ! Avant, on dépensait, mais on gagnait un peu de temps en temps. Aujourd'hui, on dépense et on ne touche plus rien. Assez déprimant, semaine après semaine. J'ai donc arrêté.

    Bon ok, cela faisait rêver. Mais une chance sur 10, c'est déjà peu. Une chance sur 100, c'est minuscule. Une chance sur 1.000, ce serait un miracle. Une chance sur 10.000, c'est impossible. Une chance sur 100.000, on n'en parle même plus. Et vous avez une chance sur 137.000.000 de toucher l'euromillions ! Faut arrêter de déconner ! D'autant plus qu'à part le gros lot, les autres gains sont franchement lamentables...

    Mettons tous nos mises habituelles dans une grande boîte, chaque semaine. Et dans un an, vous serez surpris du montant et pourrez vous offrir un magnifique cadeau ! Et ça c'est garanti : gagnant à tous les coups ! Vous n'êtes déjà pas assez ponctionné comme ça par l'état ?

     

  • No dégustation...

    Un des nôtres perdu dans la Hainaut et ayant difficile à retrouver son chemin, un second ayant perdu ses clefs de voiture, un troisième bloqué dans sa campagne enneigée, et voilà une nouvelle dégustation du Clos qui saute, faute de participants...

    De là à dire que le bref séjour en Loire de la semaine passée à laissé des traces profondes...

    Pourtant, exceptionnellement, j'avais ouvert une majestueuse bouteille et l'avais transvasée dans un autre flacon, histoire de semer le trouble et de tromper les dégustateurs (ce que je ne fais jamais)... J'ai donc été contraint-quasi forcé- de la déguster ce soir. C'était vraiment bon, d'autant plus que je savais ce que je buvais !

    Bref, la suite des aventures du Clos lundi prochain, si tout va bien !

  • Bruxelles (im)mobilité...

    Ils font tout pour restreindre la mobilité à Bruxelles, pour transformer la capitale de l'Europe en une petite ville de province. 

    Les grandes artères présentes dans la capitale sont réduites partout à 2 bandes, voire à une seule (Boulevard du Souverain) ! Des limitations de vitesse toujours plus contraignantes, des ronds points, des casse-vitesse, des bacs à plantes finiront de les transformer en ruelles villageoises..., sans parler des feux non synchronisés.

    J'habitais à 8 minutes du bureau. Aujourd'hui j'habite à 30 minutes du bureau. Pourtant, c'est toujours le même appartement et le même bureau ! C'est juste Bruxelles Mobilité qui a aménagé les voiries sur le parcours... pour la mobilité... Et hier, j'ai mis 2 heures !

    On annonce depuis 3 jours 5 malheureux petits cm de neige pour ce vendredi après-midi. Vous croyez qu'ils font quelque chose ? Qu'ils anticipent ? Qu'ils font leur boulot ? Rien ! Débrouillez-vous. Et les infos parlent de "subites" chutes de neige qui ont paralysé le réseau routier... Un scandale ! Alors que le service d'épandage bruxellois est bien équipé et les réserves de sel au maximum...

    Un tel événement coûte bien plus cher qu'une journée de grève nationale, et est beaucoup plus dommageable au niveau environnement. Le ministre de la mobilité devrait être démis de ses fonctions, depuis longtemps d'ailleurs...

    A quand de beaux boulevards dégagés, des parkings en suffisance, des transports en communs non-polluants, sécurisés et à rotation rapide ? Le statut de Bruxelles impose tout cela et c'est le contraire que Bruxelles-Mobilité met en oeuvre, depuis des années. Comme si quelques politiciens voulaient étouffer la ville et y rendre la mobilité infernale...