• Dégustation du lundi 147

    Enfin un moment pour commenter la belle dégustation de ce lundi, qui s'est achevée aux petites heures, allez comprendre pourquoi...

    Un vin blanc pour mise en bouche : robe jaune ocre, superbe nez mûr et poiré, et une bouche riche et épaisse, longue et puissante sur de la poire et des abricots. Il y a un très léger côté oxydatif et le vin semble assez vieux. Le Clos de Monsieur Noly 2000, Domaine Valette en Pouilly Fuissé. Très belle bouteille.

    Pour suivre, trois vins rouges dégustés en même temps. Les 2 premiers présentent une robe rubis quasi identique, tandis que celle du troisième est plus claire. Le premier nous offre un nez de noyaux de cerises, le second un peu de réduction (on est donc en vin naturel), et le troisième une fort belle expression de fruits. Le premier, en bouche, est puissant, gras, long, riche, rond sur des fruits noirs confiturés mais avec une belle fraîcheur. Le second est ample et gourmand comme le premier, mais avec un peu de réduction. Le troisième est fort beau, sur des petits fruits croquants et une belle longueur. Ils proviennent tous les 3 d'un même vigneron à Maury : La Petite Baigneuse, Bon Plein 2008 pour le premier, La Petite Baigneuse Grand Largue 2008 pour le second, en Côtes du Roussillon, et La Petite Baigneuse Les Loustics 2009 pour le troisième en Vin de Pays des Côtes Catalanes. A découvrir.

    Arrive la cinquième bouteille, à la robe rubis évoluée et au beau nez classique de vieux Bordeaux. En bouche, c'est beaucoup mieux : c'est rond et bon, mais sur la descente. Mais total respect quand nous apprendrons ce que c'est : Château La Fleur 1982 en Saint Emilion Grand Cru (un vin rare produit à 40.000 bouteilles, à ne pas confondre avec le Pomerol du même nom). De cette brave Lily Paul Lacoste (Petrus, Latour à Pomerol et La Fleur à Saint Emilion) dont la fortune fût détournée et volée,  et qui acheva sa vie dans la pauvreté.

    Suivent les sixième et septième flacons, également dégustés en face à face. Le premier présente une robe quasi noire, le second une robe grenat intense. Le premier présente un nez extraordinaire de viande fumée, tandis que le second est différent et beaucoup plus Syrah et garrigues. En bouche, le premier est hyper riche, équilibré et frais, sur de la liqueur de cerises. On est face à un ancien apôtre de la concentration qui met un peu de fraîcheur dans son vin. La bouche du second est dense, concentrée et élégante, sur des fruits. De toute évidence, on est sur le meilleur en Languedoc Roussillon : soit Gauby, soit Peyre Rose. Gagné : c'est bien du Peyre Rose, avec  Le Clos des Cystes 1998 pour le premier, et le Clos Syrah Léone 1998 pour le second. Magnifiques vins fort concentrés mais qui évoluent vers la finesse à qui sait les attendre.

    Huitième flacon, à la robe foncée et au nez de vin naturel, ressemblant à tous ceux que j'ai eu le plaisir de déguster en juillet. En bouche, pas de doute, on est en Côtes du Rhône : Hermitage 2009 de René Jean Dard et François Ribo. Vu l'heure avancée, vous excuserez la maigreur de ce commentaire...

    Dernière bouteille de la nuit, à la robe foncée et au nez encore fermé. En bouche, beaucoup de chaleur, de puissance et de rondeur : Prestige des Hautes Garrigues, Gigondas 2007 du Domaine Santa Luc. Dégusté trop jeune, surtout sur ce millésime.

    Heureusement, un repas magnifique couronna cette dégustation et nous permis de survivre. J'ai vu passer du Wagu (Boeuf de Kobé australien) en grande quantité et à la cuisson parfaite à la plancha, une salade bio mémorable à la truffe d'été, des pommes de terre en chemise et un beurre aux herbes, et même du homard. Un régal. La suite lundi prochain.

  • Dégustation du lundi 146

    Et voilà, fin des vacances, et les dégustations du lundi qui reprennent. Au grand complet ce lundi soir, pour une rentrée où il a fallu retrouver ses marques...

    Premier vin à la robe pâle et au nez assez spécial, vif mais riche, sur du citron niçois. Par contre, en bouche, c'est huileux, épais, mou comme un sirop. Il manque la tension et l'acidité. On est sur un muscat fait simplement. Et de fait : Muscat 2009 Château de Gaure en IGP Languedoc. Produit à 1.300 bouteilles. Une déception...

    On passe aux rouges avec un deuxième flacon à la robe foncée et au nez de vin naturel, avec un côté animal et sauvage. La bouche est acide, âpre, sur de la prune, et longue. Heureusement elle s'assouplit à l'aération. L'un est dans le sud en Syrah, l'autre dans le nord en Pinot : Corral Nou 2004 Appellation Collioure contrôlée de Bruno Duchêne à Banyuls-sur-mer. 80% de Grenache et 20% de Carignan en biodynamie.

    Troisième flacon à la superbe robe rubis, et au nez vanillé et bouchonné... Pas de chance pour les beaux petits fruits rouges présents en bouche : Le Pilou 2008 du Domaine Olivier Pithon en Vin de Pays des Côtes Catalanes.

    Dernier rouge avec cette quatrième bouteille à la robe rubis et au nez plus classique de Cabernet, sur des notes d'élevage. En bouche, une petite note d'acidité, une petite note de verdeur, et une finale pas sur le fruit mais sur le bois, avec un côté asséchant en fin de bouche. Pas terrible : Château Figeac 2000, Premier Grand Cru Classé à Saint-Emilion. J'ignore où les dégustateurs sur le net trouvent dans ce vin "cette profusion de petits fruits rouges et noirs", mais ce n'est pas ici...

    On augmenta alors le rythme en dégustant les 3 vins suivants en même temps.

    Le premier à la robe cognac et au nez riche, de miel, d'amandes et de pommes avec un léger côté oxydatif, le second à la robe claire et au nez complètement oxydatif (vin jaune) et le troisième à la robe ambrée et au magnifique nez complexe et génial.

    En bouche, le premier offre du raisin de Corinthe, avec un côté sucré mais sec, et avec de la vivacité : Cauhapé Petite Cuvée 1993 du Domaine Cauhapé en Jurançon. Pour le second, on est sur des noix et des noisettes. Ce n'est pas bouleversant, mais c'est bien ficelé, sans avoir la puissance des grands vins jaunes qu'on peut goûter : Vin de Voile 1996 de Robert Plageoles en Gaillac. Enfin, la bouche du troisième présente un bon fruité, une belle longueur et une belle vivacité, mais avec un nez comme celui-là, on s'attend à un grand vin ! Or, il y a quelque chose d'un peu mou, de trop simple, avec un manque de personnalité : Heissenberg 1995 Sélection de Grains Nobles de Rieling du Domaine Ostertag en Alsace. Decevant pour cette grande bouteille...

    Lundi prochain, toujours à 5, nous allons nous concentrer sur de grands vins rouges. Et nous ressaisir... Bonne semaine à tous.

  • Inflation, quelle inflation ?

    L'hyper-inflation qui a transformé les classes moyennes en pauvres depuis 10 ans est camouflée par l'indice des prix officiel qui nous assure que les prix n'augmentent que de 2% par an, un résultat obtenu en basant cet indice sur des produits qui ne sont pas représentatifs des dépenses d'un ménage.

    L'inflation de ces dernières années s'est concentrée sur 3 secteurs qui représentent 70% du budget d'un ménage moyen: l'alimentation, le logement et l'énergie. Mais ces secteurs ne pèsent que 10% dans l'indice !

    L'indice des prix n'est plus représentatif de l'inflation subie au quotidien, mais il continue à servir de référence pour justifier la stagnation des salaires, des retraites, des allocations chômage ou du RMI.

    En revanche, les revenus des élites économiques ont parfaitement suivi l'inflation réelle, avec des hausses des 20 ou 30% par an, voire davantage. 

    En 2000, un pain coûtait 3 francs français. En 2008, le même pain coûte 0,85 euro, soit une augmentation de 85% ! Il en est de même pour une laitue (+ 118%), le café (+64%), le lait (+ 183%), le brie (+137%) et le coulommiers (+ 161%), les pommes de terres (qui coûtaient en 2000 1,5 Francs français, coûtent en 2008 3,30 euro, soit + 1.435%), le chou vert (+97%), le beurre (+66 %), sans parler du barril de pétrole (+ 396%) et du fuel de chauffage (+145%).

    Entre temps, le salaire moyen annuel en France est passé de 16.875 euro en 2000 à 16.792 euro en 2005..., tandis que le salaire mensuel net du Président de la République augmentait de 218% entre 2000 et 2007 !

    Voici un petit clip pour nous rafraichir la mémoire sur la hausse des prix depuis le passage à l'euro, alors que selon nos dirigeants politiques, une banque centrale européenne privée était censée empêcher l'inflation...

    http://blog.syti.net/index.php?article=336

  • L'apathie de la masse somnolente...

    Les puissances financières colossales que constituent les industries chimiques et pharmaceutiques, et leur mainmise sur de multiples secteurs de l’activité économique de nombreux pays, assurent désormais leur suprématie sur l’ensemble des individus et des états, par une désinformation permanente du grand public, par le financement de leurs propres laboratoires de recherche et contrôle, et en « arrosant » certaines personnes dans les hautes sphères du pouvoir.

    Toutes ces mises en garde concernant les dangers de l'aluminium et du fluor pour la santé humaine sont restées lettre morte. 

    L’impact économique et sanitaire d’une confirmation des études citées dans l'article publié hier sur ce blog serait catastrophique. La pression des lobbys des industriels, tel que Pechiney, l’un des principaux producteurs français d’aluminium, et de la Lyonnaise des Eaux ou encore de Vivendi (ex-Générale des Eaux) explique la minimisation de l’étude par les différents ministères concernés.

    Pechiney est une entreprise dont la majeure partie du capital est détenue par des actionnaires institutionnels français (21,9%) et étrangers (48%), ainsi que Suez-Lyonnaise des Eaux (30% ; 30%), et Vivendi (24,5% ; 45,6%). La panique boursière qu’engendrerait une annonce négative confirmée sur les effets alarmants de l’aluminium sur la santé publique signerait probablement la mise à mort de ces grands groupes, de par la fuite des capitaux qu’elle provoquerait. 

    Mais Suez-Lyonnaise des Eaux est actionnaire à 34,5% de la chaîne de télévision M6 et à 25% de TPS. Vivendi possède 52,6% de Télé Monte Carlo et 34% de Canal +, qui possède lui-même 70% de Canal Satellite. Voilà démontrée la dangerosité que représente la prise de pouvoir médiatique par les grands groupes industriels.

    Le fluor est un des principaux dérivés de la fabrication de l’aluminium. Il a fallu rechercher des débouchés lucratifs à ces déchets fluorés. Le lobby industriel et financier a alors financé des études attestant l’innocuité des produits fluorés ainsi que leurs effets bénéfiques à faible dose qui ont été mis en valeur. Il en a été de même de l’aluminium.

    L’Express (n° 2482, février 1999), se veut rassurant quand il affirme sous la plume de Vincent Olivier : » Il faut être clair : on ne risque pas de mourir en buvant de l’eau du robinet « . Mais quel crédit accorder à un magazine sous la propriété de Havas, absorbée elle-même par la Compagnie Générale des Eaux (devenue Vivendi le 15 mai 1998). 

    Comment ne pas s’interroger sur la possibilité que la fluorisation généralisée ne soit qu’une forme de contrôle social, de par l’effet sédatif qu’elle engendre. Les intérêts en jeu dans cette affaire sont énormes, les effets sanitaires et psychiques ne le sont pas moins. 

    Le fait que l’utilisation du fluor et de l’aluminium ne cesse de se développer depuis les années 50, et cela dans l’indifférence générale malgré les nombreux avertissements lancés par des personnes qualifiées en la matière, prouve bien l’efficacité de l’effet annihilant du fluor sur l’esprit critique de tout à chacun. 

    Le maintient du statu quo grâce à la désinformation sur des sujets aussi importants alimente l’apathie de la masse somnolente, ce qui ne fait que servir les intérêts de ceux qui détiennent le pouvoir, qu’il soit économique ou politique.

    Réveillez-vous, indignez-vous et réagissons ! Il est temps de changer notre mode de vie, il est temps de se préoccuper des ingrédients de ce que nous avalons, il est temps de revenir à des choses plus naturelles et saines, et de ne plus faire confiance aux grandes multinationales qui dirigent la planète, polluent la terre entière, et empoisonnent l'humanité.

     

     

  • Attention à l'aluminium...

    Virginie Belle en interview : alerte sur l'aluminium qui nous empoisonne

    Livre alarmant sur un sujet pourtant connu depuis de longues années : la toxicité de l'aluminium. On le respire (particules dans l'air), on le mange (canettes, boîtes de conserves, ustensiles de cuisine en aluminium, barquettes alu et papier alu, capsules Nespresso, lait en poudre, dentifrice, etc...), on l'absorbe par voie cutanée (produits de beauté, déodorants, etc...) ou on nous l'injecte (47% des adjuvants des vaccins sont composés d'hydroxyde d'aluminium). 

    Des études de plus en plus nombreuses et récentes prouvent de façon irréfutable les dangers potentiels de la présence de cet aluminium présent dans le corps humain, qui passe très rapidement dans le sang et les os (déminéralisation), puis dans le cerveau où des dégâts irréversibles sont causés (pertes de mémoire par la destruction massive des neurones, problèmes de psychomotricité, accélération du processus de vieillissement du cerveau, cause plus que probable de la maladie d'Alzeimer).

    Les aliments non transformés (industriellement) renferment peu d'aluminium. Par contre, on le retrouve comme additif alimentaire (acidifiant, colorants, émulsifiant ou levant). E 520, E 521, E 522 et E 523 que l'on retrouve dans les préparations culinaires industrielles, les fruits et légumes confits, cristallisés ou glacés, et le E541 pour la génoiserie. Il y a aussi l E 554, E 555, E 556 et E 559 dans les denrées séchées en poudre (potages, purées, lait pour bébés ! ), le sel, les compléments alimentaires et les fromages industriels en tranches ou râpés.

    Il y a aussi pas mal d'aluminium dans l'eau du robinet : la plupart des stations de traitement d'eau utilisent de l'aluminium (sulfate d'alumine) pour capturer les particules argileuses en suspension, abondonnant une partie de celui-ci dans l'eau.Une étude a été menée sur 75 communes de la Gironde et de la Dordogne par des chercheurs de l'Inserm qui révèle que les communes délivrant une eau contenant plus de 100 ug d'aluminium par litre comptent deux fois plus de cas de démences dégénératives, en moyenne. 

    A éviter absolument : les produits cosmétiques, les déodorants et les dentifrices contenant de l'aluminium. C'est par la voie cutanée que l'aluminium pénètre le plus facilement dans notre corps.

    Enfin les vaccins, pour lesquels il est prouvé depuis 1995 le lien entre la présence d'aluminium dans un rappel diphtérie-tétanos et une forte production d'immunoglobulines E (IgE) chez les enfants. Or, les IgE sont des anticorps indésirables responsables d'environ la moitié des allergies humaines... Dans une étude publiée il y a deux ans, des chercheurs néo-zélandais comparent la fréquence des allergies chez 1265 enfants vaccinés dans leur prime enfance contre la diphtérie, la polio, le tétanos et la coqueluche (avec de l'aluminium comme adjuvant) et 23 enfants non vaccinés. A dix ans, 30% des enfants vaccinés avaient consulté un médecin pour des problèmes d'allergies, aucun parmi les enfants non vaccinés ! Sans parler de cet hydroxyde d'aluminium qui migre un peu plus tard vers le cerveau et y détruit nos neurones... 

    Abandonner l'aluminium provoquerait un manque à gagner énorme pour les multinationales agro-alimentaires et les multinationales pharmaceutiques. Ils préfèrent continuer de vous empoisonner, et puis d'essayer de vous soigner. C'est plus lucratif.

    Terriens, il est temps d'agir : boycottons l'aluminium sous toutes ses formes ! Il y va de votre santé et de la survie de vos neurones.


  • Sortir du nucléaire : une évidence...

    Article incroyable, publié par Norio HIRAI en 1996 ! Pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour qu'on le redécouvre ? Gardez en mémoire que ce texte a été écrit il y a 15 ans. Epoustouflant et prémonitoire...

    "La première centrale nucléaire commerciale au Japon a démarré en 1966 dans la commune de Tokaido, dans le département d’Ibaraki. C’était un réacteur anglais d’une puissance de 160 mégawatts. Depuis, des centrales américaines ont été installées, et le Japon s’est même mis à construire ses propres centrales. Actuellement, 51 centrales nucléaires fonctionnent dans ce petit pays, la plus grande étant de 1.350 mégawatts. 

    On les a mises en route sans savoir concrètement comment les démonter ni les démolir, ni comment traiter leurs déchets. Le réacteur en acier, bien que d’une grande épaisseur, se fragilise à cause des quantités colossales de radioactivité, on les avait donc construites pour une exploitation de 10 ans, après quoi le démantèlement et la démolition étaient prévus. Mais en 1981, on s’est aperçu que les plans de démantèlement et de démolition de la centrale nucléaire de Fukushima, qui avait alors fonctionné 10 ans, n’étaient pas du tout réalisables. Le Parlement a même discuté sur le fait que ce réacteur ne pouvait plus résister aux rayonnements ionisants. 

    A l’époque, j’ai participé aussi à la recherche de solutions. Nous avons tous les jours étudié différents modes de démolition. Mais nous avons seulement compris que, pour démonter et démolir cette centrale nucléaire pleine de radioactivité, des dépenses représentant plusieurs fois le budget de sa construction seraient nécessaires, et qu’une irradiation trop importante des ouvriers serait inévitable. Car on ne peut travailler que quelques dizaines de secondes près du réacteur si l’on veut respecter la norme. 

    Tout est réalisable sur le papier, mais concrètement, les ouvriers doivent tout faire à la main, avec l’irradiation que cela implique. On ne peut donc rien faire avec cette radioactivité, ni démonter, ni démolir la centrale. Certaines personnes parlent d’envoyer des robots, mais les nombreuses recherches n’ont pas encore réussi à produire des robots qui ne se dérèglent pas à cause de la radioactivité. 

    Finalement, concernant la centrale de Fukushima, on a conclu que la démolition était irréalisable. Le fabricant américain qui a vendu cette centrale a envoyé des ouvriers au Japon, et il les a fait réparer le réacteur en les exposant à des quantités de radioactivité inimaginables par rapport à la norme japonaise. Aujourd’hui, cette centrale fonctionne toujours. 

    Alors qu’on avait prévu de l’utiliser 10 ans, elle a déjà fonctionné plus de 30 ans. Au Japon, il y a 11 centrales que l’on exploite toujours malgré leur vieillissement, cela m’inquiète beaucoup. 

    Le réacteur nucléaire de 100 kilowatts destiné à la recherche s’est arrêté suite à une fuite de radioactivité dans l’Université Industrielle Musashi à Kawasaki, dans le département de Kanagawa. On estime qu’il aurait fallu 2 milliards de yens pour la réparation et 6 milliards de plus pour le démantèlement. Le budget annuel de l’Université ne suffit même pas pour la démonter. Ils sont donc obligés de l’arrêter et l’entretenir jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de radioactivité. Si cela avait été un grand réacteur de 1.000 mégawatts, on n’aurait vraiment rien pu faire.  

    Pourquoi on ne peut pas démonter une centrale nucléaire ? Comme elle fonctionne avec de l’eau et de la vapeur, on ne peut pas la laisser sans entretien après l’arrêt. Elle se rouillerait très vite et il y aurait des fuites de radioactivité par des trous. Un seul démarrage avec du combustible nucléaire suffit pour polluer la centrale. Et une fois polluée, on ne peut plus la laisser se reposer, ni la démonter, ni la démolir.  

    Il y a beaucoup de centrales nucléaires qui ont été fermées dans des pays développés. Elles sont fermées car ils ne peuvent pas les démonter ni les démolir. Fermer une centrale nucléaire, ça veut dire qu’on arrête de produire de l’électricité et qu’on retire le combustible. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire.  

    Mais je me demande si les compagnies d’électricité vont continuer à surveiller sérieusement les centrales fermées qui ne produisent plus d’électricité ni d’argent. D’un autre côté, elles cherchent à construire de nouvelles centrales et à agrandir celles qui sont déjà construites. Par exemple, elles veulent ajouter un 5ème réacteur sur le site de Hamaoka qui se trouve sur un endroit très dangereux par rapport à la faille qui provoque souvent des tremblements de terre dans la région de Tokai. A Fukushima, elles ont ajouté un nouveau réacteur sur le terrain de football. Pour des nouvelles installations, elles veulent construire des centrales à Makimachi dans le département de Nigata, Ashihama du Mie, Kaminoseki du Yamaguchi, Suzu du Ishikawa, et Ooma et Toudu d’Aomori. Elles envisagent d’avoir de 70 à 80 réacteurs d’ici 2010. J’ai peur que mes mots soient brutaux mais je n’arrive pas à m’empêcher de penser que ce pays est devenu fou. 

    Bientôt, la fermeture des vieilles centrales nucléaires va sûrement venir. C’est un grand problème. Imaginez des centrales nucléaires fermées qui apparaissent partout dans le Japon dans l’avenir assez proche. Vous ne pensez pas que c’est non seulement inquiétant mais macabre?  

    Il faut aussi parler des déchets nucléaires qu’on produit chaque fois qu’on fait tourner les réacteurs, ça veut dire tous les jours. En parlant déjà des déchets nucléaires de faible activité, il y en a 800.000 fûts dans le Japon. On utilise le mot faible mais il y en a qui sont tellement forts en radioactivité qu’on peut recevoir la dose létale en restant uniquement 5 heures à côté.  

    Depuis le démarrage de la première centrale nucléaire au Japon jusqu’en 1969, dans toutes les centrales, on mettait tous les déchets nucléaires dans des fûts et les jetait dans les mers à proximité. A l’époque, c’était normal. Quand je travaillais dans la centrale de Tokai du département d’Ibaraki, les sous-traitants emportaient les fûts en camion et ils les jetaient au large de Chiba en bateau.  

    Mais justement c’est avec cette histoire que j’ai commencé à douter qu’il y a quelque chose qui n’est pas clair dans les centrales nucléaires. Les fûts métalliques se rouillent au bout de 1 an dans la mer. Je me suis demandé ce qui se passerait avec les déchets nucléaires qui étaient dans les fûts et les poissons qui habitent dans la mer. 

    Maintenant, on rassemble les déchets nucléaires à Rokkasyo dans le département d’Aomori. Ils prétendent surveiller 3 millions de fûts de déchets nucléaires pendant 300 ans. Mais je me demande déjà s’il existe le fût qui fait de l’usage pendant 300 ans. Et durera-t-elle aussi cette entreprise sous-traitante pendant si longtemps ? Qui peut assurer tous ces problèmes ? 

    Et puis, parlons des déchets nucléaires de haute activité. C’est le déchet qui reste après l’extraction du plutonium du combustible usé. Le Japon commande cette extraction à l’Angleterre et à La France. En 1995, la France a retourné 28 barres de déchets de haute radioactivité. Ce sont des mélanges de déchets de haute radioactivité et de verre enfermés dans un container métallique. J’ai entendu que le fait de rester 2 minutes à côté de ce container suffit pour tuer quelqu’un. Le gouvernement dit qu’il va garder ces barres fortement radioactives pendant 30 ou 50 ans tout en les refroidissant à Rokkasyo du département d’Aomori et les transporter quelque part ailleurs pour les enfouir en profondeur. Quelque part qu’il ne sait pas encore où ça pourrait être. Dans tous les autres pays, ils planifient l’enfouissement des déchets nucléaires de haute radioactivité, mais il y en a aucun qui l’a déjà accompli. Personne ne connaît la solution.  

    Pour le bâtiment de la centrale nucléaire elle même, le gouvernement japonais envisage de la fermer hermétiquement pendant 5 ou 10 ans et l’enterrer en dessous du terrain où la centrale a été, après l’avoir démolie en petits morceaux et mis en fûts métalliques. C’est un projet très optimiste mais la démolition d’un seul réacteur donnera des dizaines de milliers de tonnes de déchets plein de radioactivité. Comment peut-on trouver la place pour tous ces déchets dans un pays où on manque même de place pour jeter les ordures ménagères ? En tout cas, c’est bien clair que le Japon sera encombré de déchets nucléaires un jour. Il faut faire quelque chose. Il faut qu’on arrête les centrales nucléaires aussi vite que possible.  

    Quand on dit «surveiller 50 ans ou 300 ans», peut-être ça vous donne l’impression que tout sera fini au bout de ces durées. Mais s’il y a toujours des centrales nucléaires qui fonctionnent, ce sont des 50 ans et 300 ans qui se renouvellent pour toujours.  

    Le gouvernement et les compagnies d’électricité ont menti pendant des dizaines d’années en disant que les centrales nucléaires japonaises n’avaient jamais émis de radioactivité à l’extérieur. Mais depuis quelque temps, ils ne peuvent plus continuer leurs mensonges.  

    Il y a de la radioactivité qui sort des cheminées très hautes des centrales nucléaires. Très précisément, c’est la compagnie qui la rejette volontairement. Comme elle la rejette 24 heures sur 24, les habitants à côté prennent de la radioactivité tout au long de l’année.  

    Certainement, l’accident grave de Tchernobyl a aussi effrayé beaucoup de Japonais. Mais j’imagine que beaucoup de gens, surtout ceux qui habitent au loin, dans les grandes villes, ont peur de manquer d’électricité si on ferme les centrales nucléaires.  

    Mais c’est le résultat des propagandes qu’ils font en dépensant beaucoup d’argent. « Les centrales nucléaires, c’est une utilisation pacifique de l’énergie atomique », « Vous n’avez pas besoin d’avoir peur. Les accidents n’arriveront jamais dans les centrales nucléaires japonaises », « Le Japon manque de sources d’énergie. Les centrales nucléaires nous sont indispensables ». Ce sont des propagandes du gouvernement et des compagnies d’électricité. Et la réalité, comme l’accident de Monju, ils essayeront toujours de la cacher.  

    C’est bien vrai que les centrales nucléaires produisent de l’électricité. Mais j’ai constaté en travaillant 20 ans, avec mes yeux et même avec mon corps qu’elles fonctionnent toujours en irradiant les ouvriers. Et puis les gens qui habitent à côté souffrent, en se débattant entre ceux qui sont pour et contre avant l’installation, et en étant irradiés et discriminés après la construction.  

    Vous ne devez pas croire qu’un accident dans une centrale nucléaire ne provoque pas des terribles conséquences, ni qu’il n’y a pas de problème si jamais l’accident arrive, ni que c’est une utilisation pacifique ! 

    Non, tout cela n’est pas vrai. Ce n’est pas pacifique s’il y a des ouvriers qui meurent à cause de l’irradiation, comme moi, et des gens qui souffrent à côté des centrales. En plus, il ne faut pas confondre la sûreté et la sécurité. S’il y a des centrales nucléaires, il n’y a plus rien de sûr.  

    En plus, même si le nucléaire produit de l’électricité en ce moment, l’entretien des déchets nucléaires pour des dizaines de milliers d’années demandera une énorme quantité d’électricité et de pétrole. C’est sûr que ça demandera plus d’énergie qu’on en a produit jusqu’à maintenant grâce au nucléaire. D’ailleurs, ce sont nos descendants qui seront obligés d’entretenir toutes les centrales fermées et leurs déchets.  

    Pour toutes ces raisons, je vous demande de regarder le visage de vos enfants et vos petits-enfants tous les matins, et réfléchir si le Japon peut continuer à construire des centrales nucléaires. Ce n’est pas uniquement le risque de l’accident, mais il y a aussi le risque du tremblement de terre. Le désastre irrémédiable va arriver si on continue ainsi. Je veux que vous sachiez cette réalité.  

    Je manifeste pour ne plus construire de centrales nucléaires. Je suis contre les nouvelles installations de centrales nucléaires avec conviction. Et je pense qu’il faut arrêter celles qui sont en fonctionnement. 

    Tant que les centrales nucléaires existeront, la tranquillité n’existera pas sur la Terre. 

    Laissons la Terre jolie pour nos enfants." 

    Norio HIRAI  1996