• Vivre à la campagne et travailler en ville...

    Les banlieusards qui utilisent leur voiture pour se rendre à leur travail à Paris sont particulièrement exposés à la pollution liée au trafic routier, selon une étude d'Airparif publiée jeudi.

    C'est dans les trajets domicile-travail effectués par les automobilistes franciliens en direction ou au retour de Paris que l'on trouve les niveaux de pollution les plus élevés, indique cet organisme de surveillance de la qualité de l'air.

    Pour réaliser cette étude, un véhicule d'Airparif équipé de capteurs de dioxyde d'azote et de particules ultra fines - deux polluants susceptibles d'affecter les voies respiratoires - a sillonné l'Ile-de-France au cours du deuxième semestre 2008, effectuant au total près de 300 trajets, soit une distance de 5800 km.

    Les teneurs moyennes de dioxyde d'azote les plus importantes dans l'habitacle ont été relevées lors des trajets petite couronne-Paris et grande couronne-Paris, avec respectivement 170 microgramme par m3 et 167 mgr/m3.

    A l'inverse, les niveaux les plus faibles ont été relevés dans les trajets effectués à l'intérieur de la grande couronne (103 mgr/m3).

    Pour ce qui est des déplacements intra-muros dans la capitale, les niveaux ne dépassent pas 118 mgr/m3 mais, souligne l'étude, les boulevards les plus importants et le Périphérique n'ont pas été empruntés.

    En moyenne, ces teneurs sont inférieures à la valeur guide fixée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le dioxyde d'azote: 200 mgr/m3 sur une heure.

    Néanmoins, pour 3% de l'ensemble des trajets, ce seuil a été dépassé avec un temps moyen de 1H15 et des teneurs dans l'habitacle de 243 mgr/m3, souligne Airparif. Et sur d'autres trajets, plus courts, la pollution a également largement dépassé ce seuil des 200 mgr/m3.

    L'Agence française de sécuritaire de l'environnement et du travail (Afsset) a donc ajusté la valeur guide de l'OMS et a estimé que 7% des trajets domicile-travail en Ile-de-France étaient concernés par une pollution excessive.

    Pour ce qui est des particules ultrafines, les concentrations les plus élevées (jusqu'à 91.000 particules par cm3) ont également été retrouvées sur les trajets banlieue-Paris.

    Les poids-lourds sont particulièrement polluants: dans leur sillage, les niveaux de dioxyde d'azote et de particules ultrafines sont multipliés par 4, souligne Airparif.

    Bref, outre les frais de déplacement et le temps perdu, les banlieusards payent cher leur envie de vivre au vert... Pas sûr que vivre en ville soit moins nocif. D'autant plus qu'ici, on n'a pas de voisin qui asperge ses champs de pesticides et autres traitements chimiques... A méditer...

  • Dégustation du lundi (92)

    Dégustation à 4 sur le thème de "Pour la soif...", avec le ricain de retour et le barbu absent et excusé. Le Pinot et le reste (merlot/cabernets) seront pressés vendredi prochain. Cela s'annonce bien.

    Premier flacon, à la robe noire et au nez mûr, sur de la cerise noire, un brin de cannelle et des herbes aromatiques. La bouche, fraîche, avec même un peu de verdeur, est dense sur une compote de Quetsches, avec un peu d'alcool. Anjou rouge 2007 de Mosse (13°).

    Le second flacon, toujours à la robe noire, présente un nez réduit à oxygéner. On aurait du le carafer... La bouche, par contre, est belle et fraîche, sur de magnifiques fruits rouges, et tout en longueur. C'est fort bien maîtrisé, à partir de beaux raisins. Château La Calisse 2006 "Patricia Ortelli" en Coteaux Varois (13,5°). Beau travail.

    Le troisième flacon, bouchonné (cela faisait longtemps), était un "Maghani" 2004 de Canet Valette en Saint-Chinian (14,5°), provenant du magasin de vin le plus connu de nous 5, et qui sera très certainement échangé.

    Un dernier flacon, à la robe légèrement orangée, et au nez de miel avec une touche d'abricot fait penser à un liquoreux. Mais en bouche, c'est un léger moelleux, sur du caramel, des agrumes et une finales d'herbes. C'est assez aqueux et sans lourdeur. Et, contre toute attente, c'est un rosé : Rose d'un Jour 2003, en Vin de Table de France, de Mark Angeli, paysan militant et fou-furieux, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.

    Lundi prochain, congé de Toussaint. On se retrouve donc le 9 novembre pour une soirée Mondovino et les vins du film... Tout un programme !

  • Fromages au lait cru...

    Certes il faut se réjouir du maintien du lait cru dans l’AOC du camembert normand, mais pour sauvegarder la diversité et l’authenticité du goût  si riche en fromages, cette disposition importante ne doit pas occulter d’autres fondamentaux qui devraient contribuer aussi au respect de la qualité.

     

    Les méthodes de fabrication varient mais dans la plupart des fromages, les micro-organismes ou ferments, présents dans le lait cru ou dans l’environnement immédiat de la production notamment lors de l’affinage, jouent aussi un rôle fondamental dans l’élaboration du goût. Quand on réfrigère le lait cru à 4° pour le conserver et retarder ainsi par commodité la fabrication fromagère, on supprime presque tous les ferments naturels d’un terroir. Il faut donc réensemencer avec des ferments artificiels qui ont l’inconvénient d’être stéréotypés (sauf dans l’industrie qui a les moyens d’élaborer ses propres cultures microbiennes et d’élaborer ainsi les goûts « vendeurs »).

    Ainsi pour l’AOC Ossau Iraty fait avec du lait de brebis, les ferments proposés par le commerce ne sont obtenus qu’à partir de lait de vache. Utilisés en trop grande quantité ces ferments rajoutés uniformisent le goût, lui donnent une dominante douceâtre, le « mac’donalisent » en quelque sorte, mais le font apprécier par les grandes surfaces ! Au contraire dans les estives d’altitude des vallées béarnaises ou basques, ou le lait ne peut être refroidi qu’une nuit dans l’eau d’une source à 9 ou 10°, la permanence des ferments d’origine associée à la richesse floristique des pâturages de montagne, au savoir faire du berger et du saloir, va donner des goûts différents selon les cabanes pastorales, de véritables « crus » fromagers. 

    Lait cru, mais encore faut-il qu’il soit issu de races adaptées et différentes. On vante la diversité des fromages de France. Si autrefois chaque région avait ses races autochtones, c’est aujourd’hui le triomphe de la Holstein chez les vaches ou de l’alpine pour plus de 90% du lait de chèvre.

    Perte de biodiversité, sélection sur des critères essentiellement quantitatifs, standardisation et donc banalisation du goût ! Or ces races tombées en désuétude, bien conduites et sélectionnées, intéressantes si l’on prend en compte leur rusticité et l’entretien des paysages qu’elles assurent, peuvent par la richesse en matière grasse de leur lait, apporter aussi au fromage des saveurs oubliées. De nos choix de consommateurs, dépendent les paysages ruraux, la biodiversité et la richesse des goûts de demain. C'est le combat de Slow Food. Et le nôtre aussi...

    Nous devons sauvegarder ces fromages au lait cru. Et la seule façon de contrer les multinationales agro-alimentaires qui inondent le marché de fromages uniformes pasteurisés ou thermisés, et sans goût, c'est de n'acheter que des fromages au lait cru, et par conséquent, de relancer la production de tous ces petits producteurs, de tous ces terroirs, et de préserver la biodiversité et le goût. Terriens, il est temps d'agir....

     

  • L'heure des révolutions...

    Quand, il y a plus de deux ans, j'écrivais le premier article de ce blog, j'étais loin de m'imaginer que les choses iraient si vite ! Crise économique, développement fulgurant des nouvelles technologies, souci grandissant de protéger l'environnement, tout concourt à modifier nos modes de vie : qu'il s'agisse de nos façons de consommer, de nous déplacer, de communiquer, de manger, de nous divertir, notre quotidien est en plein bouleversement.

    Les valeurs d'hier s'écroulent (constructeurs automobiles, hypermarchés, la télé et la presse écrite, l'hyper-consommation, banques, publicité, etc.) : les consommateurs sont à la recherche d'un nouveau modèle et sont en train d'en essayer plusieurs : frugalité, prime au qualitatif, achats responsables et durables, recherche du moins cher, déconsommation...

    Dans "Le Monde" de ce week-end, les 10 révolutions en cours : On ne jette plus sans trier (63% des déchets sont triés contre 25% en 1992), on n'a plus besoin de posséder (vélos, films, portables : dans notre société de services, posséder n'est plus aussi indispensable), on ne vit plus sans connexion (GSM et Internet sont désormais des produits de première nécessité), on délaisse la télé (les jeunes générations passent plus de temps devant l'ordinateur et délaissent le petit écran), on retourne en ville (les grands pôles urbains séduisent de nouveau), on veut tout gratuit (les jeunes générations se sont habituées à avoir accès à la musique, aux films et à l'info sans payer), on remplit moins son chariot (le commerce de proximité reprend le dessus sur les hypermarchés), on mange autrement (on redécouvre les fruits et les légumes, en pensant à sa santé, mais aussi à la nature), on lâche sa voiture (autrefois symbole de liberté, aujourd'hui trop chère et polluante, elle ne fait plus rêver). 

    C'est la fin de l'hyperconsommation et la fin de l'ère du consommateur passif. Le consommateur devient actif, expert et n'est plus manipulé par la publicité. En prenant garde que la préservation de la nature ne redevienne un marché dans lequel tout recommencerait comme avant...

  • Les Halles Gourmandes...

    Petit Rob, de l'autre côté de la ville, avec seulement 11 places de parking (ce qui sera, à mon humble avis, le gros problème de la pérennité de l'endroit). A l'intérieur, un petit marché de produits frais, dont certains qualitatifs comme chez Rob (excepté les pâtisseries trop mousseuses de Mahieu), mais assez chers.

    L'originalité de l'endroit est cette possibilité d'aller choisir certains produits (entrées, viandes, poissons, fromages, vins et desserts ) et de les faire cuisiner au comptoir, où 11 tabourets hauts attendent les gourmets. Supplément de 7 euro par plat pour la cuisine, et 5 euro de droit de bouchon, voilà qui est raisonnable, d'autant plus qu'avec une telle qualité de produits, ce ne peut être que très bon. Grave erreur.

    Les 2 paquets de saumon fumé (l'un au champagne et aux truffes, l'autre à la ciboulette), certes, bien présentés sur l'assiette, furent décevants : rien de qualitatif pour le saumon, ni pour la petite salade pas assaisonnée. Suivirent un filet de Simmenthal trop sec, trop cuit, et pas assez saucé, et un beau morceau de raie, trop cuit lui aussi, et avec un beurre noisette aux câpres (agrémenté du jambon : pourquoi du jambon ?) et sans beaucoup de sauce dans l'assiette : trop sec aussi.

    Côté vin, il y a le choix. Seul problème : le vin blanc sélectionné pour les entrées est servi chaud... Il ne sera frais qu'à l'arrivée du plat principal, où nous passâmes au rouge...

    Bref, un repas qui s'annonçait pourtant bien, et qui pour finir, ne nous laissera vraiment pas un souvenir gastronomique quelconque. Dommage, d'autant plus que tout est sur place pour servir des plats magnifiques.

    Pour le reste, qui est quand même l'activité principale, même griefs que chez Rob : pourquoi présenter des produits qui ne sont pas le meilleur du meilleur ?  Pourquoi ne pas se concentrer que sur des produits hyper-qualitatifs ? Et oublier tous les autres, que l'on trouve ailleurs ? Les Halles Gourmandes porteraient alors bien leur nom.

  • Moins de viande...

    Comment nourrir la Planète en 2050 ?

    Si les céréales (blé, riz, maïs…) restent la principale composante des régimes alimentaires, la consommation de viande a tendance à croître fortement. Notamment dès qu'un pays voit son niveau de vie progresser. Entre 1970 et aujourd'hui, la consommation de viande est ainsi passée de 25 kg par personne et par an à 38 kg, sous l'impulsion d'abord des pays développés, mais aussi de la Chine et de certains pays d'Amérique du Sud.

    Ces conversions à des régimes carnés accroissent encore les besoins en matières premières agricoles : en tenant compte de l'alimentation des bêtes, il est généralement admis qu'il faut 4 calories végétales pour produire 1 calorie animale dans le cas du porc ou du poulet ; un ratio qui monte à 11 calories végétales pour le bœuf ou le mouton.

    Une étude prospective réalisée conjointement par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (Cirad), présentée le 7 octobre, estime que la planète serait capable de nourrir tous ses habitants en 2050, sans mettre en péril l'équilibre environnemental de la planète, en associant une réduction des gaspillages et une rupture des habitudes de consommation. 

    Les "disponibilités alimentaires" par habitant seraient alors ramenées à 3 000 calories par jour, dont 500 d'origine animale, contre environ 4 000 actuellement dans les pays développés, dont plus de 1 000 issues de la viande ou du poisson.

    Commençons aujourd'hui par réduire ces consommations d'origines animales, diminuons les portions, visons les aliments qualitatifs bio et locaux et évitons les produits transformés par l'industrie agro-alimentaire (trop gras, trop sucrés ou trop salés, pauvre qualitativement, mauvais pour la santé et sans goût). On se sentira beaucoup mieux, et la Planète aussi ! Terriens, il est temps d'agir...

     

  • Nouvelle culture économique...

    La double crise - climatique et financière - actuelle présente un trait culturel marquant : elle a ébranlé la confiance que, depuis plusieurs dizaines d’années, nous accordions à certaines élites de la finance. Pendant longtemps, les écolos, les contestataires, les naturalistes, les curés et autres rigolos, restèrent marginalisés par la culture ambiante, grâce à l’autorité qui émanait de certains dirigeants ou inspirateurs issus des sphères financières.

    Depuis dix à vingt ans, certes, un renouveau était en marche, mais il n’avait pas encore atteint le seuil à partir duquel les idées et les pratiques des minorités pensantes et agissantes peuvent devenir une référence - une source de légitimité - pour le plus grand nombre. L’unanimité récente qui s’est faite au sein du GIEC, puis la déchéance de quelques grands noms de la finance internationale ouvrent la voie à l’émergence ou à l’enracinement d’une nouvelle culture économique. Pour consolider le mouvement, il importe de promouvoir les nouveaux concepts et les nouveaux symboles qui peuvent alimenter cette culture. Au rang des concepts, quatre piliers retiennent l’attention.

    Le premier pilier d’une nouvelle culture économique est une redéfinition de la valeur. Tous les produits et services qui respectent la nature et qui élèvent l’homme, valent un effort économique; les autres, non.

    Dans l’économie nouvelle, le travail est considéré comme élément fondamental de la dignité de l’homme. Aussi, faut-il donner, à tous les travailleurs, des marques égales de considération. Réciproquement, on peut attendre de chaque travailleur qu’il s’efforce de donner le meilleur de lui-même, ce qui n’est possible que si son travail s’inscrit à l’intérieur d’une mission globale à laquelle il peut adhérer.

    Le troisième pilier de la nouvelle culture économique est un rapport à l’argent et aux loisirs, fondé sur la modération et la recherche de l’essentiel. Un mode de vie sobre, nourri par les contacts avec la nature et par la communication avec les autres, comblera les citoyens de la nouvelle économie.

    Rien de tout cela n’est possible sans un quatrième pilier : une conscience individuelle approfondie et forte, une prise en main de chacun par lui-même, une intériorité lui permettant de diriger son existence, de l’affranchir de tous les prescrits extérieurs dictés par des intérêts particuliers, comme le sont la mode et la publicité.

    On dit, à raison, que le communisme et le capitalisme ont tous les deux fait faillite. Oui, car il s’agit de deux formes de totalitarisme, de domination de quelques-uns sur tous les autres. On dit aussi, à raison, que l’économie de marché et la démocratie politique sont les moins mauvaises formes de gouvernement des hommes. Oui, à condition de les protéger, l’une et l’autre, de toute idolâtrie et de les exposer, en permanence, à la critique constructive de la conscience personnelle.

    Extraits de l'article d'Eric Causin, paru dans La Libre de ce week-end.

  • Intelligent Nutrition...

    "Pendant des centaines de milliers d’années, l’homme s’est nourri des ressources que lui offrait son environnement immédiat. Depuis une cinquantaine d’années, il consomme des aliments transformés à vocation plus séductrice que nourrissante. Du chasseur frugivore-carnivore svelte et élancé, il est devenu, tout au moins dans le riche Occident, sédentaire adipeux et avachi avalant une nourriture qui n’est plus en adéquation avec ses besoins. Résultat : des déséquilibres dans le rapport des acides gras essentiels (oméga-6 - oméga-3), dans celui du potassium/sodium et acido-basique. Autrement dit, il mange trop d’oméga 6, trop de sel et trop peu de fruits et légumes.

    Conséquences : le développement des maladies dites "de civilisation" telles le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, les allergies, les cancers, Alzheimer et autres. La difficulté étant d’amener une population aux prises continuelles avec des messages publicitaires de consommation à prendre le contre pied pour mieux s’alimenter.

    Faire ses courses dans la peau d’un homme de Cro-magnon est un conseil d’Intelligent Nutrition®. Sachant que chips et cookies ne poussaient pas dans les buissons à l’époque de cet illustre ancêtre, on suggère de remplir son caddie aux 2/3 d’aliments non transformés. La consigne suivante est d’enrichir son alimentation en oméga-3 en utilisant de préférence de l’huile de colza et en choisissant des aliments issus des filières oméga-3 : le bœuf, le lait, les œufs reconnaissables à divers logos, tels "Omega-3 Equilibrium", "Blanc-bleu-cœur", les œufs Columbus."

    Autres articles concernant le SIIN (Scientific Institute for Intelligent Nutrition) à chercher sur le net.

    Article paru dans La Libre de ce 24/10/2009.

  • L'Arlecchino à Waterloo...

    Triste aventure que ce déjeuner à L'Arlecchino, où une petite serveuse robuste vous "accueille" et  vous envoie illico dans la salle droite (vide et froide), alors que vous vouliez celle de droite (où il y a du monde, mais aussi de la place - places qui resteront libres). Pourtant, nous sommes propres et bien habillés ! On se sent tout de suite exclus...

    Il faudra attendre qu'elle amène le pichet de rouge maison (assommant, au moins 14°) pour qu'on lui demande quelques olives à grignoter. Le panier de pain, lui, n'arrivera jamais. Vous avez juste le temps de manger 4 olives que l'entrée est servie et qu'elle vous retire les olives illico-presto. Ce doit être une denrée rare et chère...

    Les 6 scampis fritti sont petits, enrobés d'une grosse chapelure, d'une sauce tartare en pot et de quelques feuilles de salades. A 2,66 euro le scampi, c'est plus que cher... et pas fameux. Vous assistez ensuite à une engueulade de la serveuse vis à vis du pizzaiolo, pour une table dont les premiers "bouffent" déjà leurs pizzas, alors que les autres ne sont pas servis. Ambiance... et vocabulaire soigné : très agréable.

    Viennent les pizzas, dont le dessous est carbonisé, et laisse des traces brunes peu appétissantes sur le fond de l'assiette. Je n'ai pas l'habitude de manger des denrées brûlées et noires (qui sont  cancérigènes), et ce fût compliqué. Et pas bon. Nous avons refusé desserts et cafés, avons réglé l'addition, et ne reviendrons pas.

    Les restaurateurs devraient se rendre compte que le client recherche un bon accueil, du pain et des olives à table, quelque soit la commande, un pichet maison agréable à boire, et de la qualité dans l'assiette, cuisinée et présentée avec passion, ce qui n'est vraiment pas le cas de cette maison. L'Arlecchino, à Waterloo, c'est zéro.

  • Dégustation du lundi (91)

    Toujours à 4 (le ricain rentrant demain soir avec la meilleure bouteille U.S.), dégustation à l'aveugle sur le thème des St Julien.  St Julien, la plus petite appellation de la rive gauche (avec 893 Ha) compte le plus grand nombre de crus classés (11). Robe noire pour les 4 bouteilles : c'est normal. 

    Premier flacon, au nez discret, vanillé et boisé, et à la bouche assez stricte style planche à bois : Les Fiefs de Lagrange 2006 Saint Julien. Bonne mise en bouche, mais un second vin est toujours trop cher pour ce que c'est : il ne faut plus en acheter.

    Second flacon, au nez plus profond et élégant, sur de la violette et un léger boisé fondu. En bouche, un millésime chaud, mais encore jeune, frais, et avec une belle vigueur. Beau fruit, belle longueur, bel équilibre : Château Branaire (Duluc-Ducru) 2000 Saint Julien GCC. Très agréable, sans les excès du 2000, et d'une formidable jeunesse : dentelles et aérien.

    Troisième flacon, au nez de bordeaux classique, plus évolué, plus concentré, sur des notes de musc et de sous-bois. La bouche, noble et fondue, rappelle le Braque aux arrêts (c'est nouveau, cela vient de sortir). très belle bouteille, malgré un peu de sécheresse en finale : Château Léoville Barton 2000 Saint Julien GCC. Equilibre parfait.

    Dernier flacon, au nez encore plus évolué. En bouche, c'est un autre style, plus gourmand et plus complexe que le précédent. Plus mâle et moins souple aussi. Château Ducru-Beaucaillou 2000 Saint Julien GCC. Et une fois de plus, l'ordre de dégustation, déterminé au hasard, est parfait.

    Lundi prochain, le thème "Pour la soif" devrait permettre de juger des vins selon le critère de la buvabilité. Tout un programme. Qui vivra dégustera...

  • Alimentation ou malbouffe...

    C’est le genre de bouquin qui vous donne envie de hurler «Beurk !» au fond de votre cuisine. Et pourtant quel délice salutaire de dévorer Vive la malbouffe ! (1). Parce que ce bouquin va décomplexer tous les névrosés du rata, les angoissés du graillon, les frigides du fourneau, les toxicos de la junk food en leur démontrant magistralement une évidence : la malbouffe est partout dans notre assiette , des amuse-bouche aux mignardises, en passant par entrée-plat-fromage-dessert et quart de rouge compris. Et ne rigolez plus à la truffe de votre clébard quand il s’enfile son infâme pâté ou ses croquettes qui fouettent : «27 % des produits alimentaires premier prix vendus en France sont au-dessous des normes de qualité exigées pour les aliments pour chien et chat.» C’est le docteur Christian Recchia, éminent chercheur en science des aliments et expert en «stratégie qualité» pour 27 filières agroalimentaires, qui le dit dans le livre. Vous reprendrez bien un peu de Canigou ou de Ronron ?

    Allez, on range nos boulettes à deux balles pour s’attabler devant un autre constat majeur de Vive la malbouffe ! : on ne sait plus à quoi ressemble la queue d’un radis, une plume de poulet ou une écaille de hareng parce que 70 % de la production agricole est directement acquise par les industriels de l’agroalimentaire qui achètent à notre place les produits frais. Vous n’êtes toujours pas rassasié. Alors voilà par le menu quelques tranches de Vive la malbouffe !

    Apéro

    Vous prendrez bien un petit verre de vin, mais gare au truandage en bouche, du genre vin en camion-citerne déguisé en AOC. Les auteurs citent une étude de la répression des fraudes sur les vins servis durant l’été 2004 dans 4 000 établissements français : près du tiers était en infraction, la palme revenant à un restaurateur de Haute-Garonne, dont la carte affichait 45 «erreurs» sur les 50 bouteilles proposées. Et puis, vous grignoterez bien une petite rondelle de saucisson : «Une équipe de l’Inra a découvert que deux staphylocoques (carnosus et xylosus) pouvaient enrichir les saucissons en cétones, des composés organiques qui dégagent de délicieuses odeurs épicées.»Vous pourrez aussi croquer dans un cornichon. Ceux de Bangalore en Inde où poussent 60 % de la production mondiale achetée 20 centimes d’euro le kilo aux paysans locaux. «Petit hic : comme il fait très chaud à Bangalore, les bactéries transmises par les insectes sont plus coriaces et il faut utiliser plus de pesticides pour en venir à bout.»

    Entrée

    Ah, les bonnes tomates aux pesticides arrosées d’une huile d’olive qui n’a rien de vierge. Vive la malbouffe ! cite les joyeusetés débusquées par la Répression des fraudes en 2007 : «Des huiles d’olive composées pour plus de moitié d’huiles de tournesol, l’incorporation de graisses industrielles et d’huile de grignon (en clair, du tourteau d’olives, le déchet qui reste après le pressurage des olives), des huiles espagnoles bas de gamme changées en huiles d’olive françaises…» Quant à la tomate, elle a perdu de ses arômes et sa chair est farineuse depuis que «dans les années 90, on l’a dotée d’un gène qui lui a permis d’allonger de trois semaines sa durée de vie après cueillette».

    Poisson

    Vous préférez ouvrir une boîte de sardines ? Attention, vous n’avez qu’une chance sur vingt et une de tomber sur de véritables sardines depuis que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a contraint l’Union européenne à accepter que sous l’appellation «sardine» soient vendus la sardinelle, le hareng, le spart ou le sardinop du Pérou, soit au total 21 «produits de type sardine». Vous voulez vous consoler avec une poêlée de coquilles Saint-Jacques ? Alors gaffe aux tricheurs nous expliquent les auteurs de Vive la malbouffe ! : certains n’hésiteraient pas à tremper dans l’eau les noix de Saint-Jacques pour qu’elles pèsent 30 % de plus sur la balance…

    Volaille

    Il faut pas moins de quatre-vingt-quatre jours pour qu’un poulet élevé en plein air atteigne son poids d’abattage contre quarante jours pour un poulet industriel. Cherchez l’erreur ? Une «viande dure et fade» pour le volatile qui a poussé le plus vite.

    Viande

    C’est une triste vérité : le cochon industriel (corps allongé pour accueillir plus de viande autour de la colonne vertébrale, cuisses musclées pour donner de beaux jambons) a un petit moral. La faute à un gène d’hypersensibilité au stress dont il est affublé et qui peut le terrasser d’une crise cardiaque à la moindre contrariété. Du coup, certains cherchent à leur offrir de meilleures conditions de vie. A quand les saucisses au Prozac ?

    Légumes

    Sachant qu’avec 77 000 tonnes utilisées par an, la France est le troisième plus gros consommateur de pesticides au monde, ça fait réfléchir quand on doit manger cinq fruits et légumes par jour. Si vous optez pour le bio, il n’y en aura pas pour tout le monde, puisqu’en France l’agriculture biologique ne couvre que 2 % des surfaces cultivées. Et puis ça coûte de l’oseille de becqueter sain : «Manger entièrement bio revient 50 % plus cher», explique Vive la malbouffe !

    Fromages

    Edifiant ce constat : «Depuis un décret pondu en avril 2007, les fromages "fermiers" n’ont plus besoin d’être fabriqués de A à Z à la ferme. Un industriel peut faire la tournée des éleveurs pour acheter le fromage en blanc (caillé, égoutté et moulé), l’affiner dans son usine, puis coller dessus l’étiquette "fermier" et le prix qui va avec (jusqu’à 20 % plus cher en épicerie fine).»

    Dessert

    Envie d’une petite glace ? Pleine de sirop de maïs (à la place de sucre blanc), d’arômes plutôt que de vrais fruits, de lactosérum et de vent. Oui de vent car il suffit d’insuffler de l’air dans un sorbet industriel pour lui faire prendre du volume. Que Choisir révélait ainsi en mars 2008 qu’un sorbet d’une grande marque de surgelés n’affichait sur la balance que 561 grammes de matière par litre…

    (1) Vive la Malbouffe ! de Christophe Labbé, Jean-Luc Porquet, Olivia Recasens et Wozniak, ed. Hoëbeke, 19 euros.

    Article paru dans Libération du 8 juin 2009.

     

  • Brevet BASF pour retarder la maturation...

    Date de délivrance : 10/01/2007
    Numéro de publication : 1653809
    Titulaire : BASF Aktiengesellschaft ; BASF CORPORATION

    "L'invention réside en la découverte du fait que l'application d'une composition de revêtement spécialement formulée sur la surface extérieure de produits après récolte, en particulier des fruits, spécialement ceux ayant une écaille, une écorce ou une peau non comestibles, retarde de manière significative la maturation, le mûrissage et la déperdition d'eau. Ceci, à son tour, prolonge le laps de temps entre la récolte et les conditions optimales de consommation, de sorte que ceci permet une plus large distribution de fruits et de légumes frais. En outre, la nécessité d'équipements et de conditions spéciaux de transport et d'entreposage, comme une réfrigération, peut dans de nombreux cas être éliminée ou tout au moins allégée.

    Selon l'invention, la composition de revêtement est de préférence et le plus facilement et  économiquement appliquée sur la surface extérieure de fruits et de légumes sélectionnés par application d'une émulsion liquide diluée. L'émulsion est de préférence aqueuse et composée de copolymère (n'importe lequel parmi les suivants : des copolymères de poly(chlorure de vinylidène) et d'acide acrylique, d'acide méthacrylique, de chlorure de vinyle, d'acétate de vinyle, de méthacrylate de méthyle, de propylene, d'éthylène, d'acrylates, de styrènes, ou toute combinaison des monomères susmentionnés formant la composition de copolymère),  de tensioactif, le Triton - 45.  Facultativement, la composition de revêtement peut aussi comprendre,  1% d'antimicrobiens, de préférence duméthylparabène, une petite quantité de plastifiant, par exemple un polysorbate, d'un copolymère de poly (chlorure de vinylidène) et de préférence  d'un agent antimousse, comme du polydiméthylsiloxane.

    La solution aqueuse peut être appliquée sur les produits de n'importe quelle manière appropriée ou usuelle, par exemple par immersion des produits dans le réservoir ou la cuve de la solution, par pulvérisation de la solution sur les produits, ou par passage des produits dans un rideau tombant ou une cascade de la solution. Juste avant l'emballage..."

    A nouveau, moralité de l'histoire, consommons bio, local et de saison ! Plus aucune confiance en ces fruits et légumes hors saison (ou de saison), vendus en grande surface, et qui ne pourrissent pas, tellement ils sont traités. Mes produits bio, ils pourrissent ! Et c'est normal. Achetons des produits frais de saison, juste cueillis, et à consommer rapidement, pour bénéficier de toutes les vitamines, minéraux et oligo-éléments, et aussi du goût. Tout le reste est mort, bourré de pesticides et conservants, et n'apporte quasi plus rien de bon à l'organisme, sans parler des produits chimiques.

    Arrêtons de faire vivre ces multinationales. Terriens, il est temps d'agir...

  • Chiquita

    Quand l’armée du Honduras a renversé le gouvernement démocratiquement élu de Manuel Zelaya, il y a quelques temps, il y eut un soupir de soulagement dans les conseils d’entreprise de Chiquita Banana. Un peu plus tôt cette année, la compagnie basée à Cincinatti s’était jointe à Dole pour critiquer le Gouvernement de Tegucigalpa qui avait augmenté le salaire minimum de 60%. Chiquita se plaint que la nouvelle législation rend ses frais plus élevés qu’au Costa Rica et diminue ainsi les profits de la compagnie : pour être exact, 20 centimes de plus pour produire un cageot d’ananas et 10 de plus pour un de bananes. Chiquita se lamente qu’elle perdra plusieurs millions à cause de la réforme de Zelaya puisqu’elle produit environ 8 ou 22 millions de caisses d’ananas ou de bananes par an, respectivement. Pourtant, avec un chiffre d'affaires de 4,7 milliards de dollars, la multinationale peut voir venir...

    D'autant plus que les femmes travaillent dans les plantations de Chiquita de 6 heures du matin à 7 heures du soir, leurs mains brûlant dans des gants de caoutchouc. Certains ouvriers sont âgés de 14 ans. Ces travailleurs de la banane d’Amérique Centrale ont d'ailleurs poursuivi Chiquita pour avoir été exposés au DBCP (DiBromoChloroPropane), un dangereux pesticide utilisé dans les plantations, et qui provoque la stérilité, des cancers et des malformations à la naissance. 

    Alors, quand Chiquita annonce qu'il va ouvrir des centaines de "Chiquita Fruit Bars" dans le monde, ainsi que des "Chiquita to go", maintenant qu'ils sont parvenus à prolonger la vie du produit via un processus américain, on se pose des questions...

    Soit, leurs bananes et ananas, déjà bourrés de pesticides et issus d'un commerce non équitable, sont désormais irradiés (c'est à la mode pour conserver plus longtemps), soit ils sont traités (encore) avec des retardateurs de maturité... Tout cela est certainement très bon pour notre petite santé, et hyper-bénéfique pour l'environnement...

    Boycottons donc cette multinationale qui travaille à contresens des réalités actuelles, et achetons des bananes issues du commerce équitable. C'est meilleur pour la santé, meilleur pour le goût, et honorable pour les petits producteurs. Et si en plus elles sont bio... !

     

  • Radiofréquences nocives...

    Après deux ans de travail et l'analyse de près de 1000 articles scientifiques et d'une douzaine de rapports internationaux, le groupe d'experts de Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) a rendu ses conclusions et ses recommandations ce jeudi 15 octobre."Oui, il y a des effets biologiques et épidémiologiques des radiofréquences", a constaté Martin Guespereau, le directeur général de l'Afsset lors de la présentation à la presse. Ce constat tranche quelque peu par rapport aux positions antérieures.

    Plus précisément, sur une centaine d'études montrant des effets biologiques, seules neuf ont été considérées comme pertinentes par les experts. Ces articles pointent par exemple l'expression de protéines de stress, des phénomènes d'apoptose (mort cellulaire) ou des modifications du débit sanguin. 

    La science ne se fait pas au poids", a rappelé Martin Guespereau pour expliquer que ces rares effets justifient la position de l'Afsset de recommander la réduction de l'exposition du public, qu'elle soit liée au téléphone portable lui-même ou aux antennes. "C'est novateur ! Si on peut baisser l'exposition, on doit le faire", a même précisé son directeur. 

    Concrètement, l'agence plaide pour que soient privilégiés les appareils peu rayonnants (mesuré par le fameux DAS, débit d'absorption spécifique, qui varie du simple au double selon les modèles). Elle demande aussi que soient cartographiés les points noirs électromagnétiques, c'est-à-dire les lieux où l'exposition est très forte. Son directeur a jugé favorablement aussi la proposition des sénateurs d'interdire les portables dans les écoles et collèges.

    Vous verrez, il faudra encore 10 ans à ces Messieurs pour enfin déclarer les micro-ondes, GSM, téléphone sans fils, babyphone et autres systèmes Wifi cancérigènes. Et, en attendant, continuez de vous empoisonner, à petits feux...

  • OGM, semences et destruction...

    J'en termine avec Monsanto, avec ce dernier message concernant le livre "Semences de destruction" : 

     

    Au-delà des controverses scientifiques sur les bienfaits ou les dangers des OGM, William Engdahl retrace la saga du projet malthusien défendu par de puissants intérêts privés qui, dès les années trente, visaient au contrôle des populations, et qui se trouvent à l'origine de la diffusion et de la prolifération des OGM.

    À coups de pressions politiques, de fraudes et de mensonges, ces intérêts sont maintenant à une ou deux décennies d'atteindre une complète hégémonie sur les capacités nourricières de la planète.

    « Semences de destruction » mène le lecteur au cœur du pouvoir américain, dans les laboratoires où sont expérimentées les semences génétiquement modifiées et brevetées, derrière les portes soigneusement verrouillées des conseils d'administration de Monsanto et d'autres multinationales qui contrôlent le monde à l'égal des compagnies pétrolières. La crise alimentaire qui ravage le tiers-monde sera-t-elle pour ces géants aux ambitions sans limite l'occasion d'imposer partout les semences OGM brevetées? Si ce livre se lit comme un roman noir, c’est qu’il en est un. 

    Cet ouvrage de William Engdahl "OGM: Semences de destruction. L'arme de la faim est l'un des meilleurs sur le sujet. Il est disponible en boutique Kokopelli.

  • Ce soir, sur la RTBF...

    Le film retrace l'histoire de Monsanto, multinationale américaine, aujourd'hui leader mondial des OGM, considérée comme l'un des plus grands pollueurs de l'ère industrielle (PCB, agent orange, hormones de croissance, Roundup...).

    Après une enquête de trois ans, en Amérique du Nord et du Sud, en Europe et en Asie, il reconstitue la genèse d'un empire industriel qui, à grand renfort de rapports mensongers, de collusion avec l'Administration nord-américaine, de pressions et de tentatives de corruption, est devenu l'un des premiers semenciers de la planète.

    En s'appuyant sur des documents et des témoignages inédits de scientifiques, de victimes de ses activités toxiques, d'avocats, d'hommes politiques et de représentants de la Food and Drug Administration ou de l'Environmental Protection Agency des États-Unis, le documentaire montre comment, derrière l'image d'une société propre et verte (selon la propagande publicitaire), se cache un projet hégémonique menaçant la sécurité alimentaire du monde, mais aussi l'équilibre écologique de la planète.


    Pourquoi un film sur Monsanto ? Cette question m'est posée régulièrement depuis trois ans et, immanquablement, je réponds la même chose. Cela fait plus de vingt ans que je parcours le monde et, partout, j'ai entendu parler de cette multinationale américaine, à dire vrai, plutôt en mal. J'ai voulu en avoir le coeur net et j'ai navigué sur la toile pendant des mois. J'ai découvert que Monsanto représente l'une des entreprises les plus controversées de l'ère industrielle parce qu'elle a toujours caché l'extrême toxicité de ses produits.

    Qu'en est-il aujourd'hui ? Nous dit-elle la vérité sur ses OGM ? Peut-on la croire quand elle dit que les biotechnologies vont résoudre le problème de la faim et de la contamination environnementale ? Pour répondre à ces questions, qui nous concernent tous, j'ai repris mon bâton de pèlerin, voyageant sur trois continents, où j'ai confronté la parole de Monsanto à la réalité du terrain, rencontrant des dizaines de témoins que j'avais préalablement identifiés sur la toile. Et je suis sûre, aujourd'hui, qu'on ne doit pas laisser cette entreprise s'emparer des semences, et donc de la nourriture du monde.

    Marie-Monique Robin, Réalisatrice et écrivain.

  • CO2, mon amour...

    Sous le parapluie du “réchauffement climatique anthropique”, les multinationales de l’agrochimie, de la pharmacie et de la semence, ainsi que les divers cartels pétroliers, banquiers, agro-alimentaires, automobiles, assistés de leurs complices dans les organisations internationales (ONU, FMI, Banque Mondiale...) et dans les instituts agricoles (CGIAR, IRRI...) et soutenus par les plus grosses fondations du monde (Fondation Rockefeller, Fondation Bill Gates...) lancent une seconde révolution verte transgénique - avec des variétés génétiquement manipulées - pour “refroidir la planète” par les nécro-carburants et pour accroître la production alimentaire industrielle. Tout cela sur fond de mensonges climatiques. Mais les mensonges climatiques de Mr Al Gore sont peu de choses eu égard au fait qu’il fut l’homme de Monsanto, de 1993 à 2000, et qu’il est l’un des principaux responsables de l’invasion planétaire par les OGMs. Les mensonges climatiques de Mr Kofi Annan sont peu de choses eu égard au fait que son organisation AGRA est l’un des principaux vecteurs de l’invasion actuelle de l’Afrique par les chimères génétiques.

    La suite de l'article sur : www.liberterre.fr/gaiasophia/gaia-climats/generaux/eugenique.html

    Vous allez être secoués...

  • Dégustation du lundi (90)

    Soirée anniversaire à 4 (le cubain étant reparti aux States). Le pinot a été vendangé au Clos, les cépages bordelais, très sains, seront vendangés plus tard. Ce devrait être un bon millésime.

    Premier flacon, à la robe jaune paille, et au nez de miel et de pamplemousse rose, sur un boisé léger. La bouche, lourde et dense, écrase la langue, mais c'est sec et vif sur les côtés, avec une belle finale qui rappelle un champagne plat, avec un beau potentiel. On est sur un Bourgogne 2006 ou 2007 : Rully 1er Cru "Grésigny" 2007 de Paul Jacqueson "En Chévremont" à Rully. Un grand classique.

    Second flacon, à la robe légère, en rouge. Un nez de cerises, d'alcool et de bois. En bouche, des fruits rouges à l'alcool, sur une belle longueur, et assez jeune. Mais cela manque de densité, de chair, et c'est trop chaud. Pommard "Les Vaumuriens" 2006 de J.F. Coche-Dury, qui d'habitude, fait plus dans la dentelle. Dommage.

    Troisième flacon, à la robe noire, et au nez de feuillage, d'humus, et de champignons. La bouche, ronde, souple, fondue et longue, avec un côté crayeux, sur un beau fruité et un boisé intégré. Belle complexité et beaux tannins. Château Pape Clément 2000 Pessac Léognan, Grand Cru Classé de Graves.

    Quatrième flacon, à la robe noire mais au contour pourpre. Nez discret de fruits cuits, de prunes. En bouche, un vin moderne et jeune dans un beau millésime, avec un beau petit grain. Moins intense en fruits, sucré et chaud, mais sans lourdeur, et avec un peu de sécheresse, d'automne et de musc en finale : Domaine de La Grange des Pères 2006, par Vaillé à Aniane.

    Dernier flacon, à la robe dorée, et au beau nez prometteur. Hélas, en bouche, ce Rieussec 2001, Grand Cru Classé de Sauternes, côté 99/100 par Parker, s'est avéré trop moelleux, trop confit, manquant de nervosité et de vivacité, malgré une fin de bouche sur de l'abricot sec. Il est concentré, mais sur un raisin trop mou. Décidément, Parker n'est pas le Pape...

    Lundi prochain, des vins à la robe noire. Dégustation en Saint Julien. Bonne semaine à vous tous.

  • Bidoche...

    Fabrice Nicolino publie, demain, le 7 octobre un livre passionnant et préoccupant sur l’industrie de la viande. Jamais lu ? En tout cas, jamais écrit. Ce livre sur la viande est rempli de très nombreuses révélations sur un univers que personne ne souhaite voir de près. La France a connu après 1945 une révolution de son régime alimentaire qui n’a rien de naturel. Elle consommait peu de viande, elle en « bouffe » des millions de tonnes chaque année.

    Qui a voulu ce complet bouleversement ? Les jeunes « technocrates » autour de De Gaulle, après 1958, mais aussi les pontes de l’Inra, un institut public au service direct des intérêts industriels. Ce livre raconte la genèse d’un changement radical, et met des noms sur des actes. Joseph Fontanet, François Missoffe, Edgard Pisani, Edgar Faure, du côté des politiques, suivis par Henri Nallet, Édith Cresson, Michel Rocard quand la gauche a pris le pouvoir en 1981. Raymond Février et Jacques Poly du côté des chercheurs et des techniciens. Tous ont été au service de la bidoche.

    Ensemble, ils ont imposé que la France devienne un immense hachoir à viande qui abat chaque année plus d’un milliard d’animaux domestiques. Des animaux traités comme des bêtes, parqués dans le noir, entravés, farcis d’antibiotiques et .d’hormones qui mettent en péril la santé humaine.

    Nul n’a jamais parlé ainsi des dangers gravissimes que représentent le MRSA, le MAP, et toutes ces maladies émergentes qui donnent des sueurs froides aux autorités sanitaires.

    La situation est-elle hors de contrôle ? Oui. Ce livre révèle que la panique a gagné quantité de bureaux officiels. Et comment l’élevage industriel cherche à masquer des vérités affolantes. Qui sait en France que l’élevage mondial émet plus de gaz à effet de serre que la totalité des transports humains, automobiles, bateaux et avions compris ? Qui sait que notre bétail est nourri par du soja transgénique venu du Brésil, grand responsable de la déforestation en Amazonie ? Qui reconnaît que les demandes chinoise et indienne de viande seront impossibles à satisfaire dans quelques années, faute de sol et d’eau ? Qui ose écrire que la demande globale de viande industrielle conduit tout droit à de nouvelles et tragiques famines de masse ?

    Si la France est à ce point sourde et aveugle, c’est que l’agriculture industrielle y fait la loi depuis 1945. Un lobby d’une puissance exceptionnelle s’est installé au cœur même de l’État et ne cesse d’empêcher toute évolution qui remettrait en cause les places et rentes acquises. Ce livre plonge au cœur des mystères et attaque sans hésitation le noyau dur de ce lobby. En donnant des noms : Serge Michels, Louis Orenga, Thierry Coste. Enivrés par un pouvoir sans frein, les défenseurs de la bidoche ont plongé la France dans une crise globale dont elle n’est pas près de sortir. Sauf si. Sauf si le mouvement des consommateurs décide de s’attaquer enfin aux immenses intérêts, visibles ou masqués, de la viande industrielle. Une viande qui est devenue l’ennemi de l’homme.

    Fabrice Nicolino est journaliste. Il est l’auteur notamment de Pesticides, révélations sur un scandale français ( 2007) vendu en grand format à 35 000 exemplaires.Consulter son blog.

    - Références : Bidoche de Fabrice Nicolino - Editeur : Editions LLL, les liens qui libèrent - Date de parution : 7 octobre 2009 - 385 pages - ISBN-13 : 978-2918597018 - Prix public : 21 €

    Article paru sur www.cdurable.info

  • Dégustation du lundi (89)

    La dégustation de ce soir "A la découverte de ..." débuta par une verticale du Clos de laquelle je retiens le 2002 qui rappelle un vieux bourgogne et ses vieux arômes, et le 2003 au nez sauvage sur des petits fruits, mais à la finale en bouche trop chaptalisée. 2005, 2006 et 2007, non sulfités, nous donnent des vins "naturels" qui évoquent soit la kriek, soit un bon vin blanc avec une belle vivacité, soit la kriek, encore, riche et onctueuse, mais avec un problème en finale... Rappelons quand même que ces 3 millésimes n'ont pas bénéficié d'étés chauds et ensoleillés. 2008 n'est toujours pas en bouteille, et 2009 n'est pas encore vendangé. Ce sera pour cette semaine.

    Je passerai sur les 2 premières bouteilles de la dégustation de ce soir (Pelter trio 2005 Israël, vanillé, boisé, bordelais mais chaud et sans élégance, et Vaio, Morellno di Scansano 2008, au nez de bonbon, avec de l'alcool, et à la bouche plate et sèche) pour m'attarder sur les 2 suivantes.

    Troisième bouteille, à la robe foncée, mais marquée par l'évolution, et au très beau nez de bordeaux sur des tomates confites. En bouche, une belle fraîcheur et une ouverture complexe, mais sans grande concentration ni puissance. C'est un grand vin sur un petit millésime : Château Beauséjour Duffau Lagarrosse 1987. Encore très agréable à boire.

    Quatrième bouteille, à la magnifique robe ambrée et profonde. Un nez magnifique, puissant et frais, et une bouche exceptionnelle, sur une belle acidité (sans l'épaisseur de Sauternes) ; Bianco Amabile 1988 Vino da Tavola Veronese de Quintarelli Giuseppe, titrant 14 + 3 % vol. Les bouteilles de ce vigneron atypique nous ont, chaque fois, rendus fous : c'est un magicien ! Hélàs, le prix des flacons nous empêche d'en boire tous les jours...

    Lundi prochain, dégustation anniversaire à 4, avec de beaux flacons, comme il se doit.

     

  • Retour à la matière première...

    Au début, l'homme cueillait, chassait et pêchait pour survivre, avec les produits bruts que la nature lui offrait près de sa grotte. Ensuite, il les a cultivés, élevés et accommodés à son goût. L'agriculture et la cuisine étaient nées. Séchage et salage étaient les principaux modes de conservation, et le mangeur était toujours en contact avec la matière fraîche : c'est lui qui la transformait pour la digérer.

    Nicolas Appert a tout changé en inventant la conserve. La pasteurisation, la modernisation des transports et les progrès technologiques ont fait le reste. L'industrie agroalimentaire s'est alors chargée de nourrir le genre humain, trop accablé de travail et de loisirs que pour s'occuper de ses casseroles...

    Les intermédiaires se sont multipliés, éloignant un peu plus à chaque étape, le consommateur final du produit d'origine, devenu, par la magie du savoir-faire artisanal ou de la technique industrielle, une glace au caramel salé, un cassoulet des familles ou un panaché de poissons et sa fondue de poireaux... 

    La majeure partie de notre alimentation sort aujourd'hui des usines de l'industrie agroalimentaire via les circuits de grande distribution, avec, pour seul papier d'identité, une étiquette, dont la lecture devrait permettre de savoir ce que l'on mange exactement, et ce qu'on achète. Ce qui n'est pas le cas...

    En 2003, la Commission européenne avait imposé des caractères d'une taille minimale de 3 millimètres pour la liste des ingrédients. Les lobbyistes de l'industrie agroalimentaire s'activent depuis plusieurs mois auprès des représentants des 27 pays de l'UE pour en rester à 1,2 millimètres ! Vous ajoutez à cela un emplacement ingrat, des couleurs sombres et une impression médiocre, concoctés par les artistes du packaging, et le tour est joué : ingrédients illisibles !

    Auraient-ils tellement de choses à cacher, ces industriels de l'agroalimentaire ? Prenez une loupe et une lampe de poche, et vous verrez que oui !

    Conclusion : arrêtons cette confiance aveugle envers ces industriels et ces multinationales qui souhaiteraient nourrir la terre entière avec leurs produits suspects et sans goût, et revenons-en à la matière première via des petits artisans locaux, les paniers bio, les marchés et les petits commerces de proximité. Cela a plus de goût, et c'est bien meilleur pour la santé ! Terriens, il est temps d'agir...

     

  • Siki, Empereur, Flétan, Grenadier, Hoki, Lingues bleues...


     

    Comme son nom l'indique, la pêche de grand fond vise à pêcher les poissons qui vivent à proximité des fonds marins, à de très importantes profondeurs. Ce sont par exemple l'empereur, le flétan, le sabre noir ou certains requins. Ils vivent dans des écosystèmes remarquables (monts sous-marins, canyons, récifs coralliens). 

    Plusieurs techniques existent pour les pêcher: la palangre (une ligne avec des milliers d'hameçons), les filets maillants, les casiers et le chalutage de fond. Mais le plus souvent les pêcheurs ont recours au chalutage de fond. D'énormes filets de forme conique sont tirés sur le plancher océanique et avancent grâce à des rouleaux qui surmontent tous les obstacles. L'ouverture du plus grand de ces filets est aussi large qu'un terrain de football et aussi haute qu'un immeuble de trois étages!

     

    Des filets aussi gigantesques ne font pas dans le détail. D'abord, ils ramassent beaucoup plus que nécessaire. C'est ce que l'on appelle les « prises accessoires ». Elles représentent jusqu'à 80% du contenu des filets ! 80% de « déchets » rejetés dans la mer aussitôt pêchés ! On épuise ainsi les stocks de certaines espèces de poissons qui ne sont pas celles qu'on est venu pêcher.

    En plus de ramasser trop, ces filets détruisent les fonds sous-marins. Tirés sur le sol, ils rasent tout. Ils anéantissent les habitats marins, les récifs d'éponges, les colonies coralliennes qui ont mis des siècles à se développer… Ils aplanissent le sol et ne laissent plus après leur passage que du sable mis à nu, des débris de rocaille et de coraux. C'est comme après le passage d'un bulldozer dans une forêt. Il ne reste rien, alors que les fonds sous-marins sont souvent riches et remarquables.

    Autrement dit, le chalutage de fond met en danger nos océans et la biodiversité marine. C'est d'autant plus vrai que les espèces pêchées ont souvent besoin de nombreuses années avant de devenir adulte et de pouvoir se reproduire (l’empereur vit ainsi 150 ans et se reproduit à partir de l'âge de vingt ans). En pêchant ces poissons en très grand nombre, les chaluts de fond les mettent en danger. Ces espèces n'ont plus le temps de se reproduire et sont menacées de disparaître.

    Toutes les données scientifiques confirment que les formes de vie en eaux profondes sont très lentes à se remettre de tels dommages: des décennies, parfois des siècles, dans certains cas jamais. S'ils sont autorisés à continuer, les chalutiers de fond détruiront une grande partie des fonds marins avant même que nous les connaissions tous.

    Un seul moyen pour stopper cette destruction des fonds marins : ne consommez plus les poissons qui proviennent de ce type de pêche :

     

     

     

    Le Siki, vendu aussi sous le nom de saumonette, mais jamais sous le nom de requin, ce qu'il est pourtant ! Il est présent partout dans le monde dans les grandes profondeurs où il vit sur ou à proximité du fond marin. Longévité : inconnue. Age de reproduction :inconnu. Habitat : 300 à 3 700 mètres de profondeur !

    L'Empereur, est pêché sur les monts sous-marins, les pentes continentales abruptes et les dorsales océaniques par chalutage de fond, qui occasionne des dommages considérables aux habitats sensibles du plancher océanique, y compris les coraux. Pêché dès le début des années 90 par la France en Atlantique Nord-Est, il a été considérablement surpêché et cela a conduit à un déclin rapide des prises en moins de 10 ans ! A tel point que pour 2010 l'UE n'autorise plus de capture ! Mais cela n'empêchera pas les prises accessoires de continuer à le décimer... 

     

    L'empereur vit dans les grandes profondeurs partout dans le monde : Nouvelle Zélande, Australie, Namibie, Atlantique Nord-Est. Longévité : 150 ans. Age de reproduction :vers 20 ans. Habitat : 200 à 1 800 mètres. Sa croissance est très lente et selon les scientifiques, ces caractéristiques le rendent hautement vulnérable à la pression de la pêche. 

     

    Le Flétan du Groenland, appelé aussi Flétan noir, est une espèce arctique qui remonte vers la surface pour se nourrir. Plus il grandit, plus il migre vers des eaux profondes. Longévité : 30 ans. Age de reproduction :après 9-11 ans (femelles). Habitat : entre 500 et 1 000 mètres de profondeur, voire au-delà. D'après les scientifiques, ces caractéristiques rendent les populations de flétans du Groënland hautement vulnérables à la pression de la pêche.

     

    Le Grenadier de roche, est un poisson à  croissance très lente : il ne pèse que 120 grammes à 10 ans, et 1,6 kg à 30 ans ! C'est dire si sa productivité est faible ! Longévité : 60 ans. Age de reproduction :vers 14 ans. Habitat :entre 400 et 2 000 mètres de profondeur. Jusqu'à présent, on ne connaît pas bien le nombre d'oeufs qu'il produit lors de la reproduction. 

     

    Le hoki nous vient exclusivement de l'hémisphère sud : Nouvelle Zélande, Australie et Argentine. Longévité : 25 ans. Age de reproduction :vers 4-7 ans . Habitat : entre 400 et 1 000 mètres de profondeur. Selon les scientifiques, ces caractéristiques rendent les populations de hoki hautement vulnérables à la pression de la pêche. 

     

    Les lingues bleues se regroupent en bancs compacts évoluant souvent près des monts sous-marins. Elle peut mesurer 1,5 mètres et peser 30 kg ! Longévité : 20-30 ans. Age de reproduction :vers 8-11 ans. Habitat : 150 à 1 500 mètres de profondeur. Elles sont en particulier la cible de chalutage de fond quand elles se rassemblent pour se reproduire. 

     

    Le Sabre noir, est un prédateur très rapide et pouvant mesurer 1,5 mètres de long, qui vit sur et à proximité du fond marin. Comme de nombreux poissons des grandes profondeurs, il remonte la nuit pour se nourrir. Longévité : 32 ans. Age de reproduction : inconnu. Habitat : 200 à 1 600 mètres de profondeur. Sa croissance lente et les autres caractéristiques connues le rendent vulnérable à l'exploitation. 

    La Sèbaste, souvent vendue à tort sous le nom de daurade ou de rascasse, ce qui peut entraîner la confusion ! La sébaste vit en bancs, grandit lentement mais peut cependant atteindre 15 kg pour 1 mètre de long ! Longévité : 60-75 ans. Age de reproduction : après 10 ans. Habitat : jusqu'à 1 000 mètres de profondeur. Selon les scientifiques, ces caractéristiques rendent les populations de sébastes très vulnérables à la pression de la pêche. 

    On trouve des filets de ces poissons dans les supermarchés : ne les achetez plus. Et vérifiez aussi quel espèce de poisson est utilisée pour les fishsticks ou pour les Fish Burgers... : la consommation de ces espèces doit être stoppée immédiatement. 

    Cela ne vous rendrait pas malade de savoir qu'un des derniers vieux Hoki termine sa vie en Fish Burger, sans que vous ne le sachiez ?


     

     

     

     

     

     

     

     

  • Vin et maux de tête...

    A l'heure où les foires aux vins battent leur plein dans toutes les grandes surfaces, il n'est pas sot de s'interroger sur la présence de SO2, ou sulfites (dioxyde de soufre ou anhydride sulfureux), dans le divin breuvage.

    Danger, pas danger? Les avis divergent sur la question et le milieu vinicole dans son ensemble reconnaît qu'à ce jour aucune alternative satisfaisante n'existe. En d'autres termes, assurent ces spécialistes, sans sulfites, le vin ne serait rien d'autre que du vinaigre et cet apport de soufre remonterait déjà bien loin dans le temps, puisqu'on en trouve trace à la fin du 18e siècle...

    'Sans sulfites, c'est simple, il n'y a pas de vin', assure Alain Bloeykens, organisateur du salon Megavino. 'Les sulfites protègent le vin de l'oxydation. Essayer de manger une pomme brunie, oxydée... L'odeur sera aussi forte et il sera tout aussi impossible de boire un vin oxydé'.

    Les sulfites sont donc en quelque sorte les conservateurs des vins, mais aussi des cidres, mousseux et champagnes. On les retrouve aussi dans une série d'autres aliments de grande consommation : charcuterie, filet américain (les enquêtes de l'Afsca montrent d'ailleurs souvent pour ces produits une teneur trop importante), crevettes, fruits secs ou encore cornichons en bocaux. A chaque fois, il s'agit ici aussi de prévenir l'oxydation, d'empêcher que votre américain, par exemple, perde sa belle couleur rouge et brunisse sous le cellophane.

    Dans le vin, peu importe le type et la couleur, à coup sûr, les sulfites sont présents dans presque toutes les bouteilles. "Et plus le vin est sucré, plus on en mettra car autrement on court le risque d'une refermentation en bouteille", ajoute le spécialiste. Plus de SO2 dès lors dans les blancs de type moelleux ou demi-sec, un peu moins dans les blancs secs et encore moins dans les rouges.

    Pourtant, c'est seulement depuis 2005, que la législation de l'Union Européenne impose la mention 'Contient des sulfites' à partir de 10 mg/l de soufre résiduel. Et cela a suscité à l'époque des centaines de réactions paniquées... Des limites maximales ont été fixées: 160mg/l pour les vins rouges, 210 mg/litre pour les vins blancs et 260 à 400mg par litre pour les vins doux, de type Sauternes. En pratique, pour les vins rouges, qui restent les plus consommés, on tourne autour des 40mg/l. Et quand bien même le viticulteur n'ajouterait pas de soufre dans son vin, celui-ci serait néanmoins généré (10 à 30mg par litre) par les levures qui interviennent dans le processus de fermentation. Bref, impossible d'y couper... à moins de stopper radicalement toute consommation!

    Danger sanitaire ? Là est la pierre d'achoppement : le SO2 est un allergène reconnu, même à faible dose. Et si l'absorption de doses journalières de l'ordre de 400 mg/jour, soit le maximum autorisé pour certains vins au litre, ne provoquera pas de répercussions immédiates sur la santé, on sait qu'elles sont nocives. Les personnes fortement asthmatiques sont les plus sensibles et l'absorption de sulfites peut chez elles se traduire, dans la demi-heure, par des éternuements, des démangeaisons, de l'urticaire, des douleurs abdominales voire des symptômes plus graves. Cela ne concerne toutefois que 5% environ des personnes qui souffrent de ce trouble respiratoire. Ajoutons que les personnes intolérantes à l'aspirine devraient également se méfier des sulfites, tandis qu'un surdosage dans un vin, pour quiconque, peut se traduire par des migraines longues et douloureuses. 

    Un dernier point : faut-il se tourner vers les vins bio pour avoir la garantie d'un produit 'sain' à 100%? Hélas, pas du tout.. "La législation pour les vins bio parle d'interdiction des insecticides et produits chimiques dans les vignobles, mais aucune interdiction ne frappe la vinification, qui autorise donc l'apport de SO2", poursuit Alain Bloeykens, qui admet que sur le terrain les contrôles des normes restent plutôt rares. Reste les quelques vins dits 'naturels', sans sulfites ajoutés (juste avec ceux produits par la fermentation), ou le moins possible. Ils sont rares et ne peuvent être produits que dans quelques régions où les variations de températures sont moindres.

    Article paru sur le site du CRIOC (Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs).