• La forêt des Maures...

    Après une quinzaine d'années d'études et de concertations, le décret portant sur la création d'une "réserve naturelle nationale de la plaine des Maures" au coeur du Var, touchant 5.276 hectares sur cinq communes, vient d'être publié au journal officiel.

    La Garde-Freinet, Le Cannet-des-Maures, Le Luc-en-Provence, Les Mayons et Vidauban sont concernés par les dispositions du décret.

    La plaine des Maures, qui s'étend dans sa totalité sur 12.000 hectares, recèle un grand nombre d'espèces animales et végétales. Parcourue par un réseau dense de ruisseaux et mares, c'est une mosaïque de flore qui compte 24 espèces de plantes protégées au niveau national, 31 au niveau régional et 10 inscrites sur le livre rouge des espèces menacées. Elles abritent aussi des invertébrés, des poissons (blageon et barbeau), des amphibiens et des reptiles (tortue d'Hermann, tortue cistude, lézard ocellé), des oiseaux (120 espèces recensées) et des mammifères.

    Pour la protection du patrimoine naturel, toute une liste d'interdictions est édictée (abandon, jet, dépôt d'ordures et de détritus) et il est interdit d'introduire dans la réserve "tous végétaux quel que soit leur stade de développement" et "des animaux d'espèces non domestiques".

    Voilà une fort bonne chose, dans une région encore sauvage, que j'adore. D'ailleurs, j'y serai demain midi. Désolé de vous lâcher pendant 15 petits jours, mais je dois recharger mes batteries, vérifier que ce décret est bien respecté et, surtout, goûter les 2007 et 2008 en côtes de Provence et Bandols, pour me faire une idée... Tout un programme !

  • Pesticides et cancers...

     

    Les agriculteurs exposés aux pesticides présentent des anomalies chromosomiques pouvant favoriser le développement d'un lymphome ou cancer du système immunitaire, selon une étude de chercheurs de l'Inserm basés à Marseille, communiquée mardi à l'AFP.

    Cette découverte d'un premier "marqueur biologique" du lymphome pourrait permettre de mieux dépister ce cancer, de suivre les populations considérées comme "à risque" et de mettre en oeuvre, le cas échéant, des traitements plus précoces, selon un résumé de l'étude, publiée dans la revue spécialisée "The Journal of Experimental Medicine".

    Cette étude a été réalisée par l'équipe "Instabilité génomique et hémopathies humaines" du Centre d'immunologie de Marseille-Luminy, qui dépend de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en collaboration avec une équipe d'épidémiologistes du Groupe régional d'études sur le cancer de Caen.

    L'exposition aux pesticides en milieu agricole, ainsi qu'aux dioxines et aux solvants organiques, est considérée comme un facteur de risque accru de lymphomes, mais il manquait jusqu'à présent la "preuve biologique" d'un lien de cause à effet.

    Dans le cas du lymphome, le processus de cancérisation débute par un échange de matériel génétique, ou translocation, entre les chromosomes 14 et 18. Sauf exceptions, c'est la signature clinique de ce cancer.

    Or, en suivant sur une période moyenne de dix ans une population de 128 agriculteurs exposés aux pesticides, les chercheurs marseillais ont trouvé qu'ils présentaient dans le sang une fréquence de cellules transloquées pouvant être jusqu'à 1.000 fois supérieure à la normale. Et l'analyse moléculaire de ces cellules suggère que certaines pourraient constituer de réels précurseurs tumoraux et une première étape vers la cancérisation.

    "Nos résultats apportent une vision nouvelle des étapes de progression vers le lymphome tout en mettant l'accent sur le rôle majeur de l'exposition agricole aux pesticides dans les étapes de progression", affirment les chercheurs marseillais Sandrine Roulland et Bertrand Nadel.

    En attendant, le marché français des produits phytopharmaceutiques (pesticides) est en hausse en 2008, selon les chiffres rendus publics mardi par l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP).

    Pour 2009, les professionnels s'attendent, sauf aléas climatiques, à une baisse des utilisations et à une stabilité du chiffre d'affaires, a indiqué Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'UIPP lors d'un point presse.

    En 2008, le chiffre d'affaires est en augmentation de 14% à 2 milliards d'euros, retrouvant le niveau de 2001. En volume, la hausse est de 2% à 78,6 millions de tonnes, a précisé M. Bocquet.

    En raison du mildiou qui touche souvent la vigne, les viticulteurs restent les plus gros utilisateurs de pesticides avec 15% des utilisations des phytosanitaires pour 3% des surfaces cultivées.

    Aux termes du plan Ecophyto 2018 décidé par le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, le secteur agricole doit réduire "si possible" de 50% dans les 10 ans l'utilisation de pesticides. Je vous le dis : c'est mal parti...

    La France est le premier utilisateur de pesticides en Europe et le quatrième au niveau mondial après le Brésil, les Etats-Unis et le Japon.

    Et vous, vous allez continuer à utiliser bêtement le Round-Up de Monsanto ? Ou vous allez enfin désherber à la main, ou utiliser des produits bio ? Chacun son truc, et qui vivra verra...

     

  • Métaux lourds et consommation de poissons...

    Grand consommateur de poissons, voici la réponse d'un chercheur à mes questions sur le sujet. Parcourez les liens dans le texte, et vous saurez absolument tout sur la présence de métaux lourds et autres polluants dans la chair du poisson que vous consommez :


    "Tout d'abord merci pour votre intérêt  à nos travaux. Voici quelques  éléments de réponses et quelques  commentaires aux questions que vous posez sur la qualité des produits de la mer.


    L'étude systématique sur les contaminants  dans les produits de la mer  que vous mentionnez n' a pas été réactualisée. Comme étude plus récente je pense entre autres à l'étude CALIPSO  réalisée par l'AFSSA (2006) sur l'exposition de gros consommateurs de produits de la mer aux contaminants chimiques. (rapport disponible sur le site de l'AFFSA.  http://www.afssa.fr/Documents/PASER-Ra-Calipso.pdf  )


    Sur l'estuaire et la baie de Seine, zone  présumée la plus contaminée du littoral, l' IFREMER et l'Agence de l'Eau Seine Normandie ont réalisé une étude (2007) de la contamination des moules et de quelques espèces de poisson par  divers contaminants métalliques (Ag, Cd, Cu, Hg, Ni, Pb, Zn)  et organiques ( PCB, dioxines, PBDE, alkyl-phénols, phtalates). Distribution et devenir de contaminants persistants dans les écosystèmes littoraux. Comparaison Manche ouest-Manche est http://www.ifremer.fr/docelec/notice/2008/notice6148.htm

    Les résultats de cette étude ne confirment  pas,  excepté le cas bien connu des PCB et des dioxines en Baie de Seine,  une contamination chimique particulièrement élevée. Les niveaux restent le plus souvent bien inférieurs aux teneurs maximales admissibles dans les produits de la mer  fixées par la réglementation.


    D'autres résultats sont accessibles sur des sites  internet étrangers.  comme par exemple  celui de l'Institut Norvégien de Recherche sur la  Nutrition et les produits de la Mer( NIFES) la mer

    > http://www.nifes.no/index.php?page_id=137&lang_id=2


    Pour la France, ce sont les services  du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, et en particulier la Direction Générale de l'Alimentation, qui réalise les  plans de contrôle des produis de la mer débarqués destinés à la consommation. Les plans de contrôle de la DGAL, ne concernent que les substances réglementées (Cd, Pb, Hg, PCB et dioxines). A ma connaissance, les données DGAL ne sont  pas accessibles au grand public. Les résultats satisfont la réglementation à hauteur de 95 % environ, de mémoire.


    Voici pour les éléments de  réponse à vos questions.


    Je ne suis pas du tout convaincu que la pollution chimique augmente sur notre littoral,  je pense au contraire que ce sont bien souvent des idées reçues relayées par les médias. D'ailleurs  le site Envlit présente des résultats de la surveillance chimique dans les  moules du littoral qui démontrent que dans bien des cas des tendances des niveaux de contamination sont à la baisse.


    Il est par contre bien vrai que de plus en plus de substances sont trouvées dans l'environnement marin (eau, sédiment superficiel, organismes) ,  parce que de plus en plus de chercheurs  s'y intéressent et parce qu' ils disposent pour cela de techniques de mesure de plus en plus sensibles,  mais aussi beaucoup plus onéreuses . Par contre on ne sait pas dire  si cette pollution environnementale par ces  nouvelles substances s'aggrave. Compte tenu de la nature chimique de la plupart des substances que vous citez ( notamment celles issues du milieu pharmaceutique comme les antibiotiques ou les hormones féminines issues de la pilule..) ainsi que de leur réactivité il est très peu probable que ces substances s'accumulent dans la chair de poisson.


    Pour les produits destinés à la consommation les analyses sont justement réalisées sur la chair puis qu'il s'agit de ce qui est réellement consommé.


    Enfin globalement  il est impossible,  même avec des  budgets et des moyens en personnel bien plus importants que ceux mis à notre disposition,  de pouvoir mesurer de très  nombreuses substances dans les espèces les plus représentatives. Les choix que nous  sommes conduits à faire sont le plus souvent réalisés en fonction d'impératifs de surveillance de la qualité du milieu et de besoin de recherche. Nous espérons seulement  ne pas faire de trop mauvais choix et contribuer à apporter des éléments de réponse  aux questions que la société se pose. "

     

    La situation semble donc moins terrible qu'on le pensait, et la consommation de poissons sauvages reste donc indiquée et bénéfique pour la santé. Profitons-en, en veillant à ne consommer que les espèces qui ne sont pas menacées d'extinction (ex : le thon rouge). A boycotter au restaurant, chez votre poissonnier, au rayon sushis de votre hyper, etc.

  • Dégustation du lundi (81)

    Très belle dégustation à 5, bien méritée après un travail harassant dans le vignoble, sur le thème de l'Alsace en Grand Cru. Un premier vin à la robe pâle et légèrement fluorescente et au nez léger, tout en nuances et subtilités, sur du Riesling. La bouche, très belle, grasse, sur des hydrocarbures et des agrumes, dans un style droit et sec à la Trimbach : Riesling 2004, Grand Cru Hengst de Josmeyer.

    La seconde bouteille, à la robe plus soutenue et au nez plus enrobé et plus complexe. En bouche, de la puissance, du gras, du fruit sans artifice, et une superbe finale sur des noix vertes (ou des notes de savon pour d'autres...). Riesling 2005 Grand Cru Pfersigberg de Gérard Schueller & Fils.

    Troisième flacon, à la robe plus pâle, et avec un nez pas très net, boisé et volatile. La bouche, dense et huileuse, sur un élevage à la bourguignonne manque également de netteté : Riesling 2007, Clos Ste Hune de F.E. Trimbach. Apparemment, un problème avec cette bouteille, pourtant non bouchonnée... qui sera ramenée demain matin.

    Quatrième flacon à la robe jaune paille et présentant un fort beau nez frais de fruits exotiques (mangue, ananas) et de miel, sur des notes épicées et de menthe. En bouche, un vin très sec, frais, sur des agrumes et une pointe de miel, avec une superbe finale : Riesling Muenchberg 2006 du Domaine Ostertag en Alsace Grand Cru. Très belle bouteille, servie un peu trop fraîche.

    Pour terminer, un demi flacon à la robe orangée et au très beau nez frais et parfumé. La bouche fait penser à un Tokay hongrois, sur du caramel et du café, avec très peu d'alcool (7 ou 8° ). C'est très bon, mais manque de complexité : Pinot Gris 1998,  Clos St Urbain Rangen de Thann en Sélection Grains Nobles du Domaine Zind Humbrecht, qui affiche quand même 13°. C'est sur cette fort belle dégustation qu'une interruption d'au moins deux semaines s'annonce, le temps d'aller humer, sous la canicule, ce qu'il se passe à Bandol et en Côtes de Provence... Bon début d'été à tous, et à bientôt.

  • La renaissance des terroirs ...

    Lu dans Le Monde de ce week-end : "Saint-Ouen-l'Aumône, ancien faubourg agricole sur la rive gauche de l'Oise au sein de l'agglomération de Cergy (Val-d'Oise), recèle d'anciennes carrières de pierre à bâtir exploitées au Second Empire pour construire le Paris haussmannien. Dans un quartier pavillonnaire calme et propret, une villa cossue et fleurie abrite la famille Spinelli, champignonnistes depuis trois générations. Sur le côté du jardin, une dorsale rocheuse couverte de végétation laisse entrevoir l'entrée d'une ancienne carrière.

    L'exploitation de la pierre a été réalisée d'abord à la lance de carrier, puis à la haveuse, ménageant des salles hypostyles aujourd'hui réservées à la culture du champignon de Paris. C'est une des dernières exploitations régionales, car désormais les champignons de Paris sont cultivés dans le val de Loire et aussi aux Pays-Bas. La culture du champignon requiert l'obscurité, un taux d'humidité élevé, et une température constante de 12 °C. Les champignons poussent cycliquement.

    Cultivé dans ces conditions, le champignon de Paris - blanc immaculé ou jaune peau de chamois - n'a pas grand-chose à voir avec ceux importés des Pays-Bas, gorgés d'humidité et qui ont séjourné dans des frigos. Ils sont souples au palais, fermes dans la poêle et délicatement parfumés.

    Sur le territoire de Cergy-Pontoise se trouve aussi Neuville-sur-Oise, où la famille Berrurier cultive, parmi quelques raretés, la fameuse asperge d'Argenteuil et assure elle-même son ensemencement variétal. En automne, le sol est enrichi de fumier disposé sur les billons (buttage) et enfoui soigneusement. La récolte se fera attendre plusieurs saisons.

    Lorsque l'asperge atteint la surface et se colore d'un ton rosé, les Berrurier - le père, le beau-père et le fils - sont dans les champs tôt le matin, d'avril à juin, pour assurer la transmission de son goût incomparable. On la trouvera sur les marchés parisiens, vendue par des maraîchers négociants qui ne l'ont pas cultivée. La culture de l'asperge d'Argenteuil a pratiquement disparu, tant en raison de faible rendement que du fait de l'urbanisation galopante.

    Les asperges d'Argenteuil, les champignons de Paris sont les derniers témoins d'une époque qui appréciait aussi le chasselas de Fontainebleau, les petits pois de Clamart, les pêches de Montreuil, le haricot de Bagnolet ou la carotte de Crécy. Sont-ils tous condamnés à l'oubli ? Certainement pas, à en croire les déclarations d'intention exprimées lors d'un colloque organisé début juin par le Centre régional de valorisation et d'innovation agricole (Cervia) et le conseil régional d'Ile-de-France, à l'occasion des 40 ans du déménagement des halles de Paris.

    Les huit départements franciliens et les vingt-cinq terroirs recensés abritent toujours 6 538 agriculteurs, qui cultivent, élèvent ou fabriquent le cresson de l'Essonne, le miel du Gâtinais, la menthe poivrée de Milly, l'agneau d'Ile-de-France, la volaille d'Houdan (IGP et AOC) et le brie AOC (Meaux, Melun). On trouve leur production à Rungis et sur les marchés. L'espoir d'un retour en grâce des productions artisanales auprès des consommateurs est entretenu par deux jeunes passionnés - Alexandre Drouard et Samuel Nahon - au sein de Terroirs d'avenir. Ils ont recensé les produits que le chef trois étoiles du Meurice, Yannick Alleno, utilise dans un menu audacieusement baptisé Terroir parisien et qui lui servent de support de création pour une cuisine parisienne d'aujourd'hui. "Le nouveau, disait Prévert, c'est vieux comme le monde."

    Et de tels terroirs, de tels produits artisanaux, une telle biodiversité, existent également aux alentours de Bruxelles, et de toutes les autres villes et villages du monde. Ce sont ces produits qualitatifs et de saison que nous devons consommer, localement. Pour le goût, pour la santé, pour faire vivre de petits artisans et agriculteurs ou éleveurs locaux, et surtout, pour que ces typicités régionales et cette biodiversité survivent à la mondialisation décidée par les grands groupes agro-alimentaires mondiaux. Mondialisation dont nous ne voulons pas.

  • Un bel été en perspective...

    Communiqué public GEAB Spécial Eté 2009 N°36 (16 juin 2009)

    Comme anticipé par LEAP/E2020 dès Octobre 2008, à la veille de l’été 2009, la question de la capacité des Etats-Unis et du Royaume-Uni à financer leurs déficits publics désormais incontrôlés s’est imposée comme la question centrale dans le débat international, ouvrant de ce fait la voie au double phénomène d’une cessation de paiement des Etats-Unis et du Royaume-Uni d’ici la fin de l’été 2009.

    vague-scelerateAinsi, à ce stade de développement de la crise systémique globale, contrairement au discours médiatique et politique dominant actuellement, l’équipe de LEAP/E2020 n’envisage pas du tout de reprise après l’été 2009 (ni d’ailleurs dans les douze mois à venir) (1). Bien au contraire, du fait de l’absence de traitement de fond des problèmes à l’origine de la crise, nous considérons que l’été 2009 va voir la convergence de trois « vagues scélérates » (2) particulièrement destructrices qui traduisent la poursuite de l’aggravation de la crise et vont provoquer des bouleversements historiques d’ici les mois de Septembre/Octobre 2009. Comme c’est le cas depuis le début de cette crise, chaque région du monde ne sera bien entendu pas affectée de la même manière (3) ; mais, pour nos chercheurs, toutes sans exception connaîtront une forte dégradation de leur situation d’ici la fin de l’été 2009 (4).

    Cette évolution risque ainsi de prendre à contre-pied nombre d’opérateurs économiques et financiers tentés par l’euphorisation médiatique actuelle.

    Dans ce numéro spécial « Eté 2009 » du GEAB, notre équipe présente bien entendu en détail ces trois vagues destructrices convergentes et leurs conséquences. Et notre équipe détaille en conclusion ses recommandations stratégiques (or, immobilier, bons, actions, devises) pour éviter d’être emporté par cet été meurtrier.

    Durée (en mois) des récessions US depuis 1900 (durée moyenne : 14,43 mois) - Sources : US National Bureau of Economic Research / Trends der Zukunft

    Durée (en mois) des récessions US depuis 1900 (durée moyenne : 14,43 mois)

    Sources : US National Bureau of Economic Research / Trends der Zukunft

    Ainsi, pour LEAP/E2020, loin des « jeunes pousses » (« green shoots ») aperçues depuis deux mois dans tous les coins de tableaux statistiques (5) par les médias financiers internationaux, leurs experts attitrés et les politiciens qui les écoutent (6), ce sont dix vagues particulièrement destructrices pour le tissu socio-économique qui vont converger au cours de l’été 2009, traduisant la poursuite de l’aggravation de la crise et entraînant des bouleversements historiques dès la fin de l’été 2009, en particulier des situations de cessation de paiement des Etats-Unis et du Royaume-Uni, tous deux au cœur du système global en crise :

    • La vague du chômage massif: trois dates d’impact qui varient selon les pays d’Amérique, d’Europe, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique
    • La vague déferlante des faillites en série : Entreprises, banques, immobilier, états, régions, villes
    • La vague de la crise terminale des Bons du Trésor US, du Dollar et de la Livre et du retour de l’inflation

    Le commerce mondial s'effondre : Graphique 1 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs (1991-02/2009) / Graphique 2 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs entre février 2008 et février 2009

    Le commerce mondial s’effondre :

    Graphique 1 : Évolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs (1991-02/2009)

    Graphique 2 : Évolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs entre février 2008 et février 2009

    Ces trois vagues ne sont en fait pas successives comme ces vagues scélérates appelées « trois soeurs » pourtant si destructrices ; elles sont bien plus dangereuses car elles sont simultanées, asynchrones et non parallèles. De ce fait, leur impact sur le système mondial est générateur de dislocation puisqu’elles l’atteignent sous divers angles, à différentes vitesses, avec des forces variables. La seule certitude à ce stade, c’est que le système international n’a jamais été aussi faible et démuni face à une telle situation : la réforme du FMI et des institutions de gouvernance mondiale annoncée au G20 de Londres reste lettre morte (7), le G8 ressemble de plus en plus à un club moribond dont tout le monde se demande désormais à quoi il peut bien servir (8), le leadership américain n’est déjà plus que l’ombre de lui-même qui tente désespérément de conserver des acheteurs pour ses bons du trésor (9), le système monétaire mondial est en pleine désintégration avec les Russes et les Chinois notamment qui accélèrent leur jeu pour se positionner dans l’après-Dollar, les entreprises ne voient aucune amélioration à l’horizon et accroissent leurs licenciements, des états de plus en plus nombreux vacillent sous le poids de leur dette accumulée pour « sauver les banques » et devront assumer une déferlante de faillites dès la fin de l’été (10). A l’image des banques, d’ailleurs, qui, après avoir soutiré encore une fois l’argent des épargnants crédules grâce à l’embellie des marchés financiers orchestrée ces dernières semaines, vont devoir reconnaître qu’elles sont toujours insolvables dès la fin de l’été 2009.

    Aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni en particulier, l’effort financier public colossal réalisé en 2008 et début 2009 au seul profit des grandes banques a atteint un tel degré d’impopularité qu’il était devenu impossible au Printemps 2009 d’envisager de nouvelles infusions de fonds publics au profit des banques pourtant toujours insolvables (11). Il est alors devenu impératif d’orchestrer un « beau conte de fée » pour pousser l’épargnant moyen à injecter ses propres fonds dans le système financier. A coup de « green shoots », d’indices boursiers poussés vers le haut sans fondement économique réel et de « remboursements anticipés de fonds publics », la mise en condition a été effectuée. Ainsi, pendant que les grands investisseurs des monarchies pétrolières ou des pays asiatiques (12), profitant de l’aubaine, sortaient du capital des banques en question, une multitude de nouveaux petits actionnaires y entraient pleins d’espoir. Quand ils découvriront que les remboursements de fonds publics ne sont qu’une goutte d’eau par rapport à ce que ces mêmes banques ont obtenus en terme d’aide public (notamment pour garantir leurs actifs toxiques) et que, d’ici trois à quatre mois au maximum (comme analysé dans ce GEAB N°36), ces mêmes banques seront à nouveau sur le point de s’effondrer, ils constateront, impuissants, que leurs actions ne valent à nouveau plus rien.

    Accroissements respectifs du PNB (en vert) et de la dette US (en rouge) (en Milliards USD) Sources : US Federal Reserve / US Bureau of Economic Analysis / Chris Puplava, 2008

    Accroissements respectifs du PNB (en vert) et de la dette US (en rouge) (en Milliards USD)

    Sources : US Federal Reserve / US Bureau of Economic Analysis / Chris Puplava, 2008


    Intoxiqués par les financiers, les dirigeants politiques de la planète vont à nouveau avoir la surprise après l’été de découvrir que tous les problèmes de l’année passée vont resurgir, démultipliés, car ils n’ont pas été traités, mais juste « enfouis » sous des masses immenses d’argent public. Une fois cet argent dilapidé par des banques insolvables, forcées à « sauver » des concurrents en pire état qu’elles-mêmes, ou dans des plans de stimulation économique mal conçus, les problèmes ressortent aggravés. Pour des centaines de millions d’habitants d’Amérique, d’Europe, d’Asie et d’Afrique, l’été 2009 va être une terrible transition vers un appauvrissement durable du fait de la perte de leur emploi sans perspective d’en retrouver un avant deux, trois ou quatre années; ou du fait de l’évaporation de leurs économies placées directement en bourse, dans des fonds de retraite par capitalisation ou des placements bancaires liés à la bourse ou libellés en Dollar US ou en Livre britannique; ou bien du fait de leur investissement dans des entreprises poussées à attendre désespérément une embellie qui ne viendra pas avant longtemps.

    Bref, on en revient au cri d'alarme lancé par Jacques Attali (dont la vidéo est visible sur le lien dans la colonne de droite du blog), et qui disait qu'on nous mentait et qu'on nous cachait la vérité, et en démontrant pourquoi... Profitons donc bien de cet été qui arrive, car si ces prédictions sont justes, il fera gris longtemps dès la rentrée... 




    Notes:

    (1) Pas même de reprise sans emplois («jobless recovery ») comme essayent de nous le vendre nombre d’experts. Aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en zone Euro, au Japon, ce sera une reprise sans reprise (« recoveryless recovery »), une pure invention destinée à essayer de faire re-consommer des consommateurs américains ou britanniques insolvables et à faire patienter le plus longtemps possible les pays acheteurs de Bons du Trésor US et de Gilts britanniques (avant qu’ils ne décident qu’il n’y a plus d’avenir pour leurs produits aux pays du Dollar et de la Livre).

    (2) Les « vagues scélérates » sont des vagues océaniques très hautes, soudaines et qui étaient considérées comme très rares, même si aujourd’hui on sait qu’elles apparaissent au cours de pratiquement toutes les tempêtes d’une certaine importance. Les « vagues scélérates » peuvent atteindre des hauteurs de crête à creux de plus de 30 mètres et des pressions phénoménales. Ainsi, une vague normale de 3 mètres de haut exerce une pression de 6 tonnes/m². Une vague de tempête de 10 mètres de haut peut exercer une pression de 12 tonnes/m². Une vague scélérate de 30 mètres de haut peut exercer une pression allant jusqu’à 100 tonnes/m². Or, aucun navire n’est conçu pour résister à une telle pression. Il existe aussi le phénomène des « trois sœurs ». Il s’agit de trois « vagues scélérates » successives et d’autant plus dangereuses, car un bateau qui aurait eu le temps de réagir correctement aux deux premières, n’aurait en aucun cas les possibilités de se remettre dans une position favorable pour affronter la troisième. Selon LEAP/E2020, c’est à un phénomène de ce type que le monde va être confronté cet été ; et aucun état (navire) n’est en position favorable pour les affronter, même si certains sont plus en danger que d’autres comme l’anticipe ce GEAB N°36.

    (3) LEAP/E2020 considère que ses anticipations sur l’évolution socio-économique des différentes régions du monde publiées dans le GEAB N°28 (15/10/2008) sont toujours pertinentes.

    (4) Ou, plus exactement, dans chacune des régions, la dégradation de la situation ne pourra plus être masquée par des artifices médiatiques et boursiers.

    (5) Il sera d’ailleurs intéressant, en matière de statistiques économiques américaines, de suivre les conséquences de la révision par le Bureau of Economic Analysis des classifications et processus de calcul qui interviendra le 31/07/2009. En général, ce type de révisions a pour résultat de rendre plus complexe les comparaisons historiques et de modifier dans un sens favorable les statistiques importantes. Il suffit pour s’en rendre compte de constater comment les révisions précédentes ont permis de diminuer par 3 en moyenne le niveau d’inflation mesuré. Source : MWHodges, 04/2008.

    (6)Les lecteurs du GEAB n’auront pas manqué de constater que ce sont exactement les mêmes personnes, médias et institutions qui, il y a 3 ans, trouvaient que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ; il y a 2 ans, qu’il n’y avait aucun risque de crise grave ; et il y a un an, que la crise était sous contrôle. Donc des avis d’une très grande fiabilité !

    (7) Sauf au niveau régional, où chaque entité politique s’organise à sa manière. Ainsi, profitant de l’effacement politique du Royaume-Uni englué dans la crise financière, la crise économique et la crise politique, l’UE est en train de mettre la City londonienne sous tutelle (source : Telegraph, 11/06/2009). L’été 2009 risque ainsi de mettre fin à 300 ans d’histoire d’une City toute puissante au cœur du pouvoir britannique. A ce sujet, il faut lire le très instructif article de George Monbiot dans The Guardian du 08/06/2009 et surtout prendre le temps de lire le brillant essai de John Lanchester publié dans la London Review of Books du 28/05/2009 et intitulé « It’s finished ».

    (8) D’ailleurs qui se soucie encore des déclarations finales des G8, comme celle du G8 Finance du 13/06/2009 (source :Forbes, 13/06/2009), à un moment où chacun agit en fait de son côté : Américains d’un côté, Canadiens et Européens de l’autre, Britanniques et Japonais au milieu, tandis que les Russes jouent un jeu différent ?

    (9) La mésaventure arrivée au Secrétaire d’Etat au Trésor américain, Timothy Geithner lors de son récent discours aux étudiants en économie de l’université de Shanghai est à ce titre très instructive : le public de l’amphithéâtre a éclaté de rire lorsqu’il s’est mis à expliquer doctement que les Chinois avaient fait un bon choix en investissant leurs avoirs en Bons du Trésor et en Dollars US (source : Examiner/Reuters, 02/06/2009) ! Or il n’est rien de pire pour un pouvoir établi que de susciter l’ironie ou le ridicule car la puissance n’est rien sans le respect (de la part à l’ami autant que de l’adversaire), surtout quand celui qui se moque est censé être « piégé » par celui qui est moqué. Cet éclat de rire vaut, selon LEAP/E2020, de longues démonstrations pour indiquer que la Chine ne sent pas du tout « piégée » par le Dollar US et que les autorités chinoises savent désormais exactement à quoi s’en tenir sur l’évolution du billet vert et des T-Bonds. Cette scène aurait été impensable il y a seulement douze mois, peut-être même il y a seulement six mois, d’abord parce que les Chinois étaient encore dupes, ensuite parce qu’ils pensaient qu’il fallait continuer à faire croire qu’ils étaient toujours dupes. Visiblement, à la veille de l’été 2009, cette préoccupation a disparu : plus besoin de feindre désormais comme l’indique ce sondage de 23 économistes chinois publié le jour de l’arrivée de Timothy Geithner à Pékin qui jugent les actifs américains « risqués » (source : Xinhuanet, 31/05/2009). Les mois à venir vont résonner de cet éclat de rire estudiantin…

    (10) Et il n’y a pas qu’aux Etats-Unis que les actionnaires seront systématiquement lésés par l’état sous prétexte de l’intérêt collectif supérieur, comme le montrent les pertes des fonds de pension qui avaient investi dans les actions de Chrysler ou GM, ou les pressions de la Fed et du gouvernement US sur Bank of America pour qu’elle cache à ses actionnaires l’état désastreux de Merrill Lynch au moment de son rachat. Sources : OpenSalon, 10/06/2009 / WallStreetJournal, 23/04/2009. Au Royaume-Uni, en Europe et en Asie, les mêmes causes produiront les mêmes effets. La « raison d’état » est depuis toujours l’excuse la plus simple pour justifier toutes les spoliations. Et les crises graves sont propices pour invoquer la « raison d’état ».

    (11) En Allemagne, un problème similaire se pose du fait de l’élection nationale de Septembre prochain. Après l’élection, les problèmes bancaires du pays feront la une des médias, avec plusieurs centaines de milliards d’actifs à risque dans les bilans des banques notamment régionales. On est loin de l’ampleur des problèmes des banques US ou britanniques, mais Berlin va sans aucun doute devoir faire face à des faillites potentielles. Source : AFP/Google, 25/04/2009. Et aux Etats-Unis, les banques aidées par l’état fédéral ont tout simplement diminué leurs prêts à l’économie alors qu’elles étaient censées faire le contraire. Source : CNNMoney, 15/06/2009

    (12) Sources : Financial Times, 01/06/2009; YahooFinance, 04/06/2009; StreetInsider+Holdings/4656921.html , 15/05/2009; Financial Times, 01/06/2009




  • Dégustation du lundi (80)

    Très chouette lundi, à 5, pour cette dégustation sans thème pour cause d'anniversaire... Première bouteille, à la robe jaune claire, et au nez citronné et beurré typique du chardonnay, avec de la fraîcheur. La bouche, subtile, sur des agrumes, tendue, sèche et équilibrée, moins fraîche que le nez et sur une finale légèrement boisée, mais intégrée. Corton Charlemagne Le Charlemagne Grand Cru 2006 du Domaine de la Vougeraie (produit à 1.204 bouteilles). Second flacon, à la robe noire et au contour plus évolué. Au nez, un vieux vin sur des fruits mûrs, avec des notes de prunes, de cèdre, d'herbes et de café. En bouche, une très belle mâche, sur de la finesse, une évolution noble, une belle acidité et une belle longueur, malgré l'âge : Château Ducru-Beaucaillou 1970, Grand cru classé en Saint Julien. Près de 40 ans et pas une ride, incroyable. Côté 92/100 par Parker. Troisième flacon de la soirée : une robe noire et un nez très concentré de cassis et de mûres. La bouche, pareille au nez, gourmande, sur des fruits noirs, et un superbe longueur, mais avec de l'alcool. "A Pascal S" 2006, Domaine Gramenon, en Côtes du Rhône, titrant 14,5°. Quatrième bouteille, à la robe aussi noire, et au nez plus fondu, plus sud et moins concentré que la précédente. En bouche, une belle fraîcheur sur le fruit, très tannique, mais avec une belle acidité sur la finale. Même bouteille que la précédente, mais en 2007 et avec 14°. Cinquième bouteille, à la robe orangée et au nez de Sauternes, sur de l'amande, du miel, de l'abricot confit, de la pêche et des notes de lychees. La bouche, superbe et exubérante, toute en dentelle : la perfection même du Sauternes : Château Coutet 1999, en Sauternes-Barsac. Dernier flacon, à la robe encore plus orangée, au nez de beurre fondu et de mangue (moléculaire, style "Air du Temps").En bouche, de la pomme cuite et du coing, moins complexe que le précédent, mais avec une belle acidité : Gewürztraminer Grand Cru Furstentum 1997 en SGN (Sélection Grains Nobles) de Paul Blanck. Lundi prochain, les Grands Crus alsaciens. Qui vivra goûtera...

  • Bande de bourins...

    "Je vous trouve bien pessimiste. Il est vrai que l’humanité est une bande de bourins à peine dégrossis, que leurs représentants pensent à l’unisson "après moi le déluge" et que nous avons commis de très grosses boulettes. Mais diable, ces drôles de moulins à vent produiront l’année prochaine autant de kwh que le parc nucléaire français, le bureau de l’aménagement du territoire de californie a plus de 75 projets de centrales solaires à examiner (plus de 50 GW de capacité cumulée), la chine bascule au vert à toute vitesse, les véhicules électriques arrivent, les LEDs débarquent et il y a des boutiques "bio"un peu partout (donc des clients). Bref, la gangrène n’est pas généralisé et le patient à la possibilité de se rétablir. Oui, il faut se bouger, oui, il faut réapprendre la sobriété, la frugalité, les plaisirs de l’esprit sur ceux de la matière, tellement de choses. Décantez un peu plus le monde que vous croyez voir. Il n’est pas si moche que ça. Ah oui, au lieu d’être seulement écolo, devenez végétarien, passez aux toilettes sèches, virez la TV oubliez la voiture (sauf cas extrêmes) et apprenez aux enfants que ce monde a pas mal de problèmes à résoudre. Les enfants adorent les problèmes. Il n’y a pas de mur, sinon dans les têtes. Certes, les espèces disparues le sont pour de bon. Une pensée pour elle. Mais tout le reste peut se reconstituer et nous allons le faire. Sans condescendance aucune de ma part."

    Commentaire de Marco B12, que je partage entièrement, suite à un article fort pessimiste sur Natura Vox quant à l'avenir de la planète...Terriens, il est temps d'agir...

  • Poissons au BBQ...

    L'été arrive, ainsi que la saison des BBQ. Au lieu de consommer de la viande, pourquoi ne pas griller du poisson? Poissons sauvages (bars, daurades,    pagres, pageots, sars, beaux yeux,  dentis), ou d'élevages: bars daurades royales, ou plus simplement du saumon.

    Riches en acides gras mono et poly-insaturés (oméga 3), Le bar et la daurade royale contribuent à la prévention des maladies cardio-vasculaires. Ces acides gras favorisent en effet la baisse du taux de cholestérol et la fluidité sanguine.

    Bar, turbot, daurade royale d'élevage sont des poissons maigres. Ils apportent moins de 100 calories aux 100 g et sont donc les alliés des régimes diététiques. Leur teneur en protéines de très bonne qualité - 100 g de poisson apportent 20 g de protéines - est un atout majeur pour la croissance et l'entretien des tissus.

    Ils contiennent, du fer héminique (anti-anémique) très efficace car bio disponible, de l' iode (croissance et développement mental, bon fonctionnement de la glande thyroïde), du fluor (santé dentaire) et du sélénium (anti-oxydant).

    Ils nous apportent également de la vitamine PP (aide l'organisme à stocker et à bien utiliser les protéines et les glucides) et de la vitamine B 12 (anti-anémique).

    Pour bien choisir votre poisson, l'oeil doit être bombé et la cornée transparente. La peau luisante et ferme, le corps rigide et les branchies rouges vif. Faites-le vider, sans l'écailler : la peau sera plus facile à enlever après cuisson. Vu qu'il y a entre 30 (bars, daurades) et 65% (St Pierre, turbot) de perte, n'hésitez pas à choisir un poisson plus gros. S'il y a des restes; ils seront délicieux servis froids avec un peu de mayonnaise maison.

    Et si vous voulez éviter les métaux lourds, présents dans les graisses de tous les poissons, ne mangez ni la peau, ni les parties brunes : ne consommez que la chair blanche !

    Un dernier détail : pour savoir si votre poisson au BBQ est cuit, piquez-le avec une fourchette, puis mettez-la en bouche. Si c'est tiède, c'est cuit. Bon appétit !

  • Ce soir sur FR3...

    "Ces fromages qu'on assassine", à 23h30. D’un côté, les firmes mondialisées qui, sous de fausses raisons sanitaires, veulent tuer les fromages au lait cru au profit des fromages standardisés, microfiltrés, pasteurisés, aromatisés... De l’autre, les petits producteurs de fromages authentiques. Ils représentent moins de 10% du marché.

    Un combat difficile : plus de 50 fromages français ont disparu ces dix dernières années, mais tout n’est pas perdu car les résistances sont fortes… Un peu partout en France, en Europe et même aux Etats-Unis – pays par excellence de l’hygiénisme alimentaire - des producteurs, des affineurs, des fromagers, font de la préservation du goût et des saveurs, leur combat de tous les jours. Pour eux, un fromage est d’abord un bien culturel. 

    Charles de Gaulle a dit un jour : ”on ne peut pas gouverner un pays qui offre 365 variétés de fromages ». Les français se sont toujours vantés d’avoir plus de fromages que les autres pays et des fromages plus vrais et plus forts. Croûtes fleuries ou lavées, pâtes molles, pressées ou cuites, chaque fromage est rattaché à une région, un terroir, à des mentalités tranchées et parfois opposées.
    Mais il y a fromages, et fromage.

     
    Dans les linéaires des grandes surfaces sont apparus des aliments standardisés, aseptisés, fabriqués à la chaîne dans les usines de groupes alimentaires. Ainsi le groupe Lactalis (le fameux camembert « Président ») se porte bien : numéro deux mondial des produits laitiers, premier fabricant de fromage en France, un empire de 112 usines et de 30 000 salariés, chaque jour ses chaînes produisent 450 000 fromages.

    Dans le sillage de « Mondovino », ce documentaire propose une enquête inédite sur le monde des fromages, à travers un travail d’investigation et de découverte. Il met en lumière deux mondes qui s’affrontent : d’un côté les défenseurs du goût et de la diversité, de l’autre les firmes multinationales, les lobbies et la mondialisation.

    Lactalis, le propriétaire des marques Président, Bridel, Lepetit, Lanquetot, Société, Galbani (leader italien de la mozzarella), Chaussée aux Moines, Salakis, Rouy, Le Roitelet ou Lou Perac, etc., pèse 25 millions d'euros annuels en publicité pour le groupe France Télévisions. D'où quelques coupes et censures de FR3 dans un précédente diffusion... Une des phrases du film qui a été coupée, du fromager Alain Dubois, cet homme disait bien : "dans 66% des cas, ce sont des fromages au lait pasteurisé qui ont été inquiétés par des problèmes de listériose et pas des fromages au lait cru !

    Ça gêne Lactalis, parce que Lactalis, pour produire du fromage industriel, a été obligé de jeter l'anathème sur le lait cru, en inventant la dangerosité du lait cru, de façon à pouvoir faire du lait thermisé, c'est-à-dire chauffé presque à 70°, ou du lait pasteurisé. On jette l'opprobre sur le lait cru et on explique que le lait pasteurisé est le seul qui est bon, pour la simple raison que la grande distribution veut des fromages qui tiennent longtemps sur le rayon réfrigéré." Un fromage au lait cru tient en effet 10 jours, au lieu d'un mois pour un pasteurisé. 

     "Lactalis n'aurait pas supporté que le documentaire montre comment deux personnes ... et des robots se chargent du "moulage à la louche" de 250 000 camemberts par jour". Que peut le consommateur face à de tels agissements ? Le boycott bien sûr ! En n'achetant que des fromages au lait cru (le seul véritable fromage) et en évitant le rayon Lactalis, pardon, le rayon fromages de votre hyper. Vous pensez avoir du choix, de la diversité ? Pas de chance, ils proviennent quasi tous de la même multinationale agro-alimentaire !

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  • Il faut que cela change...

    Un milliard de riches occupe l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie et le Japon et règne tyranniquement sur les pays du Tiers-monde. soit un peu plus de 5 milliards et demi de gens, dont le pauvre destin est joué d’avance.

    Ce milliard d'individus s'approprie les 7/10 de l'énergie, les 4/5 du bois et autant des produits de la pêche, les 3/4 des métaux, les 5/6 des crédits d'éducation, les 9/10 des budgets de recherche et de développement, possède les 3/4 des automobiles, neuf avions sur 10, etc. Voilà des chiffres bien peu consensuels et équitables qui prouvent l’excessive mainmise du milliard de privilégiés dont la liberté de puiser et d’épuiser ne s’arrête pas où commence celle des autres 5 milliards soumis au diktat. Nous garantissons ainsi aux plus pauvres de continuer à stagner, voire à s’enfoncer, dans leur état de pauvreté.

    En terme d’empreinte écologique insoutenable, un Nord-américain ou un Français valent combien d’Africains ? L'état américain le moins densément peuplé qu’est le Wyoming (510.000 habitants) émet plus de CO2 que 69 pays en développement réunis et totalisant 357 millions de personnes.

    C'est tout cela qu'il faut revoir et corriger, en changeant nos modes de vies et nos choix de consommation : devenir autonome en énergie, économiser l'eau, acheter local, éviter les emballages, boycotter les produits polluants, recycler les déchets et vivre plus simplement, en privilégiant l'être plutôt que l'avoir. 

    Nous nous porterons tout aussi bien, en consommateurs réfléchis et responsables, respectueux de notre environnement et du reste de la planète. Terriens, il est temps d'agir...    Et c'est le moment de le faire.

  • Le bio gagne du terrain...

     

    Les surfaces agricoles qui ont commencé à se convertir en bio en 2009 sont "cinq fois plus importantes qu'en 2008", selon un communiqué vendredi du ministère de l'Agriculture, qui rappelle que l'objectif est de tripler d'ici 2012 les terres dédiées à l'agriculture biologique.

    En 2009, 63.000 hectares de terres agricoles ont entamé le processus de conversion en terres bio, selon le ministère. Cela permet d'augmenter la surface bio de 10%, indique le ministère.

    Environ 150.000 hectares sont en cours de conversion. Le processus peut durer 2 à 3 ans, indique-t-on, en fonction de l'usage précédent des terres. Ils s'ajoutent aux 500.000 hectares actuellement cultivés en bio.

    Le nombre d'exploitation est lui en augmentation de 15%, passant de 13.300 à 15.200 en une seule année, précise-t-on au ministère.

    "Le bilan des conversions en 2009 est sans équivoque", juge le ministre français de l'Agriculture Michel Barnier dans un communiqué. "La dynamique s'amplifie", ajoute-t-il.

    Des aides nationales et européennes sont allouées aux agriculteurs décidant de convertir leurs terres, pour un total de 58 millions d'euros en 2009, selon le communiqué, soit un montant moyen de 200 euros par hectare et par an pendant 5 ans.

    L'objectif défini lors du Grenelle de l'Environnement est que d'ici 2012 6% des terres agricoles, contre 2% actuellement, soient consacrées au bio. Ceci semble toujours marginal par rapport aux terres consacrées aux cultures intensives et polluantes. Mais la France est à la traîne... La conversion au bio est beaucoup plus importante dans les états voisins : 32,2 millions d'hectares étaient cultivés en bio dans le monde (chiffre 2007).

    Et un retour total au bio est imaginable dans les 20 ans qui arrivent, d'autant plus que la demande est en augmentation constante : les ventes d'aliments bio ont augmenté de 43% en Europe entre 2002 et 2005, pour atteindre 25,5 milliards d'euro, puis 30,9 milliards d'euro en 2006 ! Le bio gagne du terrain, c'est sûr. Il était temps..., pour notre santé, pour celle de la planète, et pour le goût, qui revient en force, pour le plus grand plaisir de nos papilles gustatives...

  • Dégustation du lundi (79)

    Désolé de n'avoir plus rien écrit depuis une semaine, mais j'ai été entièrement absorbé par l'organisation d'un méga événement au profit des jeunes cancéreux. Nous revoici donc une semaine plus tard, pour une dégustation à 4 sur le thème de la biodynamie. Ce genre de vin m'a rarement plu. Et pourtant... Première bouteille, à la robe rubis et au nez de fraises et de gamay, typique du Beaujolais. En bouche, un bon gamay, un peu jeune, avec une petite pointe d'acidité, léger, frais, et issu de raisins sains (un 2006 ?). Chiroubles 2006 en Beaujolais de G. Descombes à Villié-Morgon. Seconde bouteille, à la robe rubis foncé, et sur un nez de fruits cuits, qui se termine  sur de la vanille et du bois. En bouche : un fruité encore assez intense, plein, rond et velouté sur une belle matière et un beau volume, mais avec une finale marquée par la vanille et le boisé : "Les Millères" 2006 en Côtes de Roussillon Villages, de Jean Gardiès. La troisième bouteille, à la robe noire, présenta un nez peu habituel et très riche de cassis en puissance, accompagné de notes de graphite, de pointe de mine et de charbon. La bouche, identique au nez, est complexe et puissante, laiteuse et fraîche. Palazzo Della Torre, Veronnese 2005, d'Allegrini, en Vénétie. Ce vin n'est pas biodynamique : je n'ai pas eu le temps d'en acheter un. Dernière bouteille, après ces 3 rouges : un blanc servi très frais. Une robe paille et un nez frais d'abricots juste cueillis de l'arbre. La bouche, très fraîche également, mais avec un côté sec, sur de l'abricot croquant et des amandes, et une belle longueur. "La Croix Boisée" 2007 en Chinon blanc (et oui, cela existe...) de Bernard Baudry. Un beau vin de Loire issu de terroirs argilo-calcaires. Lundi prochain, dégustation spéciale anniversaire. Et d'ici-là, quelques articles sur ce blog : c'est promis !

  • Dégustation du lundi (78)

    Petite retraite campagnarde et en famille, pour le Clos ce lundi. A l'apéro, en attendant les convives retardataires, un Anjou blanc 2006 en magnum d'Agnès et René Mosse, titrant 13,5°. Un nez oxydatif et une bouche ample et grasse, sur des notes oxydatives et d'alcool. Un peu mou. Pour suivre, le champagne offert aux épouses tolérant depuis plus de douze ans nos agapes du lundi... Champagne Dom Pérignon vintage 2000, barriqué sur du fût neuf, fumé, pas assez tendu, avec un manque de vivacité, et une seconde bouteille de Champagne Larmandier-Bernier "Terre de Vertus", en premier cru, au nez plus minéral et racé, et au fruité léger en bouche : il n'a pas l'ampleur ni l'intensité du premier.

    Suivi un Arena, Savennières 2007, d'Agnès et René Mosse, fruité, avec de l'acidité et des épices. Ce vin est tendu et beaucoup plus sympa que l'Anjou 2006. On attaqua les rouges avec un magnum Murmûres, Le Scarabée 2007, en Vin de Pays des Côtes Catalanes d'Isabelle Frère : belle mise en bouche, sur de la fraîcheur, malgré les 14° affichés. Le Château Pichon Comtesse de Longueville 96, Pauillac, qui suivi, présenta un nez boisé très jeune, sur des poivrons et des épices. La bouche, sur une magnifique matière et de beaux tannins, s'avéra fermée et pas encore fondue : débouchée trop tôt...

    Vînt, pour suivre, le magnum Château Haut-Brion 1986 en Pessac Léognan. Un millésime difficile et austère, et en plus radioactif (Tchernobyl) ! Lui aussi est encore trop jeune à boire : le bois doit se fondre et le fruit émerger...  On termina les rouges sur un Domaine de Gramenon, en Côte du Rhône 2006 "Cuvée A. Pascal", dont je n'ai plus trop de souvenirs. Par contre, la dernière bouteille, un liquoreux, retînt mon attention. Certains évoquaient un magnifique vin jeune du Jurançon, alors que d'autres juraient du contraire... Fort beau nez, frais, sur des abricots, avec une belle acidité qui porte le sucre. La bouche, fruitée, vivace, fraîche et intense : Maculan 2005 Torcolato, Breganze. Un vin liquoreux italien, porté aux nues par la Revue des Vins de France, et ramené de Venise. Très belle bouteille. Lundi prochain, les vins biodynamiques ! Tout un programme, en espérant prendre son pied. Qui vivra verra...

  • On fait quoi le 7 juin ?

    En bon citoyen, je suis toujours allé voter. Au fil des années, déçu des magouilles diverses de nos politiciens, ce devoir électoral m'est apparu comme inutile : quoiqu'on vote, rien ne change. Ils s'arrangent entre eux et ce sont toujours les mêmes têtes qu'on voit... Le PS avait été lourdement sanctionné par les votes des dernières élections et aurait dû se retrouver en minorité dans l'opposition : on le retrouva au gouvernement ! Malgré la volonté du peuple...

    Ces dernières années, j'ai donc failli ne plus aller voter, comme le font beaucoup de nos concitoyens. Mais c'est tenu secret... Mais j'y allais au dernier moment, en me disant que ne pas voter, c'était laisser le plein pouvoir à cette bande de magouilleurs corrompus qui ne vise que son enrichissement personnel au lieu de jouer honnêtement son rôle politique et se battre pour faire bouger les choses.

    On s'aperçoit aussi que ces hommes politiques élus sont souvent des hommes de pailles, qui ne font qu'obéir aux ordres de leur président de parti, eux-mêmes obéissant à ceux des grandes multinationales industrielles, bancaires ou agro-alimentaires...

    Pour la première fois de ma vie, ce 7 juin, j'ai fort envie de voter vert et de voir les écolos au pouvoir, tant en Belgique qu'en Europe. Pourquoi ? Parce que les partis traditionnels m'ont déçus. Parce qu'il est temps de s'occuper de la planète, dont les ressources épuisables sont pillées sans compter par les multinationales agro-alimentaires, et polluée à outrance par les multinationales agro-chimiques, juste pour leur profit.

    J'ai envie que l'on prenne soin de la biodiversité, qu'on arrête de détruire les forêts primaires, qu'on arrête de nous faire bouffer des saloperies bourrées de pesticides, d'OGM et d'aliments irradiés qui ne goûtent plus rien, qu'on en revienne au commerce de proximité avec de petits producteurs et éleveurs locaux, que les voitures "vertes" arrivent plus tôt sur le marché, que les transports en commun ne polluent plus (les bus et leurs nuages de diesel et de particules fines sont un scandale), que les avions ne survolent plus Bruxelles (comme c'était le cas avant que certains ministres flamands qui habitent en périphérie ne pensent à leur repos personnel, même si c'est au dépend de celui de milliers de bruxellois), et surtout, j'en ai marre des pots de vin, des magouilles de tout genre et de la corruption avec l'argent du contribuable, pressé comme un citron, jusqu'à la dernière goutte...

    Ce 7 juin, j'ai envie de donner un grand coup de pied dans tout le système politique actuel. Et si, nous le faisons tous ensemble, cela se fera ! Osons changer nos habitudes électorales et provoquons le seul changement majeur possible en votant écolo. Ce sera une bonne leçon pour ces partis traditionnels, qui sont incapables de nous gouverner.