Dégustation du lundi (71)

Bouteilles au choix et dégustation funambule ce soir ! Pour commencer, un blanc au nez de coing et de cidre, légèrement oxydatif. La robe paille et grasse. La bouche, sur du fruit mûr, grasse, et avec une belle acidité sur la longueur aurait sublimé une poularde de Bresse aux morilles. René's Chard, Mosse 2006, 100% Chardonnay en vin de Loire... Dur à deviner ! Le second, présenté en berlingot, n'avait ni nez, ni robe, puisque dégusté à la paille ! Quant à la bouche, vraiment pas terrible... Merlot et Cabernet Sauvignon 2006, Cordier, Appellation bordeaux Contrôlée. Un scandale, qui devrait être interdit, et bien déplorable pour l'appellation bordelaise ! Comment peut-on vendre du "vin" dans de tels berlingots tétrapack de 25 cl ? Abominable. Le troisième vin présenta un nez intéressant, qui parle, et laisse présager de bonnes choses. La robe, foncée, mais évoluée sur les contours. La bouche, sur des fruits mûrs, mais avec un problème de bouteille : vraiment pas à la hauteur de ce qu'elle aurait dû être. Pibarnon 2000 en Bandol. Le quatrième, bizarre, noir de chez noir, avec du gaz carbonique, et à la bouche horriblement tannique, avec beaucoup d'astringence, mais sur un fruit sympa : Domaine Mosse, Anjou 2006 en 100% Cabernet Sauvignon. Curieux de le boire dans 15 ans... "J'ai viré ma cuti : même le Mosse j'aime plus !" s'écria le grand crôlé du groupe... Le cinquième, à la robe noire également, mais aux contours légèrement rouilles, présenta un nez d'alcool et une bouche chaude sans grand intérêt : RR Rosso di Rossi 2005, Toscane en Sangiovese. Heureusement, la sixième bouteille sauva ce lundi soir parti dans tous les sens (et pas les meilleurs qui soient) : une robe orange ambrée, un magnifique nez confituré, avec des abricots sur une belle fraîcheur. Une bouche pleine, massive, visqueuse, douce, mais sur une fort belle acidité perdurante. Seulement 7° d'alcool pour ce Clos Jebsal 1991, Turckheim, Sélection de grains nobles, Tokay Pinot gris du Domaine Zind Humbrecht. Magnifique. Lundi prochain, Clos à 3 avec pour thème la Provence et la Corse, prélude aux vacances toutes proches...

Commentaires

  • Du bordeaux à la paille
    Au-delà du repas assis où la bouteille a sa place, le monde du vin veut capter d'autres instants de dégustation. Exemple de la briquette de Cordier

    Par : César Compadre

    Vignes et Vin
    Dans le train avec une salade ; pour accompagner un sandwich en sortie lèche-vitrines ; sur un banc public avec sa pizza ; au pied de la caravane ou sur un bateau amarré dans une crique? Lors de ces multiples occasions nomades - hors repas traditionnel assis à table -, comment donner sa place au vin et, du coup, dans quel emballage pratique le proposer ?
    Avec les évolutions des modes de vie, la déstructuration des prises de repas (surtout le midi) et la multiplication des grignotages en journée, cette question taraude les professionnels du vin. Résultat : une série de nouveaux produits font leur apparition. Le Bag-in-Box (souvent 3 ou 5 l), cette outre en plastique glissée dans un surremballage cartonné avec un robinet verseur, est un marché en plein boom. Le vin en canette, qui se boit comme une bière, existe aussi, mais peine encore à trouver sa place en France.
    Alors que les demi-bouteilles (37,5 cl) ou les 50 cl (en contenant verre) sont souvent cantonnées à la restauration, les tentatives de vente de verre de vin operculé - verre rempli et bouché par un opercule comme un yaourt - se heurtent à des problèmes techniques. Du coup, le produit Tandem, proposé par Cordier, négociant bordelais réputé, pourrait marquer un tournant dans l'histoire récente de l'emballage du vin. Il s'agit en effet de proposer du bordeaux à boire à la paille, comme un soda !

    L'équivalent de deux verres.
    « Tandem est le fruit de deux ans d'études », explique Vincent Bonhur, directeur marketing de Cordier, une entreprise spécialisée dans les grands crus et réalisant les deux tiers de son chiffre d'affaires à l'exportation. « Le concept a été testé dans la distribution belge, en 2007. Avec 200 000 briquettes vendues à 1,89 ?, c'est un succès. Nous allons donc le lancer en France à la mi-mai, chez Auchan et Leclerc. Tandem y sera disponible dans les rayons traiteur ou de nourriture rapide, au milieu des sandwichs et autres produits à emporter », précise-t-il.
    Tandem, briquette de 13 cm de haut, contient 25 cl, soit l'équivalent de deux verres (1). À l'intérieur, du vin en AOC Bordeaux : un blanc (bicépage sémillon-sauvignon), un rouge (merlot, cabernet-sauvignon) et un rosé. Du vin à 12°, fruité, gouleyant, pas du tout tannique et donc facile à boire.
    Innovation brevetée : la paille servant à déguster, en perçant le dessus de la briquette, dispose côté bouche de quatre trous et non d'un seul. Ce procédé permettra au vin, en fin d'aspiration, de tapisser le palais et d'exhaler ses arômes. Tandem en coûtera 1,50 ? la briquette (soit 4,50 ? pour l'équivalent d'une bouteille de 75 cl) avec une conservation maximale d'un an.

    Un côté écolo.
    Cette nouveauté vient aussi de l'intérêt croissant pour le vin du suédois Tetra Pack, spécialiste mondial de l'emballage des liquides, connu pour sa brique de lait. Le vin vendu en briques de 1 litre existe depuis longtemps - ce marché est développé en Espagne et en Argentine -, mais l'essor des repas sur le pouce ouvre la voie à des contenances plus pratiques.
    C'est donc le groupe suédois qui fabriquera l'emballage de Tandem, avec un conditionnement chez Val d'Orbieu, groupe coopératif méridional actionnaire de Cordier. L'emballage est composé de plusieurs couches, notamment d'aluminium, garantissant, d'après le fabricant, solidité, étanchéité et barrière à la lumière et à l'oxygène, deux ennemis du vin.
    « La preuve que le monde du vin ne répond pas toujours aux besoins du marché, c'est qu'avec Tandem, nous avons des demandes d'informations du monde des distributeurs automatiques à l'étranger, mais aussi des campings, des boîtes de nuit, des compagnies aériennes ou de la restauration collective? Sans compter que l'emballage recyclable est un critère d'achat dans certains pays. Plus que de nouveaux consommateurs, nous visons de nouveaux instants de consommation », ajoute-t-on chez Cordier.
    Un amateur de vin pourrait ainsi enchaîner Tandem un midi de la semaine, une bouteille à 4 ou 5 euros le vendredi et un cru classé un dimanche en famille.
    (1) L'organisation mondiale de la santé (OMS) fixe à deux verres quotidiens pour les femmes et trois pour les hommes le seuil d'une consommation maximale de vin.

  • Merci pour ces explications, MAIS : il n'y a rien à faire, boire du bordeaux à la paille est aberrant. Je n'ai aucun problème avec le bag-in-box, et surtout s'il provient d'un bon château. Il est au frigo et le vin servi est à bonne température, et servi dans un verre ad hoc. Impossible avec la briquette de Cordier, qui en plus, contient un mauvais vin... Et même si cette briquette contenait un Premier Grand Cru Classé, je parie que ce ne serait toujours pas agréable à boire ! Mieux vaut ne pas
    boire de vin du tout, que dans de telles conditions. Et si je devais vraiment me procurer du vin pour de telles occasions, ce serait alors plutôt du style petite bouteille en plastique et verres en plastique, comme dans les avions. Ce n'est pas terrible, mais c'est toujours mieux...

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