• Nos terroirs sont-ils foutus ?

    Belle soirée thématique sur Arte ce soir ! En première partie, la guerre des camemberts où l'on apprend que Lactalis (Président) et Isigny, se sont appropriés 85% du terroir du Camembert au Lait Cru, en rachetant les petits producteurs. Et, ont alors demandé à l'INAO de modifier la recette originale, afin de pouvoir le chauffer à 60°, tout en gardant l'étiquette "Au lait Cru", pour des raisons économiques. Ce qui a été refusé, jusqu'à présent... Car il ne subsiste que 5 (mal)heureux petits producteurs en Normandie, qui s'appliquent à le produire comme toujours, et à offrir aux consommateurs la vraie saveur du vrai fromage. Mais pour combien de temps, face à l'appétit gargantuesque des 2 groupes agro-alimentaires, à leur lobbying auprès de la commission européenne, et à leur poids? En attendant, Lactalis et Isigny ne produisent plus de camembert au Lait Cru, et ont modifié les étiquettes. L'avenir de ces 5 derniers producteurs de Camembert de Normandie (AOC) au lait cru et moulé à la louche ne repose plus que sur vous, les consommateurs ! Et sur Slowfood, qui devrait veiller à leur pérennité... Nous devons gagner la guerre du goût !

  • Dégustation du lundi (47)

    Lundi bizarre, avec des vins bizarres. Pour commencer, un vin blanc au beau nez, mais assez plat en bouche, avec un manque de nervosité et de vivacité : longue finale de petites vaguelettes. Château Indage, Estate Vineyards, Chantilli 2005, Chardonnay. L'Inde produit également du vin ! Bien, mais peut mieux faire...Ensuite, une série de 6 bouteilles du Clos, à l'aveugle comme il se doit. Nous retiendrons que le 2002 a un magnifique nez de pinot, et une robe élégante, que le 2005 est un peu trop sur la verdeur et la rafle, que le 2001 est assez proche du 2002, que le 2000 semble passé, alors qu'il était encore magnifique l'année passée (à confirmer), et que le 2003 picote un peu au nez et en bouche, mais avec un fruit qui enrobe bien l'alcool. Quant à notre essai de vinification de cabernet sauvignon de 2000, il a donné un vin au nez ensoleillé, à la belle robe pourpre et à la bouche au côté vanillé des vins chiliens. On attaqua ensuite un vin que j'adorais et que je n'aime plus : nez chimique, vanillé, boisé, trop extrait et bouche pareille, sans finesse. Un Château Pavie Macquin 2003, en Saint Emilion Grand Cru. Et même 1er Cru Classé depuis peu. Suivi un Château Pape Clément 2002, en Grand Cru Classé de Graves, avec un nez plus cabernet et moins chimique que le précédent, mais dans le même style. Où sont ces vieux Papes Clément tout en finesse d'autrefois? Bref, dégustation bizarre ce soir... Lundi prochain, chacun amène une bouteille toute en dentelle et en finesse, histoire de varier les plaisirs...

  • Compenser ses émissions de C02...

    En se rendant sur le site Climact.be, et en répondant à un petit questionnaire, vous pouvez immédiatement visualiser vos émissions de CO2 (votre empreinte carbone sur la planète). Vous pouvez également voir et chiffrer par quels moyens on peut les réduire. Et, s'il vous reste un solde positif, vous pouvez compenser votre empreinte carbone en investissant dans un des projets d'énergie renouvelable mis en oeuvre par Climact. Compenser une tonne de C02 coûte 27 euros : ce n'est pas très cher, cela vous donnera bonne conscience et soulagera (un peu) la planète... Et si tout le monde s'y met, on changera certainement les choses !

  • Ils vont boire la tasse

    La vigilance était de mise ce jeudi soir en Allemagne et en Norvège, tandis que les Pays-Bas étaient en alerte et devaient fermer le port de Rotterdam, premier port d'Europe, alors qu'une forte tempête avançait en mer du Nord. Plus que le vent, qui devait tout de même balayer les côtes néerlandaises avec une force 9, selon les services météo (KNMI), c'est la combinaison attendue tempête/montée des eaux qui a contraint à prendre des mesures, selon les services spécialisés. Un porte-parole du ministère des Transports interrogé sur la radio publique NOS a estimé que la violence de la tempête pourrait approcher celle de 1953, qui avait fait quelque 1.800 morts et 72.000 déplacés. Pour la première fois depuis 1976, les services de surveillance des digues ont été mis en alerte sur la totalité de la côte des Pays-Bas, dont un tiers du territoire est sous le niveau de l'eau et protégé par plus de 17.500 kilomètres de dunes ou digues. Au lieu de palabrer depuis des années sur BHV, et de voter en masse comme des cons sur un sujet qui n'intéresse vraiment personne, le gouvernement flamand aurait mieux fait de s'attaquer aux vrais problèmes, et à les prévenir. Reste une soirée pour étudier, en vitesse, les constructions sur pilotis..., ou déménager, profil bas, sur les hauteurs de la Wallonie...

  • On fête quoi ?

    Un petit message, alors que j'étais au bureau, m'a fait plier bagages bien plus vite que d'habitude : mon sixième sens me poussait, en ce jour historique au niveau politique à la con, à me rendre très rapidement à une dégustation improvisée, en cours. A peine arrivé, on me tendit un magnifique verre, au nez de petits fruits mûrs, à la robe rubis, dont le cerclage rouille indiquait le millésime, et à la belle bouche suave et longue, mais un peu molle, manquant d'un peu plus de structure. Mais très beau quand même : Château Cheval Blanc 1990, 1er Grand Cru Classé en Saint-émilion. On poursuivi ce grand moment avec la dégustation d'un vin beaucoup plus expressif au nez, avec des notes de tabac, de cuir et d'animal, à la robe noire, mais avec le même cerclage rouille. A la bouche, les mêmes sensations qu'au nez, sur une très belle longueur. Mais avec une nervosité et une structure qui manquait un peu au précédent. Vraiment superbe. Château Haut-Brion 1989, également 1er Grand Cru Classé, en Graves. Deux flacons cotés 100/100 par ce vieux Parker, et dont la valeur actuelle est tout à fait désopilante ! Ce Haut-Brion qu'on trouvait, en 92, à 62 euros (ce qui était cher) se négocie aujourd'hui à 1.300 euros la bouteille ! Aaaah, si nos salaires avaient suivis la même courbe... Bref, bonne intuition, et rare privilège de pouvoir, aujourd'hui encore, déguster de tels flacons. Je l'aime bien, moi, cette Rue du Bailli !

  • Dégustation du lundi (46)

    Petite dégustation agréable à 3 (puis à 4, ce dernier comparse, éméché, rentrant de ses agapes parisiennes), et fort basée sur celle de la semaine passée : un premier vin au nez complexe mais léger de petits fruits rouges, une légère oxydation et de l'alcool. Robe légère et évoluée. A la bouche, une forte acidité et un peu de verdeur : Château Pavie Macquin 1994, en Saint Emilion Grand Cru Classé. Rien à voir avec son jeune frère de 2004 dégusté lundi passé, sans doute dû au millésime... On poursuivi avec un vin à la robe foncée, au nez de cacao et de vanille, un nez de Syrah bien mûre, mais moins complexe que le précédent. A la bouche, un vin technique, bien fait, pas écoeurant, mais sans terroir. Et avec une belle fraîcheur, et un alcool bien enrobé : un Montes Folly 2003, Syrah, Apalta Valley Vineyards, Santa Cruz, Chili. Une bouteille lourde et imposante, au beau packaging, mais ne valant pas ses 70 euros ! On termina par un vin au nez sanguin et de tomates, et à la bouche longue, mais molle : élevage avec moins de fraîcheur et de maîtrise que le précédent. Un Enira 2005, même vin bulgare que lundi passé, mais en cuvée classique. Rien à voir avec le Reserva de lundi passé (17 euros, contre 10 euros ce soir). Lundi prochain, on déguste à 5 toutes les cuvées du Clos (de 2000 à 2007), et on termine par une toute grande bouteille, histoire de déguster autre chose...

  • Les pieds dans l'eau, avec un rhume...

    Damoclès (Developping Arctic Modelling and Observing Capabillities for Long-term Environmental Studies) regroupe 45 laboratoires de 10 pays européens, des Etats-Unis et de Russie est un projet pilote de l'Union Européenne pour l'Année Polaire Internationale (API), qui vise à observer, comprendre et quantifier les changements climatiques en Arctique afin d'aider à la prise de décisions face au réchauffement de la planète. La plus importante et spectaculaire conclusion des observations réalisées par les scientifiques européens, depuis le début de la mission Tara en septembre 2006, prévoit "dans 10 à 15 ans, une fonte totale de la banquise en été, entre le mois de septembre et le mois de mai", selon Jean-Claude Gascard, océanographe et coordinateur du programme Damoclès. "Un recul spectaculaire de la banquise a été constaté à la fin de cet été. En deux ans, la banquise d'été qui s'étendait sur 5,5 millions de km2 (14 millions de km2 en hiver), a perdu 1,5 million de km2, a-t-il déclaré à l'AFP. "Cet été, note M. Gascard, il était possible de faire une traversée complète de l'Arctique entre le delta de la Lena (nord Sibérie) à l'Est et celui du Mackenzie (nord-ouest du Canada), sans rencontrer un seul morceau de glace dérivante. C'est une situation également sans précédent". Enfin, la formation de la banquise d'hiver accuse cette année un retard d'au moins un mois, une situation également inédite. Ces nouvelles données ont été recueillies par les chercheurs de Damoclès qui se sont rendus sur la banquise à bord de Tara en avril. Ils ont procédé à quantité d'analyses dans l'atmosphère, la neige, la glace, et dans les profondeurs de l'océan arctique. Mais c'est la fonte totale de la banquise en été qui aurait, selon Jean-Claude Gascard, la plus forte et inattendue incidence sur le climat d'Europe de l'ouest et donc la vie quotidienne de ses occupants, humains, faune et flore. Selon un enchaînement de causalités partant de l'absorption par l'océan de 80% de l'énergie solaire (autrement réfléchie par feu la glace en été), on passe à une fonte accélérée de la calotte glaciaire du Groenland qui entraînerait une élévation du niveau de la mer d'au moins 1 mètre. Mais, effet paradoxal et autre conséquence majeure, cet afflux d'eau douce bloquerait la montée des eaux chaudes et salées de l'Atlantique (circulation thermohaline) vers l'Arctique. Résultat pour le coordinateur de Damoclès: refroidissement de l'Europe occidentale de plusieurs degrés. Aux Pays-Bas, ils ont l'air d'être au courant : ils renforcent et remontent le niveau des digues et barrages. En Flandre par contre, on ne fait rien : on attend de voir ! La nouvelle côte belge s'étendra d'Anvers à Bruxelles. Ce sera moins loin, mais encore plus froid...

  • Qualité et sûreté alimentaires...

    Dans le cadre d'une étude de l'Union européenne, qui a duré quatre ans, les chercheurs de l'université de Newcastle ont élevé du bétail et ont cultivé des fruits et des légumes, notamment des choux, des laitues, des carottes, des pommes de terre et du blé, dans des exploitations agricoles biologiques et non biologiques en Europe. Ils en ont ensuite comparé le goût et la qualité nutritionnelle. Selon eux, les fruits et les légumes biologiques contiennent 40 % d'antioxydants en plus que les produits non biologiques. Cette différence est encore plus grande dans le cas du lait biologique, qui ne contient pas moins de 60 % d'antioxydants et d'acides gras sains en plus. Un tel écart est tellement significatif que le coordinateur du projet affirme que les aliments biologiques ont un apport équivalant à une portion supplémentaire de fruits et de légumes par jour. Sil est aisé de comprendre pourquoi les aliments biologiques contiennent moins de polluants et sont plus savoureux, les mécanismes qui permettent aux méthodes biologiques d'augmenter la teneur en nutriments sains par rapport aux méthodes non biologiques ne sont pas encore totalement compris. Les résultats définitifs de ce projet devraient être publiés dans les douze mois et s’ils se confirment, ils devraient inciter les pouvoirs publics à prendre des mesures pour favoriser la culture et la distribution des aliments biologiques. Vous verrez, on y arrivera un jour, à tous remanger Bio ! Et adieu les cultures intensives traitées chimiquement, et adieu les monopoles agro-alimentaires mondiaux et leurs foutus OGM ! Cela prendra encore un peu de temps, mais on y va tout droit...

  • Passiflore, sans saveurs...

    "Passiflore, Fournisseur de saveurs" peut-on lire sur la devanture de ce "resto" faisant le coin de la rue du Bailli et de la Place du même nom. Après avoir attendu 10 minutes que quelqu'un veuille bien m'amener la carte (la patronne était occupée à discuter au bar, et la jeune serveuse occupée avec les fleurs ramenées du marché). Mon choix s'est porté sur la salade d'épinards, scampis, crevettes et crabe. Lors de la commande, on me précisa qu'il s'agissait d'une salade chaude et gratinée, ce qui me convenait également. Arriva mon plat gratiné, composé d'épinards perdant leur eau, de tomates, de minuscules crevettes roses (plutôt blanches) insipides (style produit blanc), de quelques mini scampis aqueux, translucides et sans goût, et oh privilège suprême, de bâtonnets de surimis farineux ! Le tout recouvert d'une croûte de fromage quelconque, lui aussi insipide. En accompagnement, quelques feuilles de salades pré-emballée et une vinaigrette à l'estragon (l'accord culinaire parfait, avec les épinards). Mon plus mauvais repas depuis 20 ans ! Vraiment mauvais. Qu'on appelle cela de la cuisine me rend triste. Mais qu'on s'affiche comme "Fournisseur de saveurs" me fait bondir ! C'est vraiment se foutre du monde, servir n'importe quoi, et habituer les jeunes à mal manger. Et, en plus, c'est cher ! Près de 18 euros avec un quart de rouge tout à fait anodin. Première et dernière fois que j'y mettrai les pieds.