• Dégustation du lundi (35)

    Un beau lundi soir, malgré la météo, à 4, dont un aveugle. On débuta donc la dégustation vraiment à l'aveugle par 2 bouteilles qui n'existent plus aujourd'hui : un Château La Carte 1976, en Grand Cru Classé de Saint Emilion, de Michel Bécot, au beau nez de vieux Bordeaux, avec un fruit sous-jacent bien porté par l'alcool, et à la bouche puissante, digne d'une année chaude. Cette parcelle fait, depuis 1979, partie intégrante du Château Beau-Séjour Bécot. Le second, un Château Chapelle-Madeleine 1970, toujours en Saint Emilion Grand Cru Classé, de Vauthier et Dubois-Challon, nous étonna par sa robe foncée. Hélas, il était légèrement bouchonné. Cette parcelle fût acquise par le Château Ausone. On attaqua ensuite des vins d'été, et donc de saison : Les Hauts de Gramenon 2005, Cuvée Sibardisses, en Côtes du Rhône Villages, au très beau nez, avec une belle fraîcheur, un fruit très intense (confit de griottes), de l'expression et de la finesse, sans être lourd ou alcooleux. Belle bouteille. On termina avec un vin au nez de vanille et de barrique neuve, mais pas à la bordelaise. Ce Vignelaure 2000, en Coteaux d'Aix en Provence nous avait habitué à mieux... Il commence à être passé. Et pourtant, quel énorme plaisir avec ce vin et son grand frère "La Colline de Vignelaure" dégustés ces dernières années. Prochaine dégustation du lundi le 24/07, après des vacances bien méritées. A suivre...

  • Qu'est-ce que je vais faire ?

    "Tondino di Maduria", "Opalka", "Muscat", " Livingston's Favourite" et "Des Andes" sont les 5 espèces de tomates rares et oubliées semées en mars, et dont les 48 pieds forment actuellement un énorme buisson sur la terrasse, rempli de petites boules vertes de toutes les tailles et de toutes les formes, et de nouvelles petites fleurs jaunes. Je m'attends à récolter 800 à 1.000 tomates au goût et à la chair exceptionnels tout au cours de l'été : va falloir gérer... Salade de tomates, tomates crevettes, tomates mozzarella, pâtes sauce tomates, tomates séchées, pesto à la tomate, sorbet à la tomate, gaspacho, pizzas, quiches et brushetta ! Et si elles sont vraiment exceptionnelles, j'organiserai aussi des dégustations à l'aveugle ! N'empêche, il en restera encore... Va donc falloir les distribuer à la famille, aux amis, aux connaissances, aux voisins... Et comme il en restera encore, je cuisinerai des sauces avec de l'ail violet de Provence et de l'origan frais, que je surgèlerai pour l'hiver. Et, comme il en restera encore, faudra bien improviser quelque chose ! Mais pourquoi ai-je planté 48 pieds de tomates ?

  • Dégustation du lundi (34)

    Beau petit clos à 5+1, ce soir, relevé de la présence d'un célèbre pâtissier bruxellois. Mise en bouche avec un Pouilly-Fuissé "La Roche" 1997 de Guffens-Heynen : du gras, du beurre, des agrumes, de la puissance, et une belle longueur avec une petite acidité. Pas mal du tout. Cela aurait bien été avec les madeleines aux amandes de plus tard... Suivi un vin léger, avec des fruits mûrs, rond et fondu : un Monthélie-les-Duresses 1997, tout en finesse. On attaqua ensuite un vin au nez étranger, avec des esters qui ressortent, du cassis et de la violette : une Syrah du Languedoc : un Mas Lumen Prélude 2004 en Coteaux du Languedoc de Pascal Perret, adepte du bio. On poursuivit avec un vin au très beau nez, concentré et déjà rond, malgré son jeune âge : un Domaine de Chevalier 2003 en Pessac Léognan, Grand Cru classé de Graves d'Olivier Bernard. C'est un vin que j'apprécie personnellement depuis fort longtemps, et que j'adore. Il faut juste lui laisser le temps de se faire, même si ce vin fût contesté par certains d'entre nous. On poursuivit avec un vin plus âgé, au beau nez fruité, et de longueur moyenne : un Léoville Barton 1996 en Saint Julien. On dégusta ensuite une vin très jeune pour son âge et concentré, français pour la majorité d'entre nous : un Almaviva 1998 du Chili, du Baron Philippe de Rothschild ! On acheva cette belle dégustation hebdomadaire par un vin au nez étranger, fruité et fondu mais pas net. Un vin facile, avec de l'alcool mais sans défaut majeur : un Chafandin 2003 Ribera Del Douro. Et on goûta enfin les fameuses madeleines de Nihoul, toutes fraîches, sur un Fonsecha Vintage Porto 1985 merveilleux. Bref, un très bon lundi, plein d'anecdotes. La suite lundi prochain.

  • Mort annoncée...

    En dépit d’une mobilisation du Parlement européen, la Commission puis le Conseil des ministres de l’agriculture viennent de céder aux demandes des lobbys de l’agro-alimentaire et d’approuver ce 12 juin un règlement qui autorise la présence d’organismes génétiquement modifiés dans les produits bio. C’est à nouveau une parfaite illustration du déficit démocratique des instances européennes avec des mouvements citoyens qui ne sont pas entendus et un Parlement qui sur de nombreuses thématiques n’a qu’un avis consultatif. Notons que le ministre belge de l’agriculture a eu la bonne idée (tout comme ses collègues grec, italien et hongrois) de s’opposer à ce texte, estimant que celui-ci « déforce grandement l’agriculture biologique ». Concrètement, la pollution des produits bio par des OGM sera dorénavant tolérée jusqu’au seuil de 0,9% (soit 9 grammes par kilo), comme pour les produits de l’agriculture conventionnelle. Cette mesure réclamée par les lobbies industriels vise à se dédouaner de toute contamination issue des cultures OGM. Elle n’est pas un hasard alors que l’agriculture bio a le vent en poupe (+9.9% depuis 1999 en moyenne contre +2.6% pour le non-bio) et commence à tailler des croupières aux tenants d’une agriculture industrielle consommatrice de pesticides et d’OGM. Deuxième recul majeur, l’utilisation de substances chimiques de synthèse n’est plus clairement interdite. Seul point positif, les labels bio nationaux (souvent plus contraignants) pourront finalement continuer d’exister parallèlement au logo « bio light » que vient de mettre en place l’UE. Ce règlement est une sacrée défaite pour le monde du bio, une défaite qui n’est peut-être pas la dernière. En 2008, la Commission révisera les règles nationales de « coexistence » qui visent à restreindre les cultures génétiquement modifiées à usage commercial, et examinera plus en détail la nécessité d’une législation à l’échelle communautaire. Il faut craindre que ce soit alors l’occasion de définitivement ouvrir, via l’UE, les vannes pour les organismes génétiquement modifiés en dépit du fait qu’une majorité de citoyens n’en veulent pas et qu’une majeure partie de la communauté scientifique conteste leur utilité. Ministre wallon de l’Agriculture, Benoît Lutgen (CDH) est encore plus sévère :« Je me suis battu contre ce projet fou, réagit-il.J’avais rencontré les Polonais, qui ont fait mine de bouger, puis ils ont fait marche arrière. Je suis déçu. C’est un combat important pour les consommateurs et c’est une erreur économique, puisque l’effet pervers, c’est qu’on va importer du bio light avec des contraintes moins élevées. Cela mettra à mal nos producteurs dans un secteur en pleine croissance en Wallonie. » Chez Nature et Progrès, il va sans dire que l’on ne décolère pas malgré les tentatives des ministres belges de bloquer ce texte : « Le Conseil européen a clairement refusé d’écouter le Parlement qui s’est exprimé contre la présence d’OGM dans le bio, expose Marc Fichers, secrétaire général de cette association écologiste. À l’heure où il faut sauver la planète, l’Europe programme la fin prochaine de cette forme d’agriculture que de plus en plus de gens présentent comme la seule qui soit durable. Elle soumet les lois de la nature aux lois du commerce ! » En février, Nature et Progrès avait récolté 70.000 signatures contre ce projet de règlement en moins trois semaines. L’association n’arrêtera pas la fronde malgré la décision européenne. « Il nous reste jusqu’au premier janvier 2009 pour envisager toutes les actions et formes de recours,note Marc Fichers. Et si c’est possible, nous irons devant la cour de Justice. » De son côté, le ministre Benoît Lutgen précise que l’objectif de la Région wallonne demeure« d’édicter des règles drastiques » afin de « rendre impossible »la culture d’organismes génétiquement modifiés sur le sol wallon. Un avant-projet de décret, en deuxième lecture, est à l’étude pour le moment. Le cabinet de Benoît Lutgen attend justement l’avis de la Commission européenne à ce propos. Les multinationales agro-alimentaires qui produisent des OGM (ADVANTA, ALTADIS, ARVATIS, AVENTIS, BASF, BAYER, BIOGEMMA, CFS, DOW AGROSCIENCES, DU PONT DE NEMOURS, GNIS, LIMAGRAIN, MAISADOUR, MERISTEM THERAPEUTICS, MONSANTO, NOVARTIS, PIONEER, et SYNGENTA) ont, à coups de pots de vins, atteints leur but : pouvoir envahir l'Europe (et le monde), sans crainte de procès pour contamination. Si on les laisse faire, dans quelques années, toute l'alimentation mondiale proviendra de ces 18 multinationales. C'est une aberration et un non-sens ! Un non-sens pour la santé, un non-sens pour la biodiversité, un non-sens pour le goût. Honte à la Commission européenne et au Conseil des ministres de l’agriculture ! Tous des pourris.

  • Dégustation du lundi (33)

    Bonne petite réunion à 4, ce soir, d'abord pour s'assurer que le vignoble se portait bien, ce qui est le cas, et ensuite, pour retrouver le plaisir de nos petites dégustations hebdomadaires. On attaqua, après un bon rognage des ceps, un Montrachet 1999 Grand Cru de Vincent Girardin à Santenay : un vin huileux et dense, au nez floral discret (peut-être servi trop frais), et à la bouche fort maîtrisée, quasi blindée, se terminant sur une finale d'agrumes. Suivi un vin jamais dégusté, avec un beau nez de fruits mûrs, de pruneaux et de pétrole, et avec une bouche fraîche et chaude à la fois, avec de l'alcool : un Nebbiolo 2001 Private Reserve L.A. Cetto du Mexique. Etonnant. Vînt pour suivre un autre breuvage au nez plus complexe, plus boisé aussi, avec un côté viandé en bouche, s'ajoutant au fruit : un Alion Bodegas y Vinedos Cosecha 1999 du Ribera del Douro. Peut-être dommage de le boire si jeune, car encore monolithique. On acheva cette agréable dégustation par un Moss Wood, Glenmore Vineyard, Margaret River 2001, un cabernet sauvignon australien renommé, au très beau nez riche, délicat et complexe, et avec une bouche explosive. C'est un vin qui évolue très bien dans le temps, et qui se complexifie, d'où sa cote de 93/100 chez Parker. La suite lundi prochain, après les élections...