• Terriens, il est temps d'agir...

    Participons en masse, à la manifestation organisée le lundi 11 juin 2007 à 12h au Rond Point Schuman, face au Conseil de l’Union européenne. Depuis de nombreux mois, Nature & Progrès Belgique tire la sonnette d’alarme, la sirène même, sur les dangers pour le bio du projet de règlement européen pour l’Agriculture Biologique, les plus criants étant la tolérance à l’égard des OGM, et de l’usage des pesticides. Pour rappel, nous sommes près de 65 000 personnes à avoir signé la pétition « Sauvons le Bio ! », en quelques semaines seulement. Ce poids citoyen a pesé dans la balance au moment où les eurodéputés ont rendu leur avis. Ils se sont clairement positionné à deux reprises, le 29 mars et le 22 mai 2007, pour un règlement garantissant qu’aucun OGM ne soit jamais présent dans les produits bio et interdisant clairement l’usage des pesticides de synthèse. C’était une première victoire. Mais cet avis du Parlement Européen est consultatif. La décision finale relève des compétences du Conseil européen des Ministres de l’Agriculture. Le moment fatidique est arrivé : ce Conseil se réunira à Bruxelles les 11 et 12 juin prochain. Malgré la mobilisation de nombre d’associations, il n’est à ce jour pas question encore de crier victoire. Les parlementaires européens se sont exprimés. Il est impératif de faire entendre notre voix de citoyen, que nous soyons consommateurs ou agriculteurs, bio invétéré ou simplement soucieux de la qualité de notre alimentation et de notre environnement. Si ce règlement est voté ce mois, il entrerait en application après 2009. Il ne sera alors plus possible de faire marche arrière ! Nature & Progrès (Belgique, France, Espagne & Portugal) avec le soutien de Friends of Earth International, et de l’UNAB, appelle à une manifestation européenne. Participons-y massivement afin de museler la politique expansionniste des multinationales agro-alimentaires, qui voudraient bien voir la planète couverte de leurs OGM et des indispensables pesticides commercialisés avec... L'Europe a résisté jusqu'ici, ce n'est pas le moment de leur ouvrir la porte... Terriens, il est temps d'agir...

  • Ethanol ou levures trangéniques ?

    Le monde du vin est entré en ébullition, peut-on lire dans "Le Monde" de ce jour. Depuis la canicule de l'été 2003, le phénomène est très marqué en France. Mais il concerne aussi l'ensemble des terroirs viticoles qui, à travers le monde, subissent, depuis plus de trois décennies, les effets répétés et croissants du réchauffement climatique. On sait que ce dernier bouleverse la période végétative de la vigne. Et la mémoire collective concernant les dates des vendanges et les millésimes hors normes étant nettement plus ancienne que celle de la météorologie, on peut aisément prendre la mesure des changements auxquels sont aujourd'hui soumises les différentes variétés de Vitis vinifera. Une autre problématique doit désormais être prise en compte : celle des conséquences du réchauffement climatique sur les processus naturels de la fermentation qui, sous l'effet de différentes variétés de levures présentes dans l'environnement, transforment en éthanol tout ou partie des sucres des baies du raisin. Tel était le thème d'une rencontre scientifique internationale réunissant, les 8 et 9 mai, à Margaux (Gironde), 150 professionnels de la vigne et du vin à l'initiative de la société canadienne Lallemand, un des leaders de la production de levures oenologiques. Sans doute le réchauffement n'est-il pas ici seul en cause. L'évolution des pratiques a conduit une proportion croissante des producteurs de vin à réduire, parfois de manière drastique, les volumes de production à l'hectare, ce qui a conduit à l'élaboration de vins de plus en plus concentrés et alcoolisés. Pour autant, comment réduire de deux, trois, voire quatre degrés les vins d'un nombre grandissant de régions viticoles à travers le monde ? En France, l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) a récemment lancé un projet de recherche consacré aux "vins de qualité à teneur réduite en alcool", coordonné par Jean-Louis Escudier, de la station INRA de Pech Rouge (Hérault). Un des axes de ce travail, dirigé par Sylvie Dequin, consiste à étudier de quelle manière des levures oenologiques naturelles pourraient, lors de la fermentation alcoolique, transformer une fraction des sucres des raisins en d'autres composés que l'éthanol (le glycérol, notamment) sans pour autant nuire aux qualités gustatives. Différentes voies sont étudiées : une est ouverte aux Etats-Unis, où des levures génétiquement modifiées sont depuis peu commercialisées. Une autre, mise en oeuvre par l'équipe de Mme Dequin, consiste à imposer des pressions expérimentales de sélection à des populations de levures naturelles, en espérant que certaines variétés émergeront qui permettront de réduire les concentrations en alcool. Nombre d'oenologues américains, australiens et espagnols, présents à la réunion de Margaux, plaident en faveur de différentes approches. Toutes bouleversent les procédés ancestraux de vinification, afin, paradoxalement, de faire une croix sur ces sucres transformés en alcool qui, depuis toujours, furent la quête principale de l'élaboration des vins. Le réchauffement climatique, qui n'entre pas dans la thématique de ce blog, aura donc des répercussions sur la vinification, et donc sur le goût. Espérons qu'une solution au problème des vins désormais trop alcoolisés viennent des levures naturelles, et non de nouvelles levures transgéniques, dont les américains sont si friands...

  • Dégustation du lundi (32)

    Un bon petit Clos à 5, ce soir, qui débuta par un Emiliana Vineyards 2005, Syrah, Rapel Valley,vin chilien. Fruits sauvages pas encore mûrs et côté confituré en même temps, mais assez dissocié. On poursuivi avec une seconde Syrah, AOC Valais, Fully 2005 d'Henri Valloton. Là, c'était rond, équilibré, à maturité et sans le côté confituré du premier, ni un élevage ou boisé ostentatoire. Beau nez complexe, belle fraîcheur et bonne "buvabilité". Bref, pas mal du tout. Suivi un "Les longues Vignes, Vin de table de France 2005, de Nathalie et Christian Chaussard en Loire : nez particulier fumé et tourbé comme un whisky pour l'un, nez de coccinelles écrasées pour l'autre, astringence et sécheresse en finale : pas terrible du tout. A revoir : peut-être un problème de bouteille... On passa à des choses beaucoup plus sérieuses avec le Cape Mentelle 1999, Cabernet Sauvignon, Margaret River, Western Australia : tellement bien fait qu'on hésitait entre rive droite et rive gauche... Et on termina cette belle dégustation en apothéose sur un Spirale 2002, vin du Jura, passerillé à l'ancienne (vendangé tôt et puis posé 5 mois sur la paille), vinifié par Stéphane Tissot : 8° d'alcool et 186 grammes de sucre résiduel, un pur délice d'une finesse extrême. Bref, un bon lundi ! La suite lundi prochain...

  • Dégustation du lundi (31)

    Pour tout avouer, on continua de célébrer l'événement au Clos quelques jours plus tard, lors de notre dégustation hebdomadaire à 5, et ce malgré une sévère attaque de Mildiou dans le vignoble, non encore traitée comme il se devrait... On débuta par un Ex Voto blanc 2001 Ermitage de E. Guigal, qui manquait de fruits et de rondeur, et présentait un début d'oxydation. On passa un échelon plus haut, avec un beau Bâtard Montrachet Grand Cru 98, d'Etienne Sauzet à Puligny-Montrachet, bien qu'à l'aveugle, le Chardonnay s'avéra difficile à découvrir. Un très beau Château Duffau-Lagarrosse 2003 en 1er Grand Cru Classé en Saint Emilion ouvrit la route à un Gevrey-Chambertin 1er Cru 2004 du Domaine Denis Mortet, très beau lui aussi, vinifié à l'ancienne. Vînt ensuite un Pichon Comtesse 98 en Pauillac, avec une belle structure aboutie, et du cabernet franc assez présent. Il fût surpassé par un Château Troplong Mondot 1989, Grand Cru en Saint Emilion, qui s'avéra encore plus complet et plus fin ! On acheva la dégustation par 2 bêtes de courses : un Véga Sicilia "Unico" Cosecha 1990, Ribera del Douro (bouteille n° 40.913) et un Dow's Port Vintage 94 : "autant d'alcool avec un fruité aussi intense, cela ne peut être qu'un Porto d'au moins 15 ans d'âge". Un grand Vintage ! Lundi prochain, c'est à dire demain, traitement du Mildiou en priorité, et dégustation bien méritée après l'effort...

  • Merci Apolline...

    Désolé de laisser ce blog un peu à l'abandon, mais une surcharge temporaire de travail m'empêche d'y consacrer du temps... Tout cela devrait changer début juin ! Ceci dit, c'est avec un grand plaisir que j'ai répondu présent à une petite dégustation organisée pour la naissance d'Apolline, dont les seconds et troisièmes prénoms sont Romanée et Margaux... , des prénoms prédestinés ! Cela commença pourtant fort mal pour l'un d'entre nous, qui avait amené 2 superbes magnums de Champagne : "S" Salon 1988 en Blanc de Blancs, et "Coeur de Cuvée" 1993 de Vilmard, tous les deux bouchonnés ! Un massacre pour les amateurs de grands champagnes ! Donc, à ma grande satisfaction, on attaqua directement les rouges, avec un Domaine de la Grange des Pères 2001, vin de pays de l'Hérault, d'une fraîcheur assez exceptionnelle et vraiment bien fait. On poursuivi avec un Bodegas Alejandro Fernandez, Tinto Pesquera, Ribera del Duero 1994, Gran Reserva, lui aussi assez somptueux et d'une grande fraîcheur. Tout comme le suivant : un Manssetto 1993 Tenuta dell'Ornellaia, Vino da Tavola di Toscana. On acheva cette belle soirée par quelques classiques : un Grand Vin de Léoville du Marquis de Las Cases 1983, magnifique et fort jeune pour son âge, un Château Mouton Rothschild 1986, millésime légendaire, et qui, une fois de plus nous a ravi par sa complexité, sa jeunesse, et son potentiel. On acheva avec un très beau Quinta do Noval "Nacional" Vintage 1987, un porto exubérant, d'une longueur et d'une finesse remarquables. Et nous pouvons tous affirmer que, mélangé à une Trappiste 10 de l'Abbaye de Rochefort, c'est toujours très bon et assez surprenant ! Espérons que la petite Apolline apprécie le vin (je n'ai aucun doute à ce sujet) et perpétue les dégustations de flacons exceptionnels, comme le font son jeune père et ses amis... Longue vie à toi, Apolline !