Bio avec ou sans OGM ?

Ce mardi 27, 3 faits sont à retenir à ce sujet : Non sans une évidente malhonnêteté intellectuelle, certaines argumentations tentent aujourd’hui de nous faire croire que la norme – tout à fait arbitraire ! – de 0,9 % de tolérance aux OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) qui prévaut en agriculture conventionnelle – et qu’on essaie aujourd’hui d’imposer en bio – équivaudrait à un zéro de fait. C’est faux ! Ce n’est pas parce que le conventionnel est dispensé d’étiquetage en-dessous du seuil fatidique de 0,9 %, que cela pourrait signifier – on se demande bien par quel tour de passe-passe – qu’il n’y aurait pas d’OGM en-dessous de 0,9 % ! C’est absurde. En bonnes mathématiques, 0 =? 0,9 ! Et ce ne sera jamais le cas. Si le consommateur a confiance dans l’agriculture biologique, c’est parce que zéro y égale toujours zéro, parce que la bio est un système de production naturel et transparent qui ne raconte pas de carabistouilles aux gens ! Il est donc impératif de soutenir les agriculteurs bio, qui sont les seuls à garantir une production sans OGM. Le règlement européen doit donc être particulièrement limpide en la matière car un consensus mou sera une porte ouverte à la pollution par les OGM. Nature et Progrès propose donc que le paragraphe relatif aux OGM soit rédigé comme suit : « L’utilisation d’OGM dans la production biologique est interdite. Par souci de clarté et de cohérence, il convient qu’un produit ne puisse pas être étiqueté en tant que produit biologique lorsqu’il est composé d’OGM, produit au départ d’OGM ou qu’il contient des OGM en quantités supérieures au seuil quantitatif de détection, c’est à dire le niveau fiable de détection de présence d’OGM dans un produit. Ce niveau est actuellement fixé à 0,1 %. ». Insistons, une fois encore, sur le fait que le seuil de 0,9 %, qui prévaut pour les produits issus de l’agriculture conventionnelle, est purement arbitraire. Quand les OGM auront fait leur joyeuse entrée dans la chaîne alimentaire, il ne fait aucun doute que ce seuil devra être constamment revu à la hausse. C’est aujourd’hui qu’il faut fermer la porte aux OGM ! Et, pour garantir au citoyen le libre choix des produits qu’il consomme, il n’y a plus aujourd’hui qu’un seul rempart : l’agriculture biologique ! Pendant ce temps, à la Commission européenne, le rapport de consultation de Marie-Hélène Aubert, Verts/ALE, FR a été approuvé, moyennant de nombreux amendements, par 34 voix pour, 2 contre et 1 abstention. Mais le vote a été serré sur de nombreux éléments du texte ce qui laisse présager de nouveaux changements en plénière. Selon la Commission européenne, les denrées alimentaires ne pourraient être commercialisées en tant que produits biologiques si elles contiennent des OGM, sauf si elles ont été contaminées de façon accidentelle, dans la limite du seuil communautaire de 0,9% d'OGM existant pour les aliments conventionnels. Parmi leurs amendements (non contraignants pour le Conseil), les députés ont voulu expliciter de manière plus précise l'interdiction des OGM et de tous les "produits obtenus à partir d'OGM ou à l'aide d'OGM" dans la production biologique, et ce sans exception même pour les médicaments vétérinaires. Les membres de la commission de l'agriculture estiment aussi que le règlement devrait être renforcé de façon à ce que les opérateurs de l'ensemble de la filière (exploitants, fournisseurs, fabricants d'aliments pour animaux, transformateurs) soient "tenus" de veiller à ce que leurs produits ne contiennent pas d'OGM et, "en cas de contamination accidentelle ou techniquement inévitable par des OGM", soient en mesure de "prouver qu'ils ont pris toutes les mesures nécessaires" pour l'éviter. En revanche aucun amendement mentionnant un seuil de contamination n'a été adopté. Et pendant ce temps, la procureur Dominique Puechemaille a requis six mois de prison dont trois avec sursis, la peine la plus sévère, et 3.000 euros d'amende, à l'encontre de trois prévenus, faucheurs d'OGM, déjà condamnés dans une affaire similaire et qui ont refusé de se soumettre aux prélèvements d'empreintes génétiques, lors du dernier fauchage. Une peine de 4 mois dont deux avec sursis et 3.000 euros d'amende a été réclamée contre deux autres faucheurs volontaires, déjà condamnés dans une affaire similaire. "Les faits sont simples: ce sont des destructions de bien d'autrui en réunion et pour certains en état de réitération. Ce sont des actes injustifiables, des méthodes intolérables", a assené la procureur. "Les prévenus invoquent l'état de nécessité pour justifier leurs actions, mais le danger imminent n'est en rien démontré, la contamination non plus. La crainte ne fait pas le danger. Rien ne prouve que ces essais portent atteinte à l'environnement", a poursuivi Dominique Puechemaille (qui ferait bien d'étudier mieux ses dossiers). Pour 13 autres prévenus, qui ont participé au fauchage et refusé un prélèvement d'empreintes génétiques, la procureur a requis 6 mois avec sursis et 1.500 euros d'amende et pour les 14 derniers militants, 4 mois avec sursis et 1.500 euros d'amende. Les 32 prévenus comparaissent tous depuis lundi pour "dégradation grave du bien d'autrui commise en réunion", et pour 16 d'entre eux pour "refus de prélèvement d'empreintes génétiques". Me Pierre Le Breton, avocat du groupe américain Monsanto, partie civile, a rappelé que "l'état de nécessité ne pouvait être retenu" et demandé "313.000 euros de réparations". Dans la nuit du 13 au 14 août 2006, les 32 militants avaient été interpellés puis placés en garde à vue après la destruction d'un champ d'essais de maïs génétiquement modifié de 3.000 m2 appartenant à Monsanto à Villereau (Loiret). Vingt-sept d'entre eux avaient été libérés le 14 au soir et les autres 24 heures plus tard. Bref, un beau bras de fer entre la multinationale Monsanto qui veut absolument envahir les champs européens avec ses OGM, et les opposants à ces cultures transgéniques, dont les agriculteurs BIO, menacés en première ligne, et la Commission européenne au milieu ! La gueguerre est loin d'être finie : il va falloir rester vigilant, et lutter fermement contre ces multinationales agro-alimentaires sur-puissantes. Terriens, il est temps d'agir !

Les commentaires sont fermés.