Extinction de masse...

Selon le CNRS et de nombreux scientifiques, nous serions en train de vivre une nouvelle extinction de masse provoquée cette fois par l'activité humaine. Le taux actuel de disparition des espèces est le plus élevé jamais enregistré (entre 17 000 et 100 000 espèces disparaissent chaque année). Une espèce de plante sur huit est menacée d’extinction, un cinquième de toutes les espèces vivantes pourrait disparaître dans les 30 ans. Aujourd’hui tous les milieux de la planète subissent l’impact de l’Homme. Certains écosystèmes parmi les plus riches en biodiversité (récifs coralliens, forêts tropicales, marais) sont détruits par la pollution humaine, pour leurs ressources ou pour l’aménagement du territoire. De plus, l’accroissement de la mobilité des personnes a favorisé le déplacement d’espèces (principalement des insectes, champignons, bactéries) dans des écosystèmes qui ne sont pas les leurs. L’introduction de nouvelles espèces dans un milieu où se développent des espèces endémiques peut s’avérer fatales pour l’écosystème. En 1863, un insecte minuscule, le Phylloxéra traversait l’Atlantique. Il s’était sévèrement attaqué aux vignes françaises, provoquant une grave crise. Cette crise du vignoble a duré 30 ans et s’est terminée par la greffe de plants américains, naturellement résistants au Phylloxéra. Ainsi, la biodiversité pourrait devenir de plus en plus globale et standardisée au détriment des écosystèmes et espèces les plus spécifiques. Par ailleurs, le quart des surfaces émergées sont consacrées à l’agriculture de quelques espèces choisies par l’Homme. Il n’autorise qu’une unique espèce cultivée à laquelle viennent s’ajouter les espèces résistantes aux herbicides et insecticides. Il s’agit d’une forme de sélection non naturelle. Dans un paysage sauvage, les prairies peuvent héberger plus de deux cents espèces de plantes et des milliers d’espèces d’insectes. En diminuant les espaces nécessaires au développement des espèces sauvages, l’Homme contribue à réduire la biodiversité. Enfin vient le problème des rejets massifs de dioxyde de carbone qui participent depuis un siècle à l’augmentation de l’effet de serre. Si l’impact n’est pas comparable à celui d’un volcanisme intense, l’augmentation de 25% de la teneur en dioxyde de carbone dans l’atmosphère en 50 ans devrait tout de même élever la température moyenne de la basse atmosphère de 2.5°. Ce phénomène ne sera pas sans incidence sur les climats et donc sur le fonctionnement d’écosystèmes déjà fragilisés par les dernières glaciations. Un écart de température de cette importance (et même davantage) a déjà eu lieu par le passé à des échelles de temps géologiques. Mais ici, et comparativement aux capacités évolutives des espèces, le laps de temps est très court, environ un siècle. Beaucoup d’espèces ne pourront sans doute pas s’adapter aux changements climatiques prochains et devraient disparaître. L’Homme, produit récent de l’évolution, exploite les milieux naturels et agit sur la biodiversité, provoquant de nombreuses extinctions. Pourtant, il se doit d’assurer la sauvegarde du patrimoine biologique pour les générations futures. Et il serait temps qu'il en prenne conscience...

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